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		<title>Les &#226;mes errantes, nouvelles noires, de L&#233;o Lamarche</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Membre de l'&#233;quipe de Nouvelle Donne, L&#233;o Lamarche nous a concoct&#233; dans son chaudron tr&#232;s noir un nouveau recueil de nouvelles, elles aussi tr&#232;s noires et troublantes. Avec ces neuf textes brefs au climat angoissant, entre d&#233;sespoirs sans issue, ranc&#339;urs rentr&#233;es et vengeances &#224; chaud ou &#224; froid, elle nous prend par la main l'air de rien, et nous fait entrer dans ses univers pi&#233;g&#233;s et malsains. En ouverture, &#171; J'ai toujours r&#234;v&#233; d'&#234;tre un serial killer &#187; est une singuli&#232;re d&#233;claration de foi assez d&#233;cal&#233;e (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/" rel="directory"&gt;Critiques de recueils de nouvelles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1340.jpg?1681990710' width='100' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.nouvelle-donne.net/l-equipe-de-nd/article/leo-lamarche' class='spip_in'&gt;Membre de l'&#233;quipe de Nouvelle Donne, L&#233;o Lamarche&lt;/a&gt; nous a concoct&#233; dans son chaudron tr&#232;s noir un nouveau recueil de nouvelles, elles aussi tr&#232;s noires et troublantes. Avec ces neuf textes brefs au climat angoissant, entre d&#233;sespoirs sans issue, ranc&#339;urs rentr&#233;es et vengeances &#224; chaud ou &#224; froid, elle nous prend par la main l'air de rien, et nous fait entrer dans ses univers pi&#233;g&#233;s et malsains.&lt;br class='autobr' /&gt;
En ouverture, &#171; J'ai toujours r&#234;v&#233; d'&#234;tre un serial killer &#187; est une singuli&#232;re d&#233;claration de foi assez d&#233;cal&#233;e et au titre explicite qui, pourtant, cache bien son jeu. On n'en dira pas plus, pour ne pas divulguer la mise en ab&#238;me d'un final qui prend le lecteur &#224; contrepied ; une chute comme on les aime, assen&#233;e en une unique phrase conclusive, apr&#232;s un long suspense sur la direction que cela va pouvoir prendre. Et l'on admettra que cette confession, et carte de visite &#224; la fois, ne pouvait que se placer en introduction &#224; ce qui nous sera impos&#233; dans la suite du recueil, tel un teaser crypt&#233;, aussi mal&#233;fique que provocant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les textes qui suivent offrent un d&#233;cor plut&#244;t rural ou de provinces profondes, au parfum de pass&#233; r&#233;volu mais au caract&#232;re plus intemporel que surann&#233;, comme dans le tr&#232;s horrifique &#171; Trouble-f&#234;te &#187;, transcrit par une voix d'enfant pr&#233;sum&#233; innocente (quoique&#8230;), ou dans &#171; La mort de Dieu &#187; sur fond de tensions et de jalousies intrafamiliales qui resurgissent lors d'un d&#233;c&#232;s. On aborde ensuite des th&#233;matiques et des ambiances bien plus urbaines et contemporaines mais tout aussi angoissantes. L'auteur y convoque parfois ses propres pr&#233;occupations et passions, dont celle pour les chats, animaux secrets aux pouvoirs insoup&#231;onn&#233;s, pivot de &#171; La place du mort &#187;, &#233;trange m&#233;nage &#224; trois se prolongeant apr&#232;s le d&#233;c&#232;s du titulaire. Mais ces textes illustrent avant tout ses propres angoisses et obsessions d'auteur en mal de reconnaissance, tel &#171; L'ange d&#233;chu &#187;, drame de la panne d'inspiration et de l'&#233;chec (les deux sont forc&#233;ment li&#233;s) menant au suicide. &#171; J'aimerais que quelqu'un me prenne dans ses bras &#187;, poignant et d&#233;sesp&#233;r&#233;, offre la m&#234;me conclusion somme toute logique &#224; la solitude et au d&#233;sespoir absolus d'un quatri&#232;me &#226;ge ne voyant plus d'issue &#224; l'existence, une fois arrach&#233; &#224; ses racines. Quant &#224; &#171; Jeux interdits &#187;, il en offre une variante moins directe, celle d'un duo de t&#234;tes br&#251;l&#233;es, associ&#233; ici &#224; la prise de risques d'un jeu aussi dangereux qu'assum&#233; entre ados d'une banlieue en surchauffe, sur fond de rivalit&#233; entre gangs ; rencontre poignante elle aussi &#224; sa fa&#231;on, car aurait pu na&#238;tre ici une v&#233;ritable amiti&#233;, tout au moins un respect r&#233;ciproque entre les deux protagonistes, concept embl&#233;matique au c&#339;ur de toutes nos banlieues.&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Dernier verre avant la fin du monde &#187; aborde un autre mal end&#233;mique dont le mouvement MeToo n'a h&#233;las pas encore r&#233;ussi &#224; avoir la peau, variation gla&#231;ante sur les femmes battues, mais aussi la mis&#232;re de flics &#224; bout de course confront&#233;s &#224; la violence ordinaire. Ici, la soif de justice d'un jeune flic id&#233;aliste est mise &#224; mal, et son empathie se fait (encore une fois !) suicidaire, face &#224; l'indiff&#233;rence de piliers de bar se ralliant par principe et solidarit&#233; masculine aveugle &#224; l'un des leurs, m&#226;le dominateur et brutal. &#171; Int&#233;rieur nuit &#187; aborde un sujet voisin, la fin sinistre et glauque d'amours compliqu&#233;es, sous la forme d'une boucle infernale qui viendra pi&#233;ger non seulement le narrateur lui-m&#234;me, &#233;gar&#233; entre cauchemars et r&#233;alit&#233; par les vapeurs d'alcool, mais aussi le lecteur, qui ne sort du cauchemar entrevu que pour mieux s'y replonger.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans issue, tel est donc le leitmotiv de tous ces textes. La narration, souvent &#224; la premi&#232;re personne, comme pour nous conter au creux de l'oreille un secret inavouable, est diablement efficace pour nous compromettre dans ses sc&#233;narios diaboliques, dont on devient ainsi complice. Et l'on s'y sent &#224; chaque fois pi&#233;g&#233;, se disant qu'on n'aurait pas d&#251; l'&#233;couter, cette voix, que l'on a partag&#233; malgr&#233; soi un secret bien lourd &#224; porter, mais dont on ne peut d&#233;j&#224; plus se d&#233;faire : c'est trop tard, on le sait, on n'aurait pas d&#251; lui faire confiance. Au point que si l'on &#233;tait ce cur&#233; muet confin&#233; dans l'ombre qui a entendu au nom du lecteur la confession de ce serial killer, on lui accorderait moins l'absolution qu'une lourde peine et m&#234;me la damnation, pour la succession de noirceurs abominables qui nous sont impos&#233;es sans la moindre piti&#233;. Mais si l'on aime le noir bien noir et sans concession, on sera servi ici de la plus belle mani&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Autobiographie d'une danseuse, de Florence Didier-Lambert </title>
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&lt;p&gt;Entre recueil et roman ou r&#233;cit, cet ouvrage inaugure la nouvelle collection &#171; Suites &#187; aux &#233;ditions Rue Saint Ambroise, collection dont le concept ouvert, pr&#233;sent&#233; par l'&#233;diteur, est explicit&#233; sur notre site dans le &#171; grand dossier sur la nouvelle &#187;, ce qui &#233;vitera de l'analyser ici en d&#233;tails. L'autrice, Florence Didier-Lambert, co-fondatrice des &#233;ditions Rue Saint Ambroise, fut aussi danseuse puis professeur de danse au Conservatoire de Paris. Vu ses liens avec la nouvelle, ce r&#233;cit justifie donc d'une (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L95xH150/arton1339-19cb2.jpg?1681990764' width='95' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Entre recueil et roman ou r&#233;cit, cet ouvrage inaugure la nouvelle collection &#171; Suites &#187; aux &#233;ditions Rue Saint Ambroise, collection dont le concept ouvert, pr&#233;sent&#233; par l'&#233;diteur, est explicit&#233; sur notre site dans le &#171; grand dossier sur la nouvelle &#187;, ce qui &#233;vitera de l'analyser ici en d&#233;tails. L'autrice, Florence Didier-Lambert, co-fondatrice des &#233;ditions Rue Saint Ambroise, fut aussi danseuse puis professeur de danse au Conservatoire de Paris. Vu ses liens avec la nouvelle, ce r&#233;cit justifie donc d'une attention particuli&#232;re. Proche du recueil de nouvelles et du roman, sans tout &#224; fait &#234;tre ni l'un ni l'autre mais un entre-deux, cet OVNI litt&#233;raire ouvre &#224; cette nouvelle cat&#233;gorisation (voir notre dossier). De fait, certains textes qui en constituent les chapitres ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; publi&#233;s s&#233;par&#233;ment, gr&#226;ce &#224; leur relative autonomie justifiant du statut hybride de ce r&#233;cit, ses sous-ensembles pouvant &#234;tre d&#233;tach&#233;s du tout et y survivre &#8211; disons survivre &#224; leur lecture en tant que nouvelle autonome.