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		<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title>Apr&#232;s la vie</title>
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		<dc:creator> Alain Lasverne</dc:creator>



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&lt;p&gt;La flasque est &#224; moiti&#233; vide. Tourne encore la derni&#232;re gorg&#233;e dans sa bouche. Il conna&#238;t son trajet. Imparable. Fore, l'alcool ; fore les vaisseaux, les veinules, les capillaires, tous ces petits chemins dont il ignore le nom. Il conna&#238;t la douce douleur de chaque minuscule poche de sang au passage du whisky. Il sait le moment exact o&#249; le liquide va cogner dans l'estomac. L&#233;g&#232;re naus&#233;e avant la ouate dans la t&#234;te. Il ma&#238;trise. Peut-&#234;tre m&#234;me que c'est l'alcool qui le ma&#238;trise. Salet&#233;. La flasque est (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1153.jpg?1614274945' width='150' height='115' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_458 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/jpg/apre_s_la_vie.jpg?1614274913' width='500' height='384' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La flasque est &#224; moiti&#233; vide. Tourne encore la derni&#232;re gorg&#233;e dans sa bouche. Il conna&#238;t son trajet. Imparable. Fore, l'alcool ; fore les vaisseaux, les veinules, les capillaires, tous ces petits chemins dont il ignore le nom. Il conna&#238;t la douce douleur de chaque minuscule poche de sang au passage du whisky. Il sait le moment exact o&#249; le liquide va cogner dans l'estomac. L&#233;g&#232;re naus&#233;e avant la ouate dans la t&#234;te. Il ma&#238;trise. Peut-&#234;tre m&#234;me que c'est l'alcool qui le ma&#238;trise. Salet&#233;. La flasque est bien entam&#233;e, maintenant. Combien de temps ? La montre dit une heure, encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Glissements, grattements vers le fond du local &#224; poubelles o&#249; il attend. Les rats. Les rats indiff&#233;rents &#224; quoi que ce soit d'humain. On peut faire confiance aux rats pour ne pas interf&#233;rer, ne pas juger. Indiff&#233;rents. Les hommes m&#233;prisent les rats, mais les rats survivent. Les humains devraient &#234;tre des rats. Acharn&#233;s, indiff&#233;rents, survivants. S'il se mettait &#224; gratter le sol, il pourrait peut-&#234;tre devenir comme eux, ne plus rien sentir. Il s'agenouille, gratte le sol. Rel&#232;ve-toi, Elkal, rel&#232;ve-toi, idiot, cingle la voix de son p&#232;re. Il se rel&#232;ve. L'alcool lui envoie une bouff&#233;e de chaleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cr&#233;puscule est sale comme l'immeuble est sale, comme la rue est sale. Il passe la t&#234;te dehors. Le ciel gris tombe comme une cagoule sur sa t&#234;te lev&#233;e. Marre d'attendre l'autre. L'homme a dit, &#171; il passera vers 20h. Tous les soirs pareil. Il sort du Conservatoire, rentre chez lui. Il ressort, va voir ses amis et revient pour travailler &#224; ses cours du lendemain. &#192; ses putains de dessins obsc&#232;nes, &#224; ses putains d'id&#233;es sales qu'il enfonce dans la t&#234;te des enfants. Il doit cesser. D&#233;finitivement. Et payer. D&#233;finitivement &#187;. Il n'est que 18h30. Il se demande encore pourquoi il est venu si t&#244;t, alors qu'il le sait parfaitement. L&#224;, dans ce local vide, il a une raison de boire. Marre de boire dans la rue, dans la cave, marre de boire l'oubli sur le matelas crasseux o&#249; il dort, marre de boire comme un faible. Il boit ici, ici il a une raison. &#202;tre fort, pour tuer le chien qui souille les t&#234;tes. Sait pas trop comment il souille. Des dessins, a dit l'homme, des mots. Sales. Mourir, il va mourir le dessinateur. Quelle heure il est ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passent des poussettes et des ballons, des chiens, des hommes, des femmes, des enfants curieux m&#234;me du local-poubelles, qui l'obligent &#224; se retirer dans l'ombre. Personne ne s'arr&#234;te. &#201;videmment, &#231;a pue. De toute fa&#231;on, dans la cave o&#249; il dort, &#231;a pue aussi. Les murs, le matelas, m&#234;me la couverture qu'il a r&#233;cup&#233;r&#233;e au Secours Populaire. Pue, tout pue, la vie pue, son corps. Douche, bient&#244;t, &#224; la douche municipale, quand il aura refait son stock de pi&#232;ces avec la manche.