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	<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title>Vacances nocturnes</title>
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		<dc:date>2022-09-04T21:33:25Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francois Cosmos</dc:creator>



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&lt;p&gt;Quand tu es entr&#233;e dans ce bus long courrier ce soir-l&#224;, la premi&#232;re chose que je me suis dite c'est : &#171; Pourvu qu'elle ne s'asseye pas &#224; c&#244;t&#233; de moi&#8230; &#187; ; mais quand tu as commenc&#233; &#224; chercher ta place vers l'avant, alors que j'&#233;tais install&#233; &#224; l'arri&#232;re, j'&#233;tais d&#233;j&#224; en train de le regretter. Et puis, apr&#232;s avoir v&#233;rifi&#233; ton billet, tu es venue occuper ton si&#232;ge, &#224; ma gauche, pr&#232;s de la fen&#234;tre. Quand nos regards se sont crois&#233;s et qu'on s'est dit les premiers mots, je n'ai pas vu s'exprimer dans tes yeux autre chose (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/" rel="directory"&gt;Nouvelles &#224; lire&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1285.jpg?1662327302' width='147' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_569 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/jpg/vn.jpg?1662327313' width='500' height='514' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-569 spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Illustration : Corine Sylvia Congiu - 2022
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Quand tu es entr&#233;e dans ce bus long courrier ce soir-l&#224;, la premi&#232;re chose que je me suis dite c'est : &#171; Pourvu qu'elle ne s'asseye pas &#224; c&#244;t&#233; de moi&#8230; &#187; ; mais quand tu as commenc&#233; &#224; chercher ta place vers l'avant, alors que j'&#233;tais install&#233; &#224; l'arri&#232;re, j'&#233;tais d&#233;j&#224; en train de le regretter. Et puis, apr&#232;s avoir v&#233;rifi&#233; ton billet, tu es venue occuper ton si&#232;ge, &#224; ma gauche, pr&#232;s de la fen&#234;tre. Quand nos regards se sont crois&#233;s et qu'on s'est dit les premiers mots, je n'ai pas vu s'exprimer dans tes yeux autre chose que de la sociabilit&#233; ordinaire, mais dans ton jeune pays les filles sont pragmatiques, car elles ne sont encombr&#233;es par aucune tradition de coquetterie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne me souviens plus comment on en est venus &#224; se parler pendant quatre heures d'affil&#233;e, c'&#233;tait la premi&#232;re fois que &#231;a m'arrivait et &#231;a ne s'est jamais reproduit depuis. Tu t'appelais Jane, et j'ai fait le singe, le clown, et un peu le fanfaron aussi : tu faisais des &#233;tudes de th&#233;&#226;tre, et je crois bien t'avoir r&#233;p&#233;t&#233; trois fois au moins qu'on se retrouverait un jour quand tu serais devenue une metteuse en sc&#232;ne r&#233;put&#233;e et moi un &#233;crivain c&#233;l&#232;bre &#8211; ce que je ne croyais d&#233;j&#224; plus qu'&#224; moiti&#233; &#224; ce moment-l&#224;. Le paysage d&#233;filait derri&#232;re toi, blanc phosphorescent sous la lune, parfois travers&#233; d'&#233;clairs de lapins et de squelettes de grands animaux plus difficilement reconnaissables. La fatigue aidant, on a fini par ne plus rien faire d'autre que rire ensemble en silence, aux d&#233;pens des passagers qui nous entouraient. On avait &#233;chang&#233; nos places.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au caf&#233; o&#249; le chauffeur s'arr&#234;ta pour faire sa pause, on ne se trouvait plus qu'&#224; une demi-heure de l'endroit o&#249; tu descendrais, &#231;a sentait d&#233;j&#224; les adieux et on restait presque sans parler. On s'&#233;tait mis &#224; l'&#233;cart, dans un coin du jardin, o&#249; il ne s'est rien pass&#233; en apparence, strictement rien, mais c'&#233;tait comme si nos jambes s'&#233;taient entrem&#234;l&#233;es sous la table.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Craig t'attendait pour t'emmener chez ses parents, les phares allum&#233;s, au croisement de la route et d'une grande piste en terre toute droite. Apr&#232;s avoir rassembl&#233; tes affaires, tu t'es content&#233;e de me saluer en me serrant le bras tr&#232;s fort au creux du coude, un endroit qui m'a fait mal ensuite pendant des ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu m'avais invit&#233; &#224; venir te voir o&#249; vous habitiez, pr&#232;s de la capitale, mais d&#232;s que je suis arriv&#233; &#224; ma destination, je t'ai envoy&#233; une carte postale pour t'&#233;crire que j'&#233;tais d&#233;j&#224; trop amoureux de toi pour risquer que &#231;a s'aggrave encore. Le soir, plut&#244;t que de passer la soir&#233;e avec la coiffeuse de l'h&#244;tel, laquelle, apr&#232;s m'avoir s&#233;v&#232;rement coup&#233; les cheveux, s'&#233;tait propos&#233;e de me faire d&#233;couvrir le &lt;i&gt;club&lt;/i&gt; le plus c&#233;l&#232;bre de l'endroit, j'ai pr&#233;f&#233;r&#233; faire l'exp&#233;rience d'une &lt;i&gt;escort girl&lt;/i&gt;, choisie dans un catalogue pos&#233;, &#224; c&#244;t&#233; d'un exemplaire de la Bible, sur la table de nuit, qui s'est av&#233;r&#233;e ne ressembler finalement qu'&#224; une m&#232;re de famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu m'as r&#233;pondu trois ans plus tard, longtemps apr&#232;s que j'&#233;tais retourn&#233; dans mon pays natal, &#224; plus de 15 000 km de chez toi. Tu disais avoir retrouv&#233; ma carte en rangeant le tiroir de ton bureau, qu'elle t'avait rappel&#233; &#224; quel point parler avec moi avait &#233;t&#233; int&#233;ressant, et tu te demandais ce que j'&#233;tais devenu et notamment si j'&#233;tais maintenant &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s important, riche, heureux en amour, en col&#232;re, cynique, bien portant, triste, enthousiaste&lt;/i&gt; &#187; (je te traduis, et n'&#233;tais rien de tout cela). Tu travaillais d&#233;sormais dans une compagnie de danse, mais &#224; un poste administratif. Cependant tu avais mis une fois en sc&#232;ne une pi&#232;ce du dramaturge sud-africain Athol Fugard, et les critiques de la presse &#233;taient plut&#244;t bonnes, tu m'en envoyais une coupure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Craig &#233;tait parti &#233;tudier le cin&#233;ma en Californie (ce que tu ne m'as appris que dans ta deuxi&#232;me r&#233;ponse), tu trouvais &#231;a un peu loin pour poursuivre une relation &#8211; toujours ton pragmatisme. Plus tard tu as d&#233;m&#233;nag&#233; sur la c&#244;te, avec un autre que Craig, Bruce je crois, et alors tu avais d&#233;cid&#233; de faire le clown &#224; ton tour, mais professionnellement, dans les h&#244;pitaux et les maisons de retraite. Quand il a &#233;t&#233; question de l'arriv&#233;e d'une petite Rosie, je n'ai pas poursuivi cette correspondance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui sait si nous serons mont&#233;s un seul autre jour de nos vies respectives aussi haut que cette nuit-l&#224;, jusqu'&#224; en effleurer, presque, les &#233;toiles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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