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	<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title> &#192; VENDRE</title>
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		<dc:creator>Bernard Bobin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il en &#233;tait s&#251;r. Sa coquille serait &#224; vendre avant m&#234;me d'&#234;tre vide. Sous son casque protecteur de cycliste, en rentrant d'une de ses randonn&#233;es coutumi&#232;res, il croyait voir son balcon sur la rue en t&#233;moigner. &lt;br class='autobr' /&gt; L'hiver (son hiver) avant la fin de l'automne. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; VENDRE &lt;br class='autobr' /&gt; Il avait tout anticip&#233;, tout compris, tout souffert, bien compris. &lt;br class='autobr' /&gt; Ils passaient, r&#233;guli&#232;rement, &#224; tour de r&#244;le, en duos ou par trois, en trio ou par quatre selon des disponibilit&#233;s chor&#233;graphiques erratiques. Il entendait toujours (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/" rel="directory"&gt;Nouvelles &#224; lire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton813.jpg?1527833200' width='150' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_291 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/jpg/a_vendre_-_mars_2018.jpg?1527833210' width='500' height='500' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il en &#233;tait s&#251;r. Sa coquille serait &#224; vendre avant m&#234;me d'&#234;tre vide. Sous son casque protecteur de cycliste, en rentrant d'une de ses randonn&#233;es coutumi&#232;res, il croyait voir son balcon sur la rue en t&#233;moigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'hiver (son hiver) avant la fin de l'automne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt; &#192; VENDRE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;	Il avait tout anticip&#233;, tout compris, tout souffert, bien compris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ils passaient, r&#233;guli&#232;rement, &#224; tour de r&#244;le, en duos ou par trois, en trio ou par quatre selon des disponibilit&#233;s chor&#233;graphiques erratiques.&lt;br class='autobr' /&gt; Il entendait toujours leurs pas conqu&#233;rants heurter sinon choquer les vieilles marches de bois. Il s'attendait &#224; entendre et entendait la clef tourner dans la serrure de son appartement. Il les entendait entrer sans frapper et sans vergogne dans l'appartement vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Discussions anim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Franchement, ils l'amusaient. Ils l'amusaient mais ils abusaient sans le savoir. Ils abusaient sans m&#234;me le pouvoir&#8230; Et ce n'&#233;tait pas toujours dr&#244;le et quelque peu cynique de penser les entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#171; Fallait&#8230;, fallait tout nettoyer et vite, repeindre les murs&#8230; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Repeindre les murs ? Allez, allez ! C'&#233;tait pas sale&#8230; mais ce serait plus net. Mais on va y perdre&#8230; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Pas la peine de repeindre, de tout reprendre, le quartier est top&#8230; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; Lui au moins, son fr&#232;re, en &#233;tait certain. C'&#233;tait une histoire de quinze jours au plus, m&#234;me d'une semaine&#8230; d'un jour&#8230; &#192; la premi&#232;re visite&#8230; pourquoi pas ?&lt;br class='autobr' /&gt; Moue dubitative d'une grande et s&#232;che brune, sa s&#339;ur.&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Pas trop loin du centre ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Non ! Franchement ! &#8230; &#224; c&#244;t&#233; du tram, des commerces&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais non&#8230; mais si, entonnait le ch&#339;ur des sans c&#339;ur. &lt;br class='autobr' /&gt; En tout cas il fallait faire vite. C'&#233;tait bon &#224; prendre sans tra&#238;ner. On ne gagne pas un jackpot tous les jours. Il n'aurait jamais voulu &#231;a mais tant pis. &lt;br class='autobr' /&gt; La grande et s&#232;che brune disait qu'il ne m&#233;ritait sans doute pas &#231;a. C'&#233;tait comme le jeter aux oubliettes. &lt;br class='autobr' /&gt; Et alors, et alors&#8230; allait sans doute corner le cousin germain, il avait pass&#233; sa vie &#224; oublier les autres, non ? Les intellos &#231;a pense sans d&#233;penser ou &#231;a d&#233;pense sans savoir comment panser !