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	<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title>Le train du retour</title>
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		<dc:date>2015-03-16T08:35:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thierry Jacquemin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#8220;Les passagers pour Oubly-sur-Terre sont pri&#233;s d'embarquer au quai z&#233;ro. Leur train d&#233;marre dans trois minutes.&#8221; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;Impossible de rater l'annonce de ces maudits haut-parleurs&#8221;, rumine-t-il. Les sentiments, les si troublants sentiments qu'&#224; deux, ils avaient pour mission de susciter, puis de pr&#233;server avaient v&#233;cu : &#8220;L'Amour est mort... M&#233;lancolie ou pas, il faut embarquer dans ce damn&#233; train qui renvoie vers le n&#233;ant les amours perdues !&#8221; &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, en ressassant sa d&#233;sillusion, il hisse ses deux grosses (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/" rel="directory"&gt;Nouvelles &#224; lire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton409.jpg?1474812765' width='150' height='106' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_195 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/jpg/2015-le_train_du_retour005_redimensionner.jpg?1474812762' width='500' height='353' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;&lt;i&gt;Les passagers pour Oubly-sur-Terre sont pri&#233;s d'embarquer au quai z&#233;ro. Leur train d&#233;marre dans trois minutes.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;&lt;i&gt;Impossible de rater l'annonce de ces maudits haut-parleurs&lt;/i&gt;&#8221;, rumine-t-il. Les sentiments, les si troublants sentiments qu'&#224; deux, ils avaient pour mission de susciter, puis de pr&#233;server avaient v&#233;cu : &#8220;&lt;i&gt;L'Amour est mort... M&#233;lancolie ou pas, il faut embarquer dans ce damn&#233; train qui renvoie vers le n&#233;ant les amours perdues !&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, en ressassant sa d&#233;sillusion, il hisse ses deux grosses valises et son sac de voyage dans la voiture la plus proche, y ouvre le premier compartiment venu et dispose comme il peut ses bagages dans l'espace restreint disponible : d'abord la valise rouge bourr&#233;e des adorables perles de son Amour d&#233;funt, chacune rang&#233;e avec le plus grand soin dans l'&#233;crin d'un souvenir br&#251;lant, puis l'&#233;norme valise noire de ses projets d&#233;chus, entass&#233;s p&#234;le-m&#234;le. Les deux valises trouvent place dans les rangements du compartiment. Quant au grand sac de voyage avec ses sentiments personnels, il le d&#233;pose sur la banquette en face de lui... &#8220;&lt;i&gt;Il ne servira plus...&lt;/i&gt;&#8221;, soupire-t-il. Il est d&#233;fait, et pourtant il reste &#233;l&#233;gant dans son costume crois&#233;. Et son &#233;ternel sourire de grand adolescent romantique, gage d'un savoir-vivre raffin&#233;, att&#233;nue la tristesse d'un regard au d&#233;sarroi &#233;vident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est encore &#224; ressasser son &#233;chec quand le chef du train ouvre la porte du compartiment. Perdu dans ses id&#233;es noires, c'est les yeux ferm&#233;s qu'il entend vaguement l'homme reprocher &#224; une voyageuse de s'&#234;tre pr&#233;sent&#233;e si tardivement. Mais bient&#244;t lui reviennent les subtiles fragrances de son parfum &#224; elle, replongeant instantan&#233;ment ses sens dans la fi&#232;vre de la passion. Et voil&#224; que maintenant, il l'entend m&#234;me lui parler... Fou, il devient fou ! Cette femme plus que suave l'a ensorcel&#233;... Compl&#232;tement, dangereusement, mais aussi et surtout merveilleusement envo&#251;t&#233; ! Et voil&#224; maintenant que, telle Jeanne d'Arc, il entend des voix... Il entend sa voix si cajoleuse, reconnaissable entre toutes, lui dire : &#8220;&lt;i&gt;... que je m'efface...