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme l'indique sans ambigu&#239;t&#233; le titre, il s'agit du parcours d'une danseuse, depuis l'enfance jusqu'&#224; sa fin de carri&#232;re (et presque de vie&#8230;), &#233;voqu&#233; par une &#171; suite &#187; de souvenirs significatifs d'un tr&#232;s long parcours, amateur puis professionnel, jusqu'au plus haut niveau, avec des chor&#233;graphes de renomm&#233;e mondiale. Entre r&#233;cit lin&#233;aire pour les parties contemporaines, et une sorte de journal comme autant de flash-back m&#233;moriels pour celles issus du pass&#233;, le lecteur est amen&#233; &#224; restituer lui-m&#234;me, par &#233;pisodes successifs, le r&#233;cit foisonnant, ni plat ni vraiment dramatique ou tragique, d'une existence bien remplie, gouvern&#233;e par la danse &#8211; et elle seule, pourrait-on dire. Au point que les autres &#233;v&#233;nements d'une existence, banals ou non (or il y en a forc&#233;ment, au-del&#224; d'une passion aussi exclusive) y sont comme en retrait ou en filigrane, &#233;voqu&#233;s par touches br&#232;ves, au profit du moteur central qu'est l'univers de la danse. On les ressent authentiques ou peu modifi&#233;s, ces flashes m&#233;moriels restitu&#233;s par &#233;pisodes-clefs choisis, &#233;checs ou succ&#232;s d'une ex-danseuse d&#233;sormais &#226;g&#233;e et malade, ce que l'on apprend d'embl&#233;e. Le lecteur est en effet averti d&#232;s le premier chapitre : sur son lit d'h&#244;pital, face &#224; son avenir incertain, Florence se voit sugg&#233;rer par Ludovic (son mari ? Son fils ? On ne le sait pas) de ressortir du tiroir les r&#233;cits &#233;pars de &#171; sa vie de danseuse &#187;, annon&#231;ant et justifiant ainsi la structure d'un r&#233;cit autobiographique &#233;clat&#233; ; ces tranches de vie ramen&#233;es &#224; la surface tel le bilan tr&#232;s subjectif, et sans doute incomplet, d'une existence enti&#232;re consacr&#233;e &#224; sa passion unique et dominatrice.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un peu &#224; part, tel un texte autonome ench&#226;ss&#233; dans le r&#233;cit principal, &#171; Vol &#187; conte la biographie tortueuse de la m&#232;re de Florence : boulang&#232;re chez ses parents, puis infirmi&#232;re, puis h&#244;tesse de l'air (on passera les transitions), entre guerre, rencontre lors de l'Occupation d'un futur mari aviateur, perdu de vue puis retrouv&#233; bien apr&#232;s, tout cela dessinant une vie. Le lien avec la danse est ici mis de c&#244;t&#233; pour laisser place &#224; un vrai hommage &#224; une m&#232;re et &#224; ce qu'elle devenue, &#224; force de volont&#233; ; et peut-&#234;tre est-ce justement l&#224; que r&#233;side le lien v&#233;ritable avec la danseuse, sa fille ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;cit est toujours tendu et assez distanci&#233;, sans pathos ni autocompassion, quasi-clinique, tel un compte-rendu factuel d'un pass&#233; &#233;loign&#233;, sans jamais s'y &#233;tendre. Pas m&#234;me sur des &#233;v&#233;nements-clefs que, dans une vie &#171; normale &#187;, l'on jugerait centraux : un &#233;chec amoureux, une initiation sexuelle un peu g&#226;ch&#233;e, un fr&#232;re turbulent et f&#234;tard, un mariage et des enfants &#8211; &#224; peine &#233;voqu&#233;s, ceux-l&#224;, n'apparaissant qu'&#224; peine dans l'un des derniers r&#233;cits comme s'ils &#233;taient quantit&#233; n&#233;gligeable, personnages de second voire de troisi&#232;me plan face &#224; la danse souveraine, &#224; ses contraintes et &#224; ses joies qui envahissent tout, monopolisent tout et d&#233;bordent sur tout le reste telle une passion exigeante. Ce qui est le cas, y compris sur le plan physique, entre les douleurs bien connues (orteils forc&#233;s dans les chaussons jusqu'au sang), r&#233;gimes et autres privations, et les concours &#224; fort enjeu, parfois rat&#233;s &#224; cause de quelques menues secondes de distraction.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chacune de ces s&#233;quences-chapitres a sa tonalit&#233; propre, comme si &#231;a n'&#233;tait pas toujours la m&#234;me Florence qui nous parle ou nous &#233;crit ou, de fait, s'&#233;crivait &#224; elle-m&#234;me depuis le pass&#233;, ce qui n'est pas si faux. Et peut-&#234;tre est-ce l&#224; l'un des faits saillants de cette suite s'apparentant &#224; un recueil par une certaine autonomie de chaque chapitre, y compris dans le ton, fussent-ils centr&#233;s sur la m&#234;me personne et sur sa passion, fil conducteur unique. Tel un vieil album photo dont on tournerait les pages &#224; grande vitesse, sans trop s'attarder et avec, sur chaque photo, une Florence &#171; diff&#233;rente &#187; au fil du temps qui d&#233;file et des &#233;v&#233;nements restitu&#233;s : enfant, ado, jeune fille, puis adulte, plus m&#251;re et bient&#244;t professionnelle, puis professeur de danse, avant l'arr&#234;t brutal, trahie par son c&#339;ur. On a donc parfois un peu de mal &#224; s'identifier &#224; cette F. comme Florence en tant que personnage unique, disons stabilis&#233;. Plus encore via ces changements d'&#233;poque, tel un puzzle dont seule la lecture, une fois termin&#233;e, offrirait a posteriori l'impression d'ensemble souhait&#233;e par l'autrice, pr&#233;sume-t-on. Et ce par un effort de reconstitution du tableau complet ou du portrait de femme que cela dessine par touches &#8211; ou serait-ce celui d'une danseuse, avant tout ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Et &#224; la fois, c'est le sens d'une existence que d'&#233;voluer et changer, de traverser joies et &#233;preuves et d'en &#234;tre parfois chang&#233;, de m&#251;rir avant de mourir, tout en conservant (du moins ici, pour Florence) sa passion d'une vie, qui en a orient&#233; tous les choix et m&#233;rite aussi, parvenue vers la fin du voyage, de s'y repencher pour s'en rem&#233;morer les pages marquantes au fil de ces bulles-souvenirs remontant dans un certain tri s&#233;lectif propre au fonctionnement imparfait, disons subjectif, de la m&#233;moire. A ce titre, et en accord avec ce principe de chronologie ou de progression bouscul&#233;e, &#171; Op&#233;ra Garnier &#187;, le dernier chapitre, n'est ni une fin ni m&#234;me une conclusion formelle au r&#233;cit, mais simplement la toute derni&#232;re pi&#232;ce de ce puzzle litt&#233;raire, certes dans l'ordre ou le d&#233;sordre voulu par l'autrice. Ce qui laisse le lecteur face au vide habituel &#224; tout r&#233;cit qui se cl&#244;ture&#8230; et confront&#233; aussi &#224; un tout autre &#171; vide &#187; &#224; combler, via sa propre m&#233;moire de lecteur arriv&#233; au bout de son propre &#171; voyage &#187; : la reconstitution du portrait global d'une danseuse par les seules &#171; pi&#232;ces au dossier &#187; dont il dispose ici, forc&#233;ment parcellaires, qu'il devra donc reclasser &#224; sa fa&#231;on, comme il pourra. Le pr&#233;sent narratif lui-m&#234;me brouille parfois les cartes de la chronologie en incluant lui-m&#234;me quelques boucles de souvenirs se d&#233;tachant de ce pr&#233;sent, lors de brefs moments de r&#234;veries interf&#233;rant avec le r&#233;cit contemporain et les souvenirs class&#233;s et rang&#233;s, issus d'&#233;crits &#171; &#224; rebours &#187; retrouv&#233;s et feuillet&#233;s, relus &#224; l'intention du lecteur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce regard et ce retour sur soi-m&#234;me, cette auto-observation depuis le pr&#233;sent vers un pass&#233; r&#233;volu, &#233;vacue l'&#233;motion au profit d'un r&#233;cit plus clinique que lyrique, sans exc&#232;s de dramaturgie. Pas m&#234;me lorsque l'existence de la narratrice, professeur en fin de carri&#232;re, d&#233;sabus&#233;e par son dernier cours et par la d&#233;sinvolture des nouvelles g&#233;n&#233;rations