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		<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title>Up-dating Cendrillon</title>
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		<dc:date>2016-04-25T12:27:35Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Gonzales</dc:creator>



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&lt;p&gt;Caroline Tiss&#232;gne, dans sa petite robe rouge d'&#233;t&#233;, tr&#233;pigne, rechigne, r&#226;le et vitup&#232;re. Fairouz, sa copine (mais plus pour longtemps tu vas voir !) trottine devant elle et la tire par le bras. Elle porte une robe moulante noire et elle est perch&#233;e sur des escarpins du m&#234;me noir (mais avec des paillettes &#171; chic et glamour &#187;). &#8212; L&#226;che-moi ! C'est une mauvaise id&#233;e. Qu'est-ce que tu veux que j'aille y faire ? &#8212; Allez ! Je t'ai inscrite. Je t'ai &#171; marrain&#233;e &#187;, &#231;a me fait des points en plus. J'aurai plus de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/" rel="directory"&gt;Nouvelles &#224; lire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton507.jpg?1474812770' width='109' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_238 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/jpg/2016-up-dating-001.jpg?1474812762' width='500' height='694' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-238 spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Illustration : Corine Sylvia Congiu - 2016
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;	Caroline Tiss&#232;gne, dans sa petite robe rouge d'&#233;t&#233;, tr&#233;pigne, rechigne, r&#226;le et vitup&#232;re. Fairouz, sa copine (mais plus pour longtemps tu vas voir !) trottine devant elle et la tire par le bras. Elle porte une robe moulante noire et elle est perch&#233;e sur des escarpins du m&#234;me noir (mais avec des paillettes &#171; chic et glamour &#187;).
&lt;br /&gt;&#8212; L&#226;che-moi ! C'est une mauvaise id&#233;e. Qu'est-ce que tu veux que j'aille y faire ?
&lt;br /&gt;&#8212; Allez ! Je t'ai inscrite. Je t'ai &#171; marrain&#233;e &#187;, &#231;a me fait des points en plus. J'aurai plus de contacts sur Meetic apr&#232;s.
&lt;br /&gt;&#8212; Tu parles d'une marraine ! Et moi dans tout &#231;a ? Qu'est-ce que tu veux que j'aille faire &#224; un speed dating ? Un &#171; speed dating beur &#187; en plus ! J'suis m&#234;me pas beur, Fairouz !
&lt;br /&gt;&#8212; Caroline, tu es brune ! Fais pas ton int&#233;griste !
&lt;br /&gt;&#8212; Mais chuis mal habill&#233;e. Laisse-moi au moins passer chez moi me changer !
&lt;br /&gt;&#8212; Tu es TOUJOURS mal habill&#233;e. (Roulements d'yeux constern&#233;s de Fairouz). Ta petite robe rouge c'est ce qui te va le mieux. Je te pr&#234;terai un sac &#224; main, trop la honte ton sac &#224; dos Quechua. J'en ai toujours un ou deux de secours dans la voiture. (Twingo orange, &#171; vintage seventies &#187; pour Fairouz, &#171; citrouille &#187; pour Caroline.)
&lt;br /&gt;&#8212; Mais&#8230;
&lt;br /&gt;&#8212; Y'a pas de mais !
&lt;br /&gt;&#8212; Et puis j'ai aucune chance. Et &#231;a m'int&#233;resse pas&#8230;
&lt;br /&gt;&#8212; Ne sois pas d&#233;faitiste. Si tu fais ta t&#234;te de six pieds de long, les mecs, ils vont m&#234;me pas te calculer. Souris pour une fois.
&lt;br /&gt;&#8212; Fl&#251;te ! Et puis c'est quoi cette id&#233;e de &#171; Speed Dating Maghreb &#187;. Tu te sp&#233;cialises ? C'est le retour aux sources ?
&lt;br /&gt;&#8212; J'me sp&#233;cialise pas. Je segmente le c&#339;ur de cible. Je vise des niches du march&#233; des beaux gosses. &#199;a n'a rien &#224; voir avec mes origines. D'ailleurs, la semaine derni&#232;re, j'ai fait &#171; Shalom Speed Dating &#187;. Tu vois, je suis large d'esprit. Je m'appelais Shoshana. Cosy non ?
&lt;br /&gt;&#8212; N'importe quoi ! Tu vas finir par avoir des probl&#232;mes avec tes plans foireux.
&lt;br /&gt;&#8212; Allez ! On va rigoler ! Qu'est-ce que tu as &#224; perdre de toute fa&#231;on ?&lt;br class='autobr' /&gt; Et donc, apr&#232;s les essais de sacs &#224; main (Fairouz en avait cinq. Comment fait-elle pour stocker tout ce matos dans un coffre de Twingo ?) et apr&#232;s un vague maquillage&#8230; (Eh ben ! C'est pas grand un r&#233;troviseur de Twingo !) les voil&#224; devant le &#171; Prince Paradise &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Apr&#232;s le passage de la s&#233;cu, la grande Fairouz, imp&#233;riale, fait son entr&#233;e dans la salle. Caroline, poisson-pilote, barbote dans son sillage et dans sa petite robe rouge. &#192; l'arriv&#233;e de Fairouz, le temps s'arr&#234;te, les conversations s'arr&#234;tent, les regards s'arr&#234;tent (sur elle, le plus souvent). Des gla&#231;ons tintent dans des verres. Des espoirs naissent. Des bras m'en tombent. Fairouz joue &#224; domicile, sur son terrain (de chasse). Du haut de son m&#232;tre soixante-douze, elle jauge et juge l'assembl&#233;e (les proies m&#226;les et les rivales femelles). Son &#233;paisse chevelure noire cascade sur ses &#233;paules, &#233;tendard flamboyant en pays d&#233;j&#224; conquis. Elle sait l'effet qu'elle fait, la Fairouz ! (La bougresse !)&lt;br class='autobr' /&gt;
Fairouz, en experte, confie &#224; Caroline :
&lt;br /&gt;&#8212; Bon, y en a trois ou quatre de pas mal, voire de jouables. On repart pas tout de suite.&lt;br class='autobr' /&gt;
Caroline (qui, aux antipodes de son amie, est plut&#244;t petite, discr&#232;te et aux cheveux courts) se dit : &#171; Mais qu'est ce que je suis venue fiche ici ? Elle m'y reprendra plus la grande gigue berb&#232;re ! &#187;. Elle n'en m&#232;ne pas large, se cache derri&#232;re sa grande copine et donc, comme pr&#233;c&#233;demment pr&#233;dit, ne sourit pas. En plus, elle est s&#251;re qu'elle ne passera jamais pour une beurette. Deux grandes pancartes clignotantes sont comme suspendues au-dessus de sa t&#234;te et indiquent en fluo quelque chose du genre : &#171; Normande depuis 10 g&#233;n&#233;rations &#187; ou &#171; 100% pur porc &#187;. La panique la gagne. Elle va se faire t&#232;je, c'est s&#251;r. C'est alors qu'un grand type en costard sombre et cintr&#233; s'avance vers elle, d'un pas d&#233;cid&#233; et un taser &#224; la main. Un type de la s&#233;cu ! Il va la caram&#233;liser ! Ah non mince ! C'est pas un taser, c'est un verre !
