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	<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title>Ramassage imminent</title>
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		<dc:date>2018-09-02T17:54:25Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Claude Thibaud</dc:creator>



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&lt;p&gt;On supprimera les D, les E muets ou bavards, les R&#8230;, on esquintera les adverbes, les articles, les&#8230;euh&#8230;on rendra surtout ses lettres de noblesse au patois bourguignon&#8230;On&#8230; I z'y comprendront rin ! Fau'ra qu'i s'y fassent ! &lt;br class='autobr' /&gt; Chaque matin vers sept heures dix et apr&#232;s avoir trait les vaches, il s'accorde une heure de libert&#233;, file vers le hangar sous lequel il a am&#233;nag&#233; une petite pi&#232;ce pour Kossuth, une sorte de niche pour chien de riche. Ensemble, ils font une petite balade vers le village o&#249; il (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/" rel="directory"&gt;Nouvelles &#224; lire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton834.jpg?1535910823' width='150' height='106' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; On supprimera les D, les E muets ou bavards, les R&#8230;, on esquintera les adverbes, les articles, les&#8230;euh&#8230;on rendra surtout ses lettres de noblesse au patois bourguignon&#8230;On&#8230; &lt;br /&gt;&#8212; I z'y comprendront rin ! &lt;br /&gt;&#8212; Fau'ra qu'i s'y fassent !&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_302 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/jpg/ramassage_imminent.jpg?1535910833' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-302 spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Illustration : Corine Sylvia Congiu - 2018
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt; Chaque matin vers sept heures dix et apr&#232;s avoir trait les vaches, il s'accorde une heure de libert&#233;, file vers le hangar sous lequel il a am&#233;nag&#233; une petite pi&#232;ce pour Kossuth, une sorte de niche pour chien de riche. Ensemble, ils font une petite balade vers le village o&#249; il ach&#232;te ses cigarillos, puis il revient pour les t&#226;ches suivantes, les porcs, les chevaux, la pr&#233;paration d'un casse-cro&#251;te, avant de sortir la charrette pour les champs ou les vignes. Habituellement il invite Kossuth &#224; l'accompagner lorsqu'il quitte la ferme, sauf le jeudi, jour o&#249; il choisit d'enfourcher sa bicyclette pour partir travailler. &lt;br class='autobr' /&gt; Kossuth est schnauzer dans la vie. Il est le fils de Gingembre et de Furioso, un ancien champion. Il a tous ses certificats, ses vaccinations, son Lof, et bien entendu ses illustres parents sont exempts de dysplasie, de tares oculaires ou d'une quelconque d&#233;ficience.&lt;br class='autobr' /&gt; Le ma&#238;tre de Kossuth est un fermier ais&#233; d'un coin de Bourgogne, encore vert pour ses soixante-neuf ans malgr&#233; ses exc&#232;s en toutes choses et le d&#233;mon de midi pass&#233; qui lui fait entretenir des relations autant intimes que secr&#232;tes avec une ancienne petite amie qu'il rencontre chaque jeudi apr&#232;s-midi. Pour le bien-&#234;tre de son schnauzer, il a &#233;galement &#233;tabli son quartier g&#233;n&#233;ral dans un b&#226;timent attenant au corps principal de sa maison et con&#231;u pour lui et son chien une large pi&#232;ce qui constitue leur chambre, abandonnant la Louise &#224; ses aigreurs et ses chicanes. On dort de toute fa&#231;on mieux sans l'autre, et, depuis que le couple est en froid, que les &#233;poux ne peuvent plus se supporter, cette situation leur convient. Ainsi, lorsqu'il rentre des champs et qu'il surprend Kossuth allong&#233; de tout son long sur le lit de pr&#233;f&#233;rence &#224; la moquette, il s'&#233;tend pr&#232;s de lui et s'endort pour une courte sieste. Il faut dire que depuis le jour o&#249; son &#233;poux a fait l'acquisition de Kossuth (dont il vaudra mieux taire le prix), la Louise se f&#233;licite que ce duo de f&#226;cheux ait d&#233;gag&#233; du tour, la laissant &#224; ses fourneaux. Le schnauzer, quant &#224; lui, ne se risque plus &#224; franchir le pas de la porte de la cuisine, gardant en m&#233;moire le jour o&#249; la Louise lui a d&#233;vers&#233; sur la t&#234;te une pleine tasse d'eau bouillante. Pour elle, Kossuth c'est &#034;&lt;i&gt;le chien&lt;/i&gt;&#034; et manifestement le schnauzer la fuit, du regard haineux de celui qui a eu &#224; subir les s&#233;vices de la m&#233;g&#232;re. Lui, Kossuth, &#231;a ne lui pla&#238;t pas du tout que l'on puisse l'appeler demain le &#8220;&lt;i&gt;chien &#224; Carducci&lt;/i&gt;&#8221;. Avant tout et non sans arrogance, il est Kossuth Carducci. Son compagnon, dont il est le ma&#238;tre (lui le sait, les autres, non) est un fermier ais&#233;, propri&#233;taire de vignobles et de diverses parcelles de terres ici et l&#224;, qui a des responsabilit&#233;s importantes chez des gens qu'il ne conna&#238;t certes pas mais auxquels son ami a d&#251; pr&#233;senter tous ses certificats, vaccinations et tutti quanti. &lt;br class='autobr' /&gt; Ce matin-l&#224;, juch&#233; sur