<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Nouvelle Donne</title>
	<link>https://www.nouvelle-donne.net/</link>
	
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.nouvelle-donne.net/spip.php?id_auteur=23&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Nouvelle Donne</title>
		<url>https://www.nouvelle-donne.net/IMG/siteon0.png?1606645713</url>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/</link>
		<height>101</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Les amoureux silencieux</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/article/les-amoureux-silencieux</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/article/les-amoureux-silencieux</guid>
		<dc:date>2018-11-04T13:56:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mohamed REZKALLAH</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Vous &#234;tes si bruyants, si bruyants... &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis que nous avions quitt&#233; G&#234;nes, cette pens&#233;e ne cessait de frapper contre mon esprit, comme un pivert malade contre un tronc mort. Ma femme et moi nous &#233;tions rendus &#224; l'anniversaire de la fille d'un couple d'amis. La petite s'appelait No&#233;, une jolie enfant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avions apport&#233; un cadeau, ainsi qu'une enveloppe. Ce dimanche &#233;tait ensoleill&#233;, ce qui ne nous avait pas emp&#234;ch&#233;s de nous disputer d&#232;s le r&#233;veil, pour une broutille. D'aussi loin que je me rappelle, un (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/" rel="directory"&gt;Nouvelles &#224; lire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton863.jpg?1541339737' width='150' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_308 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L480xH481/0000000b.les_amoureux_silencieux-91e39.jpg?1639925960' width='480' height='481' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-308 spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Illustration : Corine Sylvia Congiu - 2018
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Vous &#234;tes si bruyants, si bruyants...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que nous avions quitt&#233; G&#234;nes, cette pens&#233;e ne cessait de frapper contre mon esprit, comme un pivert malade contre un tronc mort. Ma femme et moi nous &#233;tions rendus &#224; l'anniversaire de la fille d'un couple d'amis. La petite s'appelait No&#233;, une jolie enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avions apport&#233; un cadeau, ainsi qu'une enveloppe. Ce dimanche &#233;tait ensoleill&#233;, ce qui ne nous avait pas emp&#234;ch&#233;s de nous disputer d&#232;s le r&#233;veil, pour une broutille.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'aussi loin que je me rappelle, un jour sans dispute n'existait plus. La raison &#233;tait que je n'avais pas, comme je l'avais promis, amen&#233; la classe A au nettoyage. Ma femme tenait &#224; ce que nous, et cela incluait la voiture, soyons propres pour nous rendre chez Claudio et Chiara.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quittant l'appartement, nous nous en &#233;tions mis plein la gueule, en montant dans la voiture, en sortant du garage, en passant la pancarte qui indiquait que nous quittions Monaco pour p&#233;n&#233;trer en Italie, sur l'aire de repos d'une station-service, juste une pause le temps de pisser, et nous avions repris le combat, et c'est sur le parvis de l'immense demeure de nos amis que nous avions d&#233;pos&#233; les armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions mari&#233;s depuis douze ans. Nous n'avions pas d'enfant. J'avais rat&#233; ma carri&#232;re d'&#233;crivain, et c'est &#224; reculons que je m'&#233;tais fait prendre par le m&#233;tier de plombier. Ma femme bossait dans la petite enfance, un cr&#233;neau qui ne risquait pas de d&#233;p&#233;rir, tant les nouveau-n&#233;s naissaient comme par port&#233;es de chatons. C'&#233;tait une magie noire qui maintenait ce mariage. Mariage qui avait eu lieu &#224; Hawa&#239; en