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il les avait distinctement vus passer et repasser, infiniment pesants, infiniment pr&#233;sents. Il avait cru sentir leurs pinceaux lui effleurer la joue comme la caresse d'un blaireau au rasage. Sa peau sentait la peinture fra&#238;che, la peinture blanche, uniforme, sur le visage d'un clown. Un seau d'apprenti pl&#226;trier lui cognait la jambe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est s&#251;r qu'il avait besoin d'un bon rafra&#238;chissement, d'une remise au go&#251;t du jour. Mais on ne pouvait rien faire pour la salle de bains. Trop cher. Au mieux c'&#233;tait la douche froide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Quel monde d'aveugles aveugl&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il avait cru percevoir des sacs en plastique aux motifs gomm&#233;s recueillir sans tri chaussettes, slips, chapeaux et sa derni&#232;re casquette&#8230; sa derni&#232;re casquette&#8230; la t&#234;te, les pieds et le reste. Pantalons velours, vestes &#233;lim&#233;es, n&#339;uds de cravate et chemises, chemises et polo, polo et pulls et inventaire &#224; la Pr&#233;vert. Tout &#231;a &#233;valu&#233;, d&#233;valu&#233;, sur&#233;valu&#233;, pris&#233; et m&#233;pris&#233; comme un cale&#231;on de vieux us&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	De vieux rus&#233;. Il avait vraiment tout anticip&#233; puisqu'il s'&#233;tait pris dans le seul vrai jeu o&#249; qui gagne perd.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Bien s&#251;r qu'ils en avaient r&#234;v&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'&#233;tait petit son appartement et il passait son temps ailleurs. Il ne faisait que passer, que revoir sous son casque de cycliste, des horizons limpides ou tourment&#233;s sous des cieux aux nuages coutur&#233;s de g&#233;nie par le jeu du soleil. Il ne faisait que passer en apprenant &#224; lire sur une page de neige &#233;clatante les signes myst&#233;rieux que la vie y tra&#231;ait. &#201;ternelle &#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il &#233;tait bien petit son tout petit appartement mais il passait son temps ailleurs, d'h&#244;tel en h&#244;tel, en lointains voyages. Il d&#233;pensait sans compter. C'est s&#251;r qu'il avait de la r&#233;serve. Ce devait &#234;tre cach&#233;. Un gros tas. Sous le matelas ? &lt;br class='autobr' /&gt; Arr&#234;tez, vous l'avez dit c'&#233;tait un intello. Il avait d&#251; cogiter pour planquer tout &#231;a. Juste ce petit appartement, on a du mal &#224; le croire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Naufrage de l'imaginaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il les avait tant entendus ch&#233;rir et poursuivre leurs sottes investigations, presque en voyage comme lui mais &#224; leur mani&#232;re. Lui sans souci d'autre co&#251;t que celui de l'oubli. Il avait salu&#233; d'un sourire le voisin sur le balcon d'en face, &#244;t&#233; son casque, et p&#233;n&#233;tr&#233; dans le sombre couloir pour ranger son v&#233;lo.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;*****&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;	Les pompiers avaient inform&#233; sa s&#339;ur. Le voisin de l'autre c&#244;t&#233; de la rue avait signal&#233; un homme en slip, une chaussette au pied droit, parfaitement immobile depuis deux heures de temps, les pieds sur le balcon, la t&#234;te dans l'ombre du petit appartement&#8230; Ils n'avaient rien pu faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Eux non plus n'avaient rien pu faire qu'accepter de se soumettre &#224; cette loi et afficher au plus vite&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt; &#192; VENDRE
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.croq-immo.frac&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.croq-immo.frac&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/h3&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le Peintre</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Bobin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il s'&#233;tait assis devant son chevalet et avait remerci&#233; d'un geste. &lt;br class='autobr' /&gt;
