Le burrito ketchup de trop

samedi 15 octobre 2016 par Nathalie Barrié

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Illustration : Corine Sylvia Congiu - 2016

Marc-Antoine et Ophélie se garent à Miésy et prennent la navette gratuite pour le festival du port. À l’arrivée, un agent de sécurité en gilet rouge, posté derrière une barrière en bois, vérifie les billets d’entrée.
—  Le syndicat d’initiative nous a dit de les prendre sur place, explique Ophélie.
—  Alors, dit l’agent, indiquant d’un geste vague une rue sur la droite, la billetterie est à cinquante mètres.
Ils obtempèrent en même temps qu’un groupe de marcheurs en route vers le nouveau Woodstock, ou pas. Bientôt, un homme vêtu d’orange, qui semble en revenir, les apostrophe :
—  Les jeunes, on cherche des billets ?
—  Oui, répond Ophélie, qui ne se sent pas la jeunette de la troupe (elle est donc surprise que personne ne rie).
L’homme s’approche, deux billets à la main.
—  C’est 100 euros, annonce-t-il. À la billetterie, ce serait 110, dit-il, 55 chacun.
Ophélie est instinctivement convaincue qu’il dit vrai. Ça ne semble pas exagéré. Mais, elle le voit à son air fermé, Marc-A ne veut rien entendre. Et insiste pour pousser jusqu’à la billetterie.
L’autre s’approche de lui : « Monsieur, je vois que vous ne me faites pas confiance, je vous promets qu’à cette heure-ci, vous paierez 110 euros au guichet. »
Marc-A répond qu’il doit y avoir un tarif réduit étant donné qu’il est 20h passées, et qu’un passe est valable de 13h à 1h du matin, on est donc à plus de la moitié du temps. Il commence à s’énerver, à prendre l’air qu’elle redoute. Diantre. N’a-t-il pas oublié son tenso-régulateur ?
L’homme insiste : il n’y aura aucune réduction au guichet à cette heure. En pure perte. Ophélie bafouille qu’elle a cru voir… que le prix était de 12,50 par spectacle, à l’unité. Elle espère débloquer la situation, s’en tirer avec une option nouvelle, mais elle n’est pas sûre que cette possibilité existe concrètement. De plus, ils ne savent pas ce qu’ils ont envie de voir car ils ne connaissent même pas le programme. Ils savent juste qu’Indochine est programmé en fin de soirée. Parfaitement étanche à cet élan diplomatique –doublé de ferveur utopique – l’homme se contente de lui demander si elle a déjà mis les pieds dans un festival de musique.
Elle doit bien avouer que non.
—  Sans vouloir me moquer, dit‑il, l’endroit est trop vaste pour payer l’entrée de chaque spectacle, et avec un passe vous pourrez voir tous les spectacles que vous voulez. Les meilleurs sont toujours à la fin.
—  Oui, c’est logique, concède-t-elle, ce qui énerve Marc-A.
Si c’était un môme, il la tirerait par la manche. Aussitôt se ressaisissant pour lutter contre sa nature crédule dont il ne manquera pas de lui faire reproche, Ophélie marchande et l’homme en orange finit par accepter, vu l’heure, qu’elle donne 90 euros. Elle croit triompher.
Elle regarde Marc-A, qui s’énerve toujours et s’obstine à pousser vers la billetterie. Il va refuser la réduction, pour la seule raison qu’il hait l’homme aux billets. Ils ne se connaissent pas, c’est donc de la haine pure a priori (la pire de toutes).
Toutefois prise d’une soudaine lassitude, Ophélie trahit sa conviction intime comme à regrets (regrettant surtout son manque de fermeté). Elle décide de céder à la pression muette et refuse l’offre pourtant arrachée de façon inespérée. Mieux vaut perdre vingt balles mais éviter que Marc-A l’accable de reproches. La logique, là-dedans ? Aussi trouble que leur relation.