comit&#233; restreint, c'est-&#224;-dire nous deux. C'&#233;tait un bon souvenir, nous &#233;tions jeunes, frais, vivants comme des gambas loin des eaux troubles de la vie, mais les jours de f&#234;tes &#233;taient d&#233;j&#224; proches, et les bateaux de l'amour et leurs filets de p&#234;che aussi. Mes parents &#233;taient morts alors que j'&#233;tais encore mineur. Les parents de ma femme se portaient tr&#232;s bien, &#224; leur &#226;ge avanc&#233; ; l'&#233;changisme les avait sauv&#233;s. Ma femme avait un penchant pour le bouddhisme, et moi me m&#233;fiant de tous les -ismes mais, en bon humain, j'avais opt&#233; pour l'alcoolisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Vous &#234;tes si bruyants, si bruyants... chantait l'oiseau funeste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je soup&#231;onnais qu'elle m'avait tromp&#233;, et m&#234;me qu'elle avait avort&#233; &#224; plusieurs reprises. Me soup&#231;onnait-elle ? Fouillait-elle mon portable &#224; la recherche de messages sulfureux d'une autre ? Elle ne m'aimait pas assez pour &#231;a...&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;taient ces m&#234;mes amis qui f&#234;taient, les yeux d&#233;bordant de joie, la deuxi&#232;me ann&#233;e de leur fille, qui nous avaient pr&#233;sent&#233;s lors d'une soir&#233;e. Je connaissais le p&#232;re, elle connaissait la m&#232;re, c'est tout ce que nous savions, et le temps d'&#234;tre pr&#233;sent&#233;s, nous &#233;tions d&#233;j&#224; enlac&#233;s dans le m&#234;me lit, avant minuit. Un bon souvenir aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;t&#233;, nous nous promenions, apr&#232;s avoir fait l'amour, le long du port, tard dans la nuit, la brise marine nous enveloppait. Elle prenait du pain pour en donner aux poissons, moi j'&#233;tais heureux aupr&#232;s d'elle. L'hiver, nous ne sortions plus apr&#232;s l'amour, nous discutions d'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis l'&#233;t&#233; suivant, nous ne faisions plus l'amour ni ne sortions nourrir les poissons, pris jusqu'au cou dans l'avenir. Quelque chose s'&#233;tait d&#233;traqu&#233; tr&#232;s rapidement, mais cela n'emp&#234;che pas un m&#233;canisme de fonctionner, une horloge qui ne donne pas l'heure juste la donne tout de m&#234;me deux fois par jour et pour nous c'&#233;tait suffisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anniversaires de mariage ou personnels, Saint-Valentin, jour des morts... quelques dates tactiques qui maintenaient dans le temps. Et une fine couche de poussi&#232;re avait lentement recouvert le cadran ; sans nous en rendre compte, nous ne savions plus qui nous &#233;tions, o&#249; nous &#233;tions, et pourquoi nous y &#233;tions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Vous &#234;tes si bruyants, si bruyants... toc toc toc... contre l'arbre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait du monde. Les marmots filaient dans tous les sens, morceaux de g&#226;teau dans les mains, hilares. Les parents suivaient leur prog&#233;niture des yeux, fiers, &#233;mus. Moi je buvais, ma femme s'empiffrait de tiramisu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le cadeau et l'enveloppe avaient fait plaisir. Les grands-parents, entour&#233;s d'un saint halo divin, passaient entre les invit&#233;s, remerciant d'&#234;tre venus, &#233;changeant bises et poign&#233;es de main. Avoir des parents, je ne me rappelais plus ce que cela faisait. Ceux-l&#224; &#233;taient vieux mais semblaient s'aimer comme aux premiers jours. Je les saluai, puis me resservis du vin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps &#233;tait vraiment magnifique. Le ciel d'un bleu aveuglant. Je sortis de la maison et en fis le tour. Il y avait un jardin o&#249; poussaient de jolis citronniers. Derri&#232;re la maison, je trouvai des escaliers &#233;troits et tordus qui descendaient dans un sous-sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mi-chemin sur les marches, des r&#226;les de plaisir m'&#233;taient parvenus. Je posai lentement un pied apr&#232;s l'autre. Au bas de l'escalier, je jetai un &#339;il &#224; l'int&#233;rieur. Un