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		<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title>M&#233;tro Miroir</title>
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		<dc:date>2014-06-22T19:13:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laetitia Delobel</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#192; propos de l'auteur : &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis une moins de 30 ans qui accorde plus facilement sa confiance &#224; qui d&#233;tient une carte de biblioth&#232;que. Je ne me suis autoris&#233;e que tr&#232;s r&#233;cemment &#224; quitter le journal intime pour la fiction. &#171; M&#233;tro Miroir &#187; est la premi&#232;re nouvelle que j'ai &#233;crite, il y a trois ans. Elle a gagn&#233; le concours du CROUS (prix r&#233;gional) sur le th&#232;me &#034;Fantasmes&#034; en 2011. &#192; c&#244;t&#233; de l'&#233;criture, je suis vendeuse agent d'accueil caissi&#232;re femme de m&#233;nage et experte &#232;s envois de candidatures aux (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/" rel="directory"&gt;Nouvelles &#224; lire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton389.jpg?1474812760' width='105' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; propos de l'auteur :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis une moins de 30 ans qui accorde plus facilement sa confiance &#224; qui d&#233;tient une carte de biblioth&#232;que.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne me suis autoris&#233;e que tr&#232;s r&#233;cemment &#224; quitter le journal intime pour la fiction. &#171; M&#233;tro Miroir &#187; est la premi&#232;re nouvelle que j'ai &#233;crite, il y a trois ans. Elle a gagn&#233; le concours du CROUS (prix r&#233;gional) sur le th&#232;me &#034;Fantasmes&#034; en 2011.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; c&#244;t&#233; de l'&#233;criture, je suis vendeuse agent d'accueil caissi&#232;re femme de m&#233;nage et experte &#232;s envois de candidatures aux biblioth&#232;ques de la m&#233;tropole lilloise.&lt;/p&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_187 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/jpg/2014-metro-miroir.jpg?1474812761' width='500' height='720' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-187 spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Illustration : Corine Sylvia Congiu - 2014
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&#212; Dieu des jeunes filles pas trop moches, merci d'avoir compris que le temps de f&#233;vrier &#233;tait un supplice suffisant pour cette journ&#233;e. Sur le quai j'entends chuchoter pr&#232;s de moi, mais pas pour moi. Un clodo et son fils, celui que je suppose &#234;tre son fils : excitation, coups de coude, air entendu, soyez plus discrets on a bien compris votre petit man&#232;ge en tout cas moi j'ai compris. J'ai l'habitude alors j'ai compris. Seulement aujourd'hui ce n'est pas pour moi. Collants en laine, brushing an&#233;anti par la pluie, sac Adidas qui tape au cul est-ce que j'ai un gros cul ? Mon cul ! Je suis disqualifi&#233;e. Mes remerciements au Saint Patron des charmantes demoiselles dont le p&#232;re est un chapardeur il a vol&#233; toutes les &#233;toiles du ciel pour les mettre dans tes yeux. Le manque de subtilit&#233; des techniques d'approche me sera donc &#233;pargn&#233;. &#212; jour b&#233;ni ! Sauf en ce qui concerne la m&#233;t&#233;o on t'a dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soulag&#233;e mais curieuse, je cherche l'autre. Elle. Celle qu'on admire quand je suis transparente. Celle-ci. S&#251;rement pas moi. Celle-l&#224;. Une fille &#224; papa aux jambes d'anorexique, me dis-je, rien de tr&#232;s excitant. Clich&#233; de belle gosse. Corps calibr&#233; pour photos de magazine. Si l'on me demandait mon avis, je dirais et que cela reste entre nous ou pas peu m'importe je dirais que c'est bien moins bandant qu'une peau douce. Trente-quatre calleux contre quarante-deux tout doux, si l'on me demandait mon avis elle ne ferait pas le poids. Mais on ne me demande pas mon avis. Lui dit, mon cher et tendre dit, bien qu'on ne lui demande pas son avis non plus me direz-vous, lui dit que je suis toute douce. La plus belle des filles qu'il connaisse. Si je le crois ? Bien s&#251;r que non. Le jean Kooka&#239; accuse mes cuisses, la vendeuse de la parapharmacie balance ma peau &#224; probl&#232;mes, le test du crayon cafte j'ai les seins qui tombent. Alors &#233;videmment que je ne le crois pas. Je d&#233;mens. La plus belle c'est elle. LA PLUS BELLE MAINTENANT C'EST ELLE. Mal au corps J'A-mal au c&#339;ur-LOUSE je fuis. J'attends que les deux imb&#233;ciles montent dans une rame pour en choisir une autre. Je fuis mais il est encore l&#224;, ce foutu malaise, et Elle aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le compartiment que j'ai choisi qu'elle a choisi aussi je suis debout comme toujours. Appuy&#233;e contre l'accoudoir d'un si&#232;ge, j'essaie de me donner peine perdue un peu de tenue. Je me tr&#233;mousse rajuste ma veste mon sac ma m&#232;che ma jupe ma veste ma m&#232;che mon sac mais je ne ressemble &#224; rien. Laisse tomber quand je remarque les genoux qui se tiennent face &#224; moi. Ses genoux petites billes d'os qui se tiennent face &#224; moi.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;