Elle lit dans les yeux du type aux billets qu’il comprend les raisons de sa capitulation. Le tout assaisonné d’un soupçon de pitié. Ophélie marmonne un truc mollasson et non définitif, du style on se retrouvera peut-être tout à l’heure, s’excusant à demi-mot pour ne pas énerver davantage Marc-A, qui attend toujours en silence. Il fait juste ce qu’il peut pour montrer qu’il est patient, c’est à dire qu’il ne fait rien, mais d’un air buté. Résigné.

Résigné, mon cul. Le calme semble revenu, elle a appris à faire son deuil de ces choses-là. Il y a bien pire : la guerre des ménages. Elle se sent relativement sereine puisqu’il ne peut rien lui reprocher. En d’autres temps elle eût été en colère, mais aujourd’hui elle est passée à la reddition. On peut donc en conclure qu’elle a progressé dans une situation qui s’est dégradée. L’écart se creuse entre le haut et le bas. On dirait même que plus elle prend sur elle, plus les relations s’enveniment.
Elle le sent bouillir quelque part tandis qu’il se contient pour ne pas montrer sa mauvaise humeur en errance, tout à coup privée d’objet, qu’elle perçoit nettement. Elle devrait lui en vouloir, mais c’est l’inverse. Il lui en veut d’avoir cédé avec grâce. Et de lui avoir ôté une excellente raison de l’accabler. Il y était presque arrivé, à avoir un bon motif de faire la gueule, et puis elle a cédé sans crier gare. Comme quand on tire sur une corde raide chacun d’un côté et que l’autre lâche d’un coup, et qu’on tombe à la renverse. Marc-A est sur le derche. C’est sa seule victoire à elle, à la Pyrrhus, celle de la surprise. La seule qui lui sera accordée et qui ne dit pas son nom.
En marchant et en parlant de choses et d’autres comme si de rien n’était, ils trouvent long le chemin jusqu’à la billetterie et pensent l’avoir dépassée. Ophélie demande la route à un jeune couple qui vient dans l’autre sens. Après une légère hésitation, la jeune femme, une belle brune avec des leggings blancs s’arrêtant à mi jambe sur des mollets bronzés rebondis, plonge d’un geste gracieux la main dans un sac en cuir béant d’où elle tire deux billets.
—  Essayez-les, dit-elle. Ils ont déchiré le vendredi et le samedi, mais pas le dimanche. Ça va peut-être marcher.
—  Oh, merci, merci ! exulte Ophélie. Quelle aubaine !
Il en convient du bout des lèvres. Sa non-réaction l’intéresse, lui apprend qu’il devient incapable de se réjouir spontanément.
—  C’est grâce à moi, dit-elle : si je n’avais rien demandé, on aurait dû payer plein pot.
—  Plein pot, pas sûr. Et si tu avais cédé au premier vendeur, on n’aurait jamais eu ces billets gratuits.
Il n’en démord pas. C’est énervant de ne pas pouvoir le contredire. De toute façon, ça lui ferait mal de reconnaître qu’il est redevable en quoi que ce soit. Il oscille entre condescendance et ironie, comme on passe un caprice à un enfant. D’un petit air entendu.
Tout de même, ne vient-elle pas de décrocher d’un coup l’équivalent de 110 euros ? Que lui faut-il donc pour se réjouir ? Mais il a marqué un point : le doute est entré dans son esprit. Pire, il n’en est jamais sorti. Le doute est son point faible, le talon d’Achille que depuis toujours, il taquine comme un chat la souris.

Afin de ne pas le laisser s’en tirer à si bon compte et se devant – au moins à elle‑même – cette mise au point, Ophélie demande des précisions objectives à la guichetière de la billetterie, pour prouver à Marc-A qu’ils auraient dû payer l’entrée si... etc. (revoir, au besoin, le début de cette lamentable histoire). Cette dame répond avec un enthousiasme digne d’une meilleure cause : « C’est 55 euros. »
Ophélie insiste masochistement pour savoir s’il n’y aurait pas de réduction à cette heure de la soirée.