couple, dans le fond de la pi&#232;ce, faisait l'amour debout contre le mur. On aurait dit des animaux. Je regardai un moment. Ils ne remarqu&#232;rent pas ma pr&#233;sence. On appela tout le monde en haut. Je remontai en vitesse. Un clown allait faire le show. Je n'avais pas envie de regarder un homme triste faire rire des enfants. Je remplis mon verre et m'installai sur une marche du perron. J'entendais les enfants rire. Ma femme arriva par derri&#232;re et m'engueula, m'ordonnant d'aller voir le spectacle. &#171; Un minimum de savoir vivre &#187;, fit-elle. &#171; J'arrive &#187; lui dis-je. Je me levai et retournai derri&#232;re la maison. J'y passai le reste de la journ&#233;e, demandant au jeune couple qui &#233;tait ressorti du sous-sol de me ramener une bouteille de vin discr&#232;tement. Ils avaient l'air si heureux, si innocents, tout &#233;bouriff&#233;s, empourpr&#233;s, ils continuaient &#224; se b&#233;coter sur le gazon &#224; l'ombre d'un citronnier.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a donnait envie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le clown assurait. J'entendais les gosses qui poussaient des cris de fascination, riaient &#224; gorge d&#233;ploy&#233;e, certains m&#234;me pleuraient. La bouteille et la journ&#233;e finirent. Tout le monde se serra dans les bras, se remercia, se dit &#224; bient&#244;t, et ma femme et moi avons r&#233;cup&#233;r&#233; nos armes sur le parvis, claqu&#233; les porti&#232;res, puis pris le chemin du&lt;br class='autobr' /&gt;
retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dispute recommen&#231;a. Je ne savais pas me tenir, j'&#233;tais absent tout le long de l'anniversaire, ce n'&#233;taient pas des mani&#232;res... disait ma femme. Et la voiture qui &#233;tait sale... tu m'as fait honte vraiment... Sa conduite &#233;tait nerveuse, en parfaite syntonie avec ses sentiments. Et en plus tu n'as fait que boire, et c'est moi qui dois conduire... moi aussi j'aimerais boire quand on sort... t'es qu'un &#233;go&#239;ste...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Vous &#234;tes si bruyants, si bruyants... sifflait le piaf depuis les cimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me contentais de regarder la route droit devant. La nuit prenait possession de la vie. Des reflets pourpres s'&#233;levaient par-del&#224; les montagnes qui d&#233;filaient le long de l'autoroute. Des petits villages, nich&#233;s dans les creux des vall&#233;es, s'illuminaient peu &#224; peu. J'avais envie de boire encore. Des v&#233;hicules nous d&#233;passaient paisiblement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Fais pas semblant de pas m'entendre, fit ma femme. C'est pas possible, vraiment, j'ai honte de toi, tu as int&#233;r&#234;t &#224; envoyer un message pour t'excuser... Nos amis nous invitent gentiment et toi tu n'es pas capable de te tenir... Pourtant, avant de partir, je te l'ai demand&#233; de rester correct, de ne pas trop boire... tu crois que les gens n'ont pas vu que tu n'&#233;tais pas l&#224;, et que tu faisais que boire comme un trou...?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle roulait &#224; 110... la route &#233;tait d&#233;gag&#233;e. Il y avait une heure de trajet pour le retour. Il n'y avait rien de pire comme situation que de sentir l'effet de l'alcool me quitter et la haine de ma femme me fondre dessus. 18:02 affichait le tableau de bord. C'est s&#251;r qu'on s'aime, une telle rage ne peut avoir que l'amour pour terreau. De m&#234;me pour supporter une journ&#233;e aussi merdique, entour&#233; de mioches et de parents heureux, boire en cachette, je devais forcement l'aimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je te supporte plus... pr&#233;cisa-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Vous &#234;tes si bruyants, si bruyants... ajouta l'oiseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis bien d'accord, nous &#233;tions si bruyants, sous la clart&#233; des lampadaires avec des contours de montagnes qui se fondaient dans l'obscurit&#233;, nous &#233;tions si bruyants. Mais regarde, piaf cruel, on s'aime &#224; la folie, on se suce la moelle, elle peut conduire et m'incendier de jurons tout neufs, regarde &#231;a, c'est la beaut&#233; m&#234;me, toi, piaf idiot, tu peux te targuer de conna&#238;tre quelqu'un qui te hait comme &#231;a ? Non... bouffeur de vers de terre... j'adore l'acide qui me ronge le corps quand je suis avec elle, le poids de ces cha&#238;nes, cette mort, ce non &#233;tonnement, ce lieu que je connais par c&#339;ur... et tout passe, rien ne reste, quand l'amour s'en m&#234;le... le r&#233;el, pas le vrai, ni le faux, oui, je l'aime et j'adore &#231;a, elle est ma compagne, pour le pire et le pire du pire, &#231;a me fait chaud dans le corps... 18:04 affichait le tableau de bord. J'avais envie de gerber.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Tu ne peux pas &#234;tre un peu comme Claudio&#8230; ? demanda ma femme. Il a tellement de classe et il ne boit pas, et il sait se tenir, lui... Chiara a vraiment de la chance... Tu empestes l'alcool et tu n'as pas int&#233;r&#234;t &#224; vomir dans la salle de bains... et tu aurais pu te raser... &#231;a aussi tu me l'avais promis...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Vous &#234;tes si bruyants, si bruyants... persista l'oiseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Tu m'entends... connard ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Si bruyants... toc toc toc dans les parois de ma t&#234;te, faisait le pivert de la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Oui je t'entends, ma ch&#233;rie, r&#233;pondis-je.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se tourna vers moi. Je la regardai, elle &#233;tait belle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus jamais nous ne ferons de bruit toi et moi, plus jamais nous ne prononcerons un mot, plus jamais les poissons ne mangeront de ton pain, plus jamais nous ne foulerons du pied le sable fin d'Hawa&#239;, plus jamais nous ne fendrons le silence, plus jamais les autres ne nous regarderont comme un couple rat&#233;, plus jamais nous ne penserons &#224; l'enfant que nous n'avons pas eu, plus jamais nous ne choisirons pour l'anniversaire de la gamine des amis un cadeau original et cher, plus jamais tu ne me secoueras au r&#233;veil pour aller au travail, plus jamais nous ne ferons l'amour une fois par mois, plus jamais nous ne passerons le seuil de notre appartement, plus jamais ta m&#232;re, lift&#233;e &#224; l'os, ne me percera de son regard vitreux, plus jamais ton p&#232;re ne me contera les joies de la vie libertine, plus jamais je n'am&#232;nerai la voiture &#224; laver, plus jamais je ne ferai &#224; manger d&#233;gueulasse pour toi, plus jamais je ne songerai &#224; tes avortements... plus jamais nous ne serons bruyants... plus jamais nous ne serons bruyants... plus jamais...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Pourquoi tu me regardes comme &#231;a ? demanda ma femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma main agrippa le volant et tira un coup sec dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toc toc toc fit l'oiseau... toc toc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.nouvelle-donne.net/spip.php?action=acceder_document&amp;arg=309&amp;cle=ba24915023fad3ec96fa029e1471648861e4af00&amp;file=pdf%2Fles-amoureux-silencieux_a863-2.pdf" length="49940" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Douche</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/article/la-douche</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/article/la-douche</guid>
		<dc:date>2014-11-16T09:32:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mohamed REZKALLAH</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Mohamed Rezkallah est un jeune auteur qui vient par ailleurs de publier son premier roman, Le sous-sol, lequel fait partie des &#034;coups de coeur FNAC&#034;. Bravo, l'artiste ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les escaliers de l'immeuble, je la croisai et, comme convenu, fis mine de l'ignorer. Elle empestait encore, v&#234;tue de sa guenille, le chignon gras, un cabas vide &#224; la main. Je fis marche arri&#232;re et la suivis, lui laissant un &#233;tage d'avance. Sa porte claqua. La minuterie s'arr&#234;ta et la p&#233;nombre envahit les escaliers. &#192; t&#226;tons, (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/" rel="directory"&gt;Nouvelles &#224; lire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton397.jpg?1474812764' width='106' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mohamed Rezkallah est un jeune auteur qui vient par ailleurs de publier son premier roman, &lt;a href=&#034;http://www.fr.fnac.be/a6566617/Mohamed-Rezkallah-Le-sous-sol&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Le sous-sol, lequel fait partie des &#034;coups de coeur FNAC&#034;&lt;/a&gt;. Bravo, l'artiste !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_191 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/jpg/hitchcock-final1_redimensionner.jpg?1474812761' width='500' height='714' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-191 spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Illustration : Corine Sylvia Congiu - 2014
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dans les escaliers de l'immeuble, je la croisai et, comme convenu, fis mine de l'ignorer. Elle empestait encore, v&#234;tue de sa guenille, le chignon gras, un cabas vide &#224; la main. Je fis marche arri&#232;re et la suivis, lui laissant un &#233;tage d'avance. Sa porte claqua. La minuterie s'arr&#234;ta et la p&#233;nombre envahit les escaliers. &#192; t&#226;tons, j'avan&#231;ai jusqu'&#224; pi&#233;tiner sa carpette. Depuis l'int&#233;rieur de son F2 me parvenaient des bruits de casseroles, de vaisselle, d'une t&#233;l&#233; &#224; faible volume, et de mots &#233;touff&#233;s. Je collai une oreille contre la porte de bois. J'entendis comme de l'eau qui coulait &#224; allure r&#233;guli&#232;re. Je sentis aussi l'eau qui passait par les tuyaux &#224;' l'int&#233;rieur des murs. Comme si elle prenait une douche. C'&#233;tait peut-&#234;tre l'occasion d'entrer. Peut-&#234;tre la seule. Je posai une main moite sur la poign&#233;e. La minuterie s'alluma. Des bruits de pas venaient d'en bas, je me d&#233;collai de la porte et remontai en vitesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vieille dame, &#171; Madame &#187; comme elle avait demand&#233; &#224; &#234;tre nomm&#233;e, habitait au deuxi&#232;me &#233;tage. Elle avait assist&#233; &#224; mon expulsion, paisiblement install&#233;e &#224; sa fen&#234;tre. J'avais emm&#233;nag&#233; dans l'immeuble un an auparavant. Je ne m'en &#233;tais pas sorti, mes parents ne voulaient plus entendre parler de moi. Je les avais, comment dire, trop sollicit&#233;s depuis ma naissance. &#192; la trenti&#232;me ann&#233;e, ils m'avaient tourn&#233; le dos. Malgr&#233; toute ma bonne volont&#233;, l'abandon de toute fiert&#233; qui m'avait pouss&#233; &#224; accepter des jobs de merde, &#224; vivre sans eau ni &#233;lectricit&#233;, en me nourrissant d'un demi-sachet de nouilles instantan&#233;es par jour, &#224; supplier la proprio, &#224; chialer chez l'assistante sociale, je m'&#233;tais retrouv&#233; &#224; la rue, d&#232;s la fin de la tr&#234;ve hivernale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;trange comme ce froid de mort m'avait prot&#233;g&#233; jusque-l&#224; des charognards de l'&#201;tat. Ils &#233;taient venus me sortir &#224; six heures du matin. Gomin&#233;s, propres, souriants, faisant des blagues, huissier, policiers, d&#233;m&#233;nageurs, et la propri&#233;taire en t&#234;te de gondole. Je n'avais oppos&#233; aucune r&#233;sistance. En une demi-heure, ils avaient tout emport&#233; sauf moi. Il faisait beaucoup plus doux, et je ruisselais sous mon polo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vieille du deuxi&#232;me, du haut de son perchoir d&#233;cor&#233; d'affreux pots de fleurs, m'avait fait signe de monter. Valise &#224; la main, j'avais abandonn&#233; &#224; m&#234;me le sol la planche de surf que je tenais &#224; bout de bras, le seul bien qu'ils m'avaient laiss&#233;, parce que la fixation gauche &#233;tait fichue. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle m'avait servi un coca glac&#233;, toute d&#233;sol&#233;e pour moi. Je n'arrivais pas &#224; d&#233;terminer son &#226;ge, elle pouvait &#234;tre vieille fille ou bien conserv&#233;e. Elle avait de l'humour dans la voix et une chaleur dans le regard qui faisait du bien. Plantureuse, coiff&#233;e d'un chignon parfait. Autant dire que je ne d&#233;sirais qu'une chose, c'&#233;tait passer la nuit chez elle, ce qu'elle m'accorda avec grand plaisir. De plus pr&#232;s, ce n'&#233;tait pas un simple manque d'hygi&#232;ne qu'elle d&#233;gageait, mais une odeur d&#233;sagr&#233;able dont je n'arrivais pas &#224; comprendre l'origine. Elle nous pr&#233;para un plateau-repas compos&#233; d'un steak hach&#233;, de salade et de fromage, avec une demi-baguette pour chacun, le tout arros&#233; d'une bouteille de ros&#233; frapp&#233;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant le repas, alors que j'avais le moral sous les rotules, elle m'avait fait part de sa grande passion pour le film &lt;i&gt;Psychose&lt;/i&gt;. Elle ne parlait pas du r&#233;alisateur, juste du film. Les autres films d'Alfred Hitchcock pour elle n'&#233;taient que des navets sans saveur et sans int&#233;r&#234;t. Seul &lt;i&gt;Psychose&lt;/i&gt; sortait du lot. Elle me proposa de mettre le DVD apr&#232;s le d&#238;ner. J'acceptai, sans trop savoir de quoi il retournait. Je savais tout au plus que c'&#233;tait un vieux film, en noir et blanc, avec un meurtre dedans. J'avais pris une douche puis, excit&#233;e, elle avait lanc&#233; le DVD, en nous servant deux cognacs, emmitoufl&#233;e dans sa robe de chambre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Qu'il est beau Norman, tu ne trouves pas ? fit-elle. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Pas vraiment, r&#233;pondis-je.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Moi, il me fait fondre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais l'impression que le film la replongeait en enfance, elle sirotait son verre totalement absorb&#233;e, critiquant, commentant, sursautant de peur avant d'&#233;clater de rire. &#192; mes yeux ce n'&#233;tait qu'un vieux film aux effets sp&#233;ciaux ridicules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Si Grace Kelly avait pu jouer le r&#244;le&#8230;.dommage. Je trouve Janet Leigh abominable. Je suis certaine que Grace aurait cri&#233; mieux que cette chipie. M&#234;me moi, j'aurais mieux hurl&#233; qu'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je la trouvais jolie, moi, cette actrice, son jeu &#233;tait bon, et ses cris convaincants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Regarde, cette sc&#232;ne est mythique. La sc&#232;ne de la douche. Soixante-dix plans, tourn&#233;s en sept jours. Et tu ne verras rien de sexuel &#224; l'&#233;cran. Quarante-cinq secondes de perfection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle m'agrippa par le bras et se crispa un peu plus &#224; chaque coup de couteau, m&#234;l&#233; aux attaques de violons suraigus, stridents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Ne loupe pas &#231;a, regarde, le fondu encha&#238;n&#233; sur la rigole de la baignoire, et l'&#339;il du cadavre&#8230; Mon dieu, que j'aimerais mourir comme &#231;a... Quelle fin magnifique pour une vie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle avait soixante-dix ans. Pas d'enfant. Jamais mari&#233;e. Ses quatre s&#339;urs &#233;taient mortes. Elle &#233;tait seule au monde. L'unique preuve d'un monde proche de sa fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, lors du petit d&#233;jeuner, elle me fit une &#233;trange proposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Tu peux rester ici autant que tu veux, mais je te demande trois petites faveurs en &#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je vous &#233;coute...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; La premi&#232;re, c'est que je puisse t'appeler Norman. Je sais que c'est bizarre mais &#231;a me ferait tr&#232;s plaisir, &#224; un point que tu ne peux imaginer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais tellement dans la merde qu'elle aurait pu m'appeler en sifflant, j'aurais dit oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Pas de souci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; La deuxi&#232;me, c'est que tu ram&#232;nes de temps en temps une petite amie, pour regarder un film et flirter pour une soir&#233;e. Moi, je dormirai dans ma chambre, je ne vous d&#233;rangerai pas. Et pour la troisi&#232;me, je te la dirai en temps voulu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; March&#233; conclu, dis-je, en me resservant du caf&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi j'&#233;tais Norman, et elle Madame. Une semaine durant, entre les plateaux-repas et les s&#233;ances de &lt;i&gt;Psychose&lt;/i&gt;, dont je commen&#231;ais &#224; conna&#238;tre le moindre plan par c&#339;ur, Madame insista grandement pour que je ram&#232;ne une fille. Elle me posa toutes sortes de questions. Je lui avais dit que j'avais une petite amie qui &#233;tait en d&#233;placement et que je ne savais pas trop quand elle serait de retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Bon sang, tu n'as qu'&#224; en payer une, fit-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; J'ai ma fiert&#233;, tout de m&#234;me, r&#233;pondis-je.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Tu vas discuter avec ta fiert&#233; ailleurs que chez moi, dans ce cas...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je n'ai pas les moyens de payer une professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se leva, se rendit &#224; petits pas vifs jusqu'&#224; la commode, ouvrit un tiroir, trifouilla, puis revint s'asseoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Avec &#231;a, &#231;a devrait suffire, dit-elle en me tendant un billet de cent euros. Maintenant, Norman, sors et ram&#232;ne une fille, sinon tu passes la nuit sous la lune. Sonne une fois au parlophone quand vous arriverez, comme &#231;a j'irai au lit et vous ne me verrez pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je quittai l'appartement. Il &#233;tait vingt-trois heures. Un ciel &#233;toil&#233; attendait que je bouge. J'&#233;tais tent&#233; de prendre une chambre d'h&#244;tel, mais avec cent euros je ne ferais pas long feu. Alors que chez la folle, j'&#233;tais nourri, log&#233;, blanchi, aux frais de la princesse. Je pouvais bien faire &#231;a pour elle, me payer une prostitu&#233;e. Heureusement que j'&#233;tais habitu&#233; &#224; en fr&#233;quenter. C'est plus simple que de mentir &#224; une femme pour avoir son corps &#224; disposition. J'allai voir Billana qui, par chance, &#233;tait libre. Belle brune bulgare au fran&#231;ais approximatif, mais aux formes ineffables. Habituellement, elle m'emmenait dans un parking en sous-sol mais, cette fois, elle sembla ravie que je puisse la ramener chez moi. Je sonnai discr&#232;tement au parlophone, ouvris la porte de l'entr&#233;e et je guidai Billina jusqu'au deuxi&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois &#224; l'int&#233;rieur, je lui donnai les cent euros et elle m'accorda deux heures non-stop. Je nous servis un verre. Nous f&#238;mes l'amour, discut&#226;mes, le temps que je r&#233;cup&#232;re, il nous arriva m&#234;me de rigoler, si bien que j'eus l'impression, &#224; certains moments, d'&#234;tre chez moi avec ma petite amie. Sensation exquise. Ce qui m'arracha &#224; ma r&#234;verie, ce fut la silhouette cach&#233;e dans les t&#233;n&#232;bres du couloir. Le souvenir de son odeur me revint. &#199;a me coupa l'envie pour de bon. Mais apr&#232;s tout, c'&#233;tait elle qui avait pay&#233;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le matin, Madame &#233;tait charmante et nous pr&#233;para des &#339;ufs brouill&#233;s. Elle ne pouvait d&#233;crocher son regard du canap&#233;-lit. Elle lui souriait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je voulais dire... pour hier soir...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Norman, voyons, ce que tu fais avec tes copines ne me regarde pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Bien madame...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Progressivement, elle m'affecta aux t&#226;ches quotidiennes. M&#233;nage, courses, cuisine, &#233;bats avec une prostitu&#233;e. Elle prenait tout en charge. Une nuit sur deux, elle venait &#224; pas de velours jusqu'au salon et observait. J'avais pris l'habitude et ne faisais plus attention &#224; elle. Sa robe &#224; fleurs en coton &#233;pais, son chignon, sa puanteur discr&#232;te, je m'y &#233;tais habitu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand elle me fit asseoir devant la table du salon, l'air grave, je sus que la r&#233;v&#233;lation de la troisi&#232;me faveur &#233;tait arriv&#233;e. Pour le coup, j'&#233;tais persuad&#233; qu'elle me demanderait de trouver un travail. Elle nous servit un verre de Cointreau, et planta ses yeux dans les miens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Norman, mon bon Norman, je suis fatigu&#233;e, tu sais....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je bus une gorg&#233;e puis &#233;coutai la suite. Ce qu'elle me demanda... comment dire... je m'attendais &#224; tout sauf &#224; &#231;a. J'acceptai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le calme r&#233;gnait dans les escaliers. La minuterie cliqueta et les t&#233;n&#232;bres revinrent. Je descendis les marches quatre par quatre. Je p&#233;n&#233;trai chez Madame en vitesse, et refermai la porte. Comme je l'avais senti, elle prenait sa douche. Je me dirigeai vers la cuisine et me saisis du plus grand des couteaux qui s'y trouvait. Tout doucement, lame en l'air, je marchai &#224; pas silencieux en direction de la salle de bains. Je posai une main d&#233;licate sur la poign&#233;e et ouvris la porte. Une vapeur &#233;touffante, br&#251;lante, me fondit dessus. Je tentai de la chasser en remuant la lame en l'air. Derri&#232;re le rideau opaque, Madame se passait de l'eau sur le corps. Son odeur &#233;tait d&#233;cupl&#233;e, elle me donnait la haine. Puis je compris &#224; quoi elle ressemblait : &#224; celle de la peau pourrie, s&#232;che, comme gangren&#233;e. Elle me souleva le c&#339;ur. J'approchai en un &#233;clair, tirai sur le rideau. Madame se dressa face &#224; moi, elle portait un maillot. Frissonnante de peur, le regard exorbit&#233;, elle commen&#231;a &#224; pousser ses plus beaux cris, mains en avant pour se prot&#233;ger. Ses hurlements &#233;taient faux. Ils ne me plaisaient pas. C'&#233;tait du cin&#233;ma. Elle voulait en finir, mourir. Je lui avais promis de le faire. Elle avait mis le bail de son appartement &#224; mon nom, m'avait l&#233;gu&#233; ses &#233;conomies. J'avais juste &#224; me d&#233;barrasser de son corps, juste &#231;a, et ma vie repartirait sur de bons rails.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je la regardai un instant, pr&#234;t &#224; attaquer au rythme des violons de Herrmann. J'attrapai le gel douche &#224; la saveur vanille bourbon que j'avais achet&#233; au Carrefour et le gant de crin tout neuf. Cette fois, elle prit peur pour de bon. Elle tenta de me pousser et de sortir de la baignoire. Elle battait Janet et Grace &#224; plate couture, j'en avais la chair de poule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; NORMAN....QUE FAIS-TU ? NON... NON... PAS &#199;A...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je portai un premier coup : une grosse noix de gel sur la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; HAA !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, une autre sur la poitrine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; HAAA... NON... NORMAN...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre sur les jambes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; HAAA....ARR&#202;TEEEEEEE...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bras. Puis j'attrapai le gant de crin. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; NONNNNNN !!!! PAS L&#192;&#192;&#192;&#192;&#192;&#192;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et commen&#231;ai &#224; frotter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
