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	<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title>Hasta Luego</title>
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		<dc:date>2014-06-03T06:24:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aude Cattani</dc:creator>



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&lt;p&gt;Elle a atteint un certain &#226;ge tout de m&#234;me ! Elle souffle un peu en remontant la pente de la plage. Elle secoue la t&#234;te, se parle &#224; elle-m&#234;me, &#171; Tout de m&#234;me, tu as atteint un certain &#226;ge ! &#187;, rentre le menton dans son ch&#226;le. Par timidit&#233;. Que personne ne surprenne son sourire, soudain juv&#233;nile. Pourtant, elle ne risque pas les regards curieux, l'arri&#232;re-saison est si calme. C'est le moment qu'elle pr&#233;f&#232;re. La plage fra&#238;che dans la fin du jour et le soleil translucide. Septembre, presque fini. Les cabines (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/" rel="directory"&gt;Nouvelles &#224; lire&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton386.jpg?1474812761' width='107' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_186 spip_documents spip_documents_center'&gt;
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&lt;dd class='crayon document-descriptif-186 spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Illustration : Corine Sylvia Congiu - 2014
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Elle a atteint un certain &#226;ge tout de m&#234;me ! Elle souffle un peu en remontant la pente de la plage. Elle secoue la t&#234;te, se parle &#224; elle-m&#234;me, &#171; Tout de m&#234;me, tu as atteint un certain &#226;ge ! &#187;, rentre le menton dans son ch&#226;le. Par timidit&#233;. Que personne ne surprenne son sourire, soudain juv&#233;nile. Pourtant, elle ne risque pas les regards curieux, l'arri&#232;re-saison est si calme.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le moment qu'elle pr&#233;f&#232;re. La plage fra&#238;che dans la fin du jour et le soleil translucide. Septembre, presque fini. Les cabines ferm&#233;es sur les pelles, les seaux, les bou&#233;es, les bateaux jaune et bleu vid&#233;s du souffle g&#233;n&#233;reux des p&#232;res, les casiers de boules en plastique &#8210; on a encore perdu le cochonnet ! &#8210; les coquillages ramass&#233;s dans la trace du pas ralenti et patient des m&#232;res, un drap de bain oubli&#233;, des palmes qui seront trop petites l'ann&#233;e prochaine&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle a aim&#233; tout cela passionn&#233;ment quand c'&#233;taient les siens qui hurlaient de joie &#224; chaque vague &#8211; c'est mieux &#224; mar&#233;e montante, elles sont plus grosses ! &#8210; qui revenaient tellement fiers d'avoir attrap&#233; une m&#233;duse &#8211; morte ou agonisante, pauvre b&#234;te ! &#8210; palpitant au fond de l'&#233;puisette. Ils venaient &#224; elle, collants de sable mouill&#233; et de morceaux d'algues, mourant de faim &#224; toute heure du jour, repartant vers les rochers, infatigables, les bras &#233;tendus dans le soleil, faisant l'avion, &#224; droite, &#224; gauche, mouettes sauvages et rieuses, enfants de l'iode et du vent. &#171; T'as vu, t'as vu, j'ai la marque du maillot ! &#187;. Le bonheur gonfle ses poumons jusqu'&#224; en avoir mal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle a rejoint la promenade qui longe la plage. Elle ose enfin se retourner. Il est toujours l&#224; ! Elle a un tressaillement frileux, resserre son ch&#226;le sur ses &#233;paules, se donne une contenance, fixe l'horizon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela fait presque quinze jours maintenant qu'elle le voit &#224; cette m&#234;me place. Comme s'il avait attendu que le dernier coffre de voiture, la derni&#232;re porti&#232;re de train, le dernier volet aient claqu&#233; sur le retour &#224; la ville des cheveux blondis, des nez pel&#233;s et de leurs parents r&#233;concili&#233;s avec la douceur