&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;&lt;i&gt;Que je m'efface ?!&lt;/i&gt;&#8221; Il ouvre les yeux, et... elle est l&#224;, gracieusement assise sur la banquette lui faisant face. Elle est l&#224; devant lui, divine, elle qui a, comme lui, &#233;chou&#233; dans sa mission de p&#233;renniser l'Amour de leurs prot&#233;g&#233;s... et leur Amour aussi par la m&#234;me occasion ! Et elle r&#233;p&#232;te pos&#233;ment avec une moue contrari&#233;e d'enfant trop g&#226;t&#233;e par la vie : &#8220;&lt;i&gt;Si tu veux que je m'efface, je changerai de compartiment...&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le quai z&#233;ro, dans les stridences d'un sifflet qui agresse les tympans, le vieux train aux allures de Trans-Orient Express s'&#233;branle p&#233;niblement et se faufile entre les ultramodernes TGV immobiles, haie d'honneur au garde-&#224;-vous devant un anc&#234;tre respect&#233;... Normal, apr&#232;s tout, si la technicit&#233; ne cesse de tout r&#233;volutionner, les peines de c&#339;ur, elles, restent immuables. Alors quoi de plus logique que le train des grands sentiments perdus soit quelque peu vieillot...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le compartiment, il reste un instant bouche b&#233;e devant elle, sa Muse, la source de son adoration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'ext&#233;rieur, la fum&#233;e de la locomotive, drue et blanche, englobe progressivement toutes les voitures du train dans ses volutes d'intense opacit&#233;. Bient&#244;t, plus personne ne sait si le train d'Oubly-sur-Terre suit encore les rails, mais, &#224; vrai dire, est-ce que les voies du retour ont jamais exist&#233; ? Cela n'a apr&#232;s tout aucune importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se reprend :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#8220;&lt;i&gt;Tu as perdu tes bagages ?&lt;/i&gt;&#8221;, demande-t-il en fixant son tout petit sac-&#224;-main, minuscule devant ses &#233;normes valises &#224; lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#8220;&lt;i&gt;Je n'avais pas d'autre bagage&lt;/i&gt;&#8221;, murmure-t-elle, g&#234;n&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#8220;&lt;i&gt;Quels idiots, nous sommes, lui et moi !&lt;/i&gt; s'emporte-t-il. &lt;i&gt;Alors, comme cela, pas le moindre projet s&#233;rieux !? Ne lui aurais-tu donc inspir&#233; aucun d&#233;sir r&#233;el de r&#233;ussir ?&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#8220;&lt;i&gt;Ma mission &#233;tait claire : notre amour ne devait durer qu'un week-end, au maximum trois jours...&lt;/i&gt;, r&#233;pond-elle avant d'ajouter doucement : &lt;i&gt;Je suis d&#233;sol&#233;e, sinc&#232;rement... &lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, le train a trouv&#233; son rythme de croisi&#232;re. Au dehors, sous l'effet de la vitesse, les teintes vives du paysage s'att&#233;nuent progressivement : m&#234;me les ombres jet&#233;es au sol par les vieux cypr&#232;s qui d&#233;filent, ironiques, comme autant de points d'exclamation, en deviennent moins noires. Le d&#233;cor fuyant ne propose d&#233;j&#224; plus qu'une symphonie de gris&#233;s, de plus en plus ternes, toujours plus neutres. L'opacit&#233; de l'oubli a commenc&#233; son &#339;uvre : sur fond de sourde m&#233;lop&#233;e des essieux du vieux train, elle tire lentement sur les alentours les lourdes tentures de sa chape l&#233;tale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#8220;&lt;i&gt;Deux ou trois jours ! &#192; peine deux ou trois jours...&lt;/i&gt;, rumine-t-il. &lt;i&gt;Vous vous &#234;tes bien moqu&#233;es de nous, toutes les deux !