sa bicyclette, le vieux fermier sort de la cour tout en pestant contre sa femme qui lui a interdit d'entrer dans leur salle de bains avec des v&#234;tements empestant le tabac. &lt;br /&gt;&#8212; Tu f'rais bein d'f&#226;r un viraison&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Viraison : vir&#233;e, aller voir' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dans ton courti&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Courti, courtil : petit jardin' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#224; c't'heure au lieu d'&#233;narvai les genss ! aboie-t-il &#224; sa femme. Ram&#232;n' don' qu&#232;qu' fraises et d'la m&#226;che pour c'soir ! &lt;br /&gt;&#8212; &#199;a m&#233; aiffaires ! Ma jorn&#233;e, j'en fais c'que j'veux ! Et pis ton c&#226;gne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='C&#226;gne : paresseux' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dis-li que l'lit c'est point fait pour les clebs ! D&#233;j&#224; qu'ton tabaque emp&#244;sonn' ta chambr&#233;e ! lui r&#233;pond-elle d'un m&#234;me aboiement, ajoutant : t&#226;che d'&#234;t' l&#224; avant sept heu', qu'j'avons un coqu'let qu'attendra point ! &lt;br class='autobr' /&gt; Il n'a pas fait cent m&#232;tres qu'il aper&#231;oit pr&#232;s du portail un individu qui l'attend, qu'il a d&#233;j&#224; crois&#233; deux fois dans les mois pr&#233;c&#233;dents et qu'il a rembarr&#233; vertement, un grand &#233;chalas v&#234;tu d'une redingote noire et venu pour lui vendre Dieu sait quoi. Carducci sent la moutarde lui monter au nez, pr&#234;t &#224; &#233;craser l'intrus qui lui barre le chemin. &lt;br class='autobr' /&gt; &#8211; Comme j'ai d&#233;j&#224; essay&#233; de vous le dire, Monsieur Carducci, je pense que je vais devoir vous rendre une petite visite un matin prochain, lui dit l'homme d'une voix sucr&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt; &#8211; Sortez de d'vant au lieu d'fair' l'beuillon !&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Beuillon : idiot' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; O vous a point suffi l'aut' jou'r d'vous fair' diaurer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Diaurer : mettre &#224; la porte' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; par la borgeoise ? &lt;br class='autobr' /&gt; &#8211; Je peux me tromper n'est-ce pas&#8230; Je me suis d&#233;j&#224; tromp&#233; parfois dans le pass&#233;&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt; &#8211; Passez vot' ch'min ! Ceuss-l&#224; d'ici n'aiment point trop des guernouillots&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='Guernouillot : vagabond' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; d'vot' acabit ! J'ai &#224; faire. &lt;br class='autobr' /&gt; &#8211; Moi aussi, Monsieur Carducci, moi aussi ! Et &#231;a n'est pas toujours tr&#232;s agr&#233;able ! r&#233;pond l'homme sans se formaliser. Je veux dire qu'apparemment rien ne presse&#8230; L'&#233;t&#233; est l&#224;&#8230; Rien ne presse vraiment selon moi&#8230; Mais il est possible que ce soit &#224; l'ordre du jour&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt; &#8211; Cr&#233; d'Dieu ! &#199;a s'ra p't&#234;t bin qu'un accident si l'pied ripe de d'la p&#233;dale ! &lt;br class='autobr' /&gt; Ce disant, il fonce sur le redingot&#233;, lequel fait un pas de c&#244;t&#233; sans para&#238;tre autrement effray&#233;, &#233;bauchant m&#234;me un sourire dont le sens &#233;chappe au fermier.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8211; Vous ne pouvez pas vous y soustraire, Monsieur Carducci&#8230; Que vous me r&#233;pondiez en chinois ou en patois bourguignon ne change pas le probl&#232;me ! Je comprends tous les langages ! poursuit l'individu en redingote de sa m&#234;me petite voix fluette. &lt;br class='autobr' /&gt; C'en est trop pour le fermier. Il s'&#233;jecte de sa bicyclette et se rue sur l'importun, le poing lev&#233;. Mais un &#233;trange malaise s'empare de lui soudainement lorsqu'il se retrouve nez &#224; nez avec l'homme. Il abaisse son poing car il comprend que d'une seule taloche il pourrait tuer son tourmenteur. Jamais auparavant il n'avait vu un visage si creus&#233;, si &#233;maci&#233;, un teint si blafard, un regard si enfi&#233;vr&#233;. Le redingot&#233; semble si cr&#232;ve-la-faim, si fragile dans des v&#234;tements trop amples pour lui que pour un peu il lui ferait piti&#233;, qu'il irait m&#234;me jusqu'&#224; son chais pour lui couper quelques tranches d'un de ses jambons crus. Mais il y a autre chose qui passe dans le regard de l'inconnu et qui cr&#233;e un malaise chez le vieux fermier : comme une lumi&#232;re t&#233;nue dans des yeux &#233;puis&#233;s par une vie d'errances. Davantage encore : une sorte de jubilation int&#233;rieure. Il ne comprend pas. Comment de pauvres h&#232;res peuvent-ils vivre dans l'all&#233;gresse alors qu'ils n'ont rien, que le d&#233;nuement est leur lot, alors qu'ils n'ont &#224; peine qu'un peu de peau sur les os ? &lt;br /&gt;&#8212; Votre ami L&#233;once Chevillard&#8230; J'ai eu beau le pr&#233;venir&#8230; Il ne m'a pas cru lui non plus ! reprend l'homme, toujours imperturbable.
