<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Nouvelle Donne</title>
	<link>https://www.nouvelle-donne.net/</link>
	
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.nouvelle-donne.net/spip.php?id_auteur=145&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Nouvelle Donne</title>
		<url>https://www.nouvelle-donne.net/IMG/siteon0.png?1606645713</url>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/</link>
		<height>101</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Le Monast&#232;re des mots perdus</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/article/le-monastere-des-mots-perdus</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/article/le-monastere-des-mots-perdus</guid>
		<dc:date>2025-08-01T16:19:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Giraud</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Corine Sylvia Congiu lit et illustre &#034;Le monast&#232;re des mots perdus&#034;, une nouvelle de Laurent Giraud &lt;br class='autobr' /&gt;
-- Salut, &#231;a va ? &#8212; Super ! Et toi ? &#8212; Je rentre, je suis mort. &#8212; OK. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux hommes se sont crois&#233;s. J'ai entendu ces mots. Que disent-ils ? Le serveur s'approche : &lt;br class='autobr' /&gt;
-- Autre chose ? &#8212; Non, merci. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me l&#232;ve, r&#233;cup&#232;re mes affaires et me dirige vers le quai. Je monte dans le train. Des gens regardent par les fen&#234;tres. Les passants vont et viennent. Ils se ressemblent. Je m'assois derri&#232;re un couple. Face (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/" rel="directory"&gt;Nouvelles &#224; lire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1456.jpg?1754065080' width='150' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/shorts/Pbu_4K6NBm0&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Corine Sylvia Congiu lit et illustre &#034;Le monast&#232;re des mots perdus&#034;, une nouvelle de Laurent Giraud&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;&lt;dl class='spip_document_603 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/jpg/monastere-nouveau_6.jpg?1754065092' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-603 spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Illustration : Corine Sylvia Congiu - 2025
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Salut, &#231;a va ?
&lt;br /&gt;&#8212; Super ! Et toi ?
&lt;br /&gt;&#8212; Je rentre, je suis mort.
&lt;br /&gt;&#8212; OK.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux hommes se sont crois&#233;s. J'ai entendu ces mots. Que disent-ils ? Le serveur s'approche :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Autre chose ?
&lt;br /&gt;&#8212; Non, merci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me l&#232;ve, r&#233;cup&#232;re mes affaires et me dirige vers le quai. Je monte dans le train. Des gens regardent par les fen&#234;tres. Les passants vont et viennent. Ils se ressemblent. Je m'assois derri&#232;re un couple. Face &#224; eux, un adolescent isol&#233; dans une capsule sonore. Ils doivent &#234;tre riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Tu crois que la voiture sera l&#224; ? la femme dit.
&lt;br /&gt;&#8212; Oui, l'homme r&#233;pond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils vont s&#251;rement sur la c&#244;te, au soleil. C'est trop cher pour moi. Je vais plus loin, dans un monast&#232;re, au sud de la troisi&#232;me terre. La premi&#232;re a br&#251;l&#233;. La seconde a &#233;t&#233; noy&#233;e. On vit entass&#233;s. J'ouvre mon sac. Je prends le d&#233;pliant. Un b&#226;timent au milieu des arbres. Deux mois de repos. J'en ai besoin. J'ai cod&#233; trop d'algorithmes. Le voyage est long. Je m'ennuie. Je regarde dehors. La terre d&#233;file. Elle d&#233;file encore. Longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis devant le b&#226;timent. On m'ouvre. Je dois laisser tous mes moyens de connexion. Un homme me m&#232;ne &#224; une chambre. Elle est petite et blanche. Il y a un lit, et une fen&#234;tre. Aucun &#233;cran. Ennui. Dehors, il y a des arbres. Un oiseau crie. Je m'allonge. Je ferme les yeux. Je m'endors. Une cloche me r&#233;veille. Je vais manger. Une grande salle. Presque personne. Je m'assois face &#224; un homme. Il me regarde. Il est vieux. Il a une barbe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Bonjour, il dit, vous avez fait un voyage agr&#233;able ?
&lt;br /&gt;&#8212; Oui, merci, je dis.