&lt;br /&gt;&#8212; Salam, ma s&#339;ur, tu veux un drink ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Soulag&#233;e, Caroline pousse un soupir : J'veux bien, je suis super flipp&#233;e ! Et le grand baratineur, s&#251;r de lui, de l'entreprendre : T'en fais pas&#8230; C'est ta premi&#232;re fois ? Non pas possible ! Une belle demoiselle comme toi&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
La &#171; mignonesse &#187; de Caroline (n&#233;ologisme Fairouzien) semble compenser ind&#233;niablement ses origines maghr&#233;bines lointaines. (&#192; dire vrai, plus trop renouvel&#233;es depuis Charles Martel). Il baratine et Caroline se d&#233;tend. M&#234;me si ce type n'est pas le sien (de type), il est plut&#244;t pas mal et c'est plut&#244;t flatteur.&lt;br class='autobr' /&gt; Gong ! D&#233;but du speed dating. On appelle les num&#233;ros. D'abord les dames. Caroline a le num&#233;ro 16, c'est &#233;crit sur son badge, avec son pr&#233;nom : Rachida. (RACHIDA ! Fairouz, ma s&#339;ur. Wallah ! Tu vas d&#233;guster !). Caroline, rouge de honte (et m&#234;me si &#231;a va bien avec sa robe) va vite s'asseoir. (En plus, le &#171; fr&#232;re &#187; au drink commence &#224; &#234;tre lourd.)&lt;br class='autobr' /&gt; Ensuite, &#224; l'appel de leur num&#233;ro, les hommes vont s'asseoir en face d'une proie (ou d'une pr&#233;datrice, c'est selon). Ils sont l&#233;g&#232;rement en surnombre. Fairouz a expliqu&#233; &#224; Caroline : &#171; &#199;a s'appelle l'organisation contr&#244;l&#233;e de la p&#233;nurie pour cr&#233;er la demande par la valorisation de l'offre &#187;. (Oui, Fairouz est moins b&#234;te qu'elle en a l'air d&#233;lur&#233;. M&#234;me si l'un n'emp&#234;che pas l'autre.)&lt;br class='autobr' /&gt; Gong ! Sept minutes chrono : la parade nuptiale commence. Sourires crisp&#233;s, poign&#233;es de main moites ou s&#232;ches, vouvoiement ou tutoiement, ventres qui se rentrent, d&#233;collet&#233;s qui se cachent (ou s'exposent). En brames virils ou roucoulements langoureux, tout y passe : profession, dipl&#244;mes, projets, voyages, centres d'int&#233;r&#234;t&#8230; &#199;a se termine (parfois) par un &#233;change de 06. Fairouz a bien recommand&#233; &#224; Caroline d'en apprendre un faux par c&#339;ur pour &#171; ceux qui craignent vraiment &#187;. (Et, apr&#232;s cinq coups de gong, force est de constater que Rachida-Caroline n'a jamais donn&#233; son vrai num&#233;ro). &lt;br class='autobr' /&gt; Pourtant, ils sont tous l&#224;, un bel &#233;chantillon de m&#226;les repr&#233;sentatifs du march&#233; du c&#233;libataire : les beaux t&#233;n&#233;breux machos qui se fabriquent un c&#339;ur tendre pour sept minutes, les petits tr&#233;pignants rigolos (&#171; femme qui rit&#8230; &#187;), les rondouillards gentils, les quarantenaires divorc&#233;s qui mentent sur leur &#226;ge, les ing&#233;nieurs tristounes qui exposent leur argumentaire en trois points d'un ton morne et froid. (En un : stabilit&#233;, en deux : s&#233;curit&#233;, en trois : confort.) Caroline ne peut s'emp&#234;cher d'imaginer le &#171; chef de produit &#187; qu'elle a en face d'elle en train de lui faire un powerpoint marketing de lui-m&#234;me. Avec plan-conqu&#234;te du march&#233;, consolidation du segment et retour sur investissement &#224; moyen terme....&lt;br class='autobr' /&gt; Fairouz, elle, cingle, d&#233;joue, rembarre et rabroue les &#171; No way ! Man ! M&#234;me pas en r&#234;ve ! &#187; Et elle s&#233;duit, papillonne des cils, hypnotise du d&#233;collet&#233; les quelque trois ou quatre gar&#231;ons &#171; sinon l'homme de ma vie, &#224; tout le moins un bon coup &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Mais ce jusqu'&#224; Hakim. A priori, Hakim, c'est pas son genre &#224; Fairouz. Son genre, c'est plut&#244;t &#171; grand, sportif, s&#233;ducteur mais pas coureur, tendre mais viril, attentionn&#233; mais pas envahissant. &#187; C'est sur son profil Meetic. (Caroline, acerbe : &#171; Ma vieille, j'ai trouv&#233; ton homme id&#233;al. C'est un berger allemand ! &#187;) Hakim, lui, n'est pas tr&#232;s grand, ni tr&#232;s costaud. (&#171; Mais h&#233; ! Hein ! C'est pas un nabot malingre non plus &#187;, se d&#233;fendra plus tard Fairouz aupr&#232;s de Caroline. &#171; Il est longiligne. Voil&#224; : longiligne ! &#187;) Par contre, Hakim : &#233;paisse tignasse de cheveux noirs, grand sourire, long visage harmonieux, mains fines et &#233;l&#233;gantes. Et surtout de grands yeux noirs. Noirs et intenses, tr&#232;s intenses (&#171; Caroline, ma ch&#233;rie ! Il a farfouill&#233; dans mon &#226;me ! &#187;) Et alors, en plus : &#171; Oh my God ! s'est exclam&#233;e Fairouz, t'as une coque d'iphone Isaac Reina (473 euros). Trop hype ! &#187; Elle en a caress&#233; le cuir (&#171; fa&#231;on poulain &#187;) et du coup le bout des doigts du beau Kabyle. Il en a sursaut&#233;, rougi et marmonn&#233; faussement modeste : &#171; Oh je ne sais pas, tu sais, c'est un cadeau &#187;. Et donc Fairouz et Hakim : &#233;lectricit&#233; voire coup de foudre. En tout cas : palpitant qui palpite, sourires ravageurs qui ravagent, yeux qui brillent, voix qui tremblent, l&#232;vres qui s'humectent.&lt;br class='autobr' /&gt; Pendant ce temps-l&#224;, Caroline fait face &#224; Mourad. Tout timide, tout fin, p&#226;lot, cheveux &#233;bouriff&#233;s, petites lunettes rondes. Mais mignon ! (&#171; Une t&#234;te de petite pomme qu'on a envie de garder pour la soif et de caresser ses cheveux-n'importe-quoi dans un canap&#233;, un dimanche de pluie, devant Drucker. &#187;) Caroline s'est redress&#233;e sur sa chaise, a r&#233;ajust&#233; sa robe. (Demain, c'est promis, elle s'ach&#232;te de VRAIES fringues !) Elle s'est recoiff&#233;e de la main droite. (Comme quoi c'est pratique les cheveux courts.)
&lt;br /&gt;&#8212; Salut !
&lt;br /&gt;&#8212; Salut.
&lt;br /&gt;&#8212; Moi, c'est Mourad.
&lt;br /&gt;&#8212; Euh&#8230; Rachida (Fairouz ! Je t'appellerai Marguerite jusqu'&#224; la fin de tes jours !)
&lt;br /&gt;&#8212; Eh bien ? Vous voulez que je me pr&#233;sente ou vous voulez commencer ?
&lt;br /&gt;&#8212; Euh ben&#8230; Comme vous voulez&#8230; (Quelle gourdasse, molle du genou ! se morig&#232;ne Caroline.)
&lt;br /&gt;&#8212; Bon, bin je vais commencer&#8230; Eh bien, en fait, j'ai 27 ans et je suis chef d'entreprise dans l'informatique.
&lt;br /&gt;&#8212; Ah, super, c'est bien ! (Merdouille, un geek ! Manquait plus que &#231;a !)
&lt;br /&gt;&#8212; En fait bon, c'est ce qu'on m'a dit de dire. Mais&#8230; je suis juste g&#233;rant d'un petit magasin de r&#233;parations informatiques, dans un centre commercial, en banlieue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Caroline sourit, ce qui ne manque pas d'&#233;branler notre Mourad. (Quand elle sourit, elle est m&#234;me SUPER mignonne !)
&lt;br /&gt;&#8212; Ah bon ? Mais alors du coup &#171; chef d'entreprise en informatique &#187; c'est quand m&#234;me vrai&#8230; Non ? (Caroline, ma fille, dis au moins UN TRUC intelligent !)
&lt;br /&gt;&#8212; Oui si on veut&#8230; Et vous ? Qu'est-ce que vous faites ? Je veux dire, dans la vie ? &lt;br /&gt;&#8212; Je suis en hypokh&#226;gne, je pr&#233;pare Normale sup'.
&lt;br /&gt;&#8212; Ouhaou ! Une intellectuelle alors ?