—  En tout cas pas avant Indochine, répond la guichetière, perdant son sourire en route. Mais demandez plutôt aux gens de la Fnac, et elle montre un guichet à l’autre bout de la rangée de cabanes en bois peintes en blanc, hâtivement disposées côte à côte pour les trois jours du festival.
Ophélie repose sa question aux « gens de la Fnac », obtient la même réponse, insiste non moins masochistement pour savoir s’il n’y a pas de réduction. On lui répond :
— En tout cas pas avant 23h et encore ce n’est pas sûr, on attend confirmation de la prod.
—  Merci, je vais réfléchir, ment-elle, car à ce degré d’insistance, il est impossible d’avouer qu’elle a déjà les billets d’entrée mais qu’elle a l’intention de prouver à son mari qu’ils auraient dû payer le prix fort s’ils n’étaient pas tombés sur cette aubaine, car il lui a fait refuser un tarif réduit et qu’elle veut lui prouver qu’il a eu tort dans l’absolu (nous sommes dans l’absolu, n’est-ce pas une partie du problème ?). L’employé aurait compris qu’elle lui avait extorqué tous ces détails sans aucune intention d’acheter le moindre billet. Ça peut énerver : ne pas s’attendre à la moindre empathie de la part de quelqu’un planqué derrière un guichet, lequel fait office de cordon sanitaire entre les simples vivants et les machines à sous déguisées en humains.
Sûre de son coup, Ophélie revient vers Marc-A et lui répète ce qu’elle vient d’apprendre : pas de raie duc. Aucune, niet, peanuts. Il trouve le moyen de répondre que si le type du guichet a dit qu’il attendait confirmation de la prod, c’est qu’il fait une réduction sans le dire à l’avance. Bien qu’il soit d’une mauvaise foi à peine croyable, elle trouve difficile de rétorquer, sinon en disant que la réduc serait venue trop tard (restant dans l’hypothétique vu qu’ils les ont en poche, leurs foutus billets, j’espère que vous suivez). Mais c’est encore sous-estimer le scepticisme résolu (ou non résolu, selon le point de vue) de Marc‑A. Ça la laisse songeuse. Si les bras pouvaient tomber, il y a longtemps qu’elle serait manchote.
Il ne faut pas lui permettre de gâcher la soirée. Ce qu’il semble, peut-être, prendre plaisir à faire. Un sentiment confus et marécageux l’avertit : Attention danger, no trespassing, si elle avance sur ce terrain, elle va passer son temps à ruminer et à observer l’autre qui lui aura bel et bien gâché son plaisir ; ne pas lui laisser ce privilège. Ils ont fêté hier leurs 16 ans de mariage au bal des pompiers, il lui a laissé l’addition des cinq repas, pour eux et les garçons. On règlera ça plus tard... Seraient-ils entrés dans l’ère du soupçon ?
Stop. Ce soir, rien ne doit entamer sa belle humeur, elle se sent l’élue des dieux, comme si quelqu’un là-haut tenait à lui signifier son soutien inconditionnel : deux billets gratuits !
Passage à l’entrée, on fouille les sacs, deuxième cordon de sécurité, il montre les billets, oui, ça marche ! On passe, ça y est on est passés. Gratos. Les mains dans les poches et les doigts dans le nez. Qu’est ce que tu dis de ça, Monsieur le sceptique professionnel ?
Elle l’observe du coin de l’œil, pas un seul regard complice, pas un sourire, rien ne signale un quelconque sentiment positif, il lui refuse ce plaisir. Elle lui tape tout de même sur une paume qu’il tend mollement (ça fait floc), évitant de rappeler que c’est grâce à elle que… Ils ne vont pas non plus se mettre à sauter de joie, ça paraîtrait suspect.
On pénètre dans le champ du festival. La vaste prairie est remplie d’une foultitude de stands bariolés délimitant les abords du lac et proposant crêpes, sandwichs, hot-dogs, mets indiens. Sur la gauche, de brèves échappées entre deux tentes permettent de vérifier que l’étendue d’un vert trouble du lac est toujours là. L’affaire de l’entrée réglée, Marc-A semble changer discrètement d’humeur. Avec même une note d’humour : On a un bon budget bouffe. Ce qui peut se traduire, dans ce langage euphémisé qu’Ophélie a appris à décoder, en Youpi tralala.