&lt;br /&gt;&#8212; Vous allez adorer nos collines et les stridulations des cigales, il dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne comprends pas. Il le voit. Il me sourit. Je me penche sur mon assiette. C'est vert et blanc. Je mange. Nouveau son de cloche. C'est fini. On se l&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Vous vous habituerez vite &#224; ces tintements, l'homme dit.
&lt;br /&gt;&#8212; Ok, je dis.
&lt;br /&gt;&#8212; Ils deviendront plus cristallins, vous verrez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne comprends pas. Il le voit. Je remonte. C'est la nuit maintenant. Nouveau tintement de la cloche. Dans ma t&#234;te, je redis ce mot, tintement. Je m'endors.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nouveau jour. J'ai mang&#233;. Je me suis lav&#233;. Je suis descendu. Je me suis assis sur un si&#232;ge. Il y a de l'eau. Elle sort d'un tuyau. Elle reste dans un bassin. L'homme s'assoit &#224; c&#244;t&#233; de moi. Il me sourit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Belle fontaine, n'est-ce pas ? il dit. J'aime moi-aussi venir ici, m'asseoir et &#233;couter ses clapotements.
&lt;br /&gt;&#8212; Clapotement ? j'ose demander.
&lt;br /&gt;&#8212; Oui, c'est le mot qu'on utilise ici pour &#233;voquer ce bruit r&#233;gulier de l'eau qui heurte un obstacle.
&lt;br /&gt;&#8212; C'est un bruit alors. Comme les clapotements de la cloche ? je demande.
&lt;br /&gt;&#8212; Il y a une infinit&#233; de bruits, et presque tous ont un nom, il dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis &#233;tonn&#233;. Un bruit est un bruit. Pourquoi chercher plus loin ? il dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Allons venez, allons faire une promenade.
&lt;br /&gt;&#8212; Marcher ? je dis.
&lt;br /&gt;&#8212; Oui, c'est cela, il dit en souriant.
&lt;br /&gt;&#8212; O&#249; allons-nous ? je demande.
&lt;br /&gt;&#8212; Faire un tour, profiter de la nature et du soleil, &#233;couter les oiseaux, parler.
&lt;br /&gt;&#8212; Quelle utilit&#233; ? je demande.
&lt;br /&gt;&#8212; Aucune, simplement pour le plaisir. Allons venez, &#231;a vous fera du bien. Vous avez l'air &#233;reint&#233;. Fatigu&#233;, il dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me l&#232;ve et le suis. On marche. On se prom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Vous aimez la balade ? il dit.
&lt;br /&gt;&#8212; &#8230;
&lt;br /&gt;&#8212; Balade est un autre mot pour dire promenade.
&lt;br /&gt;&#8212; Pourquoi ? je demande.
&lt;br /&gt;&#8212; Parce qu'il faut pouvoir dire les choses de plusieurs fa&#231;ons.
&lt;br /&gt;&#8212; Pourquoi ?
&lt;br /&gt;&#8212; Parce qu'on ne dit pas exactement la m&#234;me chose. Balade est familier, il se dit entre amis, alors que promenade est plus&#8230; noble, plus savoureux, il prend plus son temps.
&lt;br /&gt;&#8212; Savoureux ? je demande.
&lt;br /&gt;&#8212; Oui, cela veut dire que &#231;a a un bon go&#251;t, une bonne odeur.
&lt;br /&gt;&#8212; Un go&#251;t !?
&lt;br /&gt;&#8212; C'est cela, une odeur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aspire de l'air mais je ne sens pas la promenade. Nous nous arr&#234;tons sous un arbre, &#224; l'ombre. Il est grand. On voit loin, la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Que sentez-vous ? il demande.
&lt;br /&gt;&#8212; La promenade ! je dis pour essayer.
&lt;br /&gt;&#8212; Et qu'est-ce qu'elle sent ? il demande.
&lt;br /&gt;&#8212; Une odeur.
&lt;br /&gt;&#8212; Essayez de la d&#233;crire.
&lt;br /&gt;&#8212; D&#233;crire ?
&lt;br /&gt;&#8212; Qu'est-ce qu'il y a &#224; l'int&#233;rieur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me tais et ferme les yeux. Je me concentre. Ce n'est qu'une odeur. Rien de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je ne sais pas, je dis.