E
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&lt;p&gt;Les jambes fines &#224; l'extr&#234;me sont teint&#233;es de noir, collants ou bas, certainement des bas, quoique plus joli que des bas mais collants ou bas mes jambes jambons ne tiennent pas la comparaison. Ce qui la tient debout, voyez-vous, ce sont deux rubans de satin noir. Fins d&#233;licats &#233;l&#233;gants. Collants ou bas assez transparents pour que l'on voie sa peau d&#233;sir. D'aussi fins je les file toujours convoitise. Mon regard descend, une paire de bottines basses &#224; talons, comme c'est la mode actuellement. &#201;videmment. Un coup d'&#339;il &#224; son visage, c'est bien elle, la fille du Vieux Lille, habill&#233;e chez Comptoir des Cotonniers par maman, qui attire les regards de l'homme lambda. Nos regards se croisent. Je redescends aux genoux, je n'en ai jamais eu de pareils jalousie. Puis remonte vers la taille. Rien sous son manteau, on dirait qu'elle n'a rien sous son manteau, impossible qu'elle n'ait rien sous son manteau. Le short est si court ! Il faut le chercher. Entre les deux pans de son caban qui s'entrouvrent il faut le chercher ce short si court qu'on croirait qu'elle n'a rien sous son manteau. Couvre-toi-tu-vas&#173;attraper-du-mal. Princesse du m&#233;tro qui ne craint pas le froid. Reine des transports en commun qui ne craint pas la pluie. D&#233;esse bonasse au royaume des mortels disgracieux n'as-tu pas subi cette pluie comme nous tous ? Les gouttes n'ont pas os&#233; te d&#233;coiffer, tu volais au-dessus des flaques ? On l'aura d&#233;pos&#233;e voil&#224; tout ! Petite na&#239;ve, j'avais oubli&#233; que les filles comme toi pas comme moi les filles comme toi n'ont pas besoin de parapluie. On les conduit Prince Porsche Charmant au pied de la gare o&#249; les deux lignes de m&#233;tro se rejoignent. Les filles comme toi je ne les aime pas. Je les regarde et je pense &#224; moi. Je les regarde et je me vois. Les filles comme toi je ne m'aime pas. Les filles comme toi, toi, elle, elle me regarde, c'est la deuxi&#232;me fois. Je souris et ses dents blanches - ses dents plus blanches que - me r&#233;pondent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre le moment o&#249; j'essaie de et celui o&#249; je parviens avec peine &#224;. D&#233;glutir ma haine. Dig&#233;rer la jalousie. Je m'&#233;tonne quand m&#234;me de ce short port&#233; sur des collants. A-t-elle demand&#233; jeune fille dans le rang le feu vert de Glamour Elle Cosmo Biba Grazia Be Jalouse Muteen ? Haute autorit&#233; de rien du tout, je n'approuve pas. Auto&#173;analyse sommaire je ne suis que d&#233;pit quand sur mon trente-et-un tout le monde le dit personne ne sait pourquoi je ne te ferais point d'ombre m&#234;me si tu portais sac &#224; patates. Alors je n'approuve pas j'&#233;prouve. Une marini&#232;re, j'aurais d&#251; m'en douter. La mienne, je l'ai piqu&#233;e dans le placard de maman ; la tienne, tu l'as achet&#233;e hier pour qu'elle tienne compagnie aux dix autres. Elle referme son manteau. Le manteau dont on dirait qu'elle n'a rien en dessous mais si mais non mais si elle a quelque chose en dessous mais on ne dirait pas. Je me demande m'aurait-elle remarqu&#233;e ? Je me questionne et la seule r&#233;ponse qui me vient est r&#233;flexe sourire il faut toujours quand on ne sait pas. Cela ne vous rend pas plus intelligente, mais c'est plus agr&#233;able pour ceux qui vous regardent. Sourire encore, j'essaie de faire celle qui regardait l&#224; comme elle aurait pu regarder ailleurs. Je suis tout excus&#233;e, disent ses dents blanches plus blanches que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le manteau &lt;i&gt;confer supra &lt;/i&gt; est tr&#232;s bien coup&#233;. La marque n'est pas apparente, mais on se doute qu'il ne vient pas de chez H&amp;M -50% sur une s&#233;lection de pulls de saison. &#201;pais, lourd, il la sculpte. Statue hypnotisante, je ne peux en d&#233;tourner mon regard. Cette ch&#233;tive, comme