&lt;br /&gt;&#8212; Euh&#8230; Ah ! Ah ! (Rires g&#234;n&#233;s) Certainement pas ! Mais au fait ? Pourquoi tout &#224; l'heure vous avez dit &#171; on m'a dit de dire &#187; ? Vous &#234;tes pas en garde &#224; vue ici.
&lt;br /&gt;&#8212; En fait, j'accompagne un copain. Le beau brun l&#224;-bas, Hakim. (Oui, oui ! Le Hakim de Fairouz !) Il m'a forc&#233; &#224; venir et m'a dit ce que je devais dire. Enfin, &#171; forc&#233; &#187;, c'est pas non plus une corv&#233;e, hein&#8230; Toutes les filles sont charmantes&#8230; Enfin, je dis pas &#231;a pour vous&#8230; Enfin non ! Vous &#234;tes charmante. Mais je veux dire, vous, je vous mets pas dans le m&#234;me panier&#8230; Enfin, en g&#233;n&#233;ral, j'mets pas les filles dans des paniers&#8230; Mais&#8230; Euh&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Caroline rigole :
&lt;br /&gt;&#8212; Ah ! Ah ! Je suis curieuse de voir comment vous allez vous d&#233;patouiller de ce monceau de goujateries maladroites.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mourad rigole &#224; son tour.
&lt;br /&gt;&#8212; Vous &#234;tes cruelle ! Je suis nul&#8230; En fait, c'est la premi&#232;re fois que je viens &#224; un speed dating. J'ai du mal.
&lt;br /&gt;&#8212; Ah bon ? Moi aussi c'est ma premi&#232;re fois. J'accompagne une copine aussi. La grande brune l&#224;-bas qui parle &#224; votre ami. Fairouz.
&lt;br /&gt;&#8212; Wahou !
&lt;br /&gt;&#8212; Oui &#171; Wahou &#187; c'est son deuxi&#232;me pr&#233;nom !
&lt;br /&gt;&#8212; Non mais c'est pas ce que je voulais dire. Je veux dire, elle envoie. On la remarque. Enfin, c'est pas qu'elle est voyante mais&#8230; Aaaaah ! J'suis nul !&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais Caroline &#233;clate de rire, regardant son petit cavalier trop trognon se noyer, sans lever le moindre petit doigt. Il est trop touchant.&lt;br class='autobr' /&gt; Fairouz et Hakim, eux, s'apprivoisent. Ils se d&#233;couvrent des affinit&#233;s. Fairouz avoue, minaudant, sa r&#233;ussite sociale : &#171; Moi, je suis dans le luxe. J'suis h&#244;tesse-d'accueil-vendeuse-showroom-priv&#233; chez Prada-Paris. J'fais dans les &#233;mirs du Golfe, avec l'arabe, &#231;a aide. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Hakim est aussi dans le luxe : majordome dans un grand h&#244;tel parisien. &#171; Un palace&#8230; mais je peux pas trop dire lequel, vu que je c&#244;toie du V.I.P. tu comprends&#8230; D'ailleurs, l'iphone Isaac Reina, c'est un cadeau d'un acteur am&#233;ricain pour un service que je lui ai rendu. J'peux pas en dire plus&#8230; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; Du coup, au coup de gong : &#233;change de num&#233;ros de portable. Le vrai pour Fairouz. &#171; J'esp&#232;re qu'il me file pas un bidon. Sinon c'est un rat puant d&#233;bile &#187;, anticipe anxieuse la jeune femme. Hakim ajoute :
&lt;br /&gt;&#8212; Je dois filer, je prends mon service &#224; minuit&#8230;
&lt;br /&gt;&#8212; Bon eh bien bonne soir&#233;e.... On se t&#233;l&#233;phone alors ? (Mince ! Mince ! Elle l'a dit &#171; trop aux abois &#187;.)
&lt;br /&gt;&#8212; Promis jur&#233; !&lt;br class='autobr' /&gt; Et Hakim, le beau beur brun, souple, l&#233;ger et manifestement en retard, se faufile entre les tables. Avant de quitter d&#233;finitivement la salle, il prend le temps de se retourner et de faire un p'tit clin d'&#339;il &#224; Fairouz (trop classe !) Cela finit de faire fondre notre Fairouz.&lt;br class='autobr' /&gt; Crissement de chaise, retour &#224; la r&#233;alit&#233; : un Rachid ou un Abdel quelconque s'assoit devant Fairouz. Elle regarde sa montre. &#199;a va &#234;tre long sept minutes ! Mais, dans le sac &#224; main de Fairouz, sa sonnerie SMS retentit. Acc&#233;l&#233;ration cardiaque. Et si c'&#233;tait d&#233;j&#224; Hakim ? Elle ne peut pas s'en emp&#234;cher, s'excuse du bout des l&#232;vres aupr&#232;s de son vis-&#224;-vis, sort son t&#233;l&#233;phone et alors un doute l'&#233;treint. &#171; Mais c'est pas le mien ! C'est celui de Hakim ! &#187; Elle caresse le &#171; fa&#231;on poulain &#187; de la coque Isaac Reina. Pourtant c'est bien son portable &#224; elle&#8230; Elle reconna&#238;t ses applis, sa sonnerie et le fond d'&#233;cran (&#224; Marrakech avec Am&#233;lie et Caroline). Qu'est-ce que c'est ce bazar ! Elle d&#233;croche le SMS et le lit ! &#171; Gong ! Gong ! Fin du speed dating ! Ne donne plus ton num&#233;ro &#224; PERSONNE. sign&#233; : H. &#187; C'est bien le num&#233;ro de Hakim. Qu'est-ce qu'il a fait ? Il a &#233;chang&#233; nos housses de mobiles ? Mais quand ? Comment ?&lt;br class='autobr' /&gt; Elle se l&#232;ve. Ment gentiment &#224; son &#171; partenaire &#187; : &#171; S'cuse ! Une urgence ! &#187; Fait de grands gestes &#224; Caroline en lui d&#233;signant la porte. Du coup, cette derni&#232;re en profite pour l&#226;cher en plein vol son vis-&#224;-vis &#224; elle. (De toute fa&#231;on, elle n'arr&#234;tait pas de faire des coups d'&#339;il et des sourires &#224; son Mourad qui faisait de m&#234;me trois tables plus loin.) Voyant les deux donzelles se pr&#233;cipiter vers la porte, il panique. (Ah non ma petite, je ne vais pas te l&#226;cher comme &#231;a !)&lt;br class='autobr' /&gt; Mourad sort dans la rue &#224; la poursuite des deux jeunes femmes, les rattrape. Fairouz a son portable &#224; l'oreille. Elle fulmine et tremblote. (&#171; Il r&#233;pond pas. Hakim. Il r&#233;pond pas. Je lui ai envoy&#233; un SMS et il a pas r&#233;pondu ! &#187;) Caroline fait vite les pr&#233;sentations (Fairouz : Mourad, Mourad : Fairouz.) Fairouz explique le coup de la coque Isaac Reina, le d&#233;part de Hakim &#224; son boulot. Il faut qu'elle lui rende tout de suite, imm&#233;diatement. &#171; J'suis pas une crevarde ! &#187; (Et puis comme &#231;a elle le revoit tout de suite. Quelle classe ce mec ! Il FAUT qu'elle le revoie recta imm&#233;diatement !)&lt;br class='autobr' /&gt; Caroline explique que Mourad est pote avec Hakim, qu'il doit savoir o&#249; c'est qu'il bosse non ? Fairouz : Ah oui ? Quel palace ? Tu dois le savoir toi !
&lt;br /&gt;&#8212; Palace ? (Mourad circonspect) Euh&#8230;
&lt;br /&gt;&#8212; Allez-dis nous ! demande Caroline. Fairouz est d&#233;j&#224; en train de googler &#171; palaces parisiens &#187; sur son iphone. F&#233;brile, elle s'accroche au bras de Mourad :
&lt;br /&gt;&#8212; Allez, il m'a dit un palace, y en a pas tant que &#231;a ? Le Meurice, le plaza, le George V ?