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le prof n'est pas costaud, lui non plus mais il sait se battre. Pas de bruit, si possible, a dit l'homme, tu le tues et tu le tra&#238;nes jusqu'au parc &#224; c&#244;t&#233;, sous un banc. Demain, quelqu'un le trouvera, ce chien. Il fouille sa poche &#224; la recherche du paquet de cigarettes, sa main bute sur du papier. Des billets. &#199;a y est, il se rappelle, plus besoin de faire la manche. Longtemps. Il pourrait m&#234;me aller &#224; l'h&#244;tel, se payer. Se payer quoi, faut &#234;tre quelqu'un pour se payer quelque chose. Une femme. Combien de temps sans la peau d'une femme, c'est pas possible ce temps qui file comme les rats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit vient. Il distingue plus mal les autres immeubles au-del&#224; du passage et du parc. Les arbres font des signes pesants dans le vent qui les anime. Il l&#232;ve la main vers eux, pauvres arbres plant&#233;s dans le goudron. Il a aim&#233; un arbre une fois. Un bel arbre, sa grand-m&#232;re venait s'asseoir &#224; l'ombre. Au pays, comme disent des cloches comme lui, qui viennent de pays qu'il ne conna&#238;t pas. Ils changent des clopes ou de la bouffe, parlent peu. Il ne comprend pas leur langue, la plupart du temps. Personne ne parle la sienne, sauf l'homme. Cet homme l'a trouv&#233;. Comment, pourquoi, personne ne le cherche et lui ne cherche personne. Il a cherch&#233;, un jour. Il l'a cherch&#233;e, un jour, des jours. Elle n'&#233;tait plus l&#224;, jusqu'&#224; ce qu'elle soit l&#224;, mais par terre, bris&#233;e comme un, comme un. Pas de nom pour dire comment elle &#233;tait bris&#233;e. Ils l'avaient mise en pi&#232;ces, et en m&#234;me temps non. Comme si quelque chose continuait avec elle, flottait sur elle et venait &#224; lui. Quand il l'a enterr&#233;e, il &#233;tait seul. Bien s&#251;r qu'il &#233;tait seul, tout le monde &#233;tait mort, au village. Les d&#233;mons avaient tout ras&#233;, un orage d&#233;mentiel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le couteau s&#232;che les plaies. Il taille bien, saigne les bras, le torse ou les jambes comme on lui dit. Partout o&#249; il veut couper, le couteau fait. M&#234;me sur lui. Il se coupe des fois, oh pas profond, mais que &#231;a saigne, pour faire sortir le mal, faire fuir ce qu'il est maintenant. Fid&#232;le couteau, tu vas servir. Fid&#232;le, c'est comme pr&#233;sent, toujours pr&#233;sent m&#234;me quand on est pas l&#224;. Elle &#233;tait fid&#232;le &#224; lui. Et lui &#224; elle, elle le laissait l'approcher parfois. Il p&#234;chait &#224; l'&#233;cart du village, elle venait apr&#232;s la lessive commune, des fois. Il n'attendait pas, elle apparaissait. Il attendait, elle ne venait pas. Quand elle arrivait il ne bougeait pas mais quelque chose volait vers elle et tout de suite ce regard qu'ils &#233;changeaient. Elle disait quelque chose et lui r&#233;pondait, mais ce n'&#233;tait rien, la patience des conventions. Il &#233;tait &#224; elle comme elle &#224; lui, d&#233;j&#224;, sans s'&#234;tre touch&#233;s. Profond&#233;ment, comme s'il &#233;tait en elle depuis une &#233;ternit&#233; de p&#234;che et de fins d'apr&#232;s-midi &#224; l'attendre. Quelle heure il est ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit s'approche, le chemin goudronn&#233; qui longe l'immeuble, la place, les arbres, m&#234;me les gens de plus en rares, tout devient contour. La vie des choses et des gens s'en va. Il n'a pas peur, non. Il en a tu&#233; des hommes et des plus forts que lui. Quand il a fui le village massacr&#233;, il a tu&#233; pour passer. Toujours plus loin, passer vers ailleurs, les b&#234;tes vont bien ailleurs quand &#231;a ne va pas. Les rats s'en vont ailleurs, sauf celui-l&#224; qui vient de se coller au mur au fond. Il l'entend plus qu'il ne le voit. Recule lentement, s'approche de la petite forme plus sombre que la paroi de ciment &#233;clair&#233;e par la fin du jour. L'animal &#224; moiti&#233; couch&#233; tremble, geint quand il s'approche, se penche, le touche sans que la b&#234;te s'&#233;loigne. Il le caresse d'un doigt un instant, et revient au guet. Il s'assoit contre une poubelle, face &#224; la porte. Personne ne peut le deviner, dans l'ombre. L'espace se perd dans l'ombre qui grandit, mais des formes viennent, presque lumineuses. Il les reconna&#238;t tr&#232;s vite, ou plus lentement. L&#224;, une grand-m&#232;re assise dans le vide lui sourit, il tousse et se frotte les yeux. Pas