***** &lt;br class='autobr' /&gt; Il voulait &#224; tout prix sublimer ce spectacle de nature. Comme toujours l'exotisme du site le faisait chavirer de plaisir, vibrer de d&#233;sir, du d&#233;sir de peindre cet au-del&#224; du sens, des sens. &lt;br class='autobr' /&gt; Il se saisit de la palette pos&#233;e sur le petit coffre &#224; sa gauche et entreprit de la recouvrir, de la nourrir de multiples couleurs avant d'interroger minutieusement les poils de ses brosses. Il allait privil&#233;gier ces trois-l&#224;. L'une pour (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton781.jpg?1517669916' width='150' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_270 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/jpg/le_peintre.jpg?1517669790' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-270 spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Illustration : Corine Sylvia Congiu - 2018
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;	Il s'&#233;tait assis devant son chevalet et avait remerci&#233; d'un geste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;*****&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;	Il voulait &#224; tout prix sublimer ce spectacle de nature. Comme toujours l'exotisme du site le faisait chavirer de plaisir, vibrer de d&#233;sir, du d&#233;sir de peindre cet au-del&#224; du sens, des sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il se saisit de la palette pos&#233;e sur le petit coffre &#224; sa gauche et entreprit de la recouvrir, de la nourrir de multiples couleurs avant d'interroger minutieusement les poils de ses brosses. Il allait privil&#233;gier ces trois-l&#224;. L'une pour adoucir, l'autre pour rectifier quelques aspects peu ou trop lisibles. La troisi&#232;me&#8230; la troisi&#232;me&#8230; parce qu'il faut toujours une troisi&#232;me&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;*****&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;	D'abord, il allait tout montrer, tout faire voir &#224; travers un d&#233;licat entrelacs de branches de cocotiers au premier plan. C'est comme cela qu'il sentait les choses. Pas de repr&#233;sentation sans une forme de filtre, c'est ainsi qu'il le voulait. Des taches saillantes, lumineuses, semblant s'extraire du tout, meublant le rien. C'est ainsi qu'il masquerait, en la r&#233;v&#233;lant par bribes, une bonne partie de la pente bois&#233;e qui ferait cascader ses cama&#239;eux de verts, p&#226;teux ou fluides, sous les jeux d'ombres et de soleil. Il ne faudrait pas exclure non plus la virgule de la chute d'eau, &#224; peine visible &#224; l'extr&#234;me gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Sur les hauteurs, &#224; l'horizon, coiffant les collines, il allait estomper le rouge des toits de tuiles, un rouge brique presque transform&#233; en chaume par la distance. Et, masse d&#233;vorante, occupant la partie droite du tableau, la partie lib&#233;r&#233;e des cocotiers, il insisterait pour que les bleus presque verd&#226;tres de l'eau viennent l&#233;cher en le fon&#231;ant le sable noir de la plage. &lt;br class='autobr' /&gt; En fait non, il lui fallait dorer un peu ce sable noir volcanique pour qu'il ne renforce pas trop la gamme sombre des cocotiers en contre-jour. Il se disait qu'il avait toujours aim&#233; peindre leurs chevelures bross&#233;es par les aliz&#233;s, des chevelures qu'il se voyait rendre, par petites touches, plus vivantes encore sur la toile. Autant d'&#233;ventails apportant leur fra&#238;cheur ombrageuse ou leur fougue orageuse &#224; l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;*****&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;	Le tableau se pr&#233;cisait. Il rajouta quelques nuages. Des nuages subtropicaux, de teinte anthracite ; mais ils risquaient d'assombrir encore un peu plus l'ensemble et d'en temp&#233;rer l'harmonie souhait&#233;e. Il prit le parti de les &#233;claircir et les z&#233;bra soigneusement, consciencieusement, de l&#233;zardes mordor&#233;es ou d'un gris sobre de souris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il s'effor&#231;a de saisir et d'imprimer avec hargne l'intrusion soudaine du voilier dans son champ de vision, s'attachant &#224; souligner la houache qui le poursuivait. Le rendu de la vie par la rythmique irr&#233;sistible mais coordonn&#233;e des mouvements du poignet. &lt;br class='autobr' /&gt; Un grand blond &#224; la barre faisait signe comme une invite &#224; saisir l'instant, &#224; se saisir de cette fugace pr&#233;sence humaine mais son tableau s'assombrit un peu plus avec cette coque goudronn&#233;e, n&#233;e d'un trait rageur. Il en fit &#233;merger, fort heureusement, un spi de couleur vive.