&lt;br /&gt;&#8212; Le vieux Carducci tressaille. Oui, L&#233;once &#233;tait mort trois mois plus t&#244;t, &#224; cinquante-deux ans pass&#233;s, en pleine sant&#233;, et il se souvient maintenant que son ami lui avait parl&#233; d'un homme bizarre, tout v&#234;tu de noir et fam&#233;lique, que certains anciens des villages environnants appelaient le &lt;i&gt;Pr&#233;pos&#233; aux ramassages&lt;/i&gt;, et qui n'avait pas cess&#233; de faire les cent pas pendant pr&#232;s d'un mois devant la ferme. L&#233;once l'avait m&#234;me interpell&#233; un soir en le mena&#231;ant d'appeler la gendarmerie. L'homme s'&#233;tait &#233;loign&#233; en soliloquant, avait rejoint le centre du village. L&#233;once &#233;tait mort peu de temps apr&#232;s, apparemment dans son sommeil. &lt;br class='autobr' /&gt; Le fermier plante l&#224; son interlocuteur, regrimpe sur sa bicyclette et d&#233;marre en trombe. Il est inquiet. On le serait &#224; moins lorsque l'on vit dans les exc&#232;s en toutes choses. Mais ceux qui vivent dans la mod&#233;ration en toutes choses, eux aussi sont parfois inquiets&#8230; Non ? Le vieux Carducci d&#233;cide qu'il ira directement sur Charolles sans passer par ses vignes et qu'il consultera son docteur. Son d&#233;mon de midi pass&#233; attendra. &lt;br class='autobr' /&gt; Le praticien se montre plut&#244;t rassurant. &lt;br /&gt;&#8212; &#192; votre &#226;ge, P&#232;re Carducci, vous ne voulez tout de m&#234;me pas courir la gueuse jusqu'&#224; cent ans ! Votre tension est parfaite, votre langue&#8230; Ouvrez la bouche ! Un peu charg&#233;e, hein ? R&#233;duisez l'alcool, le tabac, mangez moins gras&#8230; Un peu de mauvais cholest&#233;rol, sans plus. On va vous arranger &#231;a ! Vous avez la mine parfaite de celui qui nous enterrera tous ! &lt;br class='autobr' /&gt; Sur ces paroles r&#233;confortantes, oublieux de ses soixante-neuf ans mais plut&#244;t fier comme un jau&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='appendix' title='Jau : coq' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; d'avoir encore vingt ans &lt;i&gt;&#224; c't'heure&lt;/i&gt;, bon gosier et fougueux galant, il d&#233;cide de remettre &#224; plus tard son travail sur les vignes et passe la majeure partie de la journ&#233;e dans les bras de sa Dulcin&#233;e. Vers le soir il rentre vers la ferme, euphorique comme un damoiseau.&lt;br class='autobr' /&gt; Le redingot&#233; l'attend, appuy&#233; &#224; la barri&#232;re. &lt;br /&gt;&#8212; Je suis d&#233;sol&#233;, Monsieur Carducci, de devoir vous dire&#8230; Votre adresse vient d'&#234;tre transf&#233;r&#233;e tout r&#233;cemment ! soupire l'autre en se signant.&lt;br class='autobr' /&gt; Sans s'&#233;mouvoir, le fermier gratifie l'odieux d'un large sourire et fonce voir son schnauzer. Kossuth l'attend avec impatience. &lt;br /&gt;&#8212; Fau'ra qu't'attend' un peu, i s'pourrait bin qu'y'aura du coqu'let pou' l's&#244;p&#233; ! T'en auras ta part !&lt;br class='autobr' /&gt; Sa femme affiche une bonne humeur qui n'est pas dans ses habitudes et l'invite &#224; passer &#224; table. Elle a cuisin&#233; un coquelet garni de chanterelles et autres champignons. Les propos rassurants de son m&#233;decin et ses &#233;bats amoureux clandestins ont donn&#233; une faim de loup au fermier. La Louise est une fine cuisini&#232;re, malheureusement aussi frigide que ses fourneaux sont br&#251;lants. &lt;br class='autobr' /&gt; Gros mangeur, le bonhomme enfourne les premi&#232;res bouch&#233;es du plat mitonn&#233;, et, bon prince, fait un clin d'&#339;il &#224; sa femme avant d'attraper la bouteille de