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		<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title>La main coup&#233;e</title>
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		<dc:date>2017-04-03T13:18:34Z</dc:date>
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		<dc:creator>Isabelle Verneuil</dc:creator>



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&lt;p&gt;Ma tr&#232;s ch&#232;re amie, Je t'&#233;cris en ce jour &#233;clatant de printemps car figure-toi, j'ai r&#234;v&#233; de toi cette nuit. C'&#233;tait un r&#234;ve &#233;trange et familier comme le sont parfois les r&#234;ves. C'&#233;tait la suite d'une vieille conversation que nous avions eue un autre jour de printemps. Mais il y a bien longtemps. Nous &#233;tions deux jeunes filles peut-&#234;tre encore en bouton, pas encore deux dames un peu fan&#233;es qui voient venir les mauvais jours mais tiennent dignement leur rang, fi&#232;res d'avoir donn&#233; de beaux fruits, avec juste un (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/" rel="directory"&gt;Nouvelles &#224; lire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton666.jpg?1491219468' width='107' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_254 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/jpg/2017-lamaincoupeequalite5.jpg?1491219479' width='500' height='707' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-254 spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Illustration : Corine Sylvia Congiu - 2017
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Ma tr&#232;s ch&#232;re amie,&lt;br class='autobr' /&gt;
Je t'&#233;cris en ce jour &#233;clatant de printemps car figure-toi, j'ai r&#234;v&#233; de toi cette nuit. C'&#233;tait un r&#234;ve &#233;trange et familier comme le sont parfois les r&#234;ves. C'&#233;tait la suite d'une vieille conversation que nous avions eue un autre jour de printemps. Mais il y a bien longtemps. Nous &#233;tions deux jeunes filles peut-&#234;tre encore en bouton, pas encore deux dames un peu fan&#233;es qui voient venir les mauvais jours mais tiennent dignement leur rang, fi&#232;res d'avoir donn&#233; de beaux fruits, avec juste un peu d'amertume pour l'ingratitude de la vie. Tu t'en souviens je le sais, ce sont de beaux moments d'insouciance o&#249; la vie s'&#233;tale &#224; l'infini devant les yeux de l'esprit. Nos promenades. Nous fl&#226;nions dans la ville douce o&#249; nous faisions ensemble nos &#233;tudes et o&#249; nous refaisions le monde &#224; venir, c'&#233;tait notre plaisir, pas si fr&#233;quent car nous travaillions dur mais toujours partag&#233; avec bonheur. Je te faisais remarquer les heurtoirs sur les portes, tu attirais mon attention sur les envols de pigeons derri&#232;re les monuments noircis. Garde en t&#234;te ces balades et &#233;coute. Je vais te raconter une histoire que tu ne connais pas. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;tais jeune en ce temps-l&#224;, tr&#232;s jeune, cinq ans, six peut-&#234;tre, c'est mon p&#232;re qui m'&#233;levait. Comme tu le sais, maman est morte quand j'&#233;tais toute petite, je n'en ai pas de souvenir. Mon p&#232;re &#233;tait un homme juste et dur, peu enclin &#224; la tendresse, peu bavard mais avec des yeux profonds et une &#226;me hors du commun. Enfin, tu sais bien tout cela puisque tu l'as un peu connu... et surtout puisque tu m'as entendue maintes fois te parler de cet homme qui a marqu&#233; ma vie. Plus que de raison, disais-tu d'ailleurs, parfois avec une pointe d'admiration. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une jeune &#233;tudiante venait me donner des cours &#224; domicile. Mon p&#232;re &#233;tait un notable dans cette ville de province o&#249; j'ai pass&#233; mon enfance, il avait beaucoup voyag&#233; du temps o&#249; il &#233;tait ambassadeur et il voulait me donner l'&#233;ducation la plus compl&#232;te mais aussi la plus agr&#233;able. Il croyait beaucoup &#224; l'&#233;ducation comme moyen, disait-il, de s'&#233;lever ou de se maintenir &#224; flot dans la soci&#233;t&#233; mais surtout comme r&#233;v&#233;lateur de la valeur unique et profonde de chacun. L'&#233;ducation, pensait-il, permet de d&#233;velopper les potentialit&#233;s que les g&#232;nes ont laiss&#233;es dans notre ADN. Je ne sais pas comment vivait cette jeune &#233;tudiante &#233;trang&#232;re, je