d'&#233;l&#232;ves, se voit menac&#233;e par cet accident cardiaque brutal, impr&#233;vu comme c'est toujours le cas, dont l'on per&#231;oit vite l'issue incertaine : &#171; r&#233;animation, et d&#233;cision d'op&#233;rer en urgence &#187;, apprend-on, sid&#233;r&#233;s par cette r&#233;v&#233;lation s'imposant d'embl&#233;e, bien plus que ne semble s'affoler la victime qui ne s'apitoie gu&#232;re sur son propre sort, moins r&#233;sign&#233;e que distanci&#233;e, comme noy&#233;e dans le soulagement d'un fait faisant d&#233;j&#224; partie (lui aussi ?) du pass&#233; &#8211; d'une crise d&#233;j&#224; vaincue puisque le r&#233;cit existe, se dira le lecteur ? Or pr&#233;sumer cela, ne serait-ce pas trop parier sur le principe et les ressorts internes de l'autobiographie, fictionnelle ou non ? L'autrice est l&#224;, elle nous parle, nous a confi&#233; son r&#233;cit, c'est donc que tout va bien, qu'elle a vaincu l'obstacle ultime ? Sans doute, mais &#231;a n'est pas si simple car dans la structure globale de type A.B.A.C.A.D.A.E etc. du r&#233;cit manque, peut-&#234;tre, un tout dernier &#233;pisode conclusif, justement, celui qui mettrait un terme &#224; l'incertitude du lecteur sur le devenir de la narratrice, apr&#232;s le point final tout en suspension. Et c'est l&#224; o&#249; la fiction souveraine pervertit et brouille la r&#233;alit&#233;, o&#249; l'autobiographie flirte avec la toute-puissance du r&#233;cit, o&#249; la pr&#233;sum&#233;e narratrice ne le serait pas forc&#233;ment jusqu'au bout, mais s'accorde le droit de biaiser en nous imposant un final doublement ouvert, entre r&#233;alit&#233; suspendue et autofiction.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que peut-on conclure de tout cela ? Que malgr&#233; sa structure &#233;clat&#233;e et une cat&#233;gorisation explicite le rapprochant du recueil, il n'est pas ais&#233; de ne pas voir et lire ce r&#233;cit avant tout comme un roman dont il poss&#232;de les codes narratifs ; tous les romans ne sont pas lin&#233;aires, flash-back et r&#233;miniscences y sont tr&#232;s courants aussi. Cela ne g&#226;te rien, et ce r&#233;cit (roman, suite ? Peu importe, apr&#232;s tout) est d'une authenticit&#233; indiscutable qui touche le lecteur, et le fait entrer dans un univers singulier, pas souvent trait&#233; par la fiction. Le r&#233;cit fait la part belle &#224; l'&#233;closion de souvenirs, comme si ceux-ci s'imposaient d'eux-m&#234;mes &#224; la narratrice, et donc au lecteur ; &#224; moins qu'elle ne feuillette tel un catalogue les morceaux choisis &#8211; pas forc&#233;ment les plus rudes et dramatiques, a-t-on not&#233; &#8211; d'une sorte de journal intime de toute une vie. Y restent quelques myst&#232;res &#233;lud&#233;s ou pass&#233;s sous silence : la mort du p&#232;re (?), en tout cas sa disparition, &#233;voqu&#233;e &#224; plusieurs reprises sans jamais en fournir les circonstances. Notamment dans &#171; Boulevard Berthier &#187;, l'une des sc&#232;nes les plus &#233;mouvantes du r&#233;cit, cet &#233;change m&#232;re-fille sur un p&#232;re trop vite disparu, et comment, ou combien sa m&#232;re l'a aim&#233;, secret douloureux r&#233;v&#233;l&#233; lors d'une confidence improvis&#233;e : &lt;i&gt;&#171; C'est le seul homme que tu aies aim&#233; ? &#187; &#171; Je te l'ai toujours dit. &#187; &#171; Tu n'as jamais &#233;t&#233; amoureuse de quelqu'un d'autre ? &#187; &#171; Si mais pas comme de ton p&#232;re. &#187;&lt;/i&gt; Tout est dit, sans doute, dans l'aveu &#171; mais pas comme de ton p&#232;re &#187; qui, aussi simple et bref soit-il dans son expression, r&#233;sume toute la force d'un amour dont sa fille lui demande de reparler. On n'en saura pas plus, bien que l'amour de la danse, ou d'une danseuse (une autre) ait aussi anim&#233; ce p&#232;re disparu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Varlam Chalamov / R&#233;cits de la Kolyma, </title>
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		<description>
&lt;p&gt;En ces temps o&#249; le peuple russe souffre &#224; nouveau des exc&#232;s de ses dirigeants, il est bon de se rappeler que &#231;a n'est pas nouveau, et d'entendre les t&#233;moins d'horreurs pass&#233;es, &#233;touff&#233;es par la longue Guerre Froide qui a longtemps occup&#233; la totalit&#233; du spectre m&#233;diatique. Moins connu que Soljenitsyne, Varlam Chalamov en fait partie ; il a connu de 1932 &#224; 1953 l'emprisonnement le pire qui soit, mais il a surv&#233;cu. Ses r&#233;cits, &#233;crits par la suite et publi&#233;s en plusieurs recueils r&#233;unis par Verdier en un seul (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1255.jpg?1649855745' width='90' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En ces temps o&#249; le peuple russe souffre &#224; nouveau des exc&#232;s de ses dirigeants, il est bon de se rappeler que &#231;a n'est pas nouveau, et d'entendre les t&#233;moins d'horreurs pass&#233;es, &#233;touff&#233;es par la longue Guerre Froide qui a longtemps occup&#233; la totalit&#233; du spectre m&#233;diatique. Moins connu que Soljenitsyne, Varlam Chalamov en fait partie ; il a connu de 1932 &#224; 1953 l'emprisonnement le pire qui soit, mais il a surv&#233;cu. Ses r&#233;cits, &#233;crits par la suite et publi&#233;s en plusieurs recueils r&#233;unis par Verdier en un seul (et gros) volume en sont un t&#233;moignage moins romanc&#233; qu'arrang&#233; en textes fortement interconnect&#233;s, o&#249; l'auteur est toujours le protagoniste privil&#233;gi&#233;, malgr&#233; les changements de nom pour lui-m&#234;me et ceux qu'il a c&#244;toy&#233;s. La premi&#232;re partie, celle de la d&#233;couverte des camps par le lecteur (mais aussi l'auteur qui y arrive) est sans doute la pire, par ce qu'elle nous livre : un univers &#233;loign&#233; de tout, 40 jours de train puis de bateau jusqu'&#224; cette presqu'&#238;le o&#249; -60 degr&#233;s sont presque la norme en hiver, des prisonniers &#224; peine nourris maniant pelle et brouette en plein blizzard, et une existence restreinte &#224; son minimum vital, voire moins, sous la coupe de truands imposant leurs lois et leurs rituels (vols, rackets en tout genre, jeux de cartes truqu&#233;s) &#224; ceux qu'ils appellent les &#171; caves &#187; (les politiques tel Chalamov, enferm&#233;s, souvent pour 25 ans au nom du tr&#232;s injuste et arbitraire Article 58). De la Kolyma, on ne revient pas car, m&#234;me si l'on a surv&#233;cu au pire, le prisonnier en fin de peine doit y rester cinq ann&#233;es de plus et trouver un emploi sous le soi-disant statut de &#171; libre &#187; qui ne changera rien &#224; sa vie, hormis un salaire minable. L'arbitraire y est la norme et, via l'exemption temporaire de travaux pour maladie, le m&#233;decin y est l'unique chance de sursis provisoire &#224; 12 &#224; 15 heures de travail journalier &#224; la mine, joker que les truands, l&#224; encore, pr&#233;emptent souvent &#224; leur seul profit par la menace. La quatri&#232;me partie, diff&#233;rente par son approche sociologique plut&#244;t que simple r&#233;cit semi-fictionnel, est d'ailleurs intitul&#233;e &#171; Essais sur le monde du crime &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans mis&#233;rabilisme, tel un simple constat objectif et presque distanci&#233;, via ces br&#232;ves tranches de &#171; vie &#187; entre horreur et ironie parfois teint&#233;e d'humour macabre, Varlam Chalamov nous fait entrer dans cet univers qui le met en sc&#232;ne car, tout cela, il l'a v&#233;cu, y a assist&#233; ou l'a entendu conter par ses compagnons d'infortune. En 146 textes dont aucun n'est de pure fiction, il peint par petits tableaux un univers concentrationnaire aberrant de b&#234;tise et de rigueur administrative. Un exemple, dans &#171; Une rafle &#187; (p.1034), le verdict arbitraire d'un petit chef faisant du z&#232;le et ignorant l'avis m&#233;dical : &lt;i&gt;&#8211; Nom ? &#8211; Je suis malade. &#8211; Qu'est-ce qu'il a ? &#8211; Une polyarthrite, dit la doctoresse en chef. &#8211; Bah, je ne connais pas ce mot-l&#224;. Un gaillard en pleine forme. Au gisement. La doctoresse en chef n'essaya pas de discuter&lt;/i&gt;. Sans oublier les truands et leurs exc&#232;s, o&#249; loi du couteau, vol des colis et des v&#234;tements (la sanction est &#233;vidente, sous ces climats) sont la punition pour un regard de trop, la moindre r&#233;bellion ou r&#233;ponse face &#224; un vol. Ou juste pour s'amuser aux d&#233;pens des &#171; caves &#187;, les Article 58, souvent des intellectuels d'&#226;ge m&#251;r, affaiblis par les privations et qui n'ont pas, m&#234;me pour survivre, le culot et l'inhumanit&#233; sans bornes de ces truands de &#171; droit commun &#187; qui s'y sont arrog&#233; le droit du plus fort.