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	<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title>Des signes de regain des &#233;crits courts</title>
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		<dc:date>2025-10-31T09:51:57Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Perrut</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'est &#224; une vitesse stup&#233;fiante que sous nos yeux les &#233;crans se substituent aux livres, aux magazines et aux journaux sur papier. Cela ne manque pas de susciter des craintes sur l'avenir de la lecture et, en cons&#233;quence, sur la cr&#233;ation, l'&#233;dition et la diffusion des textes litt&#233;raires. Cependant, on voit dans le m&#234;me temps des signes de regain des &#233;crits courts : dynamisme dans le secteur de la nouvelle ; transformations dans les formes courtes ; enfin, si le num&#233;rique bouleverse les r&#232;gles du jeu (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/l-equipe-de-nd/nos-anciens-editos/" rel="directory"&gt;Nos anciens &#233;ditos&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est &#224; une vitesse stup&#233;fiante que sous nos yeux les &#233;crans se substituent aux livres, aux magazines et aux journaux sur papier. Cela ne manque pas de susciter des craintes sur l'avenir de la lecture et, en cons&#233;quence, sur la cr&#233;ation, l'&#233;dition et la diffusion des textes litt&#233;raires. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, on voit dans le m&#234;me temps des signes de regain des &#233;crits courts : dynamisme dans le secteur de la nouvelle ; transformations dans les formes courtes ; enfin, si le num&#233;rique bouleverse les r&#232;gles du jeu litt&#233;raire, c'est aussi pour offrir de nouvelles opportunit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux &#233;v&#233;nements tout proches t&#233;moignent de la bonne sant&#233; de la nouvelle. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord, &lt;a href=&#034;https://www.reseaudelanouvelle.fr/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;La Journ&#233;e de la nouvelle, le dimanche 16 novembre &#224; l'h&#244;tel de Massa&lt;/a&gt;. Organis&#233; par &lt;strong&gt;Le R&#233;seau de la nouvelle&lt;/strong&gt;, ce salon donnera lieu : - &#224; une remise des prix du concours du R&#233;seau de la nouvelle ; - et &#224; deux tables rondes : &lt;i&gt;Construire un recueil de nouvelles&lt;/i&gt; ; et &lt;i&gt;En bref&lt;/i&gt;, sur les formes courtes. Notons au passage que le R&#233;seau de la nouvelle, cr&#233;&#233; en 2022, poursuit sa croissance et rassemble d&#233;sormais &lt;i&gt; &lt;strong&gt;plus d'une trentaine d'&#233;diteurs fran&#231;ais et belges&lt;/strong&gt; d&#233;cid&#233;s &#224; &#339;uvrer pour la promotion de la nouvelle&lt;/i&gt;, au moyen : - d'une &lt;strong&gt;interface commune&lt;/strong&gt; entre ces &#233;diteurs et les structures d'accueil (librairies, m&#233;diath&#232;ques, sites internet) ; - et &lt;strong&gt;d'&#233;v&#233;nements litt&#233;raires&lt;/strong&gt; (salons, festivals&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt;
Ensuite, le &lt;strong&gt;Salon d'automne de l'autre livre&lt;/strong&gt; regroupant des &#233;diteurs ind&#233;pendants, du 21 au 23 novembre, pr&#232;s du Panth&#233;on. Vous y verrez des &#233;diteurs de nouvelles comme Antidata, La Reine blanche ou Gramin&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le genre de la nouvelle ne cesse de se transformer. Apr&#232;s une p&#233;riode limit&#233;e, au 19e si&#232;cle, de fort engouement du public, ravi de trouver chaque jour une nouvelle dans son quotidien, c'est dans le recueil que la nouvelle a trouv&#233; une voie de survie. Pour autant, comme le fait observer Bernardo Toro&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Revue Saint-Ambroise, &#171; Quoi de neuf sur la nouvelle ? &#187;, entretien entre (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce format &#233;ditorial ne constitue pas un genre litt&#233;raire en soi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Inspir&#233;e de la forme musicale du m&#234;me nom, la suite trouve sa place entre le roman et la nouvelle. Cette forme constitue pr&#233;cis&#233;ment une voie de d&#233;passement du recueil. Les nouvelles y sont clairement distinctes mais entrent en r&#233;sonance les unes avec les autres dans une th&#233;matique ou une intrigue. Des exemples de suites &#233;mergent d&#232;s la fin du 18e si&#232;cle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='R&#233;tif de la Bretonne, Les Nuits de Paris, 1787-1794.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et le genre conna&#238;t aujourd'hui un essor&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Journ&#233;e de la nouvelle, octobre 2024. Une table ronde sur la suite y (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D'autres formes telles que le roman choral&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Le roman de Faulkner, Tandis que j'agonise, Folio, en est un (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou les nouvelles interreli&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Par exemple, Winesburg Ohio, de Sherwood Anderson, Gallimard, coll. (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; se rapprochent de la suite. &lt;br class='autobr' /&gt;
On voit aussi se multiplier les formes tr&#232;s courtes, depuis les autobiograph&#232;mes de Roland Barthes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='Au sens de morceau ou &#233;l&#233;ment d'autobiographie.' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; jusqu'aux Microfictions de R&#233;gis Jauffret, en passant par les instantan&#233;s de Philippe Delerm qui placent sous le microscope un plaisir fugitif ou l'affleurement d'une rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture sur &#233;cran, le ph&#233;nom&#232;ne des blogs et celui des r&#233;seaux sociaux bouleversent aujourd'hui nos habitudes de lecteurs ou d'auteurs et favorisent les formes tr&#232;s courtes, au profit du portrait, du monologue ou encore de la prose po&#233;tique. On pense &#233;galement au &lt;i&gt;Marathon autofictif&lt;/i&gt;, un feuilleton men&#233; tambour battant sur le blog d'&#201;ric Chevillard. Sur les nouveaux supports, le lecteur peut d&#233;sormais interpeler directement l'auteur, effa&#231;ant ainsi le traditionnel clivage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle et la forme courte trouvent donc de nouveaux champs tant dans le renouvellement des genres que dans les supports num&#233;riques, favorisant des expressions et des interactions nouvelles. Voici, amis lecteurs, quelques lignes de questionnement, &#224; poursuivre, tandis que nous sommes confront&#233;s &#224; la lame de fond du num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons &#224; l'actualit&#233; de Nouvelle donne pour signaler &lt;a href='https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/vie-de-gilles-marie-helene-lafon-denis-laget' class='spip_in'&gt;la belle chronique de Jean-Yves Robichon sur &lt;i&gt;Vie de Gilles&lt;/i&gt;, de Marie H&#233;l&#232;ne Lafon et Denis Laget&lt;/a&gt;. Dans cet ouvrage original, deux moments de la vie de Gilles entrent en r&#233;sonance avec les peintures de Denis Laget pour &#233;voquer la solitude et l'asservissement d'une existence &#224; la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/article/verre-dormant' class='spip_in'&gt;L'&#233;nigmatique monologue d'Alyssia Petit dans &lt;i&gt;Verre dormant&lt;/i&gt;, nouvelle que nous avons retenue aujourd'hui pour publication&lt;/a&gt;, aiguisera votre curiosit&#233; tout du long. Alyssia figure, avec ce texte, parmi les laur&#233;ats du concours de nouvelles &lt;i&gt;Envie de vous lire&lt;/i&gt; de Viroflay en 2023&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='appendix' title='Le concours de nouvelles Envie de vous lire est organis&#233; annuellement par la (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saluons pour finir &lt;a href=&#034;https://www.lacauselitteraire.fr/nouvelle-donne-mauvais-cotons-ou-comment-ne-pas-filer-droit-collectif-par-olivia-guerin&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;la chaleureuse chronique de Livia L&#233;ri sur &lt;i&gt;Mauvais coton&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, le second recueil collectif des membres de Nouvelle donne, paru en 2023. Livia L&#233;ri y allie avec brio l'analyse rigoureuse et l'empathie avec les textes. N'h&#233;sitez pas &#224; c&#233;der aux doux appels de cette sir&#232;ne que ce soit pour vous offrir ce volume ou pour le glisser, le moment venu, sous le sapin.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