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;*****&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;	Un jour, il lui faudrait faire un sort &#224; ces hommes et ces femmes en recherche perp&#233;tuelle de libert&#233; sur une onde qu'ils croyaient conquise. Il lui faudrait dessiner les traits de ces paisibles aventuriers, d&#233;chireurs d'espace et d'illusions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Un jour, pour tout achever, il lui faudrait r&#233;ussir son autoportrait, toujours rendu flou jusqu'ici par la houle, toujours rendu incisif par les vents, rendu attentif par les &#233;cueils alentour.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;*****&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;	Aujourd'hui, il ressentait et cherchait &#224; traduire une forme &#233;ruptive de violence dans ces flots r&#233;duits au silence par ses huiles et pourtant si bavards, si tumultueux.&lt;br class='autobr' /&gt; Sous ses brosses, l'anse perdait beaucoup de son &#233;meraude, et se chargeait de milliers d'&#233;chardes blanch&#226;tres. Toutes les nuances de blanc, de l'&#233;caille nacr&#233;e au glacier souill&#233;, se r&#233;pondaient sur la toile. In&#233;luctable anticipation d'un orage &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;*****&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;	Aujourd'hui, il &#233;tait bien loin de sa derni&#232;re tentative o&#249; il s'&#233;tait empar&#233; du m&#234;me site. &lt;br class='autobr' /&gt; Mais c'&#233;tait un autre jour, un autre soir m&#234;me. La pente qui descendait jusqu'&#224; la plage &#233;tait alors peupl&#233;e d'une myriade d'&#233;toiles humaines, autant de fen&#234;tres sur la vie, autant de falotes lueurs, qui s'effor&#231;aient de faire &#233;cho &#224; leurs lointaines et inaccessibles cousines dans le ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'&#233;tait une autre nuit, avec une mer brasill&#233;e de pleine lune, comme paillet&#233;e d'une multitude de flocons duveteux, d'&#233;tincelles dor&#233;s, chuchillant en mourant sur la plage. Le jeu subtil de la nature blanchissait les nuages dans l'obscurit&#233; dominante. En y repensant, il se souvint d'avoir rendu le souffle l&#233;ger du vent, ce souffle si l&#233;ger et pourtant rendu perceptible sous ses brosses ce soir-l&#224;. &lt;br class='autobr' /&gt; Il &#233;tait m&#234;me parvenu avec une impr&#233;visible et d&#233;concertante bri&#232;vet&#233; dans les gestes &#224; faire &#224; ce que l'obscurit&#233; du premier plan soit renfl&#233;e du chant si caract&#233;ristique des grenouilles sifflantes. Oui, il croyait &#234;tre presque parvenu &#224; sugg&#233;rer la gr&#226;ce de ce concerto en multipliant les couches et touches de couleurs jusqu'&#224; ce qu'on ne puisse les distinguer, jusqu'&#224; l'explosion, jusqu'&#224; l'imagination jamais atteinte d'un n&#233;ant inconnu.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;*****&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;	Mais on venait d&#233;j&#224; le chercher. Il n'avait pas vu le temps passer &#224; passer et repasser sans cesse sa toile dans la recherche d'une presque possible perfection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	On lui tendit sa canne blanche et il repartit, de sa d&#233;marche &#224; peine h&#233;sitante et &#233;tay&#233;e d'habitudes, vers la rue d'o&#249; il &#233;tait venu, &#224; deux pas du centre ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; septembre 2017&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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