vin. La Louise regarde son &#233;poux avec un brin d'ironie puis pique dans le plat. &lt;br /&gt;&#8212; A coqu'let coume &#231;ui-l&#224;, t'en go&#251;teras point dans un trois &#233;toiles ! Rin qu'des p'tits l&#233;gumes au four et qu&#232;qu' champeugnions qu'les ayant ramass&#233;s &#224; l'automn' ! &lt;br /&gt;&#8212; Qu&#232;qu' champeugnions ? Mais&#8230; mais t'entends rin aux champeugnions&#8230; ?! l'interroge-t-il d'un regard soudain anxieux. &lt;br /&gt;&#8212; Vr&#233;, j'y connais rin. Mais dans c'plat-l&#224; que j'mange y'a qu'des jaunettes&#8230; Attends que j'voye le nom centifique&#8230; C'est&#8230; &lt;i&gt;Cantharelluscibarius&lt;/i&gt;.
&lt;br /&gt;&#8212; Mais&#8230; mais t'as bin mang&#233; l'm&#234;m' plat qu'm&#233; ? &lt;br /&gt;&#8212; Vr&#233; ! Mais j'avons cuisin&#233; les jaunettes &#224; part. Ceuss' dans l'bocal, l&#224;, su' la table de quisine'&#8230; que j'mange, a sont des chanterelles ! Les aut's champeugnions, c'est point des jaunettes, qu'les ayant ramass&#233;s l'automn' dernier, coume j't'a dit, l'jou' o&#249; t'avais rendez-vous avec ta garce&#8230; !
&lt;br /&gt;&#8212; Mais&#8230; mais tu m'as emp&#244;s'nn&#233;, cr&#233; d'Dieu ! &lt;br class='autobr' /&gt; Alors qu'il commence &#224; ressentir dans ses entrailles le feu v&#233;n&#233;neux qui les fouaille, on toque avec insistance &#224; la porte. &lt;br /&gt;&#8212; Qui peut don' bin v'ni' chez nous &#224; c'heure ? questionne la Louise d'un ton badin.&lt;br class='autobr' /&gt; Elle se l&#232;ve. Le vieux Carducci se demande s'il peut encore vomir et tente d'attraper le cruchon d'eau. &lt;br /&gt;&#8212; Qui c'est-y don' ? Appell' l'docteu' d'urgenc' que j'vas crever ! parvient-il &#224; demander. &lt;br class='autobr' /&gt; Elle revient s'asseoir &#224; la table, se sert une autre assiette de champignons et r&#233;pond d'un ton o&#249; pointe une secr&#232;te joie : &lt;br /&gt;&#8212; C'est rin qu'le &lt;i&gt;Pr&#233;pos&#233; aux ramassages&lt;/i&gt;. Y d'mande apr&#232;s toi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note du Syndicat des Pr&#233;pos&#233;s aux ramassages : &lt;i&gt;Notre charge de travail est telle que nous attirons l'attention sur celles et ceux d'entre vous qui ramassent des champignons dans nos bois et for&#234;ts de France. Lors de leur cueillette, il est fortement conseill&#233; de ne pas m&#233;langer entre elles les esp&#232;ces. Pour la cuisson, il est tout aussi recommandable de s'en charger soi-m&#234;me, en veillant &#224; ce que personne ne vienne y fourrer son nez. On estime que dans notre pays il y a chaque ann&#233;e plusieurs dizaines d'intoxications mortelles dues &#224; l'ingestion de champignons v&#233;n&#233;neux m&#233;lang&#233;s &#224; des comestibles. Selon les autorit&#233;s de police, des mains criminelles seraient &#224; l'origine d'un grand nombre de ces drames, mais, faute de preuves, peu d'enqu&#234;tes aboutissent. Vous &#234;tes pr&#233;venus.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Viraison : vir&#233;e, aller voir &lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Courti, courtil : petit jardin&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C&#226;gne : paresseux&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Beuillon : idiot&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Diaurer : mettre &#224; la porte&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Guernouillot : vagabond&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jau : coq&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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