&lt;br /&gt;&#8212; Un palace euh ? Eh bien... En fait&#8230;
&lt;br /&gt;&#8212; Il t'a pas dit o&#249; y bosse c'est &#231;a ? &#192; cause de la clause de confidentialit&#233; sp&#233;ciale V.I.P. c'est &#231;a ?
&lt;br /&gt;&#8212; Oui c'est &#231;a ! La clause V.I.P. ! Eh ben non j'sais pas son palace en fait.
&lt;br /&gt;&#8212; C'est pas grave. On va tous les faire. Vite, &#224; la Twingo. Tu sais son nom de famille au moins ?
&lt;br /&gt;&#8212; Oui : Cherfi.
&lt;br /&gt;&#8212; Cool. On fonce.&lt;br class='autobr' /&gt; Et Fairouz, accompagn&#233;e de Caroline et Mourad, &#224; fond dans sa Twingo, se rue vers le Plaza Ath&#233;n&#233;e. (Le plus pr&#234;t : merci GPS !) Chou-blanc. Elle d&#233;cide d'&#233;cumer tous les palaces de la place pour trouver le prince Kabyle Hakim &#224; qui si&#233;ra le mieux la coque iphone 6 Isaac Reina (toujours &#224; 473 euros). Caroline est &#224; l'avant et Mourad juste derri&#232;re elle. (Par contre, une Twingo, c'est super pour la proximit&#233; des passagers, les doigts de Mourad sur le dossier devant lui viennent parfois effleurer l'&#233;paule de Caroline, frisson, rougissement et petits rires nerveux.) Mourad est dubitatif sur la d&#233;marche et essaie de dissuader Fairouz de son initiative. &#171; Y a des centaines d'employ&#233;s&#8230; Il pourra pas sortir&#8230; On te laissera jamais entrer &#187;. Caroline tente de dissuader la dissuasion. &#171; Tu sais, Fairouz, quand elle a une id&#233;e en t&#234;te&#8230; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; Au troisi&#232;me Palace, le George V, alors que la Twingo orange est gar&#233;e entre une limousine noire &#233;b&#232;ne et une Ferrari rouge tradition et que Fairouz s'est engouffr&#233;e en trombe dans le Hall du palace au grand dam du groom &#233;baubi, George se racle la gorge :
&lt;br /&gt;&#8212; Rachida&#8230;
&lt;br /&gt;&#8212; Hein ? Oui ? (Elle s'y fera jamais, &#224; ce Rachida).
&lt;br /&gt;&#8212; En fait, faut que je te dise un truc&#8230; Hakim, il est pas majordome dans un palace. Il est gardien de nuit &#224; l'&#201;tap' h&#244;tel de Sarcelles. Dans le m&#234;me centre commercial que ma boutique. C'est comme &#231;a que je le connais.
&lt;br /&gt;&#8212; Quoi ?!
&lt;br /&gt;&#8212; Oui, j'sais pas ce qu'il lui a pris. C'est plut&#244;t un gars correct. Elle a d&#251; lui faire un effet pas possible ta copine, pour qu'il sorte ce bobard. Par ailleurs, c'est alimentaire gardien de nuit. C'est un super magicien. Il fait des spectacles et tout. Dans des soir&#233;es et des mariages pour l'instant. Mais il est super, vraiment. &#199;a m'&#233;tonne pas qu'il ait escamot&#233; la coque de t&#233;l' de ta cop'.
&lt;br /&gt;&#8212; Mince ! Mais moi je connais Fairouz. Elle va le tuer.
&lt;br /&gt;&#8212; Il doit &#234;tre mortifi&#233;. C'est pour &#231;a qu'il r&#233;pond pas.
&lt;br /&gt;&#8212; Il peut ! Mince ! &#199;a se fait pas ! Mentir &#224; un speed dating ! (Hum ! pense Caroline-Rachida.)
&lt;br /&gt;&#8212; Bon &#233;coute, je vais appeler Hakim, il reconna&#238;tra mon num&#233;ro.&lt;br class='autobr' /&gt; Il sort de la voiture. Discute au t&#233;l&#233;phone en faisant de grands gestes. S'&#233;nerve, supplie et argumente. C'est pas gagn&#233;. Ensuite, il revient dans la voiture mais cette fois s'assoit &#224; la place du conducteur. Il explique :
&lt;br /&gt;&#8212; Il a une id&#233;e. Il veut que j'emm&#232;ne Fairouz &#224; son &#171; palace &#187;, &#224; l'&#201;tap' h&#244;tel. Il lui dira de vive voix. Mais faut que Fairouz y aille les yeux band&#233;s, en pr&#233;textant que c'est rapport &#224; la clause.
&lt;br /&gt;&#8212; Quoi ?! Mais t'es dingue ! Elle voudra jamais !&lt;br class='autobr' /&gt; C'est &#224; ce moment l&#224; que Fairouz rejoint la voiture. Mourad d&#233;roule son argumentaire et Fairouz&#8230; accepte ! Elle trouve &#231;a m&#234;me &#171; super romantique ! &#187; (Quelle conne !) &lt;br /&gt;&#8212; Toi aussi Caroline, faut que tu mettes un bandeau, c'est pour la clause ! (Fairouz a plein de foulards Herm&#232;s chinois chicoss dans son coffre, &#231;a tombe bien.)&lt;br class='autobr' /&gt; Et nous voil&#224; sur le parking de l'&#201;tap' h&#244;tel de Sarcelles. Mourad ouvre la porte aux demoiselles. Elles descendent de voiture, les yeux band&#233;s, guid&#233;es par Mourad. Hakim, penaud, les rejoint sur le pas de la porte.
&lt;br /&gt;&#8212; Vous pouvez enlever les foulards.&lt;br class='autobr' /&gt; Ce qu'elles font et d&#233;couvrent l'enseigne lumineuse &#171; &#201;tap' Hotel 44 &#8364; la nuit (sans petit d&#233;j) &#187;. Hakim est juste en dessous. Fairouz est bouche b&#233;e (rare !). Caroline s'appr&#234;te &#224; la ceinturer si elle saute au cou du p'tit salaud de Hakim (mais qu'il est beau le salopard !)&lt;br class='autobr' /&gt; Alors il dit :
&lt;br /&gt;&#8212; Je suis d&#233;sol&#233; Fairouz ! Je suis pas majordome, je suis veilleur de nuit ! Je viens de te rendre ta housse iphone, elle doit valoir plus que la mienne. Je l'avais achet&#233;e deux euros &#224; un pakistanais, m&#233;tro des Lilas.