&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#8220;&lt;i&gt;Ne crois pas cela&lt;/i&gt;, r&#233;pond-elle avec tendresse. &lt;i&gt;Nous avons vraiment essay&#233; de vous Aimer. J'ai fait ce que je pouvais, sinc&#232;rement... Et elle aurait tant voulu pouvoir vraiment vous Aimer. Mais telle n'&#233;tait pas la mission que m'avait confi&#233;e le Destin !&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, apr&#232;s un lourd silence &#224; peine meubl&#233; par l'oppressant roulement des essieux, elle reprend :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#8220;&lt;i&gt;Je t'assure, elle &#233;tait aussi d&#233;sol&#233;e que moi&lt;/i&gt;&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#8220;&lt;i&gt;Arr&#234;te, veux-tu ? rugit-il. Lui et moi n'avons que faire de votre piti&#233; !&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on frappe &#224; la porte du compartiment et le garde du train, apr&#232;s les avoir observ&#233;s consciencieusement tous les deux, toussote pour s'&#233;claircir la voix : &#8220;&lt;i&gt;Bonsoir, M'sieur, Dame. Je ne voulais pas vous interrompre, mais vous connaissez notre administration, toujours aussi implacable ! En tant qu'amours d&#233;chus passagers du train de l'oubli, vous &#234;tes tenus de remplir chacun un constat d'&#233;chec en y mentionnant les raisons de la s&#233;paration de vos prot&#233;g&#233;s. Voici les documents que je r&#233;cup&#233;rai &#224; votre descente du train : pour vous, Monsieur, un formulaire d'Amour d&#233;chu de premi&#232;re intensit&#233;, et pour vous, Madame, comme convenu, un formulaire d'amour d&#233;chu de seconde classe. Remplissez vos documents avec le plus grand soin... Vous savez combien notre administration est tatillonne.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; peine le chef du train a-t-il referm&#233; la porte du compartiment, que lui la regarde, sid&#233;r&#233; : &#8220;&lt;i&gt;... un amour de seconde classe... !? Jamais tu ne m'avais dit cela !&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#8220;&lt;i&gt;Bien s&#251;r que si, et pas seulement moi, elle aussi ! Tu ne vas quand m&#234;me pas me dire que tu ne te souviens pas qu'elle vous ait d&#233;clar&#233;, et bien plus d'une fois, que vous n'&#233;tiez pas du tout notre genre d'homme... Mais la v&#233;rit&#233;, c'est que ni l'un ni l'autre, vous ne vouliez nous entendre ! D'ailleurs, Monsieur le vex&#233;, ta mission d'amour &#224; toi, de quelle dur&#233;e convenait-elle ?&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#8220;&lt;i&gt;Six semaines&lt;/i&gt;&#8221;, reconna&#238;t-il un peu penaud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#8220;&lt;i&gt;Tiens donc&lt;/i&gt;, reprend-elle abasourdie, &lt;i&gt;seulement six semaines !? Mais notre Amour a dur&#233; quatre mois ! Tu n'as pas respect&#233; la mission que le Destin t'avait impartie, alors !? Mais c'est interdit et... tr&#232;s tr&#232;s dangereux ! Comment as-tu os&#233; ? Et que vas-tu noter dans ton formulaire ?&lt;/i&gt;&#8221;, ajoute-t-elle, effray&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#8220;&lt;i&gt;Le Destin par ci, le Destin par l&#224;... Quand donc en auras-tu fini avec ton maudit Destin !?&lt;/i&gt; s'emporte-t-il. &lt;i&gt;Ce que je vais &#233;crire dans son mis&#233;rable formulaire ? continue-t-il, bravache, eh bien, c'est tr&#232;s simple ! Je lui ferai savoir, au Destin, que s'il avait &#233;t&#233; un peu plus coh&#233;rent ou simplement &#224; ma place, ce n'est pas quatre mois, mais quatre Vies que notre somptueux Amour aurait dur&#233; ! Et si cela ne lui convient pas, je le renverrai &#224; sa ch&#232;re cruaut&#233; et &#224; ses fac&#233;tieuses vell&#233;it&#233;s de Passion &#201;ternelle qui, &#224; la fin, ne font plus rire personne !