&lt;span class='spip_document_609 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L200xH150/photo_dp_pour_edito_nov_25_-_p1090244_copie-79065.jpg?1761904512' width='200' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;a href='https://www.nouvelle-donne.net/l-equipe-de-nd/article/dominique-perrut' class='spip_in'&gt;Dominique Perrut&lt;/a&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Revue Saint-Ambroise, &#171; Quoi de neuf sur la nouvelle ? &#187;, entretien entre Florence Didier-Lambert et Bernardo Toro.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#233;tif de la Bretonne, &lt;i&gt;Les Nuits de Paris&lt;/i&gt;, 1787-1794.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Journ&#233;e de la nouvelle, octobre 2024. Une table ronde sur la suite y r&#233;unissait trois autrices de livres de ce genre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le roman de Faulkner, &lt;i&gt;Tandis que j'agonise&lt;/i&gt;, Folio, en est un exemple.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par exemple, &lt;i&gt;Winesburg Ohio&lt;/i&gt;, de Sherwood Anderson, Gallimard, coll. L'Imaginaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Au sens de morceau ou &#233;l&#233;ment d'autobiographie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le concours de nouvelles Envie de vous lire est organis&#233; annuellement par la M&#233;diath&#232;que de Viroflay.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Int&#233;rieur nuit de Nicolas Demorand : un br&#251;lot n&#233;cessaire et courageux</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/interieur-nuit-de-nicolas-demorand-un-brulot-necessaire-et-courageux</link>
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		<dc:creator>Dominique Perrut</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je suis un malade mental : cette anaphore lancinante rythme tout le premier chapitre d'Int&#233;rieur nuit et happe le lecteur dans le r&#233;cit qu'on lit d'une traite. Venant d'une personnalit&#233; publique sur laquelle les auditeurs n'ont pas manqu&#233; de projeter l'image de la r&#233;ussite, cette audacieuse confession exerce un effet saisissant. Ce tableau &#224; contre-emploi ne peut manquer de susciter la curiosit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La bipolarit&#233;, dont souffre l'auteur, est en effet, si l'on peut dire, la maladie de monsieur ou madame (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/" rel="directory"&gt;Critiques de recueils de nouvelles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1455.jpg?1754037408' width='110' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Je suis un malade mental&lt;/i&gt; : cette anaphore lancinante rythme tout le premier chapitre d'&lt;i&gt;Int&#233;rieur nuit&lt;/i&gt; et happe le lecteur dans le r&#233;cit qu'on lit d'une traite. Venant d'une personnalit&#233; publique sur laquelle les auditeurs n'ont pas manqu&#233; de projeter l'image de la r&#233;ussite, cette audacieuse confession exerce un effet saisissant. Ce tableau &#224; contre-emploi ne peut manquer de susciter la curiosit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bipolarit&#233;, dont souffre l'auteur, est en effet, si l'on peut dire, la maladie de monsieur ou madame tout-le-monde. Mais le silence r&#232;gne sur celle-ci. Elle toucherait environ un million de personnes en France. Voil&#224; ce que Demorand met &#224; jour, en s'appuyant sur sa notori&#233;t&#233;. Il veut parler au nom de ceux qui en souffrent, sans pouvoir exprimer leur mal. Ceci conduit l'auteur, chemin faisant, &#224; mettre le doigt sur les r&#233;formes urgentes &#224; mener. Un enjeu consid&#233;rable, puisqu'une bonne part de la population est concern&#233;e par les troubles mentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre haletant et qui tient en haleine, d'ores et d&#233;j&#224; un succ&#232;s de librairie, apr&#232;s son lancement tr&#232;s professionnel, a &#233;t&#233; largement relay&#233; par la presse. Celle-ci a parfois fait &#233;tat bien davantage des potins qui ont entour&#233; cette promotion que du livre proprement dit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Le Monde Magazine, Solenn de Royer : &#171; Nicolas Demorand, la vie apr&#232;s la (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage, &#224; peine une centaine de pages, se compose de petits chapitres, chacun consacr&#233; &#224; un th&#232;me reli&#233; &#224; la maladie : l'irruption de la maladie mentale chez l'auteur : la bipolarit&#233; (nom euph&#233;mistique donn&#233; aujourd'hui &#224; l'affection maniaco-d&#233;pressive) ; les phases d&#233;pressives ; les phases maniaques ; les p&#233;r&#233;grinations d'un g&#233;n&#233;raliste &#224; l'autre, sans le moindre r&#233;sultats ; les tentatives de psychanalyse (parmi lesquelles la rencontre choquante avec Fran&#231;ois Roustang) ; enfin le bon diagnostic et partant, le bon traitement &#224; Sainte-Anne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le style, la narration, tout cela est direct, efficace, sans p&#233;riphrases, avec des expressions fortes : &#171; le tissu de la banalit&#233; se d&#233;chire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cours du r&#233;cit, nous croisons plusieurs figures qui ont, ou ont eu maille &#224; partir avec la maladie mentale : G&#233;rard Garouste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='G&#233;rard Garouste, L'Intranquille, Le Livre de poche, 2011.' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Philippe Labro&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Philippe Labro, Tomber sept fois, se relever huit, Gallimard, (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Emmanuel Carr&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-4' class='spip_note' rel='appendix' title='Emmanuel Carr&#232;re, Yoga, P.O.L., 2020.' id='nh2-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il faut aussi &#233;voquer ici, car c'est un &#233;crit pionnier, le r&#233;cit percutant, &lt;i&gt;Face aux t&#233;n&#232;bres&lt;/i&gt;, que William Styron livra en 1990 sur sa terrible d&#233;pression&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-5' class='spip_note' rel='appendix' title='William Styron, Darkness visible &#8211; A Memoir of Madness, Jonathan Cape, 1991 (...)' id='nh2-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux th&#232;mes, il me semble, auraient pu &#234;tre davantage approfondis dans &lt;i&gt;Int&#233;rieur nuit&lt;/i&gt;. D'une part, il s'agit de la gen&#232;se de la maladie chez l'auteur. Celle-ci est donn&#233;e comme un fait, dont on ne discerne &#224; aucun moment l'origine. Bien s&#251;r, l'auteur est libre de r&#233;v&#233;ler ou de masquer certaines r&#233;alit&#233;s, ne serait-ce que dans la mesure ou elles mettent en cause des tiers, notamment dans le cercle familial (on pense &#233;videmment aux ascendants). Cependant, bien des questions subsistent : y a-t-il des ant&#233;c&#233;dents familiaux ? le d&#233;clenchement des troubles a-t-il &#233;t&#233; li&#233; &#224; un &#233;v&#233;nement personnel ? &#224; des traumas d'enfance ? &lt;br class='autobr' /&gt;
D'autre part, les donn&#233;es sur la th&#233;rapie m&#233;dicamenteuse auraient pu &#234;tre plus explicites, et plus p&#233;dagogiques aussi, au lieu d'une liste de noms. Quelles grandes familles de m&#233;dicaments sont utilis&#233;es ? Quels sont les effets recherch&#233;s ? En quoi certains traitements se sont-ils trouv&#233;s inadapt&#233;s ? Seul l'usage de la K&#233;tamine est un peu plus d&#233;velopp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'objet du livre est bien plus d'alerter que de tenter une somme sur ce vaste sujet. Bien plus r&#233;pandue qu'on ne le croit souvent, la maladie mentale suscite g&#233;n&#233;ralement la frayeur, sur laquelle se referme le couvercle du silence. Le &#171; coming out &#187; tr&#232;s d&#233;cid&#233; de Nicolas Demorand brise un tabou et fait &#339;uvre utile en d&#233;signant des pistes de r&#233;forme, au premier rang desquelles la formation des m&#233;decins g&#233;n&#233;ralistes, en vue d'une orientation rapide des patients en souffrance, vers leurs confr&#232;res psychiatres, afin de leur &#233;viter la cruelle travers&#233;e d'une dangereuse &#171; errance m&#233;dicale &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Monde Magazine, Solenn de Royer : &#171; Nicolas Demorand, la vie apr&#232;s la d&#233;flagration de son t&#233;moignage &#8216;Int&#233;rieur nuit', sur sa sant&#233; mentale &#187;, 16 mai 2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G&#233;rard Garouste, &lt;i&gt;L'Intranquille&lt;/i&gt;, Le Livre de poche, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Philippe Labro, &lt;i&gt;Tomber sept fois, se relever huit&lt;/i&gt;, Gallimard, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-4' class='spip_note' title='Notes 2-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Emmanuel Carr&#232;re, &lt;i&gt;Yoga&lt;/i&gt;, P.O.L., 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-5' class='spip_note' title='Notes 