elle. Repouss&#233;e par un homme debout, jambes &#233;cart&#233;es, avec une esp&#232;ce de ch&#226;le sur le dos. Celui-l&#224;, il l'a tu&#233; sur une fronti&#232;re. Il voulait monter. Plus de place dans le camion pour pousser plus loin. Le chauffeur r&#233;cup&#233;rait des perdus comme lui sur une aire d'autoroute, moyennant une chose sexuelle. Chien ! La silhouette s'efface, il touche son couteau, bien au chaud dans l'&#233;tui, dans son dos. La montre dit encore une demi-heure. Il la secoue, non, elle est &#224; l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les silhouettes viennent et refluent quand il sort sa flasque. Chaleur, flash. La t&#234;te est chaude, le corps est froid. Il resserre son blouson. Le lit bient&#244;t, et l'argent pour les r&#234;ves. Une autre apparition. M&#232;re. Il tremble, ressort la flasque. Elle s'obstine &#224; lui parler. Elle est ronde et son visage est triste. Elle parle sans doute, elle parle toujours. Il voudrait pleurer, comme les enfants. Apr&#232;s le raid des massacreurs, il ne l'a m&#234;me pas retrouv&#233;e. Emport&#233;e vers l&#224; o&#249; elle n'aura m&#234;me pas le droit de mourir. Quel dieu peut permettre &#231;a... La foi s'est d&#233;tach&#233;e de lui comme un vieux manteau us&#233; qui ne prot&#232;ge plus rien. Il se sent vide. Vide qui fait mal, mais c'est comme &#231;a. Un chien passe la t&#234;te. File. Le chien grogne, recule et s'&#233;loigne. Les arbres sont invisibles. Il se sent suspendu. L&#224;, c'est le chef, qui brille. C'&#233;tait le chef. Son turban sombre qu'il ne quittait jamais, m&#234;me pour dormir, il disait. Le chef regarde vers lui. Que regardent les morts. Sans doute pas un paradis. Ils regardent la vie et griffent le vide pour revenir. Pas d'autre choix que la vie. Lui, il sait ce qu'il attend. Il n'est pas chef, mais il a de la chance, il n'est presque plus vivant.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ce qu'il voulait dire &#224; l'homme, si propre, avec ses yeux qui le happaient, sa bouche propre et ses mots. Il parlait de respect et de vengeance, mais sa bouche, sa pr&#233;sence &#233;taient sales. Il ne savait pas comment le dire, se le dire, et &#231;a n'a plus d'importance. Mais cet homme portait de la salet&#233; en lui, comme d'autres de la peur ou de. L'innocence, voil&#224; ce qu'elle portait. Au-dessus de sa t&#234;te, il aurait pu dessiner ce rond au-dessus des visages, ce rond au-dessus des t&#234;tes, sur les images qu'avaient laiss&#233;es ces am&#233;ricains b&#226;tis dans une foi bizarre, avec leur dieu sur des images. Un seul dieu, &#233;go&#239;ste. Dans leur gros v&#233;hicule blanc, ils avaient tourn&#233; dans le village, quel village, il n'arrive pas &#224; se souvenir. Ils avaient tourn&#233; et fait des flashs, donn&#233; des bonbons aux enfants, vu le chef. Chef tout gentil, les a invit&#233;s dans sa maison, sorti sa femme et &#224; boire. Ils ont rien voulu. &#201;trangers. Partis. Apr&#232;s, combien de jours, il cherche combien de jours. Mal &#224; la t&#234;te. Quelque chose de mauvais est entr&#233; dans ta t&#234;te. Son oncle, assis &#224; c&#244;t&#233; de lui, sa bouche d'ombre et sa main qui brille. Il hoche la t&#234;te, sourit. Carnassier, t'es mort. Oncle idiot, vantard, et bavard aussi. Mais il sait. Neveu perd la t&#234;te. Quelque chose de ce camion est entr&#233; en lui. S&#251;r, il en est s&#251;r, comme de toutes ces choses profondes qui viennent avant ou apr&#232;s les mots pour leur montrer combien ils p&#232;sent peu, les mots, face &#224; la douleur, l'horreur et le vide qui grandit dans la t&#234;te. Huit heures et demie &#224; rouler et lui sous le camion. Quelque chose est entr&#233; sans permission dans sa t&#234;te, peut-&#234;tre les fum&#233;es d'&#233;chappement. Sans doute. Le transporteur roulait vers, vers, impossible de. Oui, l'Italie. C'&#233;tait un trente-cinq tonnes. Les gaz descendaient, bizarrement, sur lui suspendu avec son bricolage de cordes. Pot trou&#233;, sans doute. Un d&#233;mon a suivi le gaz pour aspirer tout ce qu'il trouvait dans son cr&#226;ne. Elle, elle n'est pas partie, elle l'appellera toujours avec sa voix voil&#233;e de fatigue, d'un d&#233;but d'&#226;ge adulte qui le retournait et le confrontait au r&#234;ve dans ce monde sans r&#234;ve, avant m&#234;me qu'il ait le temps de tourner la t&#234;te et de la voir et de capter son regard, jusqu'&#224;... Quelle heure il est ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La flasque est finie. Il la secoue avant de la glisser dans une poubelle. Elle brille un peu, non, c'est un filet de lumi&#232;re qui la suit et entra&#238;ne une cohorte de morts qu'il reconna&#238;t au passage. C'est sa t&#234;te qui s'en va rejoindre ceux qui tenaient les murs du monde. Ici, ou l&#224;-bas, plus de monde. Il secoue ses jambes, donne des coups de poing dans le vide et sort la lame de son &#233;tui. Elle brille d'une lueur qu'il ne lui conna&#238;t pas, ne veut pas conna&#238;tre. La nuit est si vide, si profonde maintenant, qu'elle para&#238;t p&#226;teuse. Plus personne ne passera. Pas de lampadaires, toutes les terreurs se cachent dans l'ombre, tout le monde le sait ici. Il a bien choisi. Si tu doutes, prie. L'homme souriait d'un bon sourire, mais les loups n'ont qu'une gentillesse de surface. Il a d&#233;pos&#233; des billets dans sa boite pour faire la manche. Il a dit suis-moi et tu auras bien plus. Il a suivi. Suivre, c'est le destin. Cet homme ou un autre, il faut suivre. Le monde n'a pas de place pour les tra&#238;nards. Il n'est qu'une vieille pi&#232;ce sale, &#224; moiti&#233; cass&#233;e. La montre brille, les fines aiguilles suivent le temps sans faiblir. Huit heures. Il est l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cible va passer, va passer lentement disait l'homme en lui tenant le bras, tu verras. La cible, il est petit, comme tous les chiens qui aboient et insultent. Il est fatigu&#233;, revient de visiter des m&#233;cr&#233;ants comme lui, tu l'auras facile. Tu le laisses passer, tu l'attrapes par derri&#232;re et tu fais travailler le couteau. Couteau est pr&#234;t. Il jette encore un &#339;il dehors. Le jour r&#233;siduel lui laisse voir jusqu'&#224; une centaine de m&#232;tres la silhouette qui viendra. Pas encore. Il repose son regard dans l'ombre. Au fond, le rat ne g&#233;mit plus. Il se frotte le visage, ferme les yeux quelques secondes. Quand il les rouvre il aper&#231;oit une t&#234;te lumineuse qui lui fait face. Il se reconna&#238;t tout de suite dans ce fant&#244;me, il n'a pas peur, pas plus qu'il n'a eu peur des pr&#233;c&#233;dentes apparitions. Le visage est grave, pas triste, non, grave. C'est son visage perdu qui est l&#224;. Dans sa t&#234;te une porte s'ouvre. Il se rappelle, maintenant. Lui revient son nom et son village et le nom de celle qu'il aimait. Il retrouve l'odeur qu'avait la vie. Il n'est plus rien, mais il a &#233;t&#233;. Il retourne &#224; l'entr&#233;e. Une silhouette s'avance d'un pas tranquille sur le chemin.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'attraper et le tuer, l'&#233;gorger, comme le veut l'homme. Ensuite, il s'en ira dormir sur le matelas dans la cave. Il ne verra plus rien que le sommeil et plus la peine de penser &#224; autre chose. C'est le sommeil qui l'attend, comme il l'attend.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La part du pauvre</title>
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		<dc:creator> Alain Lasverne</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Be Christian and God will set you free. But being poor is worse than having AIDS Brave new world - Motorhead &lt;br class='autobr' /&gt;
AFP - Un homme s'est introduit &#224; l'&#201;lys&#233;e et s'est invit&#233; au repas, en compagnie des ministres, secr&#233;taires d'&#201;tat et de divers conseillers minist&#233;riels, pour un d&#233;jeuner de travail aussi ordinaire qu'informel. Selon des sources autoris&#233;es, la porte-parole de l'&#201;lys&#233;e devrait donner une conf&#233;rence de presse dans les minutes qui viennent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Moi, je n'y souis pour rien, mais pour rien du tout, santa (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Be Christian and God will set you free.&lt;br class='autobr' /&gt;
But being poor is worse than having AIDS&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Brave new world&lt;/i&gt; - Motorhead&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_224 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/jpg/la_part_du_pauvre-definitif_redimensionner.jpg?1474812762' width='500' height='386' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-224 spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Illustration : Corine Sylvia Congiu - 2015