&lt;br /&gt;&#8212; Alors parlez-moi de la vue, il dit.
&lt;br /&gt;&#8212; Je vois la terre, tr&#232;s loin.
&lt;br /&gt;&#8212; Regardez attentivement, allez dans les d&#233;tails.
&lt;br /&gt;&#8212; Je vois la terre, partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes revenus de la balade. Le tintement de la cloche annonce le repas. Je mange, en face de l'homme. La nourriture a une petite odeur de promenade. Nouveau clapotement de la cloche. Le repas est termin&#233;. Je me l&#232;ve. L'homme me tend un objet. Je le prends, c'est un livre. Je remonte dans la chambre. Ici aussi, &#231;a sent la balade. Je m'allonge. Je lis. Il y a plein de mots inconnus. Je m'endors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pleut. Il y a une nouvelle odeur dans ma chambre. Il fait presque froid. Mes poils se l&#232;vent sur ma peau. Un air entre dans la chambre et me touche le visage, c'est doux. Ma peau se durcit un peu. La cloche. Je me l&#232;ve. Je descends. Repas.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai envie de parler avec l'homme. Pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; J'ai lu le livre. Je ne comprends pas tout, je dis.
&lt;br /&gt;&#8212; C'est normal, le monde a tellement &#233;limin&#233; de mots&#8230; il dit. (Silence). Apr&#232;s tout, c'est vrai, on peut tr&#232;s bien vivre avec trois ou quatre cents mots. Cela suffit pour dire l'essentiel. Ce qui est vital, il dit encore. Il n'y a presque plus personne capable de lire ces vieux livres.
&lt;br /&gt;&#8212; Moi, j'aimerais bien, je dis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me regarde. Il sourit. La cloche. Je remonte. Je me lave. Je lis jusqu'au sommeil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Hier soir, je dis, j'ai lu encore. Je n'ai pas compris les mots, mais ils m'ont endormi parce qu'ils clapotaient.
&lt;br /&gt;&#8212; Regardez cette fontaine, il dit, que voyez-vous ?
&lt;br /&gt;&#8212; Comme hier. L'eau. Il y a un tuyau et l'eau coule dans un bassin.
&lt;br /&gt;&#8212; Bien, il dit, parlez-moi du tuyau.
&lt;br /&gt;&#8212; Il est rond. En fer. Un peu vert au bout.
&lt;br /&gt;&#8212; Suivez l'eau maintenant jusqu'au bassin. Que fait-elle ?
&lt;br /&gt;&#8212; Elle tombe. Elle fait des bulles et des cercles.
&lt;br /&gt;&#8212; Et le bassin ?
&lt;br /&gt;&#8212; Il est en pierre, je dis, il est blanc.
&lt;br /&gt;&#8212; Voil&#224;, hier ce n'&#233;tait qu'une fontaine, et aujourd'hui c'est d&#233;j&#224; plus que &#231;a. Venez, allons marcher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journ&#233;e a &#233;t&#233; la m&#234;me. Mais dans l'odeur de la promenade j'ai reconnu celle de la terre et des arbres. Et dans la terre au loin, j'ai reconnu des champs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis une semaine, tous les jours se ressemblent. Le banc, la promenade, les repas, la lecture, et la cloche, qui tinte. J'aime l'homme. Je ne sais pas pourquoi. J'ai l'impression qu'il me fait du bien. La fen&#234;tre est ouverte sur la nuit. Je me l&#232;ve et regarde dehors. Il y a la lune et les &#233;toiles. Les arbres, les pins, forment une ombre mal d&#233;finie. On tape. Je me tourne et vais ouvrir. C'est l'homme. Il me dit de le suivre. On descend jusqu'&#224; la grande pi&#232;ce. Il ouvre une porte cach&#233;e derri&#232;re&#8230; derri&#232;re&#8230; un drap ? Un tapis ? Un voile ? Je le suis. On descend encore. Il ouvre une autre porte noire, et lourde. On entre. Il y a des livres partout, jusqu'au plafond. Ils sont rang&#233;s sur des &#233;tag&#232;res. J'avance. J'en prends un. Je l'ouvre. La couverture craque. Il sent le papier, les feuilles sont jaunes et couvertes de mots. Je lis une phrase. Je l&#232;ve les yeux et je regarde les milliers de livres. Comment peut-il y en avoir autant ? Y a-t-il tant de choses &#224; dire ? J'ai comme un vertige. Il existe tout un monde que je ne connais pas. Tintement clair de la cloche. L'homme me propose de prendre un livre, je ne sais lequel choisir. J'en attrape un, je remonte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Parlez-moi de cette fontaine, dit-il.
&lt;br /&gt;&#8212; Je vous en parle tous les jours depuis des semaines, je dis.
&lt;br /&gt;&#8212; S'il vous pla&#238;t.
&lt;br /&gt;&#8212; Le tuyau ressemble &#224; une bouche verte qui r&#233;pand&#8230; expire&#8230; je n'ai pas le mot, dis-je.
&lt;br /&gt;&#8212; Ce n'est pas grave, continuez.
&lt;br /&gt;&#8212; L'eau claire chute jusqu'au bassin timidement perturb&#233;. Les pierres blanches retiennent ais&#233;ment les faibles vaguelettes qui se cognent, puis s'assagissent.
&lt;br /&gt;&#8212; Allons jusqu'au grand pin, sugg&#232;re-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous marchons entre les arbres sur un sentier dam&#233; par le souvenir de nos pas. Autour de nous, toute la pin&#232;de s'agite de sons singuliers. Des crissements de pneus &#233;touff&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Que voyez-vous ?
&lt;br /&gt;&#8212; La terre qui s'&#233;tale. Les champs la couvrent de nuances de vert. Quelques arbres semblent comme perdus dans cette immensit&#233;, on dirait des nuages d'&#233;t&#233; perdus dans le ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cloche va bient&#244;t sonner. Bient&#244;t nous marcherons, nous nous prom&#232;nerons au milieu des senteurs bois&#233;es et des crissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Parlez-moi de cette fontaine, m'enjoint-il.
&lt;br /&gt;&#8212; Sa bouche fard&#233;e de vert souffle l'eau &#224; travers ses l&#232;vres arrondies, en un sifflement discret. Comme un lent flux de mots dans un discours placide, l'eau cristalline rebondit mollement, s'&#233;toile en gouttelettes, et s'&#233;tend en vaguelettes concentriques jusqu'au rempart de son bassin de calcaire, ocre et rassurant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le grand pin, l'air est charg&#233; de r&#233;sine et de l'odeur encore vive de la ros&#233;e du matin. Le soleil darde ses rayons que filtre la ram&#233;e en confettis de lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Que voyez-vous, me demande-t-il.
&lt;br /&gt;&#8212; Je vois la terre qui s'&#233;lance, carrel&#233;e de champs verts, joint&#233;e d'arbres qui se serrent en bosquets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Parlez-moi de cette fontaine, me dit-il dans un murmure.
&lt;br /&gt;&#8212; C'est le temps qui s'&#233;coule, c'est la vie qui passe. C'est le r&#233;cit des espoirs infinis et des r&#234;ves humains. C'est toute la trag&#233;die et la beaut&#233; de nos existences, la souffrance qui nous fait hommes, la joie furtive, le bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Que voyez-vous ? me questionne-t-il en fermant les yeux.
&lt;br /&gt;&#8212; Je vois la terre qui nous supporte, je vois nos tentatives vaines de ma&#238;trise, je vois notre vacuit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d&#233;j&#224;, la cloche tinte comme une bille sur du marbre. C'&#233;tait mon dernier jour. Ces deux mois ont si vite pass&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'homme est en face de moi, il ne dit rien, il sourit. On va se quitter. Il ne me demandera plus rien et cela me rend triste. J'ai envie de le prendre dans mes bras, de le remercier, il le sait. Et nous n'avons pas besoin de mots pour &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/shorts/Pbu_4K6NBm0&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Corine Sylvia Congiu lit et illustre &#034;Le monast&#232;re des mots perdus&#034;, une nouvelle de Laurent Giraud&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
