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	<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title>Le Voyageur</title>
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		<dc:date>2016-03-07T18:11:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>St&#233;phane Poirier</dc:creator>



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&lt;p&gt;C'&#233;tait une rousse assez grande. Longs cheveux, grands yeux clairs avec une belle poitrine qui semblait d'origine. Elle &#233;tait assise au bar sur un tabouret haut. Olaf ne l'avait pas vue entrer. Le snack &#233;tait pourtant presque d&#233;sert &#224; l'exception d'un couple de retrait&#233;s en short et chemise indigo, et d'une m&#232;re de famille qui se rongeait les ongles pendant que son fils mangeait des frites avec les doigts. Olaf avait eu le temps de les observer. La m&#232;re et le gamin avaient franchi la porte du snack (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/" rel="directory"&gt;Nouvelles &#224; lire&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_231 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/jpg/2016-02-02-le_voyageur-001.jpg?1474812762' width='500' height='354' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait une rousse assez grande. Longs cheveux, grands yeux clairs avec une belle poitrine qui semblait d'origine. Elle &#233;tait assise au bar sur un tabouret haut. Olaf ne l'avait pas vue entrer. Le snack &#233;tait pourtant presque d&#233;sert &#224; l'exception d'un couple de retrait&#233;s en short et chemise indigo, et d'une m&#232;re de famille qui se rongeait les ongles pendant que son fils mangeait des frites avec les doigts. Olaf avait eu le temps de les observer. La m&#232;re et le gamin avaient franchi la porte du snack moins d'une minute apr&#232;s lui. Ils avaient aussi fait un bout de route ensemble dans un car d&#233;glingu&#233; sans climatisation. Quand Olaf &#233;tait mont&#233; dans l'autocar et s'&#233;tait enfonc&#233; dans l'all&#233;e, il avait remarqu&#233; cette femme qui caressait pensivement les cheveux du gar&#231;on. Le gosse semblait dormir. Sa joue reposait sur un sweat roul&#233; en boule contre la vitre et le mouflet avait le visage rouge &#224; cause du soleil qui bombardait le car, une antiquit&#233; aux amortisseurs moribonds qui se tra&#238;nait &#224; travers des &#233;tendues d&#233;sert&#233;es en traversant des villages sans nom. Olaf s'&#233;tait assis deux banquettes derri&#232;re la m&#232;re et le fiston, mais dans l'autre trav&#233;e. Il y avait deux si&#232;ges vides et il avait balanc&#233; son sac en toile qui renfermait quelques affaires propres et une trousse de toilette. Puis il s'&#233;tait laiss&#233; choir sur le ska&#239; br&#251;lant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Olaf voyait la m&#232;re de profil. Un beau visage que la vie avait h&#233;las commenc&#233; &#224; affliger. De ces visages aux yeux fan&#233;s qui semblaient r&#234;ver en permanence dans une voie lact&#233;e de d&#233;sillusions. Il voyait aussi la main de la femme au coude pos&#233; sur l'ar&#234;te de la banquette qui continuait &#224; s'agiter dans les cheveux du gosse. Il ne voyait pas le gamin d'o&#249; il &#233;tait. Juste une tignasse blonde emm&#234;l&#233;e, rendue presque blanche &#224; cause du soleil pos&#233; dessus. Puis il avait d&#251; s'endormir pour &#234;tre r&#233;veill&#233; quelques heures plus tard par la voix du chauffeur incitant les passagers &#224; descendre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Olaf &#233;tait entr&#233; dans le snack qui faisait face &#224; la gare routi&#232;re. Et la femme et le gamin l'avaient suivi. Il se demandait s'ils attendaient la m&#234;me correspondance. Olaf mangeait des &#339;ufs brouill&#233;s en buvant une bi&#232;re. Au bar, la rousse le regardait. Il voyait son reflet dans la vitre. Elle avait allum&#233; une cigarette et fumait, langoureuse. Les trois ventilateurs accroch&#233;s au plafond &#233;taient des guerriers vaincus qui sacrifiaient leurs derni&#232;res forces contre la canicule. La chemise d'Olaf lui collait &#224; la peau. Il regarda par automatisme dans son sac si son n&#233;cessaire de toilette y &#233;tait toujours. Alors qu'il demandait un caf&#233; &#224; la serveuse, une jeune femme aux jambes d&#233;j&#224; gonfl&#233;es de varices, la fille aux cheveux rouges lui sourit. Elle esp&#233;rait peut-&#234;tre qu'il lui offre un verre ou l'invite &#224; sa table. Il n'&#233;tait pas int&#233;ress&#233;. Pas plus qu'il ne l'&#233;tait par la m&#232;re et l'enfant. Quelques mois plus t&#244;t, il aurait tent&#233; d'emmener la rousse &#224; l'h&#244;tel. Ou choisi de faire la route avec la m&#232;re et le gamin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les trois ventilateurs capturaient les minutes les unes apr&#232;s les autres, pendant qu'il lapait un caf&#233; fadasse, les yeux pos&#233;s sur le soleil qui descendait vers l'ouest. Il essaierait de dormir le plus possible dans le car de nuit et quand les portes &#224; soufflets le lib&#233;reraient au petit matin, il aimait &#224; s'imaginer que ce serait devant l'oc&#233;an. Il ne savait pas pourquoi il avait pris des v&#234;tements de rechange. Il retirerait ses chaussures et ses chaussettes, et marcherait jusqu'&#224; la mer. Il sentirait l'eau fra&#238;che recouvrir ses orteils et monter sur ses chevilles. Il continuerait &#224; avancer lentement jusqu'&#224; sentir l'eau lui enserrer la poitrine, la compresser. Puis il marcherait encore et ses yeux se rempliraient d'eau. C'est l&#224; que son cancer commencerait &#224; perdre pied. Mais Olaf ne l&#226;cherait pas. Il s'enfoncerait aussi loin qu'il le pourrait dans l'oc&#233;an. &lt;i&gt;Stade terminal&lt;/i&gt; lui avait dit le m&#233;decin. &lt;i&gt;Profitez des derni&#232;res semaines ! &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'avait pas l'intention de laisser la maladie gagner. Le boxeur amateur qu'il avait &#233;t&#233; savait qu'il fallait rendre les coups et il entra&#238;nerait ce maudit crabe au royaume de Dieu avec lui. &lt;br class='autobr' /&gt;
Olaf chassa la mort d'un revers de main comme une mouche invisible qui lui aurait tourn&#233; autour. Il fit un signe de t&#234;te &#224; la serveuse pour r&#233;clamer du caf&#233;. La rousse &#233;tait sortie comme elle &#233;tait entr&#233;e, sans qu'il s'en aper&#231;oive. Un homme rond taquin&#233; par un d&#233;but de calvitie poussa la porte du snack. Il portait un jean et un tee-shirt passe-partout. Le gamin blond sauta de la banquette et courut vers lui pour lui sauter dans les bras en criant &lt;i&gt;Papa&lt;/i&gt; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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