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;AFP - Un homme s'est introduit &#224; l'&#201;lys&#233;e et s'est invit&#233; au repas, en compagnie des ministres, secr&#233;taires d'&#201;tat et de divers conseillers minist&#233;riels, pour un d&#233;jeuner de travail aussi ordinaire qu'informel. Selon des sources autoris&#233;es, la porte-parole de l'&#201;lys&#233;e devrait donner une conf&#233;rence de presse dans les minutes qui viennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi, je n'y souis pour rien, mais pour rien du tout, santa Madona ! Je ne savais m&#234;me pas qu'il &#233;tait l&#224;. Moi, je viens pour mettre les couverts et les assiettes, et la nappe avant, comme dit la signora Durit. C'est l'agence Operture qui me signe. Oui, int&#233;rim, y a que &#231;a. Signora Durit, c'est la chef du personnel d'ici. Mme Durit dit et je fais, c'est tout. Je l'ai m&#234;me pas vu, je souis plus l&#224; quand ils arrivent. Comment il s'appelle, vous dites ? Ah, vous savez pas. Mais ce qui m'&#233;tonne, c'est que j'ai mis 80 assiettes, deux par place et pas oune de plous ! Signora Durit, elle aurait hurl&#233;. Il n'y avait pas de place pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon, si on r&#233;sume, toi et ton profil reporter d'investigation, vous avez pas &#233;t&#233; foutu de savoir qui c'est ce pique-assiette. On a m&#234;me pas une photo. &#199;a fait une heure que ce barnum a commenc&#233; et on a pas un seul clich&#233;. Bon, Diane, tu vas tout de suite appeler Torandini, si y en a un qui sait quelque chose sur ce foutu fant&#244;me, c'est bien lui. Un type incognito &#224; l'&#201;lys&#233;e...Vraiment des amateurs, cette &#233;quipe. Bon, Lionel, ton papier sera en Une. On change le titre, c'est pas Le Monde, ici. Tu mettras &#171; Bouffe tragique &#224; l'&#201;lys&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ch&#233;ri, non mais c'est qui ce type ?! Je suis ta femme, tout de m&#234;me, tu pourrais avoir la d&#233;cence... Non, je me tairai pas. Un inconnu rentre chez nous. Mais oui, mais oui c'est chez nous, alors ! Je veux dire chez nous, et pas chez ta ma&#238;tresse du jour, me suis-je bien fait comprendre ? Non, tu ne t'en vas pas, je veux savoir. Qui est ce personnage que personne n'ose faire partir. Il est &#224; table depuis une heure et demie. Il parle &#224; et on dirait que Radius va vomir, mais au garde-&#224;-vous. C'est quand m&#234;me... Personne n'a rien remarqu&#233;. Enfin, tu ne vas pas me dire qu'il s'habille grand couturier ! Fais-le d&#233;gager, non mais c'est insens&#233;, c'est pas une auberge de jeunesse, ici ! Tu as vu comme il ingurgite les verres de vin, le sommelier va nous faire un infarctus. Et ses chaussures ? Ch&#233;ri, tu as vu ces chaussures ?! Je crois qu'on appelle &#231;a des chaussures de s&#233;curit&#233;. Incroyable. Pas un de tes conseillers n'a senti venir le probl&#232;me soci&#233;tal, mais pour les primes ils sont toujours en avance. &lt;br class='autobr' /&gt;
En plus, un cr&#233;tin de la t&#233;l&#233;r&#233;alit&#233; a appel&#233; &#231;a &#171; La Sc&#232;ne &#187;, pour faire penser &#224; la C&#232;ne. Oui, je sais, mon ch&#233;ri, je sais que tu sais... &#201;videmment tout le monde a repris. Et J&#233;sus, &#231;a serait ce demi-clodo ? Je te rappelle que tu es le Pr&#233;sident, et... Mais quoi, pourquoi tu t'&#233;nerves comme &#231;a ??&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, Monsieur le Pr&#233;sident. Affirmatif. On tente de d&#233;couvrir son identit&#233; mais la reco faciale ne donne rien. C'est monsieur tout-le-monde. Il dit s'appeler Cardioso et pr&#233;tend habiter &#224; Montreuil, mais personne &#224; ce nom &#224; Montreuil, ni dans le reste de la r&#233;gion parisienne. L'id&#233;al serait de s'emparer d'un objet &#224; fort potentiel identificatoire. Pardon, je... Un objet qu'il aurait touch&#233;, Monsieur le Pr&#233;sident. C'est-&#224;-dire qu'il l&#226;che pas son verre, ni son assiette d'ailleurs. Il a un sacr&#233; app&#233;tit, le... Ok, re&#231;u cinq-cinq, Monsieur le Pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AFP - Une cam&#233;ra serait pr&#233;sente sur les lieux du repas gouvernemental o&#249; s'est invit&#233; un individu myst&#233;rieux qui a mis en &#233;chec le dispositif s&#233;curitaire. L'&#201;lys&#233;e n'a pas d&#233;menti. L'information de source non-identifi&#233;e pr&#233;cise qu'il s'agit d'une cam&#233;ra automatique, fix&#233;e vers le haut de la pi&#232;ce. Ceci expliquerait