ne crois pas qu'il s'&#233;tait pos&#233; la question. Elle venait surveiller mes devoirs, me faire parler un peu l'anglais. Sa langue &#224; elle avait peu d'importance &#224; mes yeux. Comme d'ailleurs &#224; ceux de mon p&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un jour, je l'ai surprise &#224; voler. Elle avait expertement retir&#233; quelques billets de la liasse qui se trouvait dans le portefeuille que mon p&#232;re avait laiss&#233; tra&#238;ner. Elle ne savait pas que je l'avais vue. Je te l'ai dit, j'&#233;tais gamine. Intransigeante et sans piti&#233;. Je crois aussi que je vivais dans un monde de mythes et non de r&#233;alit&#233;s. Mon p&#232;re &#233;tait aimant mais lointain, je n'avais pas de m&#232;re pour me confronter &#224; la trivialit&#233; journali&#232;re des choses, si tu vois ce que je veux dire. Je vivais dans un livre et non dans le monde r&#233;el. La jeune Russe me racontait des l&#233;gendes de son pays o&#249; il &#233;tait question de Baba Yaga la cruelle et de l'oiseau de feu mais elle me lisait aussi les contes des Mille et une Nuits, les contes persans et autres chinoiseries. J'aimais bien Galya. Le soir, mon p&#232;re me parlait de mythologie grecque. J'habitais peut-&#234;tre dans ce monde cruel et implacable. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Indiens, je veux dire les Indiens d'Inde, coupent la main qui a vol&#233;, m'avait dit Galya. J'allai donc voir mon p&#232;re. Je lui racontai ce que j'avais vu. Et je r&#233;clamai le juste ch&#226;timent pour Galya. &#171; Tu ne trouves pas que c'est trop s&#233;v&#232;re ? me demanda mon p&#232;re tr&#232;s s&#233;rieusement. Apr&#232;s tout, elle n'a vol&#233; qu'une fois &#224; notre connaissance et c'&#233;tait une petite somme, ne pouvons-nous pas lui donner une autre chance ? &#187; Je fus inflexible. Mon p&#232;re me fit remarquer qu'une fois coup&#233;e, une main ne repoussait pas. Galya aurait donc pour toujours un bras sans main. Je reconnus que c'&#233;tait dur pour elle mais il n'y avait pas d'autre solution. Cependant, on pouvait d&#233;cider de lui prendre la main gauche. Elle &#233;tait moins utile que l'autre. De cette fa&#231;on, Galya pourrait continuer &#224; m'apprendre &#224; &#233;crire. Elle avait une tr&#232;s jolie &#233;criture et j'adorais &#233;crire. Mon p&#232;re hocha la t&#234;te d'un air s&#233;v&#232;re puis il m'envoya me coucher.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lendemain, j'entendis sonner &#224; la porte. Mon p&#232;re alla ouvrir de son pas pesant et lent. Je me cachai en haut de l'escalier (mon p&#232;re semblait toujours avoir les yeux derri&#232;re la t&#234;te et savoir ce que je manigan&#231;ais ou ce que je pensais). Il parla d'une voix tr&#232;s forte, lui qui avait plut&#244;t une voix un peu voil&#233;e, pr&#233;cise et douce. Je me penchai sur l'escalier pour voir &#224; qui il s'adressait. C'&#233;tait Galya, elle avait l'air triste, elle avait mis son grand fichu sur sa t&#234;te mais c'&#233;tait le noir. J'aimais mieux celui qui avait plein de couleurs. On aurait dit qu'elle avait pleur&#233;, ses yeux &#233;taient rouges. Mais j'&#233;tais loin, peut-&#234;tre ai-je invent&#233; les yeux marqu&#233;s... Dans un geste timide, la jeune fille tendit un petit paquet &#224; mon p&#232;re. Elle le tenait avec pr&#233;caution comme quelque chose de pr&#233;cieux. De m&#234;me, il ouvrit le paquet avec beaucoup de soin. Lentement et avec respect. Sur le papier ouvert, c'est alors que je l'aper&#231;us. C'&#233;tait la main de Galya. Fine et petite. Sa couleur blafarde, presque verte, me fit peur. Je ne voyais pas tr&#232;s bien, de l&#224; o&#249; j'&#233;tais &#224; l'&#233;tage. La main &#233;tait &#233;trange, elle ressemblait &#224; un objet et pourtant c'&#233;tait comme si elle allait faire un geste. J'aper&#231;us la bague en verroterie orange que la jeune fille portait &#224; son annulaire et cela me sembla horrible que la bague soit rest&#233;e sur la main. On n'avait pas parl&#233; de la bague. Galya aurait pu la garder. Mais apr&#232;s tout, peut-&#234;tre que la bague appartenait &#224; la main et non &#224; Galya... Auquel cas, il &#233;tait bien normal que la main la garde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me suis sentie lourde tout &#224; coup. La responsabilit&#233; des choses est