soutenue par son caban, porte la t&#234;te haute. Alors je remarque sa coiffure, comme d'un autre temps. Un chignon peut&#173;&#234;tre, un chignon je crois, un chignon je devine m&#234;me si face &#224; elle je ne peux qu'apercevoir une grosse m&#232;che, dompt&#233;e, qui ne s'aventurerait sous aucun pr&#233;texte sur son front. Comme pour dire : je ne suis pas comme vous. Et j'entends : je vaux mieux que toi. Cette fois-ci c'est elle qui me regarde, je la fixe dans les yeux un moment, qu'essaie-t-elle de me faire comprendre ? Elle change son sac de main je n'aime pas les sacs &#224; main, mais si je les aimais, j'aurais le m&#234;me que le sien ; elle agite ses bracelets je n'aime pas les bijoux, mais si je les aimais, j'aurais les m&#234;mes que les siens ; pi&#233;tine des bottines je n'aime pas les talons, mais si je les aimais, j'aurais les m&#234;mes bottines qu'elle. On dirait que la perfection se fait la malle, je d&#233;code : press&#233;e g&#234;n&#233;e elle descendra prochain arr&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Respirer devient un effort. Paralysie. Int&#233;rieure. Organes. De marbre. R&#233;flexion. Parasit&#233;e. &#201;motions. Envahissantes. Nerfs. Sifflants. Aigu d&#233;connexion sauvez-moi de la br&#251;lure l'asphyxie la perte de connaissance la noyade ma vision d'id&#233;al s'&#233;chappe. J'anticipe le manque ma jolie demoiselle ma mieux que moi mon miroir d&#233;formant mon support &#224; envies mon r&#233;ceptacle &#224; fantasmes. Je descends avec elle. La prend en filature pour percer le secret du pourquoi elle et pas moi pourquoi elle mieux que moi. Imagination contenue qui ne demande qu'&#224; d&#233;border. Est-ce ce qu'elle boit, mange, ach&#232;te, lit ? Est-ce qui elle fr&#233;quente, baise, &#233;vite ? Est-ce o&#249; elle vit, marche, court, s'arr&#234;te ? Maintenant elle entre dans une boulangerie qui ah tiens vend des Carambars au go&#251;t Barbe &#224; Papa et ach&#232;te un pain aux c&#233;r&#233;ales. C'est tout. J'ach&#232;te un pain aux c&#233;r&#233;ales. C'est tout. Je tire un trait sur mes l&#232;vres toujours sucr&#233;es. Je l'imagine bobo bio nota bene ne pas manger trop gras trop sucr&#233; trop sal&#233;. Maintenant elle se dirige biblioth&#232;que municipale. Petite conne tu lib&#232;res culpabilit&#233; ce Gombrich oubli&#233; sur ma table de nuit. Dans les rayons je la suis. Dans ses traces de pas invisibles j'esp&#232;re comprendre ce que peuvent &#234;tre ses journ&#233;es. Impossible que tu sois vendeuse, toi. Tu fais autre chose qu'augmenter le d&#233;couvert des autres pour r&#233;duire le tien, toi. Peut-&#234;tre m&#234;me que tu ne travailles pas, toi. Ou bien juste assez pour t'offrir l'essentiel, tu connais assez de gens pour te faire offrir le superflu, toi. Tu as un abonnement au th&#233;&#226;tre et &#224; l'op&#233;ra, toi. Chaque jour tu lis Lib&#233;. Chaque semaine les Inrocks. Tu vas boire le th&#233; avec tes amies, au cin&#233;ma avec tes amants, aux expos seule pour faire de nouvelles rencontres. Tu ne passes pas ton temps &#224; acheter nouveaut&#233; offre sp&#233;ciale promotion client privil&#233;gi&#233; carte de fid&#233;lit&#233; r&#233;ductions avantages. Tes objets sont pr&#233;cieux car coh&#233;rents avec toi. Toi toi toi qui ne me vois pas, m&#234;me si je suis juste l&#224;, derri&#232;re toi. Je r&#234;ve ma vie pr&#232;s de toi avec toi en toi et tout m'appara&#238;t clairement. Comme si l'imaginaire fr&#244;lait la r&#233;alit&#233;, je vois d&#233;j&#224; ce que c'est d'&#234;tre comme toi. D'&#234;tre mieux que moi. Tu te tournes et tu ne me vois pas, je ne suis pourtant qu'&#224; deux pas de toi. Quand tu quittes la biblioth&#232;que, je descends chaque marche au m&#234;me rythme que toi. Je tourne du m&#234;me c&#244;t&#233;. Fais les m&#234;mes &#233;carts. Connais ta trajectoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soudain trottoir ext&#233;rieur jour tu t'arr&#234;tes sans raison. Je ne comprends pas. Trop absorb&#233;e par mes pens&#233;es d'&#234;tre toi je n'entends pas. Perdue dans le reflet du miroir d'id&#233;al que tu es je n'entends pas. Excuse-moi mademoiselle, t'es charmante, &#231;a t'dirait une glace &#224; la menthe ? Sa bouche reste close silence. Je la fixe en attendant que ses l&#232;vres remuent silence. Elle ne semble pas voir celui qui s'adresse &#224; elle silence. Quand soudain elle comprend je comprends. Il n'y a que&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;M&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I&lt;/p&gt;
&lt;/h3&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
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