&lt;br /&gt;&#8212; Quoi ?!&lt;br class='autobr' /&gt; Fairouz farfouille dans son sac. Elle en sort son portable, avec sa coque d'origine et&#8230; une rose rouge ! Mais comment il fait &#231;a ? Elle regarde &#224; nouveau Hakim. Il tient une rose rouge &#224; la main. La m&#234;me que la sienne ! Fairouz en reste bouche b&#233;e (un record intergalactique de silence Fairouzien, jauge Caroline).&lt;br class='autobr' /&gt;
Hakim lui tend sa rose rouge :
&lt;br /&gt;&#8212; J'suis d&#233;sol&#233;, j'te demande pardon. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et Fairouz, les larmes aux yeux :
&lt;br /&gt;&#8212; Ben&#8230; Moi en fait&#8230; je suis en fac de socio et vendeuse &#224; mi-temps au C&amp;A des Halles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et Mourad, la voix &#233;trangl&#233;e :
&lt;br /&gt;&#8212; Moi, j'ai vraiment une petite boutique d'info.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il se tourne vers Caroline :
&lt;br /&gt;&#8212; Par contre, j'suis pas beur. Je m'appelle George. Je suis Picard.&lt;br class='autobr' /&gt;
Caroline : Quoi ?!&lt;br class='autobr' /&gt;
Fairouz : Mais Caroline, c'est &#233;vident ! Il est pas plus arabe que moi je suis norv&#233;gienne. George (ex-Mourad) : Quoi ?! Caroline ?!&lt;br class='autobr' /&gt;
Caroline, penaude &#224; son tour (fallait que &#231;a arrive) : Oui, je m'appelle Caroline. Et j'suis pas en hypokh&#226;gne, j'suis en licence de socio.&lt;br class='autobr' /&gt;
Hakim (qui s'appelle vraiment Hakim) : Moi, je suis transsexuel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les autres : Quoi ?!&lt;br class='autobr' /&gt;
Hakim, qui rigole : Non ! &#199;a c'est pas vrai !&lt;br class='autobr' /&gt; Et les autres &#233;clatent de rire. George-Mourad prend le bout des doigts de Caroline-Rachida. Hakim plonge son regard de braise dans celui de Fairouz et lui glisse sa rose rouge entre les doigts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Hakim : Bon, j'connais le meilleur kebab du monde sur le boulevard Stalingrad. C'est moi qui r&#233;gale.&lt;br class='autobr' /&gt; Et cinq minutes plus tard, la Twingo orange fonce vers son destin (et le kebab). Fairouz et Mourad &#224; l'avant. Caroline et George &#224; l'arri&#232;re (Et vive les Twingo pour les frottis-frottas faussement involontaires des &#233;paules et les genou-contre-genou de m&#234;me.) Et gong ! Sonne le douzi&#232;me coup de minuit. Mais la Twingo reste citrouille, les princesses restent belles et les princes&#8230; charmants !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>L'entomologiste, l'&#233;pingle et le papillon</title>
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		<dc:date>2016-01-10T18:01:16Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Gonzales</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le r&#233;veil sonne. George se r&#233;veille, &#233;teint son r&#233;veil, se l&#232;ve. Il passe par la salle de bains puis pr&#233;pare son petit d&#233;jeuner. (Un grand bol de caf&#233;, trois biscottes beurr&#233;es et &#171; confitur&#233;es &#187; de fraise.) Il d&#233;barrasse la table. (Vaisselle dans l'&#233;vier, un peu d'eau, il fera la vaisselle en rentrant le soir). Toilette rapide dont brossage de dents. Habillage. Consultation de son ordinateur. (Quelques emails sans importance et rien de neuf sur facebook.) George enfile ses chaussettes. (Il aime rester le (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton459.jpg?1474812770' width='134' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_226 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/jpg/entomologiste-001b_redimensionner.jpg?1474812762' width='500' height='560' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-226 spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Illustration : Corine Sylvia Congiu - 2016
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;	Le r&#233;veil sonne. George se r&#233;veille, &#233;teint son r&#233;veil, se l&#232;ve. Il passe par la salle de bains puis pr&#233;pare son petit d&#233;jeuner. (Un grand bol de caf&#233;, trois biscottes beurr&#233;es et &#171; confitur&#233;es &#187; de fraise.) Il d&#233;barrasse la table. (Vaisselle dans l'&#233;vier, un peu d'eau, il fera la vaisselle en rentrant le soir). Toilette rapide dont brossage de dents. Habillage. Consultation de son ordinateur. (Quelques emails sans importance et rien de neuf sur facebook.) George enfile ses chaussettes. (Il aime rester le plus longtemps possible pieds nus sur la moquette.) Puis ses chaussures.&lt;br class='autobr' /&gt; Apr&#232;s avoir ferm&#233; la porte, il descend &#224; pied les trois &#233;tages. (Le soir, il les remonte de m&#234;me sauf quand il est charg&#233; de provisions.) Dans sa rue (la rue Mangin) il prend &#224; gauche pour rejoindre le boulevard Victor Hugo. Il traverse l'avenue, tourne &#224; droite. S'arr&#234;te &#224; la boulangerie-sandwicherie pour r&#233;server sa baguette du soir et s'acheter son repas de midi. Sandwich thon-mayonnaise, mini paquet de chips go&#251;t barbecue, coca z&#233;ro. (On se demande bien pourquoi &#171; z&#233;ro &#187; avec toute cette mayonnaise et les chips.) (Chut ! Pas de commentaire.) (Oui, mais tout de m&#234;me.) (&#199;a suffit.)&lt;br class='autobr' /&gt; Le bus 43, pr&#233;vu &#224; 7h54, arrive avec deux minutes de retard. (Seulement.) Quatre arr&#234;ts plus loin, George descend du bus (arr&#234;t &#171; Zola / Cl&#233;menceau &#187;). Ligne D du tram, direction &#171; Z.A.C. trois vall&#233;es &#187;. Il finit son parcours &#224; pied dans la zone commerciale. (Au bout de l'hypermarch&#233; &#171; Carrefour &#187;, il longe la &#171; Halle aux chaussures &#187;, puis &#171; aux v&#234;tements &#187;, traverse en diagonale le parking du &#171; Go Sport &#187;.)&lt;br class='autobr' /&gt; George arrive devant le magasin &#171; Computer Discount &#187; dont il est le g&#233;rant (avec un associ&#233; et ami : Charles). Ils sont sp&#233;cialis&#233;s dans la vente de mat&#233;riel informatique, les assemblages d'ordinateurs sur mesure, la maintenance informatique. George ouvre le magasin. (Rideau de fer et portes vitr&#233;es.) Charles n'arrive qu'&#224; dix heures mais il fait la fermeture jusqu'&#224; vingt heures. (George lui, quitte le travail vers dix-huit heures.)&lt;br class='autobr' /&gt; Ce matin, sept clients. (Dont deux r&#233;clamations qui ne rapportent rien, merci bien). Par contre, une cliente mignonne. (&#171; CAROLINE TISSEGNE &#187; George a-t-il lu en majuscules sur sa carte bleue.) Petite brune, toute fine, cheveux courts et bruns, grands yeux bruns de type &#171; espi&#232;gles &#187;, jolie robe rouge l&#233;g&#232;re. (Sac &#224; dos crado par contre.)