tomb&#233;e sur mes cinq ans. C'&#233;tait une le&#231;on terrible. La vie. Je ne sais plus ce que j'ai fait apr&#232;s. Ce jour-l&#224; ou les suivants. Je sais que lorsque Galya est venue me donner mon cours, sa main gauche &#233;tait dans un pansement. Je d&#233;tournai s&#251;rement la t&#234;te, peut-&#234;tre m&#234;me pleurai-je, je ne sais pas. Galya ne dit rien, elle fit son cours comme d'habitude, douce et enjou&#233;e, tendre et lointaine. C'&#233;tait il y a longtemps, mon souvenir est transparent et flou. Je ne sais pas si cette situation a dur&#233;. J'ai la vague impression d'un malaise qui grandissait. Un nuage qui noircissait et envahissait le ciel de ma conscience. &#192; cette p&#233;riode j'ai commenc&#233; &#224; avoir des probl&#232;mes de sommeil, des cauchemars, des insomnies ou m&#234;me des terreurs nocturnes. C'est l'&#226;ge, para&#238;t-il. Je ne me souviens pas de l'attitude de mon p&#232;re non plus. Il ne c&#233;dait pas facilement. Peut-&#234;tre ne c&#233;dait-il jamais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me rappelle un jour o&#249; je sautais &#224; la corde. &#171; Tu sautes &#224; la corde toute la sainte journ&#233;e ! &#187; me disait Galya. Je pense qu'en sautant et en essayant de tenir de plus en plus longtemps sans m'arr&#234;ter, je m'envolais un peu, je retrouvais de la l&#233;g&#232;ret&#233; que j'avais perdue en route sans comprendre comment. Ce jour-l&#224;, tr&#232;s spontan&#233;ment, j'ai propos&#233; &#224; Galya de prendre la corde &#224; sauter et de voir combien de sauts elle pouvait faire. Elle ne m'a rien r&#233;pondu, elle a avanc&#233; juste un tout petit peu son bras gauche envelopp&#233; d'un ch&#226;le. Je me suis alors assise par terre et je me suis mise &#224; pleurer. Je crois que c'est la charni&#232;re de ma vie, ce moment-l&#224;. Tu sais, la vie qui se tourne comme une page. La porte se referme et le paysage est nouveau. J'avais honte, j'&#233;tais malheureuse. Je me suis excus&#233;e en pleurant comme Cendrillon qui ne peut pas aller au bal. Le c&#339;ur bris&#233;. Sauf qu'il ne s'agissait pas d'aller au bal. Et je n'&#233;tais pas la victime. &lt;br class='autobr' /&gt;
Galya a alors doucement soulev&#233; mon menton de sa main droite. J'&#233;tais dans mon cyclone personnel, tout &#224; coup je comprenais l'&#233;normit&#233; de ma faute. Elle m'&#233;touffait, cette cruaut&#233; que je mesurais pour la premi&#232;re fois. J'&#233;tais perdue dans ma douleur, repli&#233;e sur moi-m&#234;me, &#233;go&#239;ste jusque dans mon remords. Sa voix a mis du temps &#224; percer ma temp&#234;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Enfin, disait-elle, j'ai cru que jamais &#231;a ne viendrait. Je n'en pouvais plus, moi ! Regarde-moi... J'ai quelque chose &#224; te dire. &#187; Finalement je l'ai regard&#233;e au milieu du brouillard. J'ai retenu mon souffle. Galya commen&#231;ait &#224; d&#233;mailloter son bras avec pr&#233;caution. Elle a enlev&#233; le ch&#226;le color&#233;, il y avait un pansement dessous. Elle a enroul&#233; doucement le pansement. Je tremblais comme feuille au vent. Je ne voulais pas regarder. Sous le pansement est apparu un autre tissu. Je ne pouvais d&#233;tourner mon regard. Hypnotis&#233;e. Je m'attendais presque &#224; voir sortir l'&#339;uf du secret de la vie, cach&#233; comme dans les poup&#233;es gigognes dans un objet ou dans un &#234;tre vivant lui-m&#234;me dissimul&#233; dans un autre... Tout cela pour ne pas penser &#224; ce que j'allais voir. La cicatrice, le moignon, la plaie encore peut-&#234;tre, mon esprit se cabrait. Ma curiosit&#233; m'effrayait et redoublait mon sentiment de culpabilit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est alors que je l'ai vue. J'ai mis un moment avant de comprendre. Sa main &#233;tait petite, toute fine. Elle portait une petite bague sans valeur, une verroterie ordinaire qui &#233;tincelait de ses feux orang&#233;s. Elle a attrap&#233; mes mains dans les siennes et j'ai tressailli. Comme si un fant&#244;me me touchait. Elle m'a entra&#238;n&#233;e sans un mot vers le bureau de mon p&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Eh bien, il t'en a fallu du temps &#187; dit-il simplement en nous entendant entrer. Il n'avait pas lev&#233; le nez de son travail. Je pleurai, je m'excusai sans savoir vraiment ce que je disais. Je