&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elle ne le connaissait pas si bien, elle penserait qu'il s'agit d'une bravade de macho &#233;conduit, mais voil&#224;, en quatre mois de complicit&#233;, elle a appris que cet homme, h&#233;raut de la bravoure sentimentale, disait ce qu'il faisait et faisait ce qu'il disait. Alors, elle se contente de murmurer : &#8220;&lt;i&gt;Tu es fou, mais un fou magnifique...&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle voudrait pouvoir lui avouer : &#8220;&lt;i&gt;Vous &#234;tes nos... Tu es mon Fou Magnifique !&lt;/i&gt;&#8221;, mais, tr&#232;s vite, lui revient en t&#234;te la raison de leur rupture... Elles le savaient toutes les deux : si un jour, au d&#233;tour du chemin, apparaissait leur prince charmant, celui auquel ni l'une ni l'autre ne sauraient r&#233;sister, leur fou magnifique ne saurait les retenir : elles ne pourraient que le quitter et le blesser &#224; tort... Et cela, elles ne le voulaient pas...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y avait sa mission &#224; elle... Si le Destin avait voulu que leur Amour, aussi br&#251;lant soit-il, passe la rampe de l'&#233;ternit&#233;, il leur aurait eu inspir&#233; &#224; toutes deux juste un peu plus de sentiment, un peu plus de confiance en eux qui le m&#233;ritaient pourtant mille fois. Si le Destin avait voulu... Mais il n'avait pas voulu... Enfin pas assez... C'est cela, pas assez, elle en &#233;tait certaine ! Tant pis, elle n'y pouvait rien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le compartiment o&#249; les cuirs cossus flirtent avec la loupe de noyer, la porte glisse &#224; nouveau dans ses rainures : &#8220;&lt;i&gt;C'est encore moi, le chef du train... D&#233;sol&#233; de vous d&#233;ranger, mais exceptionnellement, nous ferons prochainement une tr&#232;s br&#232;ve halte &#224; Amn&#233;syville. Les amours d&#233;chues en transit n'ont aucune raison de descendre du train avant la destination finale.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se faufilant dans le cr&#233;puscule rougeoyant de feux fauves, le train trace &#224; l'encre blanche de ses volutes de vapeur la longue tra&#238;n&#233;e rapide d'une barbe bient&#244;t ouateuse. Dans le compartiment, lui somnole, un l&#233;ger sourire teint&#233; d'autod&#233;rision flottant sur ses l&#232;vres. Pour bien le conna&#238;tre, elle sait que, chez lui, un tel sourire n'a pour &#233;l&#233;gante raison que de pudiquement cacher dans l'humour une profonde tristesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#8220;&lt;i&gt;Je m'en veux tant...&lt;/i&gt;, murmure-t-il, &lt;i&gt;de ne pas avoir su vous faire comprendre &#224; toutes les deux qu'&#224; nous quatre, nous serions si forts que rien ne nous r&#233;sisterait...&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#8220;&lt;i&gt;Tu n'as aucun reproche &#224; te faire, tu sais,&lt;/i&gt; r&#233;pond-elle tendrement. &lt;i&gt;Tu es un v&#233;ritable magicien de l'Amour : c'est pour et gr&#226;ce &#224; toi seul que nous vous avons c&#233;d&#233;...&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#8220;&lt;i&gt;Comme si c'&#233;tait si simple...&lt;/i&gt;, soupire-t-il. &lt;i&gt;Si, au moins, elle avait accept&#233; de lire le Cyrano que nous lui avions offert : tout aurait pu, je le sais, &#234;tre si diff&#233;rent.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#8220;&lt;i&gt;Puis-je ?&lt;/i&gt;&#8221;, demande-t-elle en tendant la main vers la valise rouge des souvenirs de leur Amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#8220;&lt;i&gt;Bien s&#251;r&lt;/i&gt;, r&#233;pond-il. &lt;i&gt;Ces souvenirs nous appartiennent &#224; tous les quatre.