la poursuite du repas sans r&#233;action notable des ministres ou des conseillers. On murmure du c&#244;t&#233; des services du Pr&#233;sident que les Anonymous ne seraient pas &#233;trangers &#224; l'affaire. TF1 et BFMTV, inform&#233;es par une source &#233;galement anonyme, ont pu se brancher sur cette cam&#233;ra et offrent un direct en temps r&#233;el sur leurs &#233;crans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je prends &#224; une heure et demie, c'est Paulo qui fait le midi-deux. Passe-moi le r&#244;ti, Mimi. Non, mais regarde-moi ce mec. Il aurait quand m&#234;me pu s'habiller pour aller se goinfrer chez les ministres. Bravo pour la chemise, il a fait une tache ce con ! Mais qui c'est ce type ?? Il pose pas beaucoup de questions mais qu'est-ce qu'il s'enfile. Moi, je m'appellerais Radius, j'y mettrais une droite. Non mais, on va pas faire chier un gouvernement comme &#231;a. Qu'est-ce que c'est que ce bordel, c'est quand m&#234;me... Nan, arr&#234;te avec la mayonnaise !... Il d&#233;barque de sa zone. Tu vois le genre. On sait pas trop s'il est white, ils auraient pu foutre une cam&#233;ra couleur, ces cons. T'as vu sa coiffure, on dirait qu'y sort du lit, vraiment le paysan moyen... Ah, il parle, mais Radius a pas l'air de comprendre grand-chose, ni Durmel. Non, mais pour qui y se prend ?! Moi, si j'&#233;tais Radius... Ah, la pub, &#231;a manquait. &lt;br class='autobr' /&gt;
Remarque, faut quand m&#234;me avoir des couilles pour faire &#231;a, hein ? Mais non, elle s'en fout Marl&#232;ne, elle entend que &#231;a &#224; l'&#233;cole. Bon, faut que je m'arrache, Mimi. Tu m'appelles si jamais y sort de table, le type. Oui. Au boulot, y vont pas me faire chier pour un coup de fil, non ?!...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes toujours en direct de l'&#201;lys&#233;e, o&#249; vient de d&#233;buter la troisi&#232;me heure du repas de tous les dangers. Pour nous &#233;clairer, Jean-Michel Apatrid, expert aupr&#232;s de l'OFCE et de l'OTAN. Vous avez une certaine comp&#233;tence dans la communication de crise. Quels conseils donneriez-vous &#224; nos ministres et conseillers, face &#224; cette comment dire, intrusion d'origine ind&#233;termin&#233;e et potentiellement mena&#231;ante ?...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Messieurs-dames, s'il vous pla&#238;t, s'il vous pla&#238;t, un peu de retenue ! Un peu de... Monsieur Barb&#233;, je vous prie de reculer votre micro, merci !... Non, je vais monter l&#224;, sur ce bureau, puisqu'il n'y a pas d'estrade. Reculez, vous reculez ou je ne dirai rien, putains de vamp... ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Je viens de passer deux heures avec un individu dont nous ne savons pas grand-chose et qui, manifestement, ne fait pas partie de l'&#233;quipe pr&#233;sidentielle. D'apr&#232;s ce que j'ai capt&#233; &#8211; je suis &#224; quatre chaises de distance &#8211; il parle fran&#231;ais avec un accent. Peut-&#234;tre alsacien, je ne suis pas expert. Il n'a pas de papiers sur lui. Il dit s'appeler Cardioso... Oui, nous avons essay&#233;, mais il ne veut pas en parler. Je ne sens pas en lui de fondamentaliste, mais l'analyse de ses propos nous en dira plus. Il serait plut&#244;t de confession... Non, qu'est-ce que je dis moi, de... De la campagne, voyez, il est... Un peu... Quelque part, de province. Et moi qui suis d&#233;put&#233; de la Creuse, &#224; l'origine, je sais reconna&#238;tre un provincial. Bon, excusez-moi, le Pr&#233;sident a &#233;t&#233; tr&#232;s clair, nous sommes sur le pont jusqu'&#224; la fin de la prise d'ot... de hauteur, de la hauteur n&#233;cessaire&#8230; J'y retourne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AFP &#8211; La situation s'est &#233;claircie dans l'affaire de l'intrusion. L'individu ne porte sur lui ni bombe ni arme. Les scanners &#224; distance du RAID ont permis d'analyser le contenu de son blouson et de conclure que l'individu est issu d'un quartier effectivement hors de Paris, sans doute d'une ville dans un rayon de trois cents kilom&#232;tres autour de la capitale. La police invite toute personne en possession d'informations &#224; bien vouloir la contacter. &#192; ce stade de la prise d'otages, la police a peu communiqu&#233; pour ne pas impacter l'enqu&#234;te toujours en cours. Mais ce que nous savons avec certitude aujourd'hui, c'est qu'un pauvre a r&#233;ussi &#224; s'introduire au c&#339;ur