ne voyais pas les murs couverts de cartes du monde, les rayonnages croulant sous le poids des livres. Je ne savais plus o&#249; j'&#233;tais. Il sortit du tiroir de son bureau un paquet qu'il ouvrit devant moi et de nouveau elle &#233;tait l&#224;. La main coup&#233;e, avec sa bague orang&#233;e, fine et tr&#232;s froide quand il me la mit dans les mains. Galya expliqua alors qu'elle ne reviendrait plus. Cette histoire avait &#233;t&#233; trop difficile &#224; vivre pour elle, elle avait &#233;t&#233; trop malheureuse de tout cela. Maintenant, la le&#231;on &#233;tait termin&#233;e, elle s'en allait. Je ne l'ai jamais revue. Au soulagement avait succ&#233;d&#233; pour moi un vrai chagrin. Je d&#233;couvrais que j'aimais Galya et que son d&#233;part serait un d&#233;chirement. Que je l'aie m&#233;rit&#233; n'att&#233;nuait en rien ma douleur. Au contraire peut-&#234;tre. Galya avait siffl&#233; son mortier magique, elle avait effac&#233; ses traces avec son balai et elle &#233;tait partie. Sauf que Galya n'&#233;tait pas la m&#233;chante de l'histoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon p&#232;re installa le heurtoir sur notre porte. Chaque jour en entrant dans la maison, la main de Galya me rappelait ma le&#231;on d'humanit&#233;. Compassion et souffrance, ch&#226;timent et remords, la fine main de m&#233;tal cognait silencieusement dans ma t&#234;te pour y graver la le&#231;on. Quand nous avions des visites (elles &#233;taient rares, mon p&#232;re n'engagea pas d'autre &#233;tudiante et il avait peu d'amis), je me bouchais les oreilles pour ne pas entendre la voix de Galya qui grondait comme un reproche dans une langue inconnue. C'&#233;tait peut-&#234;tre du russe...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, dans mon r&#234;ve, nous marchions ensemble dans les rues de notre ville d'&#233;tudiantes. Il faisait doux et nous riions beaucoup. Puis je te racontais cette histoire et tu devenais tr&#232;s silencieuse...&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu te souviens bien des mains coup&#233;es, non ? Elles me fascinaient, je les trouvais &#233;l&#233;gantes et rac&#233;es. Elles t'horrifiaient, tu les disais malsaines, visions d'horreur et de violence. C'est &#233;trange, non ? C'est moi qui aurais d&#251; les trouver abominables et pleines de cruaut&#233;. Je ne m'explique pas ce myst&#232;re. Tu dois &#234;tre horrifi&#233;e et bless&#233;e aussi que je ne t'aie pas parl&#233; de cette histoire et que j'aie os&#233; discourir si l&#233;g&#232;rement mais avec tant d'insistance sur ces heurtoirs si nombreux dans notre ville et que je ne manquais jamais de te faire remarquer. Tu dois penser que j'aurais d&#251; m'en d&#233;tourner avec horreur ! Moi aussi ! Mais le fait est que j'avais compl&#232;tement oubli&#233; tout cet &#233;pisode si significatif de ma vie d'enfant. Tout m'est revenu l'autre jour quand, &#224; la mort de mon p&#232;re, j'ai tri&#233; les affaires dans son bureau et que j'y ai trouv&#233; une toute petite main coup&#233;e, un clip qui servait &#224; retenir des papiers auxquels manifestement mon p&#232;re tenait. Il n'habitait plus depuis longtemps dans la grande maison de mon enfance, je ne sais pas ce qu'&#233;tait devenue la main de Galya, elle &#233;tait certainement rest&#233;e sur la porte o&#249; elle avait trouv&#233; sa place. Mais mon p&#232;re avait tenu &#224; se souvenir de l'&#233;pisode &#224; sa fa&#231;on. Il ne m'en a jamais reparl&#233; pourtant. Comment expliques-tu, non la fascination que j'ai toujours &#233;prouv&#233;e pour les mains, cela me semble assez naturel, mais plut&#244;t l'affection que je leur ai gard&#233;e ? Par quelle tricherie de la m&#233;moire un &#233;pisode aussi horrible a-t-il pu se transformer en impression positive ? Non, d&#233;cid&#233;ment, Galya n'&#233;tait pas Baba Yaga...&lt;br class='autobr' /&gt;
Crois-tu qu'elle m'a pardonn&#233;, Galya ? Et toi, me pardonneras-tu d'avoir &#233;t&#233; une petite fille cruelle et de l'avoir oubli&#233; ? Tu es douce et compr&#233;hensive, tu es bonne, tu es mon amie. Je crois et j'esp&#232;re que tu vas me pardonner. M&#234;me que, s'il le fallait, j'en mettrais ma main &#224; couper.... Au pire, cela me ferait un beau heurtoir de porte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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