2-5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;William Styron, &lt;i&gt;Darkness visible&lt;/i&gt; &#8211; &lt;i&gt;A Memoir of Madness&lt;/i&gt;, Jonathan Cape, 1991 ; Trad. Fr. : &lt;i&gt;Face aux t&#233;n&#232;bres&lt;/i&gt;, Gallimard, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Les Meilleures nouvelles de Colette</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Perrut</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La chaufferette, c'&#233;tait un petit appareil qu'au 19e si&#232;cle, les enfants emportaient avec eux &#224; l'&#233;cole pour se chauffer les pieds pendant les durs mois d'hiver. Cet objet en m&#233;tal se pr&#234;tait aux usages les plus inattendus, tant&#244;t arme redoutable dans les bagarres entre les petits, tant&#244;t fourneau pour y faire cuire des ch&#226;taignes, dont les senteurs rem&#233;mor&#233;es r&#233;veillent la nostalgie de la narratrice. L'instrument en effet est d&#233;j&#224; tomb&#233; en d&#233;su&#233;tude du vivant de l'autrice. Mais, au d&#233;tour de cette (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/" rel="directory"&gt;Critiques de recueils de nouvelles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1453.jpg?1753260788' width='113' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La chaufferette, c'&#233;tait un petit appareil qu'au 19e si&#232;cle, les enfants emportaient avec eux &#224; l'&#233;cole pour se chauffer les pieds pendant les durs mois d'hiver. Cet objet en m&#233;tal se pr&#234;tait aux usages les plus inattendus, tant&#244;t arme redoutable dans les bagarres entre les petits, tant&#244;t fourneau pour y faire cuire des ch&#226;taignes, dont les senteurs rem&#233;mor&#233;es r&#233;veillent la nostalgie de la narratrice. L'instrument en effet est d&#233;j&#224; tomb&#233; en d&#233;su&#233;tude du vivant de l'autrice. Mais, au d&#233;tour de cette &#233;vocation si prenante, Colette nous prend &#224; contre-pied. &lt;i&gt;La Chaufferette&lt;/i&gt;, titre de cette nouvelle qui cl&#244;t le recueil, n'est qu'un pr&#233;texte pour nous confier&#8230; son absence de vocation pour l'&#233;criture : &lt;i&gt;Pourtant ma vie s'est &#233;coul&#233;e &#224; &#233;crire&#8230; N&#233;e d'une famille sans fortune, je n'avais appris aucun m&#233;tier. Je savais grimper, siffler, courir, mais personne n'est venu me proposer une carri&#232;re d'&#233;cureuil, d'oiseau ou de biche. Le jour o&#249; la n&#233;cessit&#233; me mit une plume en main et qu'en &#233;change des pages que j'avais &#233;crites on me donna un peu d'argent, je compris qu'il me faudrait chaque jour, lentement, docilement &#233;crire, patiemment concilier le son et le nombre, me lever t&#244;t de pr&#233;f&#233;rence, me coucher tard par devoir... C'est une langue bien difficile que le fran&#231;ais. A peine &#233;crit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence &#224; s'en apercevoir.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En baie de Somme&lt;/i&gt; se pr&#233;sente comme le journal, de facture tr&#232;s contemporaine, parfois t&#233;l&#233;graphique, d'une longue sortie &#224; la plage. Plusieurs entr&#233;es cadencent cette journ&#233;e, marqu&#233;e par la fr&#233;n&#233;sie du d&#233;part, la volupt&#233; des bains de soleil, ainsi que le regard sarcastique de la narratrice sur les petits parigots, &#171; ces petits morveux pass&#233;s au jus de chique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le rire&lt;/i&gt;, une autre de mes nouvelles pr&#233;f&#233;r&#233;es, d&#233;marre ainsi : &lt;i&gt;Elle riait volontiers, d'un rire jeune et aigu qui mouillait ses yeux de larmes, et qu'elle se reprochait apr&#232;s comme un manquement &#224; la dignit&#233; d'une m&#232;re charg&#233;e de quatre enfants et de soucis d'argent. Elle ma&#238;trisait les cascades de son rire, se gourmandait s&#233;v&#232;rement : &#171; Allons ! Voyons&#8230; &#187;, puis c&#233;dait &#224; une rechute de rire qui faisait trembler son pince-nez&lt;/i&gt;. Il s'agit bien s&#251;r de Sidonie, la m&#232;re admir&#233;e qui, dans ce court texte, se morig&#232;ne une fois de plus d'&#234;tre prise de fou rire devant les acrobaties d'un petit chat, tandis qu'elle porte le grand deuil de son mari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa collection &lt;i&gt;Les Meilleures nouvelles&lt;/i&gt;, qui compte maintenant une petite dizaine de titres, dont plusieurs pr&#233;sent&#233;s sur notre site&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='D. Perrut, &#171; Les meilleures nouvelles de Sherwood Anderson par les ERSA &#187;, (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les &lt;a href=&#034;https://www.ruesaintambroise.com/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;&#201;ditions Rue Saint Ambroise&lt;/a&gt; font donc para&#238;tre un volume de nouvelles de Colette. Celui-ci couvre trois d&#233;cennies dans un ordre chronologique, r&#233;unissant des moments pr&#232;s de l'oc&#233;an (&lt;i&gt;Partie de p&#234;che&lt;/i&gt;), des souvenirs de Music-Hall (&lt;i&gt;L'Accompagnatrice&lt;/i&gt;), l'irruption de la grande guerre (&lt;i&gt;La Nouvelle&lt;/i&gt;), des sc&#232;nes courtelinesques (&lt;i&gt;Un Timbre &#224; 0 fr. 60, svp !&lt;/i&gt;) et une histoire d'inceste dans la campagne (&lt;i&gt;Le Sieur Binard&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;labor&#233; par Julie Wolkenstein, ce volume comprend 34 nouvelles, parfois tr&#232;s courtes, issues de 17 recueils. Selon les standards de la collection, des notices en fin de volume nous renseignent sur le contexte pr&#233;cis dans lequel chacun des recueils a &#233;t&#233; &#233;labor&#233;. Avec cet outil de r&#233;f&#233;rence, le lecteur poss&#232;de toutes les cartes pour approfondir l'&#339;uvre d'une autrice, qui nous surprend ici par la vari&#233;t&#233; de ses modes d'&#233;nonciation, passant avec aisance du &lt;i&gt;je&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;L'Accompagnatrice&lt;/i&gt;) au &lt;i&gt;tu&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Dimanche&lt;/i&gt;), et relatant des dialogues entre deux animaux, Toby-chien et Kiki-la-doucette (&lt;i&gt;Une Visite&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;face de Julia Kristeva explore les formes de la sexualit&#233; chez Colette, tandis que celle de Mona Ozouf retrace son long &#171; commerce &#187; avec elle, entre d&#233;couvertes, oublis et red&#233;couvertes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage referm&#233;, on se demandera, avec Julie Wolkenstein, si les courts morceaux rassembl&#233;s ici rel&#232;vent de la nouvelle ou constituent des &#171; fragments &#187;, des &#171; biograph&#232;mes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-2' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; J'aime certains traits biographiques qui, dans la vie d'un &#233;crivain (...)' id='nh3-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, soit miettes resurgies du pass&#233;, soit sc&#232;nes du pr&#233;sent. Qu'importe apr&#232;s tout, ils jettent une lumi&#232;re nouvelle sur une &#233;crivaine que son grand talent et son combat pour l'autonomie nous rendent irr&#233;sistiblement attachante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D. Perrut, &#171; Les meilleures nouvelles de Sherwood Anderson par les ERSA &#187;, 2022 ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href='https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/les-meilleures-nouvelles-de-h-p-lovecraft-de-nouvelles-traductions-et-un-inedit' class='spip_in'&gt;J.-M. Calvez, &#171; Les Meilleures nouvelles de H. P. Lovecraft par les ERSA &#187;, 2020 &lt;/a&gt; ; &lt;br class='autobr' /&gt;
N. Barri&#233;, &#171; Les Meilleures nouvelles de Katherine Mansfield par les ERSA &#187;, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-2' class='spip_note' title='Notes 3-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; J'aime certains traits biographiques qui, dans la vie d'un &#233;crivain m'enchantent &#224; l'&#233;gal de certaines photographies : j'ai appel&#233; ces traits des &#171; biograph&#232;mes &#187;. Roland Barthes, &lt;i&gt;La Chambre claire&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'automne d&#233;j&#224;</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/l-equipe-de-nd/nos-anciens-editos/article/l-automne-deja</link>