de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chers t&#233;l&#233;spectateurs, c'est un direct de tous les dangers que nous tentons. Il semblerait que le Pr&#233;sident souhaite une sortie n&#233;goci&#233;e de cette situation, alors que la France regarde ce repas qui a mal tourn&#233;. Nous avons propos&#233; d'interviewer l'homme sur ses motivations, puisqu'il semble ne pas s'exprimer dans un fran&#231;ais tr&#232;s ais&#233; &#224; comprendre, du moins pour les d&#233;put&#233;s et conseillers au plus pr&#232;s de l'action. L'entourage pr&#233;sidentiel a refus&#233; toute m&#233;diation, toute approche plus directe de l'individu, sans conteste un v&#233;ritable pauvre. Il s'agit de continuer ce repas tant que le suspect n'aura pas d&#233;cid&#233; de lui-m&#234;me, sans violences, de se retirer de table pour mise &#224; jour de ses r&#233;elles motivations avant son jugement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie-Yvonne, ce pays n'est plus gouvern&#233;. Apr&#232;s les gauchistes, on a droit &#224; &#231;a. Mais devant qui ce Pr&#233;sident va-t-il encore s'agenouiller ?... Cet individu &#224; table avec tout de m&#234;me des intelligences, m&#234;me si elles n'ont que peu de respect pour les valeurs fondamentales de la Nation, c'est juste grotesque et r&#233;pugnant. Regarde, sa chemise est souill&#233;e... Quelle horreur !... Tu n'oublies pas que nous d&#238;nons chez les Moretti, ce soir. La cadette rentre &#224; Sciences-Po. Oh, ch&#233;ri, cet homme est sale ! Mais comment a-t-on pu laisser entrer...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, un angle je te dis, pas cinq cents mots convenus ! On a les photos, on a les meilleures photos du gars. Mais regarde-moi cette t&#234;te ! Une v&#233;ritable affiche du FN, version crottin. Un angle, bon dieu, c'est pas compliqu&#233; ! Pourquoi t'as fait Normale Sup alors, si t'es pas foutu de torcher deux pages un peu moins mouton que les autres. Je sais pas, moi. Est-ce qu'il a parl&#233; de sous-v&#234;tements ? Est-ce qu'il a dragu&#233; la conseill&#232;re Torignal ? Est-ce qu'il a dit quelque chose sur les juifs ou le calendrier maya ? Est-ce qu'il fait des arts martiaux ?... Je veux &#231;a sur le desk dans une heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alexandre Cous&#233;, chacun de nous a pu constater la fa&#231;on particuli&#232;re qu'a le suspect de bouger sa main droite et de passer l'index de sa main gauche dans le col de son t-shirt de marque Boy'z et de taille XL de mani&#232;re lente, presque affect&#233;e. Que pouvez-vous nous dire au sujet de cette gestuelle ? Le c&#244;t&#233; r&#233;p&#233;titif et r&#233;gulier de la chose fait penser &#224; une sorte de code. On le sait, les soci&#233;t&#233;s secr&#232;tes ont toujours utilis&#233; des modes d'&#233;change crypt&#233;s. Mais on n'en conna&#238;t que peu allant jusqu'&#224; recruter des pauvres... Alexandre, vous qui avez observ&#233; et analys&#233; sur le terrain les plus grands psychopathes du nord-est du Kurdistan...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vraiment pauvre ?... J'y crois pas. Ils ont d&#251; p&#234;cho un type, c'est un lascar de chez eux, &#231;a. Moi, je le crois pas que c'est un pauvre. Attends, c'est pas un vrai pauvre. Un vrai pauvre, c'est... On en voit pas &#224; la t&#233;l&#233;, non mais attends !...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AFP &#8211; Les consignes pr&#233;sidentielles ont du mal &#224; &#234;tre suivies. Les ministres se l&#232;vent de la Sc&#232;ne &#8211; puisque c'est ainsi que cet &#233;trange repas est d&#233;nomm&#233; un peu partout &#8211; et ren&#226;clent &#224; revenir s'asseoir. Sous couvert d'anonymat, l'un d'eux nous a d&#233;clar&#233; ne pas avoir &#224; &#171; supporter &#231;a &#187; et &#171; qu'il y a des lieux et des traitements sp&#233;cifiques pour ce genre d'individus &#187;. Le personnage a fait un signe &#224; la t&#233;l&#233;, ou peut-&#234;tre au ma&#238;tre d'h&#244;tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chers t&#233;l&#233;spectateurs, n'oubliez pas. Envoyez 1219, si vous voulez la sortie du pauvre. 