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; de son contenu, par son volume et sa structure, ce recueil est l'exemple ultime de textes courts interconnect&#233;s cr&#233;ant ici non pas un univers fictionnel, mais rendant compte d'une r&#233;alit&#233; aussi sid&#233;rante que mal connue et document&#233;e (et pour cause...) lors de sa premi&#232;re publication. L'immersion dans cet univers concentrationnaire ignoble ne peut laisser indiff&#233;rent, et certains r&#233;cits r&#233;vulseront le lecteur par les atrocit&#233;s commises ou subies, d&#233;lib&#233;r&#233;es ou par n&#233;gligence. Mais cela semble un mal n&#233;cessaire, un &#171; devoir de m&#233;moire &#187; aussi, documentant l'un des pires &#233;pisodes de l'Histoire de l'humanit&#233;, et l'inhumanit&#233; absolue de ces camps isol&#233;s. En effet, &#224; l'oppos&#233; des camps nazis, pr&#233;cise l'auteur, une bonne part de ces Article 58 ne connaissaient m&#234;me pas le motif de leur arrestation, voire n'en avaient aucun.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Chantal Detcherry &#8211; Histoires &#224; lire au cr&#233;puscule </title>
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		<description>
&lt;p&gt;Il est de ces textes (tout un recueil parfois, quand on a de la chance) qu'on lit une premi&#232;re fois pour savoir o&#249; il va vous mener, une seconde juste &#171; pour le plaisir &#187; : celui de la langue, de l'univers, de la musique, de la sensualit&#233; et autres ressentis encore. Puis on le rouvre &#224; nouveau, comme on &#233;coute un disque favori, inusable, mettant chaque fois en &#233;vidence un aspect, un d&#233;tail, infime ou non, que l'on avait oubli&#233; ou n&#233;glig&#233;. Histoires &#224; lire au cr&#233;puscule (Prix de la nouvelle de l'Acad&#233;mie (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1123.jpg?1609152465' width='93' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.editions-passiflore.com/litterature/88-histoires-&#224;-lire-au-cr&#233;puscule.html&#034; class='spip_url spip_out' rel='external'&gt;https://www.editions-passiflore.com...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est de ces textes (tout un recueil parfois, quand on a de la chance) qu'on lit une premi&#232;re fois pour savoir o&#249; il va vous mener, une seconde juste &#171; pour le plaisir &#187; : celui de la langue, de l'univers, de la musique, de la sensualit&#233; et autres ressentis encore. Puis on le rouvre &#224; nouveau, comme on &#233;coute un disque favori, inusable, mettant chaque fois en &#233;vidence un aspect, un d&#233;tail, infime ou non, que l'on avait oubli&#233; ou n&#233;glig&#233;. &lt;i&gt;Histoires &#224; lire au cr&#233;puscule&lt;/i&gt; (Prix de la nouvelle de l'Acad&#233;mie fran&#231;aise) est assur&#233;ment de ceux-l&#224;, un livre &#224; conserver jamais tr&#232;s loin de soi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'ouvre sur &#171; Le secret &#187; &#224; l'exotisme t&#233;n&#233;breux et languide, romantique par sa dimension tragique et sensuelle &#224; la fois, celle du Julien Gracq du &lt;i&gt;Rivage des Syrtes&lt;/i&gt;, offrant la m&#234;me atmosph&#232;re subtilement africaine ou juste tropicale, intemporelle aussi, baignant plusieurs textes. Dont le suivant, &#171; L'apparition &#187;, moins &#233;th&#233;r&#233; celui-l&#224;, plus ancr&#233; dans une r&#233;alit&#233; africaine pure et dure (on y voit la mise en sc&#232;ne d'un racisme colonialiste abject), mais tout aussi ambigu, du fait d'une subtile incursion dans le fantastique ou le non-dit ouvrant la porte &#224; interpr&#233;tations avec Aguida, la jeune africaine filiforme et quasi muette, troublante aussi, tel une sorte de double humain de l'insecte fabuleux, le phasme aux pouvoirs magiques, qui sait ?&lt;br class='autobr' /&gt;
L'art de l'observation et du d&#233;tail de Chantal Detcherry tient du miniaturiste dans ses descriptions dignes d'une entomologiste : mim&#233;tisme v&#233;g&#233;tal d'un phasme dans &#171; L'apparition &#187;, ou duo onirique de scarab&#233;es venant perturber (ou agr&#233;menter ?) un repas entre amis, dans une all&#233;gorie sacrificielle de la trahison dans le couple. De m&#234;me pour la fine description des sentiments, telle la d&#233;ception face &#224; une vie qui se d&#233;lite (ou plut&#244;t deux) dans &#171; La fianc&#233;e du mascaret &#187;, en &#233;quilibre instable au bord du fantastique et du f&#233;&#233;rique dans ce portrait crois&#233; f&#233;minin de la fragilit&#233; du destin noyant les espoirs d'une vie et ceux de la jeunesse, face &#224; une r&#233;alit&#233; toujours cruelle et d&#233;cevante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le non-dit, le juste sugg&#233;r&#233; et le myst&#233;rieux font aussi partie de l'aventure, tel ce &lt;i&gt;Secret&lt;/i&gt; non r&#233;v&#233;l&#233; (pas plus que n'y sera cit&#233; l'animal du fleuve, cet &#171; &#233;trange poisson migrateur &#187; qui &#171; tord son grand corps souple et sensuel comme celui d'une femme &#187;, et dont &#171; la bouche s'ouvre en vain sur le cri bouleversant des sir&#232;nes &#187;, qui &#171; se lamente entre les bancs de sable &#187;). Face au jeu de mots crypt&#233;, on devine alors de quel &#171; poisson &#187; il s'agit, mais on laissera le lecteur chercher lui-m&#234;me, s'il tient &#224; lever le voile sur cette p&#234;che cruelle dans les estuaires. Tel aussi le sort d'une jeune fille endormie (ou un peu plus ?) en plein bois, dont on ne saura jamais vraiment quel est cet animal &#224; la douce fourrure qui vient partager sa couche. Secret aussi le sort, tout aussi suspendu, de &#171; La fianc&#233;e du mascaret &#187;, qui semble vouloir rejoindre son amant dans le fleuve. Ou les pouvoirs, r&#233;els ou juste imagin&#233;s, d'Aguida face &#224; un rustaud m&#233;ritant le&#231;on ou correction. Secr&#232;te aussi, la nature des pouvoirs d'une N&#233;m&#233;sis vengeresse, parfois humaine et parfois d&#233;esse issue de la mythologie, selon la forme qu'elle adopte lors de ses apparitions, dans cette all&#233;gorie cruelle des pouvoirs de la d&#233;esse Nature punissant l'homme de ses exc&#232;s et son manque de respect pour la Nature qui le nourrit. La femme est une constante dans tous ces textes, jamais ouvertement revendicatrice ou f&#233;ministe, plut&#244;t intemporelle, fragile, et souvent extrapol&#233;e de l'imagerie &#171; romantique &#187; de la femme des si&#232;cles pass&#233;s, sans que ce soit pour autant d&#233;valorisant pour elles, tout au contraire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sous une forme ou une autre, v&#233;g&#233;tale ou animale (souvent les deux), la Nature aussi est pr&#233;sente dans ces textes telle une constante vitale, un ingr&#233;dient central, indispensable au sc&#233;nario. L'id&#233;e du jardin notamment, pr&#233;sente tant dans &#171; La fianc&#233;e du mascaret &#187; ou &#171; N&#233;m&#233;sis &#187; que dans le subtil &#171; Sams&#226;ra &#187;, o&#249; l'on se demande si ce jardin en friches, presque libre de toute contrainte, ne serait pas le c&#339;ur pulsant de ce conte vaguement fantastique, celui qui r&#232;gle ses comptes &#224; sa fa&#231;on avec celles qui &#171; d&#233;testent la campagne &#187; ? Son final surprenant laisse ouvertes bien des hypoth&#232;ses sur ce plan, mettant (tiens donc, une fois encore ?) les insectes au premier plan, dans un r&#244;le bien plus actif et explicite que, dans &#171; L'Apparition &#187;, ce phasme tr&#232;s peu mobile et pourtant omnipr&#233;sent &#8211; voire apte &#224; la t&#233;l&#233;portation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Les meilleures nouvelles de H.P. Lovecraft &#8211; De nouvelles traductions et un in&#233;dit. </title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/les-meilleures-nouvelles-de-h-p-lovecraft-de-nouvelles-traductions-et-un-inedit</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/les-meilleures-nouvelles-de-h-p-lovecraft-de-nouvelles-traductions-et-un-inedit</guid>