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		<dc:date>2024-10-30T17:39:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Perrut</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'automne d&#233;j&#224; ! &#8211; Mais pourquoi regretter un &#233;ternel soleil&#8230; Cet Adieu de Rimbaud, qui cl&#244;t Une Saison en enfer, me revient en m&#233;moire. &#201;nigmatique et noir, ce texte se lit comme une s&#233;rie de petites nouvelles. La constante dualit&#233;, le d&#233;chirement m&#234;me, r&#233;sonnent fort avec la m&#233;lancolie inh&#233;rente &#224; cette saison&#8230; Mais brisons-l&#224; et passons &#224; quelques &#233;v&#233;nements de la riche rentr&#233;e dans l'&#233;cosyst&#232;me de la nouvelle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le R&#233;seau de la nouvelle et des formes courtes, tout d'abord, a tenu une Journ&#233;e de la nouvelle, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/l-equipe-de-nd/nos-anciens-editos/" rel="directory"&gt;Nos anciens &#233;ditos&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'automne d&#233;j&#224; ! &#8211; Mais pourquoi regretter un &#233;ternel soleil&#8230;&lt;/i&gt; Cet Adieu de Rimbaud, qui cl&#244;t &lt;i&gt;Une Saison en enfer&lt;/i&gt;, me revient en m&#233;moire. &#201;nigmatique et noir, ce texte se lit comme une s&#233;rie de petites nouvelles. La constante dualit&#233;, le d&#233;chirement m&#234;me, r&#233;sonnent fort avec la m&#233;lancolie inh&#233;rente &#224; cette saison&#8230; Mais brisons-l&#224; et passons &#224; quelques &#233;v&#233;nements de la riche rentr&#233;e dans l'&#233;cosyst&#232;me de la nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lanouve.fr/blog/reseau-de-la-nouvelle-s-unir-et-grandir.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;strong&gt;Le R&#233;seau de la nouvelle et des formes courtes&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, tout d'abord, a tenu une Journ&#233;e de la nouvelle, le dimanche 6 octobre, &#224; Paris, o&#249; se sont retrouv&#233;s une petite centaine de participants pour un salon du livre et cinq tables rondes portant sur : - le laboratoire de la nouvelle, - la nouvelle en revues, - la fanfiction et les &#233;critures collaboratives, - les ateliers d'&#233;criture et les masters de cr&#233;ation, - la suite : une nouvelle voie pour la nouvelle. Cette derni&#232;re table ronde, r&#233;unissant trois autrices, montrait que la suite s'inscrit dans une tradition d&#233;j&#224; longue et offre une alternative prometteuse au recueil de nouvelles, qui repr&#233;senterait moins un genre qu'un format &#233;ditorial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que Le R&#233;seau de la nouvelle, cr&#233;&#233; en 2022, rassemble &lt;strong&gt;une vingtaine d'&#233;diteurs fran&#231;ais et belges&lt;/strong&gt; d&#233;cid&#233;s &#224; &#339;uvrer pour la d&#233;fense et la promotion de la nouvelle, domaine privil&#233;gi&#233; de libert&#233; cr&#233;ative, car d&#233;barrass&#233; de beaucoup des contraintes qui p&#232;sent sur le roman. Ce collectif d'&#233;diteurs poursuit ce but notamment au moyen : - &lt;strong&gt;d'un outil commun&lt;/strong&gt;, sous la forme d'une base de donn&#233;es qui sert de support de vente et fait office d'interface entre ces &#233;diteurs et les structures d'accueil (librairies, m&#233;diath&#232;ques, sites internet) ; - d'&lt;strong&gt;une participation conjointe&lt;/strong&gt; &#224; des &#233;v&#233;nements litt&#233;raires (salons, festivals&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mentionnons &#233;galement le &lt;strong&gt;34&#232;me salon de la revue&lt;/strong&gt;, qui s'est tenu &#224; la Halle des Blancs-Manteaux, les 11 et 12 octobre, avec la participation de revues de nouvelles, comme Br&#232;ves ou La Moiti&#233; du fourbi, ou d'autres, faisant place aux formes courtes, comme Europe. Signalons que le bulletin &lt;i&gt;La Faute &#224; Rousseau&lt;/i&gt;, de L'Association pour l'Autobiographie, &#233;galement pr&#233;sente, propose trois fois par an un dossier th&#233;matique contenant souvent de courtes confessions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; vos agendas, maintenant : &lt;strong&gt;du 8 au 10 novembre, &lt;a href=&#034;https://lautrelivre.fr/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;le Salon de l'Autre livre&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; se tiendra au Palais de la femme, &#224; Paris. Cet &#233;v&#233;nement regroupe des &#233;diteurs ind&#233;pendants, parmi lesquels vous retrouverez Antidata, Quadrature et La Reine blanche, qui publient des nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette fin d'ann&#233;e, Nouvelle Donne vous propose deux courtes nouvelles in&#233;dites, s&#233;lectionn&#233;es par notre comit&#233; de lecture. &lt;br class='autobr' /&gt;
En novembre, avec &lt;a href='https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/article/basculer' class='spip_in'&gt;&#171; Basculer &#187;, Corinne Andr&#233;&lt;/a&gt; nous mettra au volant d'une voiture conduite par une femme. La famille revient de vacances. Tableau serein, mais gare &#224; la faute ! Le Comit&#233; de lecture a appr&#233;ci&#233; la fine progression de l'&#233;criture sur le sombre sujet de la domination masculine dans le couple. &lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;cembre, Cyrille Gove nous introduira, avec &#171; Mon Polichinelle &#187;, dans les pens&#233;es d'un vieil homme, crisp&#233; sur sa canne. Il fredonne une chanson de son enfance, chanson l&#233;g&#232;re, dans l'air frais de ce matin de printemps, mais inqui&#233;tante aussi, au fil des &#233;vocations, o&#249; l'on voit r&#244;der des ombres...&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
&lt;a href='https://www.nouvelle-donne.net/l-equipe-de-nd/article/dominique-perrut' class='spip_in'&gt;Dominique Perrut&lt;/a&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>En un souffle - Nouvelles allemandes - Daniel Argel&#232;s</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/anthologies-nouvellologie-etc/article/en-un-souffle-nouvelles-allemandes-daniel-argeles</link>
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		<dc:date>2024-06-18T08:40:40Z</dc:date>
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		<dc:creator>Dominique Perrut</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans Retour &#224; Berlin-Est, l'une des cinq &#171; Nouvelles allemandes &#187; du recueil En un souffle, Jean revient dans cette ville, avec son &#233;pouse, Isabelle, et Mary Lou, leur amie am&#233;ricaine. Nous sommes au d&#233;but des ann&#233;es 2010 et tous trois regardent une exposition retra&#231;ant le Festival de la jeunesse de 1973 organis&#233; par le r&#233;gime communiste d'alors. Des tableaux de ce m&#234;me festival, auquel il a particip&#233; adolescent, s'imposent &#224; la m&#233;moire de Jean ; des sc&#232;nes aussi de sa colonie de vacances, organis&#233;e dans (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/anthologies-nouvellologie-etc/" rel="directory"&gt;Anthologies, nouvellologie, etc.&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1410.jpg?1718700036' width='121' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Retour &#224; Berlin-Est&lt;/i&gt;, l'une des cinq &#171; Nouvelles allemandes &#187; du recueil &lt;i&gt;En un souffle&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Daniel Argel&#232;s, &#171; En un souffle, Nouvelles allemandes &#187;, Ed. Triartis, mars (...)' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Jean revient dans cette ville, avec son &#233;pouse, Isabelle, et Mary Lou, leur amie am&#233;ricaine. Nous sommes au d&#233;but des ann&#233;es 2010 et tous trois regardent une exposition retra&#231;ant le Festival de la jeunesse de 1973 organis&#233; par le r&#233;gime communiste d'alors. Des tableaux de ce m&#234;me festival, auquel il a particip&#233; adolescent, s'imposent &#224; la m&#233;moire de Jean ; des sc&#232;nes aussi de sa colonie de vacances, organis&#233;e dans le cadre des &#233;changes entre les partis communistes occidentaux et le grand fr&#232;re sovi&#233;tique : ses escapades avec son complice, Bruno, pour se gaver de glaces et de saucisses ; la boum &#224; laquelle il rencontre Michelle. Des &#233;v&#233;nements ult&#233;rieurs sont &#233;voqu&#233;s, la rencontre de Jean et Isabelle et, dans cette m&#234;me ville, le mariage prochain de leur fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cit nous plonge ainsi dans des temporalit&#233;s distantes parfois de quarante ans. Ces confrontations d'&#233;poques lointaines, dans lesquelles on devine un fort contenu autobiographique, sont v&#233;cues douloureusement par Jean. Ces r&#233;miniscences s'av&#232;rent en effet incommunicables, tandis qu'il se trouve immerg&#233; dans les souvenirs d'une culture communiste envahissante, quand les municipalit&#233;s rouges organisaient des &#233;changes dans les pays de l'Est sovi&#233;tique et qu'il en arrivait &#224; voir en Honecker un substitut de son propre p&#232;re. Ce temps irr&#233;m&#233;diablement r&#233;volu, il doit le garder pour lui seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en sc&#232;ne des foss&#233;s temporels est une entreprise difficile. Cela requiert bien s&#251;r des r&#233;f&#233;rences d'&#233;poque, mais aussi, pour mobiliser l'imaginaire du lecteur, des ruptures dans l'&#233;criture du r&#233;cit. Ici, malgr&#233; quelques