&lt;br class='autobr' /&gt; Elle n'y connaissait rien en ordi. George croit qu'il l'a &#233;pat&#233;e. Elle a d&#233;pos&#233; son ordinateur en panne. Il lui propose de revenir le chercher &#171; Ce soir ? Ou demain, peut-&#234;tre ? Ou apr&#232;s-demain ? Si vous n'avez pas le temps demain. &#187; (&#171; Ah mais non, c'est super urgent. J'en ai besoin le plus vite possible... J'ai tous mes cours dedans. &#187;)&lt;br class='autobr' /&gt; De toute fa&#231;on, il croit avoir d&#233;j&#224; rep&#233;r&#233; la panne. La batterie &#224; changer, ce n'est rien. Il a rassur&#233; la cliente sur la sauvegarde des donn&#233;es : &#171; Vous n'aurez rien perdu et si le syst&#232;me d'exploitation ne boote plus, on peut toujours r&#233;cup&#233;rer le disque dur ou son contenu. &#187; (Elle le regarde avec des yeux ronds.) (Tr&#232;s beaux par ailleurs.) George t&#233;l&#233;phone &#224; Charles et lui donne la r&#233;f&#233;rence de la batterie (Toshiba CX234-UV897). Si leur grossiste l'a en stock, Charles la r&#233;cup&#233;rera avant d'arriver au magasin. (Il vient au travail en voiture.)&lt;br class='autobr' /&gt; Apr&#232;s son d&#233;part, George se dit qu'il devrait &#171; essayer quelque chose &#187; avec &#171; CAROLINE TISSEGNE &#187;. L'inviter &#224; boire un caf&#233; dans la galerie marchande ? Lui proposer des mises &#224; jour pour son ordi ? (Il s'imagine : &#171; Mais alors, il faudrait que je le garde quelques jours de plus, si vous me donnez votre t&#233;l&#233;phone (astuce !), je peux vous appeler quand c'est pr&#234;t. C'est l'affaire de deux ou trois jours pas plus. Apr&#232;s il marchera bien mieux. &#187;) George va y r&#233;fl&#233;chir. (Il est b&#234;te, il a d&#233;j&#224; le t&#233;l&#233;phone de sa &#171; bien charmante cliente &#187; sur la fiche de r&#233;paration de son Toshiba.) (Un vieux tromblon.)&lt;br class='autobr' /&gt; Il est bien trop timide avec les femmes en g&#233;n&#233;ral. (Il n'osera pas.) (On verra bien.) (J'y crois pas une seconde.) Pour l'appeler, il pourrait aussi pr&#233;texter de lui proposer un disque dur externe pour sauvegarder ses cours ? Elle risque de tout perdre en ne faisant pas de sauvegarde. (Ceci dit, elle a d&#233;j&#224; tiqu&#233; pour le prix de la batterie.) (54,65 euros tout de m&#234;me). Mais il lui fera une super promo. (Ne pas le dire &#224; Charles.)&lt;br class='autobr' /&gt; Charles arrive &#224; onze heures trente. Par contre, il n'a pas la batterie, il l'a &#171; command&#233;e pour cet apr&#232;m &#187;. Il en a profit&#233; pour acheter d'autres composants mais George s'en fiche. Il est frustr&#233;. Il aurait tellement aim&#233; appeler &#171; CAROLINE TISSEGNE &#187; pour lui faire plaisir et lui dire qu'il avait d&#233;j&#224; sa batterie. (D'une voix m&#226;le d'expert, il s'y &#233;tait d&#233;j&#224; pr&#233;par&#233;.) &#171; Zut ! Et si je proposais &#224; Charles d'emprunter sa voiture pour aller chercher la batterie cet apr&#232;s-midi ? Non, il va poser des questions. J'esp&#232;re qu'elle ne sera pas trop d&#233;&#231;ue. &#187; (Eh si ! Elle le sera !)&lt;br class='autobr' /&gt; Midi. Pause d&#233;jeuner. En silence, devant leur &#233;cran respectif, Charles et George travaillent sur des mises &#224; jour d'ordinateurs de clients, surfent sur le net, r&#233;pondent &#224; des mails. L'apr&#232;s-midi est calme, neuf clients, chiffre d'affaires de la journ&#233;e : 565,80 euros. (&#192; dix-huit heures quand George quitte le magasin). Juste avant de partir, il a appel&#233; le grossiste qui lui a confirm&#233; qu'il avait bien re&#231;u sa batterie et qu'il allait lui mettre de c&#244;t&#233; pour demain matin. (George a tann&#233; Charles pour qu'il N'OUBLIE SURTOUT PAS la batterie du Toshiba, DEMAIN.) Ensuite, il a quand m&#234;me os&#233; appeler sa &#171; si sympathique cliente au vieux Toshiba &#187;. Elle n'avait pas encore appel&#233; parce qu'elle pensait passer le soir. (On r&#233;sume le coup de fil : &#171; Demain s&#251;rement... sans faute... Passer apr&#232;s onze heures... &#187;)&lt;br class='autobr' /&gt; &#192; dix-huit heures donc, retour de George chez lui par le m&#234;me itin&#233;raire. (Via un d&#233;tour par le &#171; Carrefour &#187; pour faire quelques courses.) Dans le bus, il s'imagine pr&#233;parer un bon repas, chez lui, &#224; &#171; CAROLINE TISSEGNE &#187;. Du coup, &#224; la descente du bus, il en oublie sa baguette &#224; la boulangerie-sandwicherie et doit faire demi-tour au feu, juste avant de traverser le boulevard Victor Hugo. (Quel &#233;tourdi !)&lt;br class='autobr' /&gt; Il rentre chez lui, se d&#233;chausse. (Ses orteils se d&#233;gourdissent dans les fibres de la moquette). Il prend une douche. (Il commence &#224; faire chaud, c'est bient&#244;t l'&#233;t&#233;.) Se met &#224; l'aise. (Short, tee-shirt.) Il pr&#233;pare son repas. (Tagliatelles au saumon frais, sa sp&#233;cialit&#233;, pour &#233;pater une &#233;ventuelle &#171; CAROLINE TISSEGNE &#187;, un jour.) Il mange devant la t&#233;l&#233;. (&#171; C &#224; vous &#187;, &#171; le Grand Journal &#187;, puis &#171; Prison Break saison 4 &#187;.) (Trois &#233;pisodes.) (T&#233;l&#233;charg&#233;s ill&#233;galement soit dit en passant.) (C'est pas bien.) George se couche vers vingt-trois heures.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;***&lt;/h3&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;	Le r&#233;veil sonne. Caroline se r&#233;veille, &#233;teint son r&#233;veil, se rendort. Elle n'a pas cours aujourd'hui. Et puis elle s'est couch&#233;e tard la veille. (Pourquoi a-t-elle accept&#233; d'aller au &#171; Glasgow &#187; avec Am&#233;lie et Fairouz apr&#232;s le film ?) (Mauvais film en plus. La soir&#233;e &#233;tait mal partie depuis le d&#233;part et le &#171; Glasgow &#187; c'est nul, elle n'y mettra plus les pieds.) (Jusqu'&#224; la prochaine fois, on la conna&#238;t). R&#233;veil cotonneux vers huit heures trente. Douche. Caf&#233; fort sans sucre. Elle ne mange rien. (Le &#171; Big mac &#187; de la veille lui est rest&#233; sur l'estomac.) (Promesse de r&#233;gime.) (Elle s'alimente mal, c'est pourtant important le petit d&#233;jeuner.) (Non mais de quoi je me m&#234;le ?!)&lt;br class='autobr' /&gt; Elle finit d'&#233;merger quand elle se rappelle que son ordinateur portable ne marche plus depuis la veille. Elle s'&#233;tait promis de se lever t&#244;t pour aller le porter &#224; r&#233;parer. (Chez &#171; Computer Discount &#187;, pr&#232;s du &#171; Carrefour &#187; lui a recommand&#233; Fairouz.) Mince, il est d&#233;j&#224; neuf heures. Elle s'habille en toute h&#226;te. Elle ne peut pas vivre plus de quelques heures sans son ordinateur. (&#171; Trop la gal&#232;re, j'esp&#232;re qu'ils pourront me le r&#233;parer. Au moins sauver les donn&#233;es. &#187;)&lt;br class='autobr' /&gt; Caroline prend son sac, v&#233;rifie qu'elle a sa carte bleue. Prend les cl&#233;s de sa voiture. (Elle n'a presque plus d'essence, faudra qu'elle en &#171; fasse au Carrefour &#187;, faudra aussi qu'elle remplisse son frigo, se dit-elle). Elle descend &#224; pied les deux &#233;tages. Quand elle arrive au rez-de-chauss&#233;e, elle remonte chez elle pour r&#233;cup&#233;rer son ordinateur en panne. Elle l'avait oubli&#233;. (Quelle &#233;tourdie !) (Oui bon, &#231;a va.) Elle d&#233;marre sa voiture. (Une vieille Clio rouge assez pourrie.) Caroline remonte le boulevard Magenta. Prend &#224; droite, l'avenue Charles de Gaulle pour aller chercher la bretelle d'acc&#232;s &#224; l'autoroute.