		<dc:date>2020-11-26T17:14:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>JMC</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Auteur mythique chez les fans d'imaginaire par son univers, Howard Philip Lovecraft a fait l'objet de nombreuses publications : recueils de nouvelles, essais (dont le monumental Je suis Providence, de ST Joshi), biographies, BD, anthologies, jusqu'&#224; une uchronie le mettant en sc&#232;ne : HPL (1890-1991), de Roland C. Wagner. La derni&#232;re en date, publi&#233;e chez Rue Saint Ambroise dans leur collection &#171; Les meilleures nouvelles (de) &#187;, &#233;claire l'&#339;uvre de cet auteur hors norme avec une s&#233;lection de ses (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1108.jpg?1606410846' width='150' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ruesaintambroise.com/tchekhov&#034; class='spip_url spip_out' rel='external'&gt;https://www.ruesaintambroise.com/tc...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ruesaintambroise.com/product-page/les-meilleures-nouvelles-de-h-p-lovecraft&#034; class='spip_url spip_out' rel='external'&gt;https://www.ruesaintambroise.com/pr...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Auteur mythique chez les fans d'imaginaire par son univers, Howard Philip Lovecraft a fait l'objet de nombreuses publications : recueils de nouvelles, essais (dont le monumental &lt;i&gt;Je suis Providence&lt;/i&gt;, de ST Joshi), biographies, BD, anthologies, jusqu'&#224; une uchronie le mettant en sc&#232;ne : HPL (1890-1991), de Roland C. Wagner. La derni&#232;re en date, publi&#233;e chez Rue Saint Ambroise dans leur collection &#171; Les meilleures nouvelles (de) &#187;, &#233;claire l'&#339;uvre de cet auteur hors norme avec une s&#233;lection de ses textes, dans de nouvelles traductions. S'y ajoute ce qui fait tout l'int&#233;r&#234;t de ce type de publication : une excellente introduction par la traductrice Isabelle Barat qui caract&#233;rise la plume de Lovecraft, sans &#233;quivalent (Lautr&#233;amont, peut-&#234;tre ?) par son foisonnement verbal, ses exc&#232;s et ellipses descriptives face &#224; l'indicible, lorsque les mots semblent insuffisants &#224; d&#233;crire ce qu'il a vu (ou pire, entrevu !), rendant d&#233;licate la traduction d'un auteur hant&#233; et d&#233;vor&#233; par ses propres visions r&#233;currentes. Au point que l'on s'identifie bien plus &#224; l'auteur lui-m&#234;me qu'&#224; ses visions &#171; innommables &#187; et ses sc&#233;narios, apocalyptiques et glauques, invraisemblables et malgr&#233; tout, diaboliquement immersifs. Autre bonus d'importance, ces dix textes sont accompagn&#233;s d'un texte in&#233;dit, d'une notice situant chacun d'eux dans l'&#339;uvre de Lovecraft : gen&#232;se, contexte de leur premi&#232;re publication. Ainsi que d'une postface de Bernardo Toro, directeur de cette collection, rappelant &#171; l'actualit&#233; de Lovecraft &#187;, chantre de l'alt&#233;rit&#233; absolue et de l'infinie fragilit&#233; de l'&#234;tre humain face &#224; des cr&#233;atures qui l'auraient pr&#233;c&#233;d&#233; et qui seraient encore l&#224;, tapies dans les t&#233;n&#232;bres et sur le point de s'&#233;veiller, &#171; innommables &#187; ou indicibles celles-l&#224;, car les mots ne suffisent pas &#224; les &#233;voquer.&lt;br class='autobr' /&gt;
On dira tr&#232;s peu de la s&#233;lection elle-m&#234;me, hormis qu'elle constitue une valeur ajout&#233;e de l'ouvrage et une superbe introduction &#224; un auteur devenu un Classique, sorte de &#171; Top 10 &#187; des textes marquants de Lovecraft. Notamment &#171; La couleur n&#233;e de l'espace &#187;, qui serait la pr&#233;f&#233;r&#233;e des lecteurs, pr&#233;cise Bernardo Toro dans sa postface, et on veut bien le croire. Peut-&#234;tre est-ce d'ailleurs ce texte qui se rapproche le plus de la science-fiction, celui dans lequel l'innommable vient d'en haut, de &#171; l'espace &#187; (d'o&#249; ce titre r&#233;vis&#233;, tel un clin d'&#339;il vers le genre SF), plut&#244;t que des profondeurs insondables du centre de la Terre comme dans la plupart des &#233;crits lovecraftiens. On note aussi que le titre d'autres textes, tel celui que l'on vient de citer, a fait l'objet d'une r&#233;vision (celle-ci se voit justifi&#233;e dans la notice, avec le rappel de son ou ses titres pr&#233;c&#233;dents dans les traductions fran&#231;aises ant&#233;rieures, le cas &#233;ch&#233;ant), ce qui &#233;vitera au fan de rechercher en vain ledit titre dans une bibliographie de l'auteur. Un bel exemple est &#171; La malepeur &#187;, n&#233;ologisme limpide et &#233;vocateur pour retranscrire l'ambiance du titre original &#171; &lt;i&gt;The lurking fear&lt;/i&gt; &#187;, en lieu et place de &#171; La peur qui r&#244;de &#187; dans la traduction pour Deno&#235;l / Pr&#233;sence du Futur (1961).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; titre personnel, je suis tomb&#233; dans l'univers baroque de cet auteur &#224; mes 15 ans, avec &#171; D&#233;mons et merveilles &#187;, recueil un peu b&#226;tard (entre roman et nouvelles fusionn&#233;es), entre r&#233;cit onirique ou songe &#233;veill&#233; et conte mal&#233;fique. Comme toujours avec Lovecraft, l'on ne parvient plus &#224; y faire la distinction entre r&#233;cit-t&#233;moignage d'une r&#233;alit&#233; abominable et pure fiction, &#224; cause de cette prose insidieuse qui nous chuchote &#224; l'oreille comme &#224; celle d'un t&#233;moin privil&#233;gi&#233;, nous livrant les d&#233;mons int&#233;rieurs (ou r&#233;els, ce qui serait bien pire...) d'un auteur hant&#233; par ses visions et nous for&#231;ant malgr&#233; nous &#224; y croire, un peu, voire un peu plus... &#171; Et si c'&#233;tait vrai &#187;, se trouve-t-on forc&#233; &#224; penser, &#224; son corps (et son esprit rationnel) d&#233;fendant, face &#224; ces lignes hallucin&#233;es d'un auteur qui l'&#233;tait aussi.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ouvrage de Rue Saint Ambroise est un magnifique &#233;crin pour recueillir ces nouvelles revisit&#233;es d'un auteur hors norme, dont l'univers tortur&#233; et glauque a conduit &#224; l'adjectif &lt;i&gt;lovecraftien&lt;/i&gt;. Un auteur &#224; d&#233;couvrir, ou &#224; red&#233;couvrir via ces nouvelles traductions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Anthropoc&#232;ne mon amour, douze nouvelles du futur (Le Chien &#224; deux queues, 2020)</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/anthropocene-mon-amour-douze-nouvelles-du-futur-le-chien-a-deux-queues-2020</link>
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		<dc:date>2020-06-30T19:56:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>JMC</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Imprim&#233; en mars 2020, date fatidique, ce recueil a &#171; anticip&#233; &#187; (verbe de rigueur ici, vu son sujet) une rupture majeure qui bouscule notre monde en profondeur et pour longtemps, au point d'y discerner un &#171; avant &#187; et un &#171; apr&#232;s &#187;. F&#251;t-elle non calcul&#233;e, cette co&#239;ncidence entre fictions et r&#233;alit&#233; n'en est pas moins notable. Et si l'anticipation n'est pas souvent au c&#339;ur de nos chroniques, l'un de &#171; nos &#187; auteurs publi&#233;s s'y trouve en bonne place, et le projet est suffisamment original et sympathique pour &#234;tre (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1071.jpg?1593546980' width='104' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Imprim&#233; en mars 2020, date fatidique, ce recueil a &#171; anticip&#233; &#187; (verbe de rigueur ici, vu son sujet) une rupture majeure qui bouscule notre monde en profondeur et pour longtemps, au point d'y discerner un &#171; avant &#187; et un &#171; apr&#232;s &#187;. F&#251;t-elle non calcul&#233;e, cette co&#239;ncidence entre fictions et r&#233;alit&#233; n'en est pas