surcharges dans les situations ou les notations, l'exercice est men&#233; de fa&#231;on tr&#232;s convaincante. En particulier quand Jean visite les anciennes prisons de la sinistre Stasi, la police politique du r&#233;gime communiste. On le voit, saisi par l'odeur de la colle &#224; bois qui impr&#232;gne la pi&#232;ce, la m&#234;me que celle qui flottait dans le pavillon de banlieue de ses parents. Cette odeur traverse le temps plus s&#251;rement que &#171; les cataclysmes, les trait&#233;s, les dirigeants &#187;. Marcel Proust n'aurait probablement pas d&#233;savou&#233; cette assertion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cit &lt;i&gt;&#192; un fil&lt;/i&gt; joue aussi sur le th&#232;me de la plong&#233;e dans le pass&#233;, en se livrant &#224; une audacieuse composition qui nous fait habiter l'esprit de Theodor Adorno dans ses derniers instants. Frapp&#233; d'une crise cardiaque qui lui est fatale, en ao&#251;t 1969, lors d'un transport en t&#233;l&#233;ph&#233;rique dans les Alpes suisses, des images successives de son existence le traversent, depuis son enfance jusqu'&#224; des &#233;v&#233;nements tout proches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philosophe, sociologue et musicologue, Adorno est l'un des p&#232;res de l'&#201;cole de Francfort. Celle-ci a &#233;t&#233; le creuset de la Th&#233;orie critique, port&#233;e &#233;galement par les autres penseurs de la contestation freudo-marxiste des ann&#233;es 1960 : Max Horkheimer, Herbert Marcuse, Wilhem Reich, Erich Fromm, puis J&#252;rgen Habermas. Cependant, en 1969, la r&#233;volte &#233;tudiante se retourne contre les th&#233;oriciens, accus&#233;s de se cantonner dans l'abstraction. En pleine attaque, dans le t&#233;l&#233;ph&#233;rique, Adorno revoit le proc&#232;s au cours duquel il a &#233;t&#233; amen&#233;, lui, le chantre de la protestation, &#224; t&#233;moigner contre ses meilleurs &#233;tudiants, apr&#232;s leur occupation de l'universit&#233;, en janvier 1969. Puis resurgissent des &#233;tudiantes mont&#233;es sur l'estrade o&#249; il professe pour exhiber leurs seins nus dans une danse provocatrice, le poussant &#224; s'enfuir. Dans son d&#233;lire, les p&#233;tales de fleurs lanc&#233;s en d&#233;rision par les jeunes femmes se m&#234;lent &#224; ceux de la F&#234;te-Dieu de son enfance. Les r&#234;veries disparates du professeur, aux prises avec son semi-coma, au rythme du balancement du t&#233;l&#233;ph&#233;rique, le va-et-vient du pass&#233; au pr&#233;sent, tout cela est remarquablement conduit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Les Odeurs de ma vie&lt;/i&gt;, nouveau d&#233;fi narratif, on d&#233;couvre peu &#224; peu le pass&#233; allemand, gard&#233; secret, d'un am&#233;ricain. Celui-ci a d&#251; accepter la destitution de sa citoyennet&#233; de la RDA pour &#233;migrer aux Etats-Unis. La r&#233;v&#233;lation progressive de son identit&#233; &#224; sa ma&#238;tresse, tr&#232;s prenante, est ma&#238;tris&#233;e de bout en bout, dans des r&#233;cits altern&#233;s. Le r&#233;cit se fonde notamment sur les &#233;crits de trois auteurs de la RDA communiste, exil&#233;s &#224; Berlin-Ouest dans les ann&#233;es 1980&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Le jeu de notes en fin de volume est tr&#232;s utile pour bien saisir des (...)' id='nh4-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce recueil, &lt;i&gt;En un souffle&lt;/i&gt;, r&#233;unit donc cinq &#171; Nouvelles allemandes &#187;, comme l'indique le sous-titre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Le lecteur non germanophone pourra regretter que les nombreuses citations (...)' id='nh4-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette unit&#233; dans le sujet se conjugue avec un th&#232;me commun, celui des soubresauts historiques du pays, saisis dans des m&#233;moires personnelles, confront&#233;es &#224; des temporalit&#233;s distantes am&#232;rement indicibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En refermant ce recueil, riche d'une grande diversit&#233; tant dans les compositions que les &#233;critures, o&#249; l'auteur, universitaire et traducteur, mobilise des sources solides, on ne peut &#233;viter de poser la question : &#224; quand le prochain recueil, Daniel Argel&#232;s ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb4-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Daniel Argel&#232;s, &#171; En un souffle, Nouvelles allemandes &#187;, Ed. Triartis, mars 2024, 121 p., 15 &#8364;. Dans ce recueil, L'Anniversaire a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;demment mis en ligne sur le site de la revue Rue Saint-Ambroise. La derni&#232;re nouvelle du recueil, au titre &#233;ponyme, a &#233;t&#233; &#233;galement publi&#233;e en 2018 dans un num&#233;ro sp&#233;cial de la revue Rue Saint-Ambroise, en 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-2' class='spip_note' title='Notes 4-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le jeu de notes en fin de volume est tr&#232;s utile pour bien saisir des situations qui, autrement, pourraient &#233;chapper en partie au lecteur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-3' class='spip_note' title='Notes 4-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le lecteur non germanophone pourra regretter que les nombreuses citations en allemand ne soient pas toutes traduites.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Fugitives &#187; d'Alice Munro : l'&#233;nigme de la simplicit&#233;</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/anthologies-nouvellologie-etc/article/fugitives-d-alice-munro-l-enigme-de-la-simplicite</link>
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		<dc:date>2024-06-01T19:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Perrut</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Grande nouvelliste canadienne, Alice Munro nous a quitt&#233;s le 14 mai dernier. Avec cette &#034;&#233;nigme de la simplicit&#233;&#034; qui la caract&#233;rise, elle parle des gens simples, ceux du monde rural, de la petite ville de son Ontario natal, o&#249; elle a pass&#233; presque toute sa vie. Comme personne, elle sait d&#233;celer les drames cach&#233;s au sein des existences banales. Sa plume limpide, reposant sur de solides constructions narratives et de savantes compositions, non d&#233;pourvues de &#171; r&#233;alisme magique &#187;, lui a valu le prix (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/anthologies-nouvellologie-etc/" rel="directory"&gt;Anthologies, nouvellologie, etc.&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton938.jpg?1561058728' width='91' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt; Grande nouvelliste canadienne, Alice Munro nous a quitt&#233;s le 14 mai dernier. Avec cette &#034;&#233;nigme de la simplicit&#233;&#034; qui la caract&#233;rise, elle parle des gens simples, ceux du monde rural, de la petite ville de son Ontario natal, o&#249; elle a pass&#233; presque toute sa vie. Comme personne, elle sait d&#233;celer les drames cach&#233;s au sein des existences banales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa plume limpide, reposant sur de solides constructions narratives et de savantes compositions, non d&#233;pourvues de &#171; r&#233;alisme magique &#187;, lui a valu le prix Nobel de litt&#233;rature en 2013.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le recueil &#034;Fugitives&#034; (&#034;Runaway&#034;), dont on trouvera ci-apr&#232;s une br&#232;ve chronique, constitue une excellente entr&#233;e en mati&#232;re pour d&#233;couvrir cette auteure de premier plan, dans la lign&#233;e des grands nouvellistes.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Carla, une lyc&#233;enne, s'amourache de Clark, son moniteur d'&#233;quitation. Vite, elle saute le pas, quitte sa famille pour partager son mobile home. Ce s&#233;ducteur au petit pied cache un pass&#233; douteux. De plus, l'homme est violent. Depuis les &#201;tats-Unis, elle s'enfuit au Canada, puis l&#224;, saisie d'angoisse devant l'inconnu, appelle son compagnon qui vient la rechercher. On sait d&#232;s lors que le destin de Carla est scell&#233;, sans plus d'avenir, sous la domination de Clark.