Ils font le tour de l’endroit, remarquent qu’il y a beaucoup de jeunes (dans cette triste ville thermale, où s’étaient-ils si bien cachés ?). Nulle part on ne peut s’asseoir pour manger, oui, du coup c’est dommage, avec le budget qu’il reste. Mais l’herbe, bien que brûlée, n’en est pas moins accueillante. C’est la population jeune et déguenillée qui le rend ainsi, ce foin jaune et parsemé, on pense aux prairies de Woodstock sans jamais, bien entendu, y avoir été. C’est ça, la force du mythe.
Les jeunes ont des looks années soixante, bandanas, jeans et jupettes imprimées, groles plates, un max de groles plates, c’est sans doute la constante : pas de talons mémère. Seuls les cheveux sont plus courts et elle le regrette, c’est si beau un jeune mec aux cheveux longs et luisants de santé ; bref, rien n’a changé et tout a changé, à commencer par eux.
Ils s’approchent du grand champ d’où on distingue une scène minuscule à 200 mètres. Le groupe White Lies est en train de passer. Ce n’est pas mal, White Lies. Du rock pas bête remixé au goût du jour (mais y a-t-il encore un goût du jour ?). Sur une scène de maison de poupée, s’agitent trois marionnettes pas plus grandes qu’une phalange de petit doigt.
Peut-être trouveront‑ils là un moyen d’oublier les minables griefs cent fois ruminés de leur petit couple en mal de consensus qui se délite doucement. Il y aurait comme quelque chose de pourri au royaume d’Ophélie et de Marc-A... Entre Hamlet et Antoine et Cléopâtre, ils ont le choix de la tragédie. Mais serait-il déjà trop tard pour jouer la comédie de La Mégère apprivoisée ?
… Cette scène rock ressemble plutôt à un petit voyage en arrière dans les années soixante. Sauf qu’ils jouent les figurants maintenant, ils ont passé la main sans se sentir pour autant croulants, et ça c’est marrant, quelque part. Après un tour raisonnable de l’endroit, il faut se décider à manger. Le choix ne s’avère pas facile vu la pléthore de stands, mais elle s’en fout un peu, ils peuvent bien manger n’importe quoi. Ils se retrouvent à faire la queue devant un stand proposant des pâtes au basilic et des sandwiches au diot, trip franchouille. Elle a nettement en vue les pâtes au basilic avec du pesto, dans une assiette en carton, qu’elle doublera pour plus de résistance à l’attaque de la fourchette (nonobstant en plastique blanc, la fourchette) ; elle en sent déjà le goût vert sur sa langue. Vu son régime, elle n’a pas grand choix, mais ça lui va. La queue n’est pas longue mais au bout de dix minutes d’attente, Marc-A dit que ce n’est pas ça qu’il veut. Il ne sait pas ce qu’il veut manger mais en tout cas, pas ça.
Elle pense que ce qu’elle veut ne pourra jamais plaire à Marc-A, pour la belle raison qu’elle semble y tenir ; mais pour la seconde fois de la soirée, elle décide de s’essayer à la magnanimité. C’est donc bien ça : il teste sa patience. Et elle préfère renoncer aux pâtes au basilic avec ou sans pesto, plutôt que de lui faire le plaisir de perdre son sang‑froid. Il ne s’attend pas, d’ailleurs, à ce qu’elle cède si vite et désarmé, le cul à nouveau par terre, il dit sans conviction qu’il fera comme elle voudra. Splendide, tout simplement. Car c’est trop tard, ils ont cédé leur place dans la queue et il le sait très bien. Adieu pâtes, pesto, basilic. Pas de quoi en faire un fromage. Rien n’est grave, Gustave, Peace and love, my friend.