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le train s'enfonce dans la nuit, une profonde &#233;motion s'invite entre eux. Apr&#232;s avoir d&#233;cid&#233; de rompre, elles s'&#233;taient, toutes les deux, &#233;vertu&#233;es, pour justifier la s&#233;paration, &#224; minimiser la complicit&#233; et le bien-&#234;tre de leur relation, mais le rappel de ces moments magiques la perturbe &#224; nouveau. Et si..., oui si...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lui semble heureux et serein pour la premi&#232;re fois depuis qu'ils se sont retrouv&#233;s. Mais bient&#244;t le train d&#233;c&#233;l&#232;re, puis s'arr&#234;te : &#8220;Amn&#233;syville !&#8221;, annonce le chef du train dans le couloir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, lui, dans le compartiment, se penche vers elle et l'embrasse avec autant de douceur que de volupt&#233;, puis, pendant qu'elle rougit de sentir l'envie la surprendre, il empoigne ses valises et les pousse dans le couloir, souriant, d&#233;termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#8220;&lt;i&gt;Que fais-tu ?&lt;/i&gt;&#8221; s'inqui&#232;te-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#8220;&lt;i&gt;J'y retourne, bien s&#251;r&lt;/i&gt;&#8221;, sourit-il. &#8220;&lt;i&gt;C'est tellement mieux d'Aimer, et tellement plus fort et plus simple aussi. J'avais failli l'oublier !&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il lui tend sa main : &#8220;&lt;i&gt;Tu viens ? Avec moi, tu ne risques rien.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#8220;&lt;i&gt;Non, c'est impossible&lt;/i&gt;&#8221;, s'effraie-t-elle. &lt;i&gt;Tu seras puni ! Cela ne marchera jamais...&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#8220;&lt;i&gt;C'est en restant dans ce train que nous nous punissons. L'Amour, il faut le forger, le m&#233;riter, tu entends ? Pas l'attendre ! Une vie, c'est bien trop court pour attendre...&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lentement, le vieux train se remet en marche. Elle est dor&#233;navant seule, &#233;branl&#233;e, et pourtant toujours d&#233;cid&#233;e &#224; tenir bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#8220;&lt;i&gt;Monsieur est parti ?&lt;/i&gt; demande le garde du train en ajoutant : &lt;i&gt;Inspection des poign&#233;es d'alarme pour arr&#234;ter le train en cas d'urgence. Bien ! Elles fonctionnent parfaitement.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nuit-l&#224;, le train sp&#233;cial d'Oubly-sur-Terre s'est arr&#234;t&#233; une seconde fois, juste apr&#232;s sa premi&#232;re halte ! Bien des passagers se sont plaints, mais le chef du train est rest&#233; impassible. Quand du couloir, il l'avait vue trembler comme une feuille, la main crisp&#233;e sur la poign&#233;e d'alarme, sans oser la tirer, il avait soupir&#233; en pensant que jamais elle ne passerait &#224; l'acte. Il regagnait d&#233;j&#224; sa place quand un long sifflement strident avait retenti, suivi d'un coup de frein projetant les passagers contre les parois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors le chef du train s'&#233;tait pench&#233; par une fen&#234;tre ouverte. Dans l'obscurit&#233;, une silhouette f&#233;minine courait et les volants de sa robe d&#233;crivaient autour de ses jambes une joyeuse corolle d'esp&#233;rance. Il avait souri en l'entendant crier au loin : &#8220;&lt;i&gt;Attends ! Mais attends-moi donc, idiot !&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de reprendre son service, le garde du train avait sorti d'une serviette sp&#233;ciale le bordereau ZZ99 de l'administration. Son intitul&#233; &#233;tait : &#8220;Amours d&#233;chues - Derni&#232;re chance - Coup de pouce du Destin&#8221;. Il y avait simplement transcrit : &#8220;Mission accomplie&#8221;, avant de pr&#233;ciser la date et l'heure et, satisfait, d'y apposer sa signature.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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