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; le th&#232;me de &#171; Fugitives &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-1' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; Fugitives &#187;, 2008, traduit de l'anglais, Le Seuil, coll. Points. Runaway (...)' id='nh5-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, premi&#232;re nouvelle du recueil &#233;ponyme. C'est presque &#224; notre insu que nous sommes saisis par l'&#233;criture &#233;nigmatique d'Alice Munro. Ses r&#233;cits parlent de la vie quotidienne des petites gens, &#233;troite, d&#233;pourvue d'&#233;v&#232;nements notables. On est plong&#233; dans une atmosph&#232;re de solitude, o&#249; les existences se jouent, comme pour Carla, sur un coup de t&#234;te. Les relations sont boiteuses et, sous la plume distanci&#233;e, analytique, de la narratrice, o&#249; affleure l'ironie, on voit les personnages souffrir dans leur existence sans avenir. C'est dans son entourage imm&#233;diat, souvent dans le comt&#233; de Huron, dans l'Ontario, o&#249; elle a pass&#233;, hormis deux d&#233;cennies &#224; Vancouver, l'essentiel de sa vie, que Munro trouve ses sujets : &#171; Ce lieu ordinaire est suffisant, dit-elle. Tout, ici, est palpable et myst&#233;rieux &#187;. Comment ne pas percevoir, ici, l'&#233;cho de Jane Austen &#233;crivant &#224; sa ni&#232;ce : &#171; Trois ou quatre familles d'un village du terroir, voil&#224; le vrai sujet sur lequel il faut travailler &#187; ? Pas besoin de courir le monde, la mati&#232;re &#224; &#233;crire se trouve ici, sous nos yeux, disent ces deux femmes &#224; deux si&#232;cles de distance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par quels ressorts secrets, l'auteure de ces histoires simples, portant sur des gens simples, parvient-elle &#224; nous captiver autant ? Tentons une r&#233;ponse. Dans sa narration, limpide et d'apparence facile, Munro nous tient sous la coupe d'une &#233;criture tr&#232;s &#233;labor&#233;e. D'abord, le r&#233;cit joue &#224; se d&#233;placer dans le temps, tant&#244;t vers le pass&#233; (nous n'apprenons qu'apr&#232;s la fuite de Carla les circonstances de sa rencontre avec Clark), tant&#244;t vers le futur (dans &#171; Ruses &#187;, on quitte la jeune Robin pour la retrouver, comme souvent dans ces nouvelles, plusieurs d&#233;cennies plus tard). Ensuite, tr&#232;s en retrait, la narration m&#233;nage des mont&#233;es d'intensit&#233; d'autant plus efficaces : Juliet, personnage central de trois nouvelles (&#171; Hasard &#187;, &#171; Bient&#244;t &#187;, &#171; Silence &#187;), qui englobent toute son existence, fait face, dans une sc&#232;ne d'extr&#234;me tension, &#224; Joan, responsable d'une secte, le &#171; Centre de l'&#233;quilibre spirituel &#187;, qui, dans une argumentation placide, l'emp&#234;che de revoir sa fille. Munro poss&#232;de aussi un art tr&#232;s subtil pour distiller au fil des pages les indices d'une histoire souterraine, inqui&#233;tante, en train de prendre corps au sein d'un r&#233;cit d'apparence triviale. Des d&#233;tails crus et r&#233;alistes (les menstruations de Juliet, puis, plus tard, la cr&#233;mation des restes de son mari dans une c&#233;r&#233;monie rituelle) exacerbent par ailleurs la charge des r&#233;cits. Relevons, enfin, l'intrusion fr&#233;quente du symbolique (la ch&#232;vre du couple dispara&#238;t, dans &#171; Fugitives &#187;, tout comme Carla, pour r&#233;appara&#238;tre en fin de r&#233;cit). &lt;br class='autobr' /&gt;
Outre ce r&#233;cit et les trois nouvelles autour de Juliet (dont Almodovar a tir&#233; en 2016 un film, Julieta), le recueil compte quatre autres nouvelles : &#171; Passion &#187; traite d'un th&#232;me cher &#224; Munro, une fille solitaire d'une petite ville fuit une terne relation amoureuse ; &#171; Offenses &#187; nous montre Delphine, une femme m&#251;re, tenter de manipuler Lauren, une jeune fille ; dans &#171; Ruses &#187;, Robin, par malchance et par suite de malentendus se voit condamn&#233;e &#224; une existence isol&#233;e ; &#171; Pouvoirs &#187; couvre, en cinq parties alternant les narrateurs, toute la vie de Nancy, o&#249; diff&#233;rentes relations s'entrecroisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sp&#233;cificit&#233; de ces histoires, comprises entre trente et cinquante pages, dont la construction est soigneuse et structur&#233;e, inlassablement travaill&#233;e par cette cr&#233;atrice jamais satisfaite, n'a pas &#233;chapp&#233; aux acad&#233;miciens, ces gal&#233;riens de la classification. Ils ont aussit&#244;t ouvert le feu sur la question du &lt;i&gt;genre&lt;/i&gt; des textes de Munro : d&#233;j&#224; dans le roman ? encore dans la nouvelle ? Ajoutons, simplement pour corser la discussion, avant de la d&#233;laisser pour de bon, qu'au sein des fronti&#232;res mouvantes et poreuses entre les genres litt&#233;raires, les histoires de Munro pourraient tout aussi bien trouver place dans le conte (au sens des Trois contes de Flaubert) ou le r&#233;cit (comme chez Gide). Mais on trouvera sans doute plus int&#233;ressant de rechercher des &#171; affinit&#233;s &#233;lectives &#187; entre Munro et des auteurs comme Raymond Carver&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-2' class='spip_note' rel='appendix' title='De Carver, on peut lire par exemple &#171; Les vitamines du bonheur &#187; et &#171; Short (...)' id='nh5-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Flannery O'Connor&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Flannery O'Connor, &#171; Les braves gens ne courent pas les rues &#187;, Folio ; &#171; (...)' id='nh5-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou Faulkner, qui tous parlent des gens du peuple d'outre-Atlantique. On a aussi rapproch&#233; notre auteure de Tchekhov qui, comme elle, privil&#233;gie l'atmosph&#232;re et l'investigation psychologique sur l'intrigue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour tomber sous le charme de Munro commencez donc par ce recueil, &#171; Fugitives &#187;. Ensuite, dans l'ordre ou le d&#233;sordre, &#171; L'amour d'une honn&#234;te femme &#187; (2001, Payot et Rivages), &#171; Du c&#244;t&#233; de Castle Rock &#187; (2010, Points). Citons aussi : &#171; Rien que la vie &#187; (2014, Points), unique texte autobiographique de cette auteure tr&#232;s pudique. Apr&#232;s ? Apr&#232;s, je suis s&#251;r que le lecteur saura se mouvoir seul parmi la quinzaine de recueils de Munro. N&#233;e en 1931 dans une famille modeste d'une petite ville de l'Ontario, elle sait d&#233;celer comme personne les drames cach&#233;s au sein de vies apparemment banales, dans une prose qui par certains c&#244;t&#233;s tient du &#171; r&#233;alisme magique &#187; d'un certain Garcia Marquez, au Sud du m&#234;me continent. Comme lui, j'allais l'oublier, Munro a re&#231;u, en 2013, le prix Nobel de litt&#233;rature.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;***** &lt;/h3&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb5-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-1' class='spip_note' title='Notes 5-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Fugitives &#187;, 2008, traduit de l'anglais, Le Seuil, coll. Points. Runaway pour les anglophones, qui auront la chance d'acc&#233;der au texte original.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-2' class='spip_note' title='Notes 5-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De Carver, on peut lire par exemple &#171; Les vitamines du bonheur &#187; et &#171; Short cuts &#187;, dont R. Altman a tir&#233; un film sous le m&#234;me titre, en &#233;dition de poche.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-3' class='spip_note' title='Notes 5-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Flannery O'Connor, &#171; Les braves gens ne courent pas les rues &#187;, Folio ; &#171; &#338;uvres compl&#232;tes &#187;, Quarto, Gallimard.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> &#171; Les meilleures nouvelles de Sherwood Anderson &#187; par les &#201;ditions Rue Saint-Ambroise</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/anthologies-nouvellologie-etc/article/les-meilleures-nouvelles-de-sherwood-anderson-par-les-editions-rue-saint</link>
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		<dc:date>2022-06-16T13:59:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Perrut</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;342 p. Edition &#233;tablie par Bernard Toro, novembre 2021.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/anthologies-nouvellologie-etc/" rel="directory"&gt;Anthologies, nouvellologie, etc.&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1268.jpg?1655387965' width='101' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans ses v&#234;tements n&#233;glig&#233;s, le docteur Parcival, qui n'a pas de patients, d&#233;livre, au milieu de propos confus, un message au jeune Georges Willard : &#171; Chaque individu au monde est le Christ et&#8230; tous sont crucifi&#233;s. &#187; Il le charge d'une mission, &#233;crire le livre qui dira cela. D&#232;s cette premi&#232;re nouvelle, &#171; Le Philosophe &#187;, on est saisi par l'atmosph&#232;re d'Anderson, l'oppression nous gagne &#224; la vue des petites gens qui errent dans la bourgade de Winesburg, chacun emmur&#233; dans sa solitude, comme Elizabeth Willard, la m&#232;re de Georges (&#171; La M&#232;re &#187;), ruminant dans son h&#244;tel d&#233;cr&#233;pit ses r&#234;ves calcin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La monotonie des jours, pour ces existences r&#233;tr&#233;cies, est pourtant travers&#233;e par un instant d&#233;cisif. Fuyant une insupportable solitude, Alice s'accouple sous la pluie avec un vieil homme quasi-sourd qui titube en rentrant chez lui (&#171; Aventure &#187;). Parti secouer le joug familial, Ray rentre d&#233;fait au bercail (&#171; Le Mensonge non prof&#233;r&#233; &#187;). En d&#233;finitive, la seule issue se trouve dans la fuite : charg&#233; d'une &#171; d&#233;l&#233;gation d'&#233;criture &#187; par ceux qui restent, Georges Willard finit par quitter Winesburg. Il suit en cela les bris&#233;es de Sherwood Anderson, s'&#233;chappant de la petite ville de Clyde &#224; vingt ans, en 1897, pour rejoindre &#224; Chicago un groupe d'&#233;crivains &#171; en r&#233;volte contre le village &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-1' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; Revolt from the village &#187;. Formule donn&#233;e par un journaliste &#224; ce groupe (...)' id='nh6-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dix premi&#232;res nouvelles du recueil sont tir&#233;es de &#171; Winesburg Ohio &#187; (1919), chef-d'&#339;uvre de l'auteur. Ce livre hybride&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Sur ce point on peut se reporter &#224; notre chronique, Winesburg Ohio de (...)' id='nh6-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, entre roman et recueil de textes courts, campe les histoires entrelac&#233;es d'une grappe de personnages, au sein de la bourgade imaginaire de Winesburg. C'est l'irruption dans la prose nordam&#233;ricaine du courant moderniste, marqu&#233; par le d&#233;placement de la focale de l'intrigue vers le drame int&#233;rieur des personnages, v&#233;ritable mati&#232;re du livre. L'auteur de &#171; Winesburg &#187; entra&#238;ne &#224; sa suite nombre de romanciers am&#233;ricains fameux, Faulkner, Hemingway et bien d'autres. Mais si l'ouvrage a figur&#233; dans les manuels scolaires outre-Atlantique, il reste &#224; ce jour tr&#232;s peu connu en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se r&#233;jouit donc de l'initiative des &#201;ditions Rue Saint-Ambroise qui nous proposent aujourd'hui un vaste panorama compos&#233; de vingt-six nouvelles de cet auteur (1876-1941), dans sa collection &#171; Les meilleures nouvelles &#187; qui comporte d&#233;j&#224; cinq titres de grands nouvellistes. Aux histoires tir&#233;es de &#171; Winesburg Ohio &#187;, s'ajoutent ici douze autres nouvelles publi&#233;es entre 1920 et 1939 et quatre &#224; titre posthume. Ces textes, parfois in&#233;dits, nous montrent un homme mari&#233; (&#171; Madame l'&#233;pouse &#187;), qui confie &#224; un ami sa violente attirance pour une autre femme. Avec &#171; L'Autre femme &#187; nous retrouvons ce sujet bien d&#233;licat pour un auteur qui a connu quatre mariages, et ces &#233;changes font souffler dans ces pages le vent du grand large. Puis, nous voyons un homme prendre un train dans une impulsion (&#171; Dans une ville inconnue &#187;) pour quitter la grise routine des jours. Il gagne une ville qu'il ne conna&#238;t pas, y dort une nuit, et l&#224; s'&#233;veille pour d&#233;couvrir le monde avec des yeux neufs, dans le calme et la fra&#238;cheur. Nous sommes enfin sortis du cloaque de Winesburg !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le langage parl&#233;, parfois rugueux, l'&#233;criture sans appr&#234;ts, qui ne craint ni les r&#233;p&#233;titions ni les retours en arri&#232;re pourront surprendre le lecteur francophone. Ceci correspond au choix assum&#233; des traducteurs, cherchant &#224; &#233;pouser au plus pr&#232;s le texte d'origine, s'inscrivant en cela dans la tendance dite de l'&#233;cole allemande de traduction (ou approche des &#171; sourcistes &#187; dans le jargon). Ce courant s'oppose &#224; celui de l'&#233;cole fran&#231;aise (celle des &#171; ciblistes &#187;) qui au contraire tire le texte vers sa langue de destination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aboutissement d'un travail d'&#233;quipe dirig&#233; par Bernardo Toro, r&#233;unissant cinq traducteurs (Isabelle Barat, Nathalie Barri&#233;, Pierre Bondil, Jean-Paul Deshayes et Johanne Le Ray) ainsi que Claire Bruy&#232;re, sp&#233;cialiste de l'auteur, cet important volume est compl&#233;t&#233; par un jeu de notices, parfois tr&#232;s d&#233;taill&#233;es. &#201;tablies par les traducteurs ainsi que par Claire Bruy&#232;re et Nemo Furvent, ces notes montrent la gen&#232;se de chaque texte et en d&#233;gagent les th&#232;mes majeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute pourrait-on sugg&#233;rer ici de compl&#233;ter le prochain ouvrage de cette pr&#233;cieuse collection par une biographie de l'auteur afin d'&#233;clairer, outre les grands &#233;v&#233;nements de sa vie, la fa&#231;on dont s'inscrit le travail du nouvelliste dans l'ensemble de l'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dernier mot peut-&#234;tre : la plus crue, la plus &#226;pre de ces histoires, restera sans nul doute pour moi celle de &#171; Mort dans les bois &#187;. Un jeune narrateur, encore enfant, fait une soudaine irruption dans le r&#233;cit pour assister, avec les notables du village, &#224; la d&#233;couverte d'un corps f&#233;minin inanim&#233; et d&#233;nud&#233;, mince et blanc, virginal, au milieu de la neige. C'est celui d'une femme ignor&#233;e de tous, morte de froid et d'&#233;puisement au milieu des bois, tandis que ses chiens dansent autour d'elle une folle sarabande &#224; la poursuite des lapins. Jamais l'enfant n'a oubli&#233; ce corps blanc, dans la neige. Devenu adulte, il lui a fallu mener l'enqu&#234;te pour raconter cette histoire, qui me suivra encore longtemps&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saluons sans r&#233;serve ce recueil qui forme un livre de r&#233;f&#233;rence pr&#233;cieux en langue fran&#231;aise sur un auteur d&#233;terminant de la prose nord-am&#233;ricaine, encore largement m&#233;connu dans notre pays.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;*****&lt;/h3&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb6-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-1' class='spip_note' title='Notes 6-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Revolt from the village &#187;. Formule donn&#233;e par un journaliste &#224; ce groupe d'&#233;crivains r&#233;unis par un m&#234;me rejet de leur petite ville d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-2' class='spip_note' title='Notes 6-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href='https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/anthologies-nouvellologie-etc/article/winesburg-ohio-de-sherwood-anderson' class='spip_in'&gt;Sur ce point on peut se reporter &#224; notre chronique, Winesburg Ohio de Sherwood Anderson, ou la r&#233;invention de la prose nord-am&#233;ricaine, 1er d&#233;cembre 2019&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Charles Gancel</title>
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		<dc:creator>Dominique Perrut</dc:creator>



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&lt;p&gt;Certains, on le verra, consid&#232;rent que la litt&#233;rature ne peut exister sans la mise en danger de l'auteur. Quant &#224; moi, jamais encore je n'avais envisag&#233; que musarder chez les bouquinistes m'exposait au risque de l'addiction. Dues au hasard des rayons d&#233;sordonn&#233;s, les trouvailles se conjuguent &#224; la d&#233;culpabilisation de l'acte d'achat, en raison des prix aujourd'hui d&#233;risoires pratiqu&#233;s sur les livres d'occasion. Vous voil&#224; vite devenu un accro. C'est ainsi que je suis tomb&#233; sur un recueil de nouvelles de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/plein-feu-sur/" rel="directory"&gt;Plein feu sur&#8230;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1249.jpg?1649855468' width='91' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Certains, on le verra, consid&#232;rent que la litt&#233;rature ne peut exister sans la mise en danger de l'auteur. Quant &#224; moi, jamais encore je n'avais envisag&#233; que musarder chez les bouquinistes m'exposait au risque de l'addiction. Dues au hasard des rayons d&#233;sordonn&#233;s, les trouvailles se conjuguent &#224; la d&#233;culpabilisation de l'acte d'achat, en raison des prix aujourd'hui d&#233;risoires pratiqu&#233;s sur les livres d'occasion. Vous voil&#224; vite devenu un accro. C'est ainsi que je suis tomb&#233; sur un recueil de nouvelles de Charles Gancel, qui m'a conduit vers un autre, puis encore un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les &#338;ufs &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7-1' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; Les &#338;ufs &#187;, nouvelles, Buchet-Chastel, 2004, 215 p.' id='nh7-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, recueil de neuf nouvelles, le premier de l'auteur, joue sur la mise en &#233;cho. Ainsi, &#171; La Saillie &#187; nous emm&#232;ne dans un restaurant hupp&#233;, o&#249; un homme v&#233;nal fait le beau devant ceux qui l'ach&#232;tent, avant de s'esquiver, regard fuyant et mine basse, son enveloppe dissimul&#233;e dans un journal. Il est &#224; l'image de l'&#233;talon fougueux, retour de la saillie, fourbu et l'&#339;il &#233;teint. Dans un jeu de miroir analogue, on voit dans &#171; R&#233;gl&#233; comme une horloge &#187;, le syst&#232;me intestinal d'un directeur de la logistique se mettre en parall&#232;le avec le process industriel implacable qu'il contr&#244;le avec ses algorithmes. Jusqu'au jour o&#249; une r&#233;union le retient &#224; l'heure fatidique&#8230; Revoici avec &#171; Demi-cuit &#187; le th&#232;me de la d&#233;pravation : un &#233;narque fra&#238;chement &#233;moulu d&#233;couvre en m&#234;me temps que les plaisirs du demi-cuit, dont le r&#233;galent les publicitaires en mal de contrats juteux, tout le jeu du donnant-donnant. S'il veut acc&#233;der aux faveurs d'Anne, la trop charmante, il doit pousser le cabinet publicitaire qui l'emploie aupr&#232;s du minist&#232;re de l'Agriculture. Mais l&#224;, son camarade de promotion conditionne ce service &#224; un coup de main pour la mise sous tutelle de l'agence o&#249; il officie. Au bout du compte, il perd sur tous les tableaux et Gancel sait alors tellement nous faire sentir la gifle cuisante re&#231;ue par notre na&#239;f &#233;narque. Il r&#233;alise que non seulement sa man&#339;uvre vient d'avorter, mais qu'elle l'a de plus &#233;clabouss&#233;. Ici, comme souvent, le talent de Gancel tient &#224; ce qu'il nous fait d&#233;couvrir d'en-dedans le monde feutr&#233; des puissants. Deux r&#233;cits altern&#233;s composent &#171; Crash &#187;, o&#249; le survivant d'une catastrophe a&#233;rienne agonise aupr&#232;s de la d&#233;pouille de son collaborateur, en voie de putr&#233;faction. Il d&#233;couvre alors dans les carnets de celui-ci l'histoire de sa trahison d&#233;j&#224; ancienne. &#192; l'occasion, Gancel ne d&#233;daigne pas titiller son lecteur avec des mots rares, si l'on admet que la synecdoque ou l'&#233;panalepse ne figurent pas dans nos formules prioritaires du petit d&#233;jeuner. On prendra ces taquineries comme autant d'invitations &#224; r&#233;viser nos bases.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Scalpels &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7-2' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; Scalpels &#187;, nouvelles, Buchet-Chastel, 2007, 180 p.' id='nh7-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou dix regards sur la honte. &#171; Et quelle a &#233;t&#233; votre plus grande honte ? &#187; a demand&#233; l'auteur autour de lui, avant de collecter les r&#233;ponses pour en faire dix histoires, tr&#232;s ma&#238;tris&#233;es, o&#249;, &#224; chaque fois vous rougissez pour le personnage. Avec &#171; Chouquette &#187;, un lyc&#233;en est &#233;gar&#233; dans la famille aristocratique de sa belle, dont il ne ma&#238;trise pas les codes. Puis, dans &#171; Arr&#234;te ! &#187;, revenant d'une semaine &#233;reintante, sous le feu roulant des piques fielleuses de sa femme, un jeune informaticien finit par la cogner. Deux losers punky rusent pour entrer dans une soir&#233;e de mannequins, dont ils ressortent couverts de vomissures (&#171; Beaux &#187;)&#8230; Certes, l'intrigue est parfois forc&#233;e (&#171; God &#187;), certaines chutes un peu rapides (&#171; Boudbit' &#187;), mais quelle importance ? La pr&#233;cision des tableaux que nous tend l'auteur, au &#171; scalpel &#187; justement, emporte &#224; chaque fois la conviction : nous marinons dans la sueur aigrelette de la g&#234;ne, dans ce recueil o&#249; l'unit&#233; de ton et la fabrique du r&#233;cit sont en tous points remarquables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec &#171; L'Inaccessible &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7-3' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; L'Inaccessible &#187;, nouvelles, Buchet-Chastel, 2004, 188 p.' id='nh7-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, nouvelle du recueil &#233;ponyme, le troisi&#232;me, on tombe sous les coups d'un pilonnage m&#233;taphorique inattendu. &#171; Sonn&#233; comme un pilote de mig en fin de ressource &#187; ; &#171; Il courait sur un lac gel&#233; dont il savait la couche trop fine &#187; ; &#171; Elle a v&#233;cu en lui&#8230; comme la basse continue et sombre de sa musique int&#233;rieure &#187;. Puis &#171; Manhattan &#187; nous fait d&#233;ambuler dans la nuit newyorkaise des ann&#233;es 70, probablement sur les pas de la jeunesse de l'auteur. L'hallucination visuelle nous prend avec l'arriv&#233;e de l'ambulance aupr&#232;s d'un motard accident&#233; : &#171; On referme sur lui une couverture de survie qui semble prendre feu dans la lumi&#232;re des phares &#187;. Nous entrons ensuite dans un univers de toxicos, au milieu d'une d&#233;cennie o&#249; psych&#233;d&#233;lique se confond avec LSD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'esp&#232;re vous avoir donn&#233; l'envie de lire Charles Gancel. Mais ai-je r&#233;pondu &#224; la question essentielle : Qu'est-ce qui fait que la plume de cet auteur ne ressemble &#224; aucune autre ? Qu'est-ce qui fait que sans cette singularit&#233;, ces nouvelles seraient aussi futiles que les entrechats d'un petit rat, pour reprendre la m&#233;taphore de Leiris&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7-4' class='spip_note' rel='appendix' title='Michel Leiris, &#171; De la litt&#233;rature consid&#233;r&#233;e comme une tauromachie &#187;, 1939, (...)' id='nh7-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour ce dernier, en effet, une &#339;uvre est anodine s'il n'y a rien d'&#233;quivalent en elle &#224; &#171; ce qu'est pour le &lt;i&gt;torero&lt;/i&gt; la corne ac&#233;r&#233;e du taureau, qui seule&#8230; l'emp&#234;che d'&#234;tre autre chose que gr&#226;ces vaines de ballerine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premi&#232;re apparence, Gancel ne s'expose pas beaucoup dans ces histoires largement fictionnalis&#233;es. Ceci dit, &#224; y regarder de plus pr&#232;s, dans certaines d'entre elles, &#171; Manhattan &#187; ou aussi &#171; L'Inaccessible &#187;, on d&#233;c&#232;le des r&#233;miniscences autobiographiques. Mais apr&#232;s tout, point n'est besoin de se flageller toutes les deux pages, comme l'auteur de L'&#194;ge d'homme pour prouver son engagement. Celui-ci se lit dans le d&#233;montage minutieux des m&#233;canismes, tant de la terreur hi&#233;rarchique que de la corruption, qui r&#232;gnent sur la sc&#232;ne sociale. &#171; - Son ch&#232;que personnel, son dessous de table, si vous voulez. Croyez-vous que nous ayons gard&#233; ce client gr&#226;ce &#224; vos qualit&#233;s commerciales ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7-5' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; La Saillie &#187;, in &#171; Les &#338;ufs &#187;.' id='nh7-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tableaux que nous montre Gancel sont sans nul doute tir&#233;s de sa longue exp&#233;rience de conseil pour le changement culturel dans les grands groupes. Voil&#224; une place, privil&#233;gi&#233;e s'il en est, pour confesser un &#224; un les acteurs du jeu social, et s'immerger dans les turpitudes de l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De multiples outils narratifs sont mani&#233;s, avec aisance, allant des effets de miroirs aux figures insolites et aux leimotivs, des r&#233;cits entrecrois&#233;s jusqu'aux jeux avec le lecteur. Mais le texte doit d'abord sa solidit&#233; &#224; la pr&#233;cision des peintures fond&#233;es sur l'exp&#233;rience et la documentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout du compte, le r&#233;cit n'est finalement qu'un pr&#233;texte, pour faire passer quelque chose de plus profond, d'inconscient &#224; inconscient diraient les psychanalystes, entre auteur et lecteur, via le medium du langage. C'est ce quelque chose d'ineffable, o&#249; passe tout l'engagement de l'auteur, avec les instruments qu'il a fa&#231;onn&#233;s, qui autorise &#224; qualifier un texte de litt&#233;raire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb7-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7-1' class='spip_note' title='Notes 7-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Les &#338;ufs &#187;, nouvelles, Buchet-Chastel, 2004, 215 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7-2' class='spip_note' title='Notes 7-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Scalpels &#187;, nouvelles, Buchet-Chastel, 2007, 180 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7-3' class='spip_note' title='Notes 7-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'Inaccessible &#187;, nouvelles, