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	<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title>Dernier soir, sur un pont</title>
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		<dc:date>2013-12-24T20:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Barcelo</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Au Canada, des enfants am&#233;rindiens innus (on les appelait autrefois des Montagnais) vivent dans des r&#233;serves une vie sans espoir. Ils respirent des vapeurs d'essence &#224; la recherche de paradis artificiels. Il y a une dizaine d'ann&#233;es, on a commenc&#233; &#224; envoyer ces enfants en ville pour leur faire subir des cures de d&#233;sintoxication. Cela a inspir&#233; &#224; Fran&#231;ois Barcelo (auteur de Cadavres, Moi les parapluies, Chiens sales et L'ennui est une femme &#224; barbe, tous en S&#233;rie Noire) la plus noire de toutes ses (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/" rel="directory"&gt;Nouvelles &#224; lire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton368.jpg?1474812777' width='150' height='105' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au Canada, des enfants am&#233;rindiens innus (on les appelait autrefois des Montagnais) vivent dans des r&#233;serves une vie sans espoir. Ils respirent des vapeurs d'essence &#224; la recherche de paradis artificiels. Il y a une dizaine d'ann&#233;es, on a commenc&#233; &#224; envoyer ces enfants en ville pour leur faire subir des cures de d&#233;sintoxication. Cela a inspir&#233; &#224; Fran&#231;ois Barcelo (auteur de &lt;i&gt;Cadavres&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Moi les parapluies&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Chiens sales&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;L'ennui est une femme &#224; barbe&lt;/i&gt;, tous en S&#233;rie Noire) la plus noire de toutes ses histoires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_178 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/jpg/barcelo_dernier-soir_01.jpg?1474812762' width='500' height='350' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-178 spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Illustration : Corine Sylvia Congiu - 2013&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Savez-vous ce que j'aime le mieux regarder, de tout ce qu'on peut regarder ici ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Les aurores bor&#233;ales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a rien de plus beau nulle part au monde. J'en suis s&#251;r, m&#234;me si je ne suis jamais all&#233; ailleurs. Et celles qu'il y a ce soir sont les plus belles que j'aie jamais vues.&lt;br class='autobr' /&gt;
On dirait que le ciel est plein de rideaux que le vent pousse tout doucement. Chez nous, &#224; la maison, on a d&#233;j&#224; eu des rideaux un peu comme &#231;a, dans le temps que Maman &#233;tait l&#224;. Quand elle est morte, les rideaux se sont us&#233;s tout seuls parce que le vent poussait dedans et ils ont fini par se d&#233;chirer tout seuls aussi. Papa les a enlev&#233;s. Mais, juste avant qu'il les enl&#232;ve, ils &#233;taient comme des aurores bor&#233;ales quand les fen&#234;tres &#233;taient ouvertes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce soir, les aurores bor&#233;ales sont plus belles que nos rideaux d'apr&#232;s Maman, mais un peu pareilles quand m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
On dirait qu'elles dansent sans se d&#233;p&#234;cher, au-dessus de la t&#234;te des &#233;pinettes. Je les vois tr&#232;s bien, parce que je suis sur le pont du chemin de fer. Juste au milieu, le meilleur endroit pour voir le ciel et les aurores bor&#233;ales.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est mon fr&#232;re Joseph qui m'a amen&#233; ici tout &#224; l'heure. Il m'a dit de m'asseoir l&#224; avec mon sac et que j'en avais pour au moins deux heures avant que le train passe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'ai pas entendu Joseph, parce que je suis sourd, mais je comprends toujours ce qu'il me dit parce que je le regarde quand il me parle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, je me suis assis avec les pieds pendants entre les traverses et avec mon sac sur les genoux, pour regarder les aurores bor&#233;ales qui bougent dans le ciel. Elles sont surtout blanches, mais des fois il y en a des un peu jaunes ou des presque roses ou des quasiment vertes.&lt;br class='autobr' /&gt;
On est en octobre. Quand il n'y a pas de nuages le soir, je trouve que c'est le plus beau mois de l'ann&#233;e pour les aurores bor&#233;ales. Et ce soir, je trouve que c'est le meilleur soir pour &#231;a depuis qu'on est en octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me sens bien. Pas seulement parce qu'il y a plein d'aurores bor&#233;ales dans le ciel. Pas seulement parce que je respire de l'essence dans mon sac.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me sens bien parce que c'est mon dernier soir ici. Et j'aime autant en profiter au lieu de me mettre &#224; pleurer comme Joseph a fait quand il est venu me reconduire sur le pont. En partant, il a fait semblant qu'il souriait mais je voyais bien qu'il pleurait des vraies larmes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui le fait pleurer, c'est que demain les agents du gouvernement vont venir me chercher. Ils vont m'amener &#224; l'h&#244;pital, loin d'ici, dans la grande ville. Pour la d&#233;sintoxication, qu'ils appellent &#231;a.&lt;br class='autobr' /&gt;
Papa ne voulait pas. Il a dit que &#231;a va me tuer. Et si &#231;a ne me tue pas, il a dit que &#231;a va tuer ce que je suis et &#231;a c'est encore pire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais les agents ont dit que, si je continue comme &#231;a, je vais mourir de toute fa&#231;on &#224; force de respirer les vapeurs d'essence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Moi, je ne pense pas, parce que &#231;a fait des ann&#233;es que je fais &#231;a et je ne suis pas du tout mort. Je pense comme Papa. Je pense comme mes fr&#232;res, qui pensent comme Papa, eux aussi. Ils pensent tous que je ferais mieux de rester, m&#234;me si on ne peut pas les emp&#234;cher de m'emmener.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mes fr&#232;res ne prennent pas d'essence, eux. Maman ne les a jamais laiss&#233; faire. Papa non plus, quand Maman est morte. Moi, parce que je suis sourd et que je n'allais pas &#224; l'&#233;cole, il n'a pas &#233;t&#233; capable de m'emp&#234;cher. Sans Maman, Papa ne pouvait pas me surveiller tout le temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand il s'en est aper&#231;u, il &#233;tait trop tard. Il a essay&#233; de cacher l'essence, mais j'ai appris &#224; siphonner les r&#233;servoirs du canot, de la motoneige et de la g&#233;n&#233;ratrice. C'est facile : je prends un tuyau en caoutchouc, j'aspire de toutes mes forces mais pas trop longtemps et l'essence pisse toute seule dans mon sac de plastique. Papa ne peut quand m&#234;me pas priver tout le monde de t&#233;l&#233;vision juste pour moi. &#192; la maison, mes fr&#232;res comprennent presque tout ce que disent les Blancs parce qu'ils vont &#224; l'&#233;cole. Quand on est sous la tente comme maintenant, ils ne comprennent rien &#224; cause de la g&#233;n&#233;ratrice, mais ils ont les images, c'est mieux que rien. Moi, &#231;a me d&#233;range encore moins. Je n'entends pas la g&#233;n&#233;ratrice, mais je n'entends pas la t&#233;l&#233;vision non plus, qu'on soit &#224; la maison ou dans la tente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une fois, l'&#233;t&#233; d'avant le dernier, on a vu des enfants avec des sacs d'essence aux nouvelles de la t&#233;l&#233;vision. On n'entendait rien, mais on voyait bien qu'ils riaient parce qu'ils &#233;taient de bonne humeur chaque fois qu'ils sortaient le nez de leur sac. Moi, j'ai ri aussi. Pas les autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bient&#244;t, quand il va commencer &#224; neiger pour de bon, on va retourner &#224; la maison. Ce n'est pas tellement loin. On y va en canot avec le moteur, comme on est venus. Papa fait trois voyages la m&#234;me journ&#233;e pour rapporter la tente et toutes nos affaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a que moi qui ne vais pas retourner &#224; la maison, parce que demain ils viennent me chercher. Papa va marcher avec moi jusqu'au chemin de fer. Le train va s'arr&#234;ter juste une minute. C'est tout arrang&#233; comme &#231;a. Papa va me faire monter. Il est oblig&#233;. Sinon, ils vont descendre du train et courir apr&#232;s moi pour me mettre &#224; l'h&#244;pital.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, m&#234;me si Papa ne veut pas et mes fr&#232;res non plus, ils sont bien oblig&#233;s de me laisser partir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas si je vais aimer &#231;a, la d&#233;sintoxication. Je ne pense pas. Je pense que je n'aimerais pas &#231;a m&#234;me s'ils la faisaient chez nous, comme Papa leur a demand&#233;, mais ils ont dit que ce n'est pas possible &#224; cause de la loi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Papa m'a demand&#233; pourquoi je n'arr&#234;tais pas. Ce serait moins compliqu&#233; et je pourrais rester avec la famille.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai essay&#233; de lui expliquer que c'est parce qu'il y a des soirs comme ce soir, avec les aurores bor&#233;ales qui flottent dans le ciel et le vent qui souffle tout doucement au-dessus de la rivi&#232;re, un vent quasiment pas froid mais un petit peu froid quand m&#234;me comme tous les soirs d'octobre. Dans ce temps-l&#224;, je me sens tellement bien que je ne peux pas m'arr&#234;ter. Il y a des soirs comme ce soir qui seraient bien moins bien si je n'avais pas l'essence dans mon sac. Et des jours tristes aussi que je trouve bien moins tristes avec mon sac.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mes fr&#232;res, Joseph surtout, voulaient prendre les carabines et tirer sur les agents quand ils vont venir me chercher. Papa n'a pas voulu. Il leur a demand&#233; de jurer qu'ils ne feront pas &#231;a.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je sais &#231;a parce que mes fr&#232;res et mon p&#232;re, je lis sur leurs l&#232;vres tout ce qu'ils disent. La t&#233;l&#233;vision, je ne suis pas capable. Les agents non plus, quand ils viennent parler &#224; Papa. Ce n'est pas grave, parce que Joseph me raconte ce qu'ils ont dit quand ils sont partis. Mais quand c'est moi qui vais &#234;tre parti avec eux, je n'aurai plus personne pour me dire ce qu'ils disent. Ce n'est pas grave, &#231;a non plus, parce que je n'ai pas envie de le savoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Joseph, c'est le plus grand de mes fr&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout &#224; l'heure, apr&#232;s le souper, Papa a pris le canot avec le moteur pour aller p&#234;cher. Il ne va jamais p&#234;cher le soir. Mais ce soir il en avait envie parce que la p&#234;che va &#234;tre finie bient&#244;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
Joseph m'a dit &#171; C'est ton dernier soir. Veux-tu aller voir les aurores bor&#233;ales une derni&#232;re fois sur le pont ? &#187;. J'ai dit oui avec ma t&#234;te. J'ai apport&#233; mon sac. Il m'a fait asseoir au milieu du pont, face au Nord, avec les pieds entre les traverses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il a enlev&#233; sa montre, il l'a mise &#224; la bonne heure et il me l'a donn&#233;e. Pas pour toujours, je pense, m&#234;me s'il ne l'a pas dit. Mais peut-&#234;tre qu'il trouve qu'en d&#233;sintoxication j'aurai plus que lui besoin de voir si le temps passe vite ou lentement. Il a attach&#233; le bracelet &#224; mon poignet et il a dit : &#171; Comme &#231;a, tu te feras pas frapper par le train de dix heures. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le train, c'est celui qui va passer me prendre demain matin, avec les agents. Ce soir, il ne me prend pas, parce qu'il faut qu'il aille jusqu'au bout des rails, &#224; l'Ouest. Les agents sont dedans. Ils vont dormir au bout de la voie ferr&#233;e, parce qu'il y a un h&#244;tel, et ils vont revenir demain par le m&#234;me train qui retourne &#224; la grande ville.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand Maman a &#233;t&#233; malade, Papa voulait que le train la prenne et aille la porter &#224; l'h&#244;pital tout de suite. Ils n'ont pas voulu parce qu'il y avait des malades qui rentraient chez eux et &#231;a n'aurait pas &#233;t&#233; juste. Quand le train est revenu du bout des rails, le lendemain, Maman &#233;tait morte. Ils ont arr&#234;t&#233; quand m&#234;me parce qu'ils ne le savaient pas. Papa leur a dit que Maman allait mieux et il l'a enterr&#233;e dans la for&#234;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'autre jour, mes fr&#232;res voulaient acheter de la dynamite pour faire sauter le pont, mais Papa n'a pas voulu, &#231;a non plus. Il a dit que &#231;a ne changerait rien, parce qu'ils enverraient d'autres agents me chercher. Et ces agents-l&#224; seraient encore plus f&#226;ch&#233;s que les agents d'avant. Mes fr&#232;res iraient en prison, Papa aussi et je ne serais pas plus avanc&#233; parce que je ne pourrais pas rester tout seul. Ils m'enverraient &#224; l'h&#244;pital de toute fa&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour toutes ces raisons-l&#224; que je suis sur le pont. Devant la plus belle aurore bor&#233;ale que j'aie jamais vue. Quatre rideaux, on dirait, maintenant. Trois blancs et un autre un peu vert, qui bougent tout doucement, comme si Maman les &#233;cartait pour regarder par la fen&#234;tre du ciel et voir s'il y a quelqu'un sur le pont.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je respire encore un coup dans mon sac. Je n'ai jamais &#233;t&#233; aussi bien qu'en ce moment. Je pense que je vais passer toute la nuit l&#224; si personne ne vient me chercher. Je n'aurai qu'&#224; aller sur le rivage quand le train va passer &#224; dix heures et apr&#232;s je reviendrai m'asseoir &#224; la m&#234;me place, m&#234;me si les aurores bor&#233;ales sont finies. Des fois, elles s'arr&#234;tent de bonne heure, mais presque tout le temps elles continuent toute la nuit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tiens, c'est dr&#244;le. On dirait que le pont tremblote. Je regarde la montre de Joseph. Elle a un bouton pour quand on veut voir l'heure la nuit. J'appuie dessus. Il est huit heures cinq. Les aurores bor&#233;ales ont commenc&#233; plus t&#244;t que d'habitude, ce soir, parce qu'en octobre les jours raccourcissent toujours plus vite que je m'y attendais.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a ne peut pas &#234;tre le train. Il est souvent en retard, mais il n'est jamais en avance. C'est peut-&#234;tre un tremblement de terre. Pas un gros, m&#234;me s'il augmente encore un peu. J'ouvre mon sac. Je remets le nez dedans. Je respire &#224; fond. &#199;a pue, mais &#231;a fait du bien, et puis maintenant je trouve que &#231;a ne pue pas autant qu'au commencement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, c'est un tremblement de terre. On en a eu un, une fois. J'&#233;tais trop petit pour m'en rappeler, mais Joseph m'a tout racont&#233;, souvent. Il avait mon &#226;ge, dans ce temps-l&#224;. On &#233;tait dans la tente. La lanterne s'est mise &#224; faire du bruit toute seule m&#234;me si elle n'&#233;tait pas allum&#233;e. Tout le monde s'est r&#233;veill&#233;. Les ustensiles aussi se sont mis &#224; faire de la musique tout seuls. Maman avait peur. Moi, Joseph dit que je me suis mis &#224; pleurer. Papa a pris sa carabine parce qu'il ne savait pas ce que c'&#233;tait. &#199;a tremblait de plus en plus fort. Papa est all&#233; voir dehors. Il n'y avait rien. Pas un ours, pas un train, rien du tout. Puis &#231;a a arr&#234;t&#233;. Le lendemain, les Blancs du village ont dit &#224; Papa que c'&#233;tait un tremblement de terre. La radio l'avait dit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne m'en souviens pas, mais je pense que &#231;a a d&#251; faire comme maintenant. Sauf que maintenant, &#231;a n'a pas encore cess&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a ressemble un peu &#224; la mani&#232;re dont le pont tremble quand il y a un train qui approche. J'ai presque envie de regarder derri&#232;re moi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais j'aime mieux prendre encore une grande respiration dans mon sac.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne veux pas quitter des yeux les aurores bor&#233;ales, m&#234;me pas une seconde. Parce que ce soir, c'est mon dernier soir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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