moins notable. Et si l'anticipation n'est pas souvent au c&#339;ur de nos chroniques, l'un de &#171; nos &#187; auteurs publi&#233;s s'y trouve en bonne place, et le projet est suffisamment original et sympathique pour &#234;tre &#233;voqu&#233;, en dehors m&#234;me de son &#171; opportunisme tr&#232;s involontaire &#187;, en ces temps de crise qui, h&#233;las, en pr&#233;figure d'autres &#224; venir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Explicitement militant, le recueil propose des &#171; nouvelles du futur &#187; (double sens explicite, ici !) imagin&#233;es par un collectif d'auteurs regroup&#233;s en maison d'&#233;dition associative, tous d&#233;sireux de fustiger ce qui va de travers dans notre monde, et d'imaginer ce qui pourrait advenir du prochain : celui d'apr&#232;s la crise, la fracture, l'apocalypse (liste non exhaustive). Chacun offre sa version de ce qui s'est produit pour mener &#224; ces mondes d'apr&#232;s qu'ils mettent en sc&#232;ne, ce qui est l'essence m&#234;me du r&#233;cit postapocalyptique. Bien s&#251;r, cette branche de la science-fiction existe depuis longtemps, et on enfonce ici pas mal de portes ouvertes sur l'urgence et la n&#233;cessit&#233; de l'&#233;cologie militante, d'un ressourcement dans une vie en communaut&#233; r&#233;duite &#224; la campagne, et d'un &#171; retour &#224; la terre &#187; apte &#224; offrir aux survivants un environnement vivable, moyennant un peu de sueur et de peine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si tr&#232;s peu des textes s'&#233;cartent de ce sch&#233;ma connu, on notera celui, bien plus urbain et violent, de Fabrice Schurmans dans &#171; La nuit des mots vivants &#187; (rappelant doublement l'ambiance du c&#233;l&#232;bre Je suis une l&#233;gende, de Richard Matheson). Ou, plus sombre et pessimiste encore, celui de Tu W&#252;st, l'environnement d&#233;sincarn&#233; de son &#171; Utopie presque parfaite &#187; rappelant l'univers clos de Cartographie des nuages, de David Mitchell (adapt&#233; par le duo Wachowski dans le film du m&#234;me nom). Un texte lucide, et assumant ses propres clins d'&#339;il : &lt;i&gt;&#171; je me souviens de tout le fric que j'amassais, mais qui ne donnait aucun sens &#224; mon existence. C'&#233;tait avant de tout balancer pour une reconversion comme &#233;leveur de ch&#232;vres &#8211; quel clich&#233; ! &#8211; puis fermier quand j'ai vu mon troupeau d&#233;p&#233;rir. &#187;&lt;/i&gt; (p.196).&lt;br class='autobr' /&gt;
Les autres textes sont ancr&#233;s dans un Sud-Ouest post-cataclysme, donc post-industriel, o&#249; chacune des communaut&#233;s doit faire face &#224; des menaces et soucis divers, dont leur propre m&#233;moire d&#233;faillante (parfois &#224; demi-effac&#233;e) du pass&#233; et du &#171; c'&#233;tait comment avant &#187;. Le recueil se cl&#244;t sur une surprise : Philippe Caza (illustrateur bien connu dans le monde de la science-fiction) apporte sa contribution avec &lt;i&gt;L'&#232;re humaine, enfin !&lt;/i&gt; mettant en sc&#232;ne un autre type de virus, un processus de d&#233;pollution biologique qui a mal tourn&#233;, apte &#224; lui seul &#224; venir &#224; bout de la civilisation industrielle en la frappant sous un angle insoup&#231;onn&#233;. Gla&#231;ant et r&#233;aliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
On pourra regretter la relative uniformit&#233; g&#233;ographique et de tonalit&#233;, due &#224; celle des auteurs qui, logiquement, ont illustr&#233; leur sc&#233;nario dans leur propre environnement et province. Et quelques textes moins aboutis, l'engagement &#233;cologique sinc&#232;re ne compensant pas le manque d'exp&#233;rience en &#233;criture. Mais cette uniformit&#233; fait aussi sa force &#8211; de frappe ? &#8211;, par la constante des messages &#233;cologiques (parfois un peu insistants et encombrants, lorsqu'ils prennent trop de place et brisent le fil du r&#233;cit), fustigeant pollution, mondialisation et autres maux dont tout le monde sait se plaindre&#8230; sans forc&#233;ment agir, ni adopter des principes en ad&#233;quation pour que cela change. Avec ce recueil, ces douze-l&#224; ont choisi, et ils nous le clament haut et fort : l'anthropoc&#232;ne a-t-il atteint ses limites ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ethan Coen &#8211; J'ai tu&#233; Phil Shapiro </title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/ethan-coen-j-ai-tue-phil-shapiro</link>
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		<dc:date>2017-02-15T11:09:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>JMC</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lien &#233;diteur &lt;br class='autobr' /&gt;
Pas d'erreur, Ethan Coen est bien celui auquel vous pensez, le fr&#232;re de Joel. Auteur de films avant tout... mais pas seulement (m&#234;me si cet opus unique rest&#233; sans suites date de 1998). En se plongeant dans ce recueil, l'habitu&#233; du cin&#233;ma si particulier du duo de choc (et de leurs films tr&#232;s noirs et &#224; la fois d&#233;sopilants) ne sera nullement d&#233;pays&#233;, tout au contraire. Dans chacun de ces 14 textes, on est ici en plein sc&#233;nario noir sur un mode d&#233;lirant, souvent la confession de personnages (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton644.jpg?1487156981' width='116' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editionsdelolivier.fr/catalogue/9782879291680-j-ai-tue-phil-shapiro&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Lien &#233;diteur&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas d'erreur, Ethan Coen est bien celui auquel vous pensez, le fr&#232;re de Joel. Auteur de films avant tout... mais pas seulement (m&#234;me si cet opus unique rest&#233; sans suites date de 1998). En se plongeant dans ce recueil, l'habitu&#233; du cin&#233;ma si particulier du duo de choc (et de leurs films tr&#232;s noirs et &#224; la fois d&#233;sopilants) ne sera nullement d&#233;pays&#233;, tout au contraire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans chacun de ces 14 textes, on est ici en plein sc&#233;nario noir sur un mode d&#233;lirant, souvent la confession de personnages largu&#233;s, qu'ils soient mal dans leur peau ou dans les ennuis jusqu'au cou, voire au-del&#224; (l'une des caract&#233;ristiques des films de la fratrie), types paum&#233;s ou englu&#233;s dans des embrouilles, escroqueries et tromperies en tout genre, &#224; l'instar de leur &lt;i&gt;Big Lebowski&lt;/i&gt; (contemporain de ce recueil), et de bien d'autres de la m&#234;me engeance. De m&#234;me, une dose certaine de violence, de vulgarit&#233; et de sexe en sont les ingr&#233;dients majeurs, compens&#233;s par un humour et une ironie f&#233;roces. Tel le cas de ce (d&#233;tective) priv&#233;, devenu sourd &#224; la suite d'une agression et qui persiste &#224; vouloir recevoir ses clients&#8230; dont certains plus handicap&#233;s que lui, menant &#224; quelques quiproquos jouissifs qui n'emp&#234;chent pas une noirceur absolue du sc&#233;nario et de sa conclusion (&lt;i&gt;Hector Berlioz, d&#233;tective priv&#233;&lt;/i&gt;). De m&#234;me, dans &lt;i&gt;Cosa Minapolitaine&lt;/i&gt;, un apprenti tueur peu dou&#233; apprend son m&#233;tier sur le tas, dans une sc&#232;ne d'une cocasserie digne des &lt;i&gt;Tontons flingueurs&lt;/i&gt; de Lautner, Audiard and Co, que l'on pr&#233;f&#232;re ne pas d&#233;voiler. &#192; noter aussi deux textes tout aussi d&#233;sopilants sous forme de sayn&#232;tes de th&#233;&#226;tre aux dialogues truculents mettant en exergue toute la b&#234;tise humaine, le t&#233;l&#233;phonique et presque sadique &lt;i&gt;Strictement entre nous&lt;/i&gt;, et le tr&#232;s British et pince-sans-rire &lt;i&gt;Acc&#232;s r&#233;serv&#233; aux membres&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien entendu (comme dans le cin&#233;ma des Coen, r&#233;p&#232;tera-t-on), outrance et absurdit&#233; des situations d&#233;passent largement le registre cr&#233;dible pour aborder un comique &#224; la Laurel et Hardy (et donc, souvent cruel et sans concession pour ses personnages). Et comme pour ces deux-l&#224;, le rire (jaune, le cas &#233;ch&#233;ant) n'est jamais loin &#8211; celui du lecteur, face aux pirouettes et p&#233;rip&#233;ties rocambolesques dont les personnages de Coen ne sortent jamais indemnes. Quant au texte final &lt;i&gt;Le pays d'o&#249; je viens&lt;/i&gt;, cette chronique d'enfance intimiste (et sans doute authentique) rompt l'unit&#233; du recueil et n'y a gu&#232;re sa place ; un changement de ton radical avec tout ce qui pr&#233;c&#232;de, mais on pardonnera &#224; l'auteur cette confession.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce dernier texte mis &#224; part, on a l&#224; un r&#233;gal pour les amateurs de noir qui souhaitent sortir des sentiers battus et des sc&#233;narios qui se prennent trop au s&#233;rieux. Exactement comme dans les films du duo Coen, on vous le redit une derni&#232;re fois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Donald Ray Pollock&#8211;Knockemstiff (2010, Buchet-Chastel)</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/donald-ray-pollock-knockemstiff-2010-buchet-chastel</link>
