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		<title>Ailleurs</title>
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		<dc:date>2017-06-04T11:58:58Z</dc:date>
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		<dc:creator>Nicolas Adam</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les bombes pleuvent sur la ville, leurs sifflements s'accentuent, perforent mes tympans. L'absurdit&#233; d'une poign&#233;e de dirigeants bureaucrates a suffi &#224; d&#233;clencher l'apocalypse. L'horreur humaine n'aura &#233;pargn&#233; aucun d'entre nous, je me dis, vivant ou mort. Recroquevill&#233; dans le caniveau, je crache du sang, suffoque. Une nouvelle salve d'explosions d&#233;chire les t&#233;n&#232;bres. La m&#234;me qui a enseveli Lina. Onde de choc, de peur. Dernier damn&#233; du secteur encore &#034;debout&#034;, je tra&#238;ne ma carcasse mutil&#233;e &#224; l'int&#233;rieur d'un (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/" rel="directory"&gt;Nouvelles &#224; lire&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_256 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/jpg/ailleurs_2.jpg?1496577286' width='500' height='364' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-256 spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Illustration : Corine Sylvia Congiu - 2017
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt; Les bombes pleuvent sur la ville, leurs sifflements s'accentuent, perforent mes tympans. L'absurdit&#233; d'une poign&#233;e de dirigeants bureaucrates a suffi &#224; d&#233;clencher l'apocalypse. L'horreur humaine n'aura &#233;pargn&#233; aucun d'entre nous, je me dis, vivant ou mort. Recroquevill&#233; dans le caniveau, je crache du sang, suffoque. Une nouvelle salve d'explosions d&#233;chire les t&#233;n&#232;bres. La m&#234;me qui a enseveli Lina. Onde de choc, de peur. Dernier damn&#233; du secteur encore &#034;debout&#034;, je tra&#238;ne ma carcasse mutil&#233;e &#224; l'int&#233;rieur d'un box abandonn&#233;, &#224; l'abri des &#233;clats de d&#233;bris. Le souffle des morts ne cesse de m'alerter. Au dehors, magnifiques sont les z&#233;brures &#233;carlates du chaos. Je m'&#233;teins doucement, engourdi, me laisse aller &#224; partir, r&#234;vasser une derni&#232;re fois...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans une vie lointaine, je galoperais sur les hauts plateaux pulv&#233;rulents de l'extr&#233;mit&#233; du monde, cramponn&#233; &#224; un mustang sauvage noir royal, olympien, ses fanons denses et l&#233;gers comme des &#233;coulements d'encre sur les plaines. &#192; m&#234;me l'animal, empoignant sa crini&#232;re de nuit, je rallierais mon territoire apr&#232;s des heures &#224; traverser les grands espaces &#224; la vitesse d'une chevrotine. Je sauterais sur la terre ferme, caresserais le chanfrein de mon cheval qui s'&#233;brouerait, et tournant la t&#234;te vers le campement, j'apercevrais Lina tenant un seau d'&#233;tain &#224; la main. Sa superbe chevelure ch&#226;tain ondoierait jusqu'au bas de ses fesses. Habill&#233;e d'une courte robe ocre attach&#233;e &#224; son &#233;paule gauche d'un double n&#339;ud, dos nu, poitrine saillante, je fantasmerais devant ses jambes lisses baign&#233;es de soleil et les contours sensuels de ses cuisses. Ses petits pieds seraient chauss&#233;s de sandales &#224; lani&#232;res crois&#233;es, li&#233;es au-dessus des chevilles.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous aurions pour toit de simples baraquements v&#233;tustes situ&#233;s &#224; la pointe du plateau. Une barri&#232;re de conif&#232;res ombragerait nos abris, &#233;tirant sa fourrure noire vers l'est. Puis la roche, le pr&#233;cipice, l'explosion n&#233;buleuse des d&#233;ferlantes. La ligne br&#251;l&#233;e de l'horizon cuivrerait le linceul bleu des grands fonds. &lt;br class='autobr' /&gt; Il y aurait parmi nous des Indiens d'Am&#233;rique aux visages marqu&#233;s d'histoire. Des personnages aux coutumes magiques, aux croyances imp&#233;n&#233;trables, &#224; la beaut&#233; &#233;minente. Anciennement d&#233;sh&#233;rit&#233;s de leur ind&#233;pendance et de leurs terres, d&#233;cim&#233;s par la race blanche, diss&#233;min&#233;s dans des r&#233;serves, oubli&#233;s par les &#233;tats et les contemporains depuis des si&#232;cles. Et il y aurait des gens du voyage, &#224; contre-courant des sentiers battus, ayant d&#233;fi&#233; les autorit&#233;s, franchi toutes les routes du globe, les clairi&#232;res les plus recul&#233;es, et brav&#233; les saisons capricieuses. Quelquefois, des hommes perdus, &#226;mes vagabondes et indompt&#233;es, feraient halte et nous conteraient leurs p&#233;riples, leur philosophie marginale avant de regagner les chemins sans fronti&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt; Le climat serait rude, aride, mais nous endurcirait et la proximit&#233; du remous oc&#233;anique humidifierait le brassage bouillant de l'air. Il y aurait des fins d'apr&#232;s-midi lourdes, lourdes comme dans un chaudron. L'aspiration cascad&#233;e de l'&#233;ther ne serait que br&#251;lures. Le ciel se briserait, s'effondrerait en une pluie titanesque qui lustrerait la cro&#251;te vieillie de la plan&#232;te. Camp&#233; &#224; la cime d'une vertigineuse falaise de corail rose, je contemplerais l'&#233;moi de l'oc&#233;an, la gr&#226;ce des embruns, les larmes des dieux torturant les reliefs.