&lt;br class='autobr' /&gt; Sur l'autoroute, elle allume la radio (&#171; Rires et chansons &#187; mais c'est de la pub, elle coupe.) (Mal au cr&#226;ne aussi, la deuxi&#232;me pinte de &#171; Guinness &#187; de la veille, elle regrette). Elle sort &#224; la troisi&#232;me sortie : &#171; Z.A.C. trois vall&#233;es &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Elle tourne un peu sur le parking du &#171; Carrefour &#187; avant de rep&#233;rer les enseignes des &#171; Halles aux chaussures et aux v&#234;tements &#187;. D'apr&#232;s son amie, elle doit y trouver le petit magasin &#171; Computer Discount &#187;. (Enfin Fairouz, c'est tout juste une copine de fac, &#171; elle me gave des fois, Fairouz &#187;.) &#171; Y a le &#171; Go Sport &#187; aussi, tu peux pas le rater &#187; a ajout&#233; la copine.&lt;br class='autobr' /&gt; &#199;a y est, elle a vu le magasin. Caroline ressort du parking de &#171; Carrefour &#187; va se garer devant l'enseigne aux deux lettres g&#233;antes &#171; CD &#187; pour &#171; Computer Discount &#187;. (&#171; Un peu pourrave &#187; se dit-elle).&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Bonjour ? &#187;. Il n'y a personne dans le magasin. Puis un type sort de l'arri&#232;re-boutique. Il &#233;tait assis derri&#232;re une vitre, devant un ordinateur. Des tas de carcasses d'ordinateurs et de composants s'amoncellent dans tous les coins. &#171; Qu'est-ce que je peux faire pour vous ? &#187; &#171; C'est mon ordinateur, il ne d&#233;marre plus &#187;. Le type est mignon, tout p&#226;lot, des lunettes noires en &#233;caille, les cheveux noirs &#233;bouriff&#233;s, petite chemisette parme, barbe de trois jours. Caroline se dit qu'elle a bien fait de mettre sa petite robe rouge d'&#233;t&#233;. (Premiers vrais beaux jours, il fait chaud.)&lt;br class='autobr' /&gt; Le gars est timide. Il pose des questions techniques &#224; Caroline. (Sur l'&#226;ge de l'ordinateur, d'un &#233;ventuel changement de batterie.) (&#171; Quelle batterie ? &#187; r&#233;pond-elle, un peu sur la d&#233;fensive.) Il ouvre l'ordinateur, en sort la batterie qu'il va tester &#171; dans l'arri&#232;re-boutique, j'en ai pour quelques minutes. &#187; Caroline flippe devant son ordi ouvert devant elle. (&#171; Comme dans le coma &#187; se dit-elle.) Le &#171; vendeur lunaire &#187; revient comme il l'a promis, deux minutes plus tard. Il lui confirme : &#171; Elle est morte, la batterie. Elle est morte. &#187; Il est d&#233;sol&#233;. Il est touchant. Il cherche sur son ordinateur le prix d'une batterie neuve. (&#192; l'annonce du prix, elle pense sans le dire : &#171; Cinquante-quatre euros soixante-cinq ! Fait chier ! &#187;) Caroline dit : &#171; Bon ben d'accord &#187;. Donne sa carte bleue pour passer la commande. Elle remplit une &#171; fiche de r&#233;paration &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Elle doit revenir le chercher ce soir ou &#171; demain, peut-&#234;tre ? Ou apr&#232;s-demain, si vous n'avez pas le temps demain ? &#187; &#171; Ah mais non, c'est super urgent, j'en ai besoin le plus vite possible ! &#187; (&#171; J'ai tous mes cours dedans &#187;, ment-elle sans ciller.) &#171; Bon oui&#8230; d'accord... Non mais de toute fa&#231;on, vous l'aurez ce soir ou demain matin, au plus tard. J'appelle mon coll&#232;gue tout de suite pour qu'il voie s'il peut la rapporter aujourd'hui. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; Le type appelle son coll&#232;gue. (Un &#171; Charles &#187;, c'est quoi ce vieux pr&#233;nom ?!) Il lui donne la r&#233;f&#233;rence. (Toshiba CX234-UV897, pour ce qu'on en a &#224; faire...) Caroline lui fait bien comprendre qu'elle aimerait bien avoir son ordi dans la journ&#233;e si possible. (&#171; Demain, peut-&#234;tre &#187; oui, mais &#171; maximum &#187;.) Elle ressort du &#171; Computer Discount &#187;. (Accompagn&#233;e d'un &#171; au revoir mademoiselle, bonne journ&#233;e &#187; : trop &#171; cute &#187; !) Puis elle va faire ses courses. (Elle a encore oubli&#233; de faire de l'essence, elle va finir par tomber en panne.)&lt;br class='autobr' /&gt; Caroline rentre chez elle. Joue avec son t&#233;l&#233;phone portable mais s'ennuie vite. &#192; midi, elle mange une salade toute pr&#234;te &#171; Sodebo &#187; et trois yaourts aux fruits. (C'est bien la peine.) L'apr&#232;s-midi, elle n'en peut plus de zapper devant la t&#233;l&#233;. Il faudrait qu'elle potasse ses cours. Ou, pire, qu'elle avance son foutu m&#233;moire. (&#171; Plut&#244;t crever ! &#187;) De d&#233;pit, elle prend sa cl&#233; USB et descend au cybercaf&#233; de la rue des Essarts. (&#192; cent cinquante m&#232;tres de chez elle, au plus). D'abord, elle consulte ses mails, sa page facebook, ses tweets mais &#171; Fait chier, tous des cons &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Alors, elle met sa cl&#233; USB dans l'ordinateur et ouvre le dossier &#171; Mes &#201;crits &#187;. Elle a imagin&#233; ce nom sur le mod&#232;le des dossiers Windows : &#171; Ma Musique &#187;, &#171; Mes Documents &#187;, &#171; Mes vid&#233;os &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Donc, dans &#171; Mes &#201;crits &#187;, Caroline a sauvegard&#233; tous ses textes. (Les participations aux concours de nouvelles, ses contes pour enfants, ses d&#233;buts de romans, les meilleurs extraits de son journal intime.)&lt;br class='autobr' /&gt; Malheureusement, elle n'avait pas fait de sauvegarde depuis longtemps et les derni&#232;res moutures des &#171; trucs en cours &#187; sont sur son portable. &#171; J'esp&#232;re que je pourrai tout r&#233;cup&#233;rer, j'avais bien avanc&#233; quand m&#234;me. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; Cela lui fait repenser &#224; la promesse du &#171; petit vendeur charmant &#187;. Aussi, comme elle ne peut pas avancer ses travaux en cours, elle commence une nouvelle &#171; nouvelle &#187;. Celle, donc, du petit vendeur d'ordinateur plut&#244;t avenant et gentil qu'elle a crois&#233; ce matin. (M&#234;me si sans doute un peu trop &#171; geek &#187;.) (&#171; Je vois le genre ! &#187;) Il pourrait s'appeler George, tiens, un vieux pr&#233;nom comme celui de son copain Charles.&lt;br class='autobr' /&gt; Elle a cr&#233;dit&#233; son compte du cybercaf&#233; avec sa carte bleue. Elle est en train de la tripoter et peut y lire son nom &#233;crit en majuscule : &#171; CAROLINE TISSEGNE &#187; (&#171; Caroline-qui-saigne &#187; se rappelle-t-elle. On l'appelait comme &#231;a jusqu'&#224; ses treize ans environ. Les nazes). Elle se dit que &#171; George &#187; a pu y lire son nom. (&#171; Mais je suis conne, je l'ai &#233;crit sur la fiche de r&#233;paration aussi. &#187;)&lt;br class='autobr' /&gt; Par exemple, dans sa nouvelle, le fameux &#171; George &#187; pourrait l'appeler maintenant. (Quelle heure il est ? D&#233;j&#224; seize heures !) Il lui dirait que son ordi est pr&#234;t. Elle arriverait avant la fermeture, il lui ferait une d&#233;monstration du d&#233;marrage de son ordinateur. Caroline v&#233;rifierait qu'elle a tout dans son dossier &#171; Mes &#233;crits &#187;) (Ah &#231;a ! C'est pas pour les trois cours de socio qui se battent en duel !) (Ok ! Stop !) (Ah ! Ah !) &lt;br class='autobr' /&gt; Ensuite, donc, elle &#171; encha&#238;nerait &#187; avec George : &#171; Merci d'avoir &#233;t&#233; si rapide et efficace... Pour vous remercier, si j'osais, je vous proposerais une bi&#232;re bien fra&#238;che &#224; la terrasse d'un caf&#233;. Il fait chaud non ? &#187;) (Mais elle n'osera jamais, elle fait la maligne comme &#231;a, mais c'est plus facile &#224; &#233;crire qu'&#224; vivre.) (Mais c'est toute l'histoire de sa vie &#231;a !) (La ferme !)