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		<dc:date>2017-01-08T13:26:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>JMC</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lien &#233;diteur &lt;br class='autobr' /&gt;
Donald Ray Pollock est un franc-tireur du roman noir anglo-saxon, par sa noirceur absolue et ses personnages paum&#233;s jusqu'&#224; l'autodestruction. Dans la m&#234;me veine que son roman Le Diable, tout le temps, Knockemstiff est une description cruelle et sans fard d'une Am&#233;rique rurale profonde, r&#233;unie ici en un lieu unique : Knockemstiff, village perdu &#224; tous les sens du mot, plomb&#233; par les taresde ses habitants : pauvret&#233;, manque d'&#233;ducation et absence d'ambitions. Par exemple celle qui (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton616.jpg?1483881956' width='103' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.buchetchastel.fr/knockemstiff-donald-ray-pollock-9782283024089&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Lien &#233;diteur&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donald Ray Pollock est un franc-tireur du roman noir anglo-saxon, par sa noirceur absolue et ses personnages paum&#233;s jusqu'&#224; l'autodestruction. Dans la m&#234;me veine que son roman &lt;i&gt;Le Diable, tout le temps&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Knockemstiff&lt;/i&gt; est une description cruelle et sans fard d'une Am&#233;rique rurale profonde, r&#233;unie ici en un lieu unique : Knockemstiff, village perdu &#224; tous les sens du mot, plomb&#233; par les taresde ses habitants : pauvret&#233;, manque d'&#233;ducation et absence d'ambitions. Par exemple celle qui consisterait tout simplement &#224; fuir ce lieu sans issue pour &#171; tenter sa chance ailleurs &#187;, selon l'expression consacr&#233;e. Le concept est original : un cycle de 18 nouvelles en puzzle imbriqu&#233; pr&#233;sentant, un &#224; un ou par petits groupes, les membres de cette communaut&#233; tout juste humaine, aux comportements insens&#233;s et indignes. Ce qui donne une com&#233;die grin&#231;ante de la noirceur humaine avec sa galerie d'individus glauques et abjects, accros au sexe, &#224; la drogue, &#224; l'alcool et &#224; diverses substances illicites (ou le tout &#224; la fois), &#171; b&#234;tes et m&#233;chants &#187;, tous dignes d'une version trash des Bidochon ou plut&#244;t, d'une BD de Reiser. Un &#233;ventail de h&#233;ros tous givr&#233;s, cumulant b&#234;tise et malchance absolue, sans aptitude ni volont&#233; r&#233;elle &#224; s'extraire de leur mis&#232;re crasse et d'une m&#233;diocrit&#233; ambiante qui tue dans l'&#339;uf la moindre lueur d'espoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre vomi, sang, sperme et autres fluides organiques, chimiques ou alimentaires d&#233;grad&#233;s peu rago&#251;tants, et crudit&#233; des situations (l'inceste n'&#233;tant pas forc&#233;ment la pire d'entre elles), le d&#233;go&#251;t guette souvent le lecteur, voire une certaine lassitude par l'effet d'accumulation de situations toutes aussi sordides et d'une galerie improbable de cas sociaux. Et cela d&#232;s le texte introductif, &lt;i&gt;La vie en vrai&lt;/i&gt;, que surpassera l'immonde Bactine. Mais au-del&#224; de l'horreur, la v&#233;rit&#233; cruelle des images et le style somme toute r&#233;jouissant de l'auteur pour nous d&#233;crire la fange et le d&#233;sespoir (accept&#233;s, plus que subis) emportent malgr&#233; tout l'adh&#233;sion. Tel un nouveau Zola des classes (tr&#232;s) d&#233;favoris&#233;es de l'Am&#233;rique, Pollock nous en d&#233;crit les bas-fonds avec une jouissance quasi naturaliste, une violence exacerb&#233;e des sentiments et des actes qui n'appartient qu'&#224; lui et &#224; de rares auteurs, digne du cin&#233;ma de Tarantino, car le polar descend rarement aussi bas dans la crudit&#233;, l'ignominie, la d&#233;pravation et l'abjection humaine. Malgr&#233; des traits forc&#233;s proches de la caricature (inspir&#233;s des pires faits-divers de la mis&#232;re sociale), on se surprend &#224; la piti&#233; envers des individus qui, le plus souvent, n'en ont aucune, envers eux-m&#234;mes ou leurs proches. Et l'&#233;motion prend parfois, comme dans &lt;i&gt;Discipline&lt;/i&gt; (un drame du dopage dans l'univers factice du bodybuilding), &lt;i&gt;La vie dans le val&lt;/i&gt; (un p&#232;re indigne &#224; la vie bris&#233;e, prenant la d&#233;fense de son fils handicap&#233; profond) ou &lt;i&gt;Dernier round&lt;/i&gt; (les &#233;tats d'&#226;me d'un alcoolique repenti). En cela, et malgr&#233; le parti-pris pessimiste et nihiliste du &lt;i&gt;No happy end&lt;/i&gt;, cette vitrine d'abjections sociales r&#233;unies en un lieu unique pour les besoins de la cause acquiert une dimension de &#171; Com&#233;die humaine de l'inhumanit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Hugh Sheehy&#8211; Les Invisibles (2016, Albin Michel / Terres d'Am&#233;rique)</title>
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		<dc:date>2016-12-24T14:27:32Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Comme Tom Barbash, d&#233;j&#224; chroniqu&#233; sur notre site, Hugh Sheehynous pr&#233;sente sa vision personnelle (et plut&#244;t sombre) d'une Am&#233;rique contemporaine mal dans sa peau. Ses sc&#233;narios vont du fait-divers sordide d'&#171; Otages &#187;, le plus sanglant, au l&#233;ger &#171; d&#233;rapage &#187;ou accrochage presque insignifiant, maisqui marquera sans doute une existence de son empreinte, comme dans &#171; Une partie de croquet &#187;. Les portraits sont souvent ceux de jeunes perdus ou en rupture de ban, de l'ado pyromane dans &#171; Apr&#232;s le d&#233;luge &#187; &#224; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/" rel="directory"&gt;Critiques de recueils de nouvelles&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme Tom Barbash, d&#233;j&#224; chroniqu&#233; sur notre site, Hugh Sheehynous pr&#233;sente sa vision personnelle (et plut&#244;t sombre) d'une Am&#233;rique contemporaine mal dans sa peau. Ses sc&#233;narios vont du fait-divers sordide d'&#171; Otages &#187;, le plus sanglant, au l&#233;ger &#171; d&#233;rapage &#187;ou accrochage presque insignifiant, maisqui marquera sans doute une existence de son empreinte, comme dans &#171; Une partie de croquet &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les portraits sont souvent ceux de jeunes perdus ou en rupture de ban, de l'ado pyromane dans &#171; Apr&#232;s le d&#233;luge &#187; &#224; celui de &#171; Un &#226;ge difficile &#187; ou de &#171; Histoires &#224; faire peur &#187;. Mais cette jeunesse est &#224; l'image d'une jeunesse d&#233;sabus&#233;e voire d'une Am&#233;rique qui se cherche et peine &#224; trouver sa place dans l'univers adulte, ses codes etses contraintes. A contrario, &#171; Henrik le Viking &#187; basculedu r&#233;alisme le plus noir d'une fausse-couche &#224; l'all&#233;gorie ou au conte onirique et philosophique, d'abord tr&#232;s r&#233;aliste dans ses d&#233;tails, que l'auteur poursuit jusqu'&#224; une douce po&#233;sie de l'absurde. Dans tous les cas, le ton tr&#232;s introspectif nous fait vivre en profondeur et de fa&#231;on intime les questionnements et les doutes de personnages confront&#233; &#224; des soucis parfois presque banals, qui nous touchent malgr&#233; tout, par leur sinc&#233;rit&#233; et l'universalit&#233; de leur mal-&#234;tre. &#192; l'exemple du jeune homme d'&#171; Apr&#232;s le d&#233;luge &#187;, de retour pour No&#235;l pour le traditionnel repas en famille, pris dans les intemp&#233;ries et les cong&#232;res et d&#233;tourn&#233; de sa route pour un sauvetage improvis&#233; en bord d'autoroute, avant une autre rencontre. Dans tous les textes, le r&#233;alisme de la situation et des sentiments expos&#233;s sonne juste et vrai, compensant le manque d'action v&#233;ritable. &lt;br class='autobr' /&gt;