1220 si vous le voulez &#224; la table pr&#233;sidentielle. On me signale qu'il a rot&#233;, un rot long et sonore qui a fait manifestement sursauter le Ministre des Cultes. On recale les images en r&#233;gie, vous ne manquerez rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je te parie qu'il va finir le r&#244;ti de caille aux... Attends, comment c'est marqu&#233; ?... Le r&#244;ti de caille aux petits nuages m&#233;lancoliques. Gilbert, tu rhabilles ? Deux whiskies secs, pronto, et deux noirs. Faut qu'on y aille... Y a M6 maintenant sur le coup, y para&#238;t. On aura pas fini l'inspection des serveurs avant ce soir. Le repas sera boucl&#233;, on aura tout rat&#233;. T'as vot&#233;, toi ? Oui, moi aussi je veux qu'il reste. Un pauvre, c'est trop top. Hideux, le mec. Le pauvre total, quoi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y nous plombent, avec cette Sc&#232;ne, toute la journ&#233;e. Non mais, c'est un vrai repas ou quoi ? Ils bouffent pendant des heures alors, l&#224;-haut, comme les rois feignants ?... Oui, trois poireaux et une belle laitue, merci. Si vous voulez mon avis, le gars avec sa chemise et sa dent qui manque, il est trop vrai pour &#234;tre faux. Je veux dire il est trop vrai pour pas &#234;tre vrai. Je ne sais pas s'il se croit quelque chose ou quelqu'un. Nous, on a jamais eu &#231;a dans la famille, ou alors un petit moment, le temps qu'il trouve du boulot. On &#233;tale pas sa d&#233;gaine de pauvre comme &#231;a, c'est r&#233;pugnant. On devrait... De toute fa&#231;on, il est pas net, &#231;a se voit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AFP &#8211; Le Premier Ministre, Lionel Dalls, a d&#233;clar&#233; : &#171; En plein accord avec le Pr&#233;sident, nous allons faire en sorte que cette situation s'arr&#234;te. Il est d&#233;j&#224; difficile de montrer aux Fran&#231;ais le spectacle de la pauvret&#233;, mais si on ajoute l'alcool et l'odeur, cela devient insupportable pour le Fran&#231;ais moyen &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ok. Je ne t'ai rien dit, tu ne m'as pas vu et tu ne sais pas d'o&#249; viennent les clich&#233;s. Je te les fais &#224; six mille parce que c'est toi. Regarde, les ministres commencent &#224; bouger. Regarde celle-l&#224;. Le conseiller Doulino. Plut&#244;t tendu, hein ?...On voit une ombre derri&#232;re Radius, qui bouge tr&#232;s vite. Le paparazzi, il a des r&#233;flexes en acier. Regarde, mon ami. Il shoote juste la cam&#233;ra, &#231;a c'est l'instinct. Bingo, elle est couverte d'une serviette ! Ils avaient coup&#233; le direct, mais on sait jamais avec les hackers et les Am&#233;ricains, ils ont plaqu&#233; une serviette dessus pour &#234;tre s&#251;r. C'est pas de la preuve, &#231;a ?...Dans les deux secondes &#8211; regarde le time-code &#8211; le paparazzi se retourne et shoote le pauvre. Putain, l'horreur ! Y a m&#234;me pas de sang ; arme l&#233;tale de basse intensit&#233;. Il a &#224; peine eu le temps de voir tout le monde plonger par terre autour de lui. &#201;videmment, avec un flash on aurait eu plus de d&#233;tails. Quoique. D'ailleurs, le type s'&#233;croule pas tout de suite. Je sais pas, je sais pas comment Norbert a eu &#231;a, et je veux pas le savoir. J'ai raqu&#233; cinq, je te les fais &#224; six, parce que c'est toi. Tu les sortiras dans un an, sous forme d'&#233;mission sp&#233;ciale, de bouquin, comme tu le sentiras. Tu feras un carton, mon fr&#232;re. Regarde, le type s'&#233;croule encore surpris. La photo qui tue, je te jure. Regarde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La France ne peut rester avec cette menace pauvre, suspendue au-dessus de sa t&#234;te comme une &#233;p&#233;e de Damocl&#232;s. Le plan s&#233;curitaire &#201;lys&#233;en va &#234;tre revu. En attendant, la traque s'organise partout pour retrouver le ou les complices du fanatique qui a frapp&#233; au c&#339;ur notre pays. On sait que des individus faibles et sans valeurs se laissent facilement entra&#238;ner dans des groupuscules pauvres. Nous ne laisserons pas cro&#238;tre cette menace. Nous prenons pour argent comptant ce prologue &#224; l'insupportable. Fran&#231;ais, Fran&#231;aises, nous r&#233;pondrons pr&#233;sents, devant la menace pauvre. Vive la R&#233;publique, vive la France ! &#187;. Ainsi s'ach&#232;ve l'allocution du Pr&#233;sident de la R&#233;publique. France-TVisions va vous donner dans quelques instants les num&#233;ros auxquels vous pourrez appeler si, autour de vous, vous avez aper&#231;u des individus suspects ou entendu des propos qui pourraient mettre en p&#233;ril vos &#233;lus, vos patrons, vos proches, peut-&#234;tre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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