&lt;br class='autobr' /&gt; Et Caroline continue &#224; &#233;crire, au cybercaf&#233;. Les mots viennent tout seuls. Il est bien ce &#171; George &#187; m&#234;me s'il a un pr&#233;nom ridicule. (&#171; Faudra peut-&#234;tre que je le change ?! &#187;) Et donc bref, elle en &#233;tait o&#249; ? Ah ! Oui : &#171; George l'invite &#224; boire un verre. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; Tiens son t&#233;l&#233;phone sonne. Il est dix-sept heures quarante-cinq. (D&#233;j&#224; !) Mais c'est lui ! C'est l'hypoth&#233;tique &#171; George &#187; !&lt;br class='autobr' /&gt; Caroline Tiss&#232;gne : &#171; Allo ? &#8230; Il n'est pas pr&#234;t ? Mince. Demain, peut-&#234;tre ? Non ? Mince ! (Merde oui !) Alors apr&#232;s-demain seulement ?! &#8230; Ah ! D'accord ! &#8230; Pas &#171; demain, peut-&#234;tre &#187; : &#171; Demain, s&#251;rement ! &#187; Ah ! Ah ! Ah ! (Rires forc&#233;s) (Quel humour de geek de mes deux !) &#171; Oui ! Super ! Vers onze heures... Je passerai. &#187; (Mais il est tellement cool !)&lt;br class='autobr' /&gt; Et Caroline raccroche, un peu d&#233;&#231;ue forc&#233;ment, elle se voyait d&#233;j&#224; avec son bel ordi flambant neuf et le &#171; George &#187; qui lui propose une pizza au &#171; Pizza Pa&#239; &#187; du &#171; Carrefour &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Bon. C'est pas tout &#231;a. Tant pis. Elle sauvegarde sa nouvelle sur sa cl&#233; USB. (Dans deux fichiers diff&#233;rents, elle est contente d'elle, faut pas que &#231;a se perde.) Un &#171; .doc &#187; qui s'appelle &#171; demain, peut-&#234;tre &#187; et l'autre &#171; l'entomologiste, l'&#233;pingle et le papillon &#187;. (&#199;a sonne bien, non ?) Elle finira sa nouvelle demain, peut-&#234;tre. (Justement.) Avant, il faut qu'elle voie ce qu'il a dans le ventre ce &#171; George &#187; improbable.&lt;br class='autobr' /&gt; D&#233;j&#224;, est-ce qu'il tiendra sa &#171; promesse de gar&#231;on &#187; ? (Ah ! Ah !) (Trop dr&#244;le ! &#171; Promesse de gar&#231;on = promesse de gascon &#187;) (Pour l'humour, ils vont s'entendre &#171; Caro et Jojo &#187;.) Bon assez rigol&#233;, il a plut&#244;t int&#233;r&#234;t &#224; lui avoir r&#233;par&#233; son ordi. (Et elle d&#233;teste qu'on l'appelle &#171; Caro &#187;.)&lt;br class='autobr' /&gt; Elle rentre chez elle apr&#232;s avoir achet&#233; un kebab. (Maxi frites sauce blanche.) (Cette histoire est une catastrophe di&#233;t&#233;tique, &#233;crira-t-elle demain, peut-&#234;tre. &#171; Un vrai cauchemar de nutritionniste &#187;.) (Vite &#233;crire cette id&#233;e sur un bout de papier pour ne pas l'oublier.) D&#233;cid&#233;ment, elle est contente d'elle. Tiens, elle va appeler Am&#233;lie et Fairouz. Elles vont aller &#224; la moules-frites place Jacquard. Apr&#232;s, tant pis, elles vont encore finir au &#171; Glasgow &#187;. (&#171; Je le sens bien comme &#231;a mais tant pis. &#187;)&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;	Le lendemain. Il est quand m&#234;me onze heures quarante-cinq, dixit l'horloge digitale aux chiffres rouges du magasin. George, n'y tenant plus, compose le num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone de Caroline. (Pendant la nuit, tr&#232;s agit&#233;e pour notre George, elle est pass&#233;e de &#171; CAROLINE TISSEGNE &#187; &#224; &#171; Caroline &#187; ou &#171; la belle Caroline &#187; ou encore &#171; Caroline la douce &#187;.) Elle avait dit qu'elle passerait demain &#224; onze heures. Pourquoi, n'est-elle pas encore l&#224; ? Elle avait l'air press&#233; pourtant. (&#171; La si jolie demoiselle. &#187;) (Qu'est-ce qu'elle fiche ?)&lt;br class='autobr' /&gt; George a mis son tee-shirt gris un peu moulant col en V qui lui va bien et son jean pr&#233;f&#233;r&#233;. &#192; onze heures trente, il a d&#233;j&#224; compos&#233; huit num&#233;ros sur dix mais il a finalement raccroch&#233;. (Elle avait dit &#171; &#192; PARTIR &#187; de onze heures. &#171; Je peux lui laisser un petit temps &#187;). Il a r&#233;essay&#233; &#224; onze heures trente-huit. (Les dix num&#233;ros !) (Quelle audace !) Mais il n'a pas laiss&#233; sonner. L&#224;, il n'en peut plus. Il compose le num&#233;ro. (Sur son portable, comme &#231;a elle aura son num&#233;ro perso.) (Astuce n&#176;2 !)&lt;br class='autobr' /&gt; Et donc, il laisse sonner. Une sonnerie. Deux. Trois. Quatre. (Zut ! Qu'est-ce qu'elle fabrique ?) Elle d&#233;croche. &#171; Allo ? &#187; &#171; Oui... Bonjour... Heu&#8230; Mademoiselle Tiss&#232;gne ? (&#171; Mademoiselle &#187;, j'adore !) C'est George... (Dire son pr&#233;nom, &#231;a fait am&#233;ricain et &#231;a cr&#233;e une intimit&#233;, s'est-il dit.) De chez Computer discount. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;***&lt;/h3&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;	R&#233;veill&#233;e &#224; huit heures, Caroline s'est pr&#233;cipit&#233;e tout de suite au cybercaf&#233; de la rue des Essarts. Au passage, elle a pris un caf&#233; dans un gobelet g&#233;ant en carton et deux muffins dans un caf&#233; d'une enseigne am&#233;ricaine que l'on pr&#233;f&#233;rera ne pas nommer. (Pas de marque !) (Quoi ! Mais tout le reste en est truff&#233; !) (Oui mais bon &#171; Starbucks &#187;, faut pas d&#233;conner !) Elle a mal dormi cette nuit. (Encore une &#171; Guinness &#187; en trop mais pas que). Elle n'a pas arr&#234;t&#233; de penser &#224; sa nouvelle. (La nouvelle de ce &#171; brave petit George &#187;.) Elle a essay&#233; d'&#233;crire au stylo sur du papier mais elle n'y est pas arriv&#233;e. (Il lui FAUT son vieux portable.) (&#171; Pourvu qu'il ait mon ordinateur demain, mon petit technicien tout timide &#187;). (Belle allit&#233;ration en &#171; t &#187;, non ?)&lt;br class='autobr' /&gt; Aussi, il faut l'avouer, elle a beaucoup pens&#233; au vrai vendeur. Et donc ce matin, elle est descendue tr&#232;s vite au cybercaf&#233;. Par superstition mal plac&#233;e d'&#233;crivain, elle a repris le m&#234;me poste (&#171; Ouf ! Il est libre ! C'est bon signe ! &#187;). Elle a ouvert le fichier. Elle en &#233;tait o&#249; d&#233;j&#224; ? Ah ! Oui ! &#171; George l'invite &#224; boire un verre. &#187; Et Zou ! C'est parti ! Les doigts de f&#233;e de notre Caroline Tiss&#232;gne volent sur le clavier. Elle se dit : &#171; &#192; dix heures maxi, j'arr&#234;te pour &#234;tre &#224; onze heures pile-poil chez Computer Discount &#187;. Mais les mots viennent et sautent litt&#233;ralement du clavier &#224; l'&#233;cran. Caroline ne voit plus le temps passer.&lt;br class='autobr' /&gt; Son portable sonne. Elle le sort de son sac pos&#233; &#224; ses pieds, le regarde (&#171; Merde ! Midi moins le quart ! &#187;) Num&#233;ro de portable inconnu. Elle d&#233;croche. (&#171; Allo ? &#187;) Avant de r&#233;pondre, elle a juste le temps d'&#233;crire en quatri&#232;me vitesse : &#171; Oui... Bonjour... Heu&#8230; Mademoiselle Tiss&#232;gne ? (&#171; Mademoiselle &#187;, j'adore !) C'est George... (Dire son pr&#233;nom, &#231;a fait am&#233;ricain et &#231;a cr&#233;e une intimit&#233;, s'est-il dit.) De chez Computer discount. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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