de vivre. Assis dans sa chaise longue, un plaid confortable sur les jambes, un gros pull, un livre. Cal&#233; &#224; l'abri du vent derri&#232;re la cabine n&#176; 12. Absorb&#233;, magnifique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa beaut&#233; lui a saut&#233; au visage la premi&#232;re fois o&#249; elle l'a aper&#231;u. Celle d'aujourd'hui et celle d'hier, pr&#233;sente sous la peau et les os. Elle a vu la blancheur soyeuse de ses cheveux, qu'il porte assez longs encore, rejet&#233;s en arri&#232;re comme un roi de trag&#233;die, s'agiter mollement au souffle venu du large. Elle a pressenti la silhouette rest&#233;e s&#232;che, nerveuse, muscl&#233;e. Elle a devin&#233; la nature indomptable, la solitude assum&#233;e, les voyages, les rencontres. Elle a emport&#233; chez elle la noblesse. Des traits, du maintien, de l'&#226;me, sans doute. Elle en a r&#234;v&#233; jusqu'&#224; la promenade du lendemain. Les jours suivants, elle en a r&#234;v&#233; tout &#233;veill&#233;e. Elle a tent&#233; de percer son &#226;ge, ses origines, aura-t-il, quand il l&#232;vera la t&#234;te, des yeux clairs et stri&#233;s, des yeux de marin ? Reconna&#238;tra-t-il la promeneuse fid&#232;le ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle est amoureuse. &#193; en &#234;tre &#233;tourdie, &#233;perdue. Elle fantasme. Se regarde le soir. Elle qui a &#233;t&#233; splendide chaque &#233;t&#233;, dans les cris aigus de l'enfance, dans les fous rires ambigus de l'adolescence, dans le bavardage serein de la maternit&#233;, toujours &#233;lanc&#233;e, bronz&#233;e et vive, elle s'examine sans piti&#233;. Sans cruaut&#233;. Simplement les f&#234;lures et le charme du temps. Rien &#224; cacher. Son corps a &#233;t&#233; heureux. La folie, c'est de vouloir l'&#234;tre encore. C'est aller contre l'id&#233;e que sa sensualit&#233; aurait fondu avec la chair pleine de la jeunesse. C'est vouloir renverser la t&#234;te en arri&#232;re, ronronner sous la caresse, nourrir les sillons frip&#233;s, oui, rid&#233;s, de sa peau de cr&#232;me odorante, rester douce, nager, mettre la t&#234;te sous l'eau, h&#233;siter avant de choisir ses v&#234;tements le matin, rentrer le ventre, colorer l&#233;g&#232;rement ses joues, ses l&#232;vres, se parfumer, &#234;tre discr&#232;te, &#233;l&#233;gante, indispensable, s&#233;duire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque matin d&#233;sormais, elle ferme sa porte remu&#233;e d'une d&#233;licieuse attente. Sera-t-il l&#224; ? Aura-t-il fini son livre ? Lui fera-t-il un signe de reconnaissance poli ? Elle retrouve la plage d&#233;sert&#233;e, le sable au repos. Elle et lui. Quelques propri&#233;taires de chiens fol&#226;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle chante. Comme autrefois, comme lorsqu'elle n'&#233;tait qu'une tr&#232;s petite fille. Dix mois par an, elle &#233;tait en hibernation. Arrivait juillet. Les retrouvailles. Contemplative, elle passait de longs moments face &#224; la mer, toujours exacte au rendez-vous, r&#234;vant d'eau et de voile. Elle fredonnait des airs de feu de camp, des refrains d'hommes de pont. &#193; bient&#244;t si Dieu le veut. Le chant monte en elle. Elle a choisi. La maison est devenue la sienne. Une existence d&#233;roul&#233;e vers ce seul but, c'est ici qu'elle finira de vivre. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'homme de ses pens&#233;es est &#224; sa place. Elle descend vers lui, passe sans le regarder. Un mouvement, un bruit mat sur le sol. Elle revient sur ses pas. Le livre est tomb&#233;. Des grains de sable se retrouveront encore entre les pages dans plusieurs mois. Il s'est endormi et sa main a gliss&#233;. Elle s'agenouille, ramasse l'ouvrage.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Monsieur, vous avez laiss&#233; tomber votre livre. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ce qu'elle va lui dire quand il ouvrira les yeux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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