On retrouveraaussi dans la plupart des textes cette habitude anglo-saxonne d&#233;concertante de sc&#233;narios sans chute ni r&#233;v&#233;lation finale, qui s'arr&#234;tent comme si d'avoir plant&#233; une ambiance suffisait &#224; l'auteur en tant qu'objectif &#224; atteindre. Certains films fran&#231;ais dits &#171; d'auteur &#187; usent du m&#234;me proc&#233;d&#233; de &#171; dilution &#187; ou d'arr&#234;t brutal d'un r&#233;cit &#171; bien lanc&#233; &#187; mais dans un texte court, cela surprend et, parfois, frustre et d&#233;&#231;oit, comme nous privant d'un final digne de ce nom &#8211; ou de nos attentes. C'est le cas de &#171; Variations sur le m&#234;me th&#232;me &#187; qui cl&#244;ture le recueil et promettait un thriller bien plus haletant que ce que nous offre un final tr&#232;s peu explicite, au myst&#232;re demeur&#233; entier, tant sur les motivations de la jeune femme en fuite que sur l'avenir d'une rencontre tr&#232;s br&#232;ve. Sans oublier la ressemblance troublante de la jeune femme avec l'amie d&#233;c&#233;d&#233;e par noyade, d&#233;tail intrigant qui conf&#232;re&#224; tout le r&#233;cit un vague &#233;cho de fantastique ou d'irr&#233;alit&#233; brumeuse, d'un irrationnel v&#233;ritable ou juste sugg&#233;r&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, comme on l'a d&#233;j&#224; soulign&#233; au sujet d'autres auteursde cette collection &#171; Terres d'Am&#233;rique &#187;, dont ce serait une signature r&#233;currente (?) : &lt;i&gt;Peut-&#234;tre, au final, la vie elle-m&#234;me est-elle ainsi ; tout ce qui pla&#238;t s'&#233;coule toujours trop vite et finit trop t&#244;t ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Florence de la Gu&#233;rivi&#232;re &#8211; Champagne ! (2016, inedits &#233;ditions)</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/florence-de-la-gueriviere-champagne-2016-inedits-editions</link>
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		<dc:date>2016-10-12T15:58:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>JMC</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lien vers &#233;diteur : Lien vers l'ouvrage : &lt;br class='autobr' /&gt;
In&amp;dits, &#231;a n'est pas un oxymore, mais une nouvelle maison d'&#233;diteur d&#233;di&#233;e au texte court (dont la nouvelle), un &#233;v&#233;nement dans un paysage litt&#233;raire francophone orient&#233; et exclusif, accordant bien peu d'int&#233;r&#234;t &#224; ce genre. Champagne ! en est l'une des premi&#232;res parutions, un texte distingu&#233; par le prix Albertine Sarrazin, qui entre dans cette cat&#233;gorie de transition appel&#233;e novella (entre nouvelle longue et tr&#232;s court roman), aussi mal connue et mal aim&#233;e (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton572.jpg?1476287922' width='150' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lien vers &#233;diteur : &lt;a href=&#034;http://editionsinedits.com/&#034; class='spip_url spip_out' rel='external'&gt;http://editionsinedits.com/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lien vers l'ouvrage : &lt;a href=&#034;http://editionsinedits.com/produit/champagne/&#034; class='spip_url spip_out' rel='external'&gt;http://editionsinedits.com/produit/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In&amp;dits, &#231;a n'est pas un oxymore, mais une nouvelle maison d'&#233;diteur d&#233;di&#233;e au texte court (dont la nouvelle), un &#233;v&#233;nement dans un paysage litt&#233;raire francophone orient&#233; et exclusif, accordant bien peu d'int&#233;r&#234;t &#224; ce genre.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Champagne ! &lt;/i&gt; en est l'une des premi&#232;res parutions, un texte distingu&#233; par le prix Albertine Sarrazin, qui entre dans cette cat&#233;gorie de transition appel&#233;e novella (entre nouvelle longue et tr&#232;s court roman), aussi mal connue et mal aim&#233;e chez nous que l'est la nouvelle, voire plus encore ? Choix tout aussi aventureux, il traite d'un sujet difficile s'il en est : non pas la mort en tant qu'incident (comme dans le polar qui se respecte) mais les &#171; derniers instants &#187;, ceux du Grand Passage, cont&#233;s par celle-l&#224; m&#234;me qui vit en direct cet &#233;v&#233;nement qui nous concernera tous, sur lequel il s'est tant dit et &#233;crit sans que quiconque ait jamais pu nous le rapporter &#8211; on omettra ici les r&#233;cits de NDE (Exp&#233;rience de mort imminente).&lt;br class='autobr' /&gt;
L'on y vit de fa&#231;on intime les derni&#232;res heures d'une maman en phase terminale, que l'on pr&#233;sume encore tr&#232;s jeune, vu ses enfants en bas &#226;ge. Bien trop jeune, assur&#233;ment, pour &#171; faire ses bagages &#187;, comme le dit la longue m&#233;taphore ouvrant la novella. Tr&#232;s vite, on se retrouve &#224; l'h&#244;pital, confront&#233; &#224; un corps m&#233;dical blas&#233; et arrogant, devenu insensible et rigide, et qui en prend pour son grade.&lt;br class='autobr' /&gt;
On pense bri&#232;vement au film &lt;i&gt;La grande bouffe &lt;/i&gt; dans une sc&#232;ne centrale paradoxalement r&#233;jouissante, f&#234;te irr&#233;v&#233;rencieuse en plein h&#244;pital et ultime pied de nez &#224; la camarde. L'auteur y flirte avec un humour moins noir que d&#233;sesp&#233;r&#233;, &#171; faute de mieux &#187;, &#171; foutu pour foutu &#187;, alors que le contexte et les convenances sociales tendraient &#224; prohiber &#224; tout prix celui-ci pour conserver une gravit&#233; et une dignit&#233; &#171; de bon aloi &#187;, mais inutile, ou qui ne changerait rien &#224; l'in&#233;luctable. &#171; Alors, si l'on n'y peut rien, pourquoi se priver, et ne pas profiter jusqu'au bout de chaque instant ? &#187; semble-t-elle nous dire. Champagne !&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; son irr&#233;v&#233;rence sur un sujet aussi d&#233;licat, le texte reste touchant, comme cette sc&#232;ne d&#233;sopilante des enfants inconscients du dernier acte se jouant &#224; leur insu, lanc&#233;s dans une &#171; danse macabre &#187; sur le lit de la mourante. Et il vise juste dans l'analyse des sentiments, &#224; commencer par ceux de la premi&#232;re concern&#233;e. Seul le mari, Micha&#235;l, pourrait appara&#238;tre excessif dans son attitude &#171; n&#233;gationniste &#187; ( ?) ou son refus obstin&#233; de se plier aux r&#232;gles sociales, d&#233;passant les bornes et les convenances. Comme s'il s'effor&#231;ait de remplacer le chagrin ou son affichage par une impertinence exacerb&#233;e, sur-jou&#233;e sans doute, mais peut-&#234;tre n&#233;cessaire pour lui, qui sait ? Qui peut dire lequel des deux souffre le plus, lors de cette ultime t&#234;te-&#224;-t&#234;te ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La seconde partie bascule dans une &#171; histoire dans l'histoire &#187;, conte all&#233;gorique aux confins du fantastique, souffl&#233; par Micha&#235;l &#224; son &#233;pouse comme par pudeur, pour se blinder et leur &#233;viter &#224; eux deux un ultime face-&#224;-face trop dramatique ou des adieux trop d&#233;chirants. Ou serait-ce pour une autre raison encore ? On ne livrera pas le final de cette novella sensible, sur un sujet d'une gravit&#233; qui n'a d'&#233;gale que le talent de l'auteur pour nous en d&#233;tourner &#224; sa fa&#231;on, sans rien nous cacher pour autant de son irr&#233;m&#233;diable cruaut&#233;. M&#234;me si les bulles de champagne s'y substituent parfois aux larmes&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



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