Et puisqu’il ne propose aucune alternative, bonjour le hot dog (américain authentique) à 2€50 au premier stand venu, pour elle. Histoire d’être débarrassée de la préoccupation matérielle de se nourrir. Il ne l’imite pas, réserve son choix pour plus tard. Verrons bien ce qu’il mijote, m’est avis qu’il l’ignore encore.
Le hot dog, c’est un peu maso de la part d’Ophélie, ce n’est pas ce qu’elle prend d’habitude... Presque une déclaration de guerre. S’il se méfie vaguement, se demande ce qui se trame par le biais de ces redditions successives inattendues, il n’en montre absolument rien.
Ils s’installent au milieu de la pelouse. Il faut bien avouer que le son est mauvais, on n’entend que les basses. Ils déménagent et c’est à ce moment qu’il décide de manger. Il choisit la queue la plus longue parce que ça prouve que c’est le meilleur stand. Il sait bien qu’elle a horreur des files d’attente ; elle sent une auréole s’inviter gentiment au–dessus de la tête tandis qu’ils patientent vingt minutes en parlant de choses et d’autres. Parfois un tel manque de fraîcheur, de spontanéité l’étouffe. Elle aimerait éviter de comptabiliser la somme des offenses sournoises accumulées ce soir. Retrouver l’innocence perdue. Mais son innocence à elle serait la bêtise dont il profiterait. Les dés sont pipés. Différence d’éducation ? Il ne reste plus qu’à se réfugier – à contre cœur, faute de mieux – dans ces foutues valeurs catho, à elle inculquées dès l’enfance. L’innocence et le pardon sont des valeurs en perte de vitesse. À y voir de près, c’est sans doute mieux : la loi de la jungle a beau avoir l’avantage d’être « naturelle », Ophélie ne se sent pas la force de l’appliquer à son cas personnel.
Et soudain, elle se demande si Marc-A la traite comme ça parce qu’il redoute de rencontrer son ex-femme. Elle habite dans le coin, va souvent au festival. L’hostilité voilée qu’il lui témoigne serait alors un désaveu. Un désaveu de tout ce qu’elle est, elle. Un embarras d’avoir Ophélie à ses côtés. Cette idée pénible, indigeste, fait soudain surface et tout à coup, prend une énorme place.
Alors un peu avant d’atteindre le but – le stand dont la queue est la plus longue – elle décide de quitter les lieux. De l’abandonner à son sort. S’il revoit son ex, tant mieux, ce sera sans elle. Elle s’éloigne pas à pas, sans mot dire. Passe le cordon de sécurité. Le laisse manger son burrito ketchup seul comme un con. Qu’il est.
Revend son entrée obtenue gratos pour 80 euros. Parce qu’il n’est pas inscrit dans le marbre qu’elle mourra idiote. Retire une certaine fierté non dénuée de culpabilité de cet acte absolument contre nature. Se sent au sommet de l’évolution de l’espèce (des moutons bêlants ?). Ça doit vaguement ressembler à l’idiote fierté du malfrat novice et sous-doué qui réussit un rite d’initiation plus ou moins sanglant pour entrer dans un gang mafieux. Quelque acte résolument injuste et révoltant. En plus dérisoire, dans le cas présent : cette soirée s’inscrira dans la série des rébellions larvées et des revanches risibles, sans retarder d’un iota la capitulation finale.
Ophélie se dirige vers le cinéma le plus proche. Le reste du budget en poche, elle se paie le film qu’elle veut, sans personne pour la contredire. Elle se fout qu’il la cherche. Au moins aura-t-il quelque chose de clair à lui reprocher. Oui, net et sans bavure. Délit de fuite sans préavis.

—  On peut savoir ce qui t’a pris ?
—  Oh, je ne sais pas. Je voulais vraiment, vraiment voir depuis longtemps Seul sur Mars. Comment dire, je sentais bien le titre… J’espère que tu as eu assez pour régler ton burrito ketchup ? Tu n’aurais pas aimé le film. Je ne voulais pas te gâcher la soirée, mon chéri.


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