&lt;br class='autobr' /&gt; Je porterais inlassablement un jean bleu clair &#233;lim&#233; et une large ceinture noire &#224; grosse boucle d'acier, de vieilles baskets trou&#233;es confortables, un banal t-shirt blanc effrang&#233; et, par ces jours de tr&#232;s forte chaleur, un bandana rouge nou&#233; &#224; la t&#234;te.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous vivrions de p&#234;che, de chasse et de la culture de l&#233;gumes. Un r&#233;cup&#233;rateur d'eau nous permettrait d'emmagasiner quelques m&#232;tres cube des violentes pr&#233;cipitations. Une source d'eau douce ruissellerait d'un amoncellement de rocs suivant un lit de caillasses et de pierres &#224; travers la barri&#232;re de pins. Un Indien patriarche mutique aux rides sinueuses, &#224; la tignasse nacr&#233;e, &#224; l'iris sombre comme l'orage m'apprendrait &#224; vider le poisson, d&#233;pouiller le gibier, conserver la viande, tanner les peaux. Nous ferions s&#233;cher des filets de bar sur de larges galets plats chauff&#233;s &#224; la force de l'&#233;toile jaune. &lt;br class='autobr' /&gt; Certains soirs, alors que nous veillerions autour d'un tronc d'arbre en flammes &#224; relater des histoires d'avant, deux braises rougeoyantes scintilleraient au fond de la nuit. &#192; pattes de velours, un coyote au pelage cannelle s'approcherait, fixant son attention sur moi, soutenant mon regard sans rel&#226;che. Un regard primitif, puissant, un regard solennel scellant un pacte. Et quand il rebrousserait chemin dans l'obscurit&#233; &#233;toil&#233;e, il m'arriverait de me ruer imp&#233;tueusement &#224; sa poursuite, le pourchassant ventre &#224; terre. Je l'observerais chasser des jours entiers, courant sur ses traces, mordant la s&#233;cheresse, jonchant les sols calcaires, cavalant sur les immensit&#233;s d&#233;sertes. Je d&#233;velopperais sa vue de pr&#233;dateur, son flair, son ou&#239;e, son agilit&#233;... son instinct. Je percevrais ses proies, anticiperais ses intentions, ses d&#233;placements. Je serais plus proche de la b&#234;te que de l'homme, dormant dans la poussi&#232;re, ne me nourrissant que de pauvres restes de racines, de larves, m'abreuvant de l'eau des sources rar&#233;fi&#233;es. Le soleil m&#233;ridien assommerait tout organisme, les vautours charognards guigneraient une possible chute. &#201;puis&#233;, je reviendrais aupr&#232;s de Lina, d&#233;shydrat&#233;, rachitique, des ampoules plein les pieds, le feu sous la peau, les l&#232;vres &#224; vif, gerc&#233;es &#224; sang, ongles noircis et cheveux cireux, le t-shirt jaun&#226;tre, souill&#233; de transpiration et semant une rance odeur de chien malade. Couch&#233; sur des peaux d'&#233;lan, je resterais immobilis&#233; un temps pr&#232;s du campement, dans la fra&#238;cheur de cavit&#233;s rocheuses, aux bons soins de Lina qui me revitaliserait. La douceur de ses doigts, l'&#233;lixir de plaisir coulant de ses l&#232;vres chaudes r&#233;g&#233;n&#232;rerait mon corps meurtri. Remis en &#233;tat, nous ferions l'amour. Les ombres myst&#233;rieuses du feu guinchant sur les parois de la grotte nous souffleraient des lyrismes d'&#233;ternit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Les nuits de pleine lune, Lina et moi grimperions aux branches r&#226;bl&#233;es d'un illustre arbre d&#233;garni, enracin&#233; aux confins du plateau et des flots orageux du prodige bleu marine. Ses branches polies, contorsionn&#233;es, d&#233;gageraient une ti&#233;deur contagieuse. Ses racines toucheraient la nappe phr&#233;atique, chemineraient sous la pierre, se prolongeraient dans l'&#233;corce comme les galeries d'une mine. Sa s&#232;ve serait une gu&#233;rison. Son bois chaleureux &#233;pouserait nos corps &#233;tendus. Nous regarderions la m&#233;lancolie de l'univers, les miettes de palladium &#233;parpill&#233;es par millions, ces fl&#232;ches blanches d&#233;coch&#233;es, le gouffre turquoise, le rivage ronflant, les ballets ivres de phal&#232;nes nocturnes. L'oc&#233;an brasillerait le fleuve ros&#233; de la voie lact&#233;e. Les ailes silencieuses d'un d&#233;mon envoy&#233; des cieux assoupiraient la nuit fredonnante. Un aigle &#224; la silhouette noire, majestueuse, planerait et friserait les bulles d'&#233;cume avant de remonter le plaid stellaire. Nous nous endormirions dans les bras protecteurs de l'arbre l&#233;gendaire.&lt;br class='autobr' /&gt; Un de ces jours fi&#233;vreux, de retour d'une course interminable &#224; pister le coyote sur des lieux de terre s&#232;che, &#233;cras&#233; par la canicule, la sueur d&#233;gouttant de mon menton, Lina, au loin, illuminerait mes pupilles. Secouant son bras lev&#233; au ciel, mon bandana rouge fr&#233;mirait entre ses doigts. Pavillon de l'absolue libert&#233;. &#192; la lisi&#232;re du plateau, &#224; quelques coud&#233;es de l'&#233;rosion rocheuse, dos &#224; la lumi&#232;re d&#233;clinante, ses immenses cheveux au vent s'agiteraient, se d&#233;battraient, fileraient vers l'horizon. Sa robe de chiffon s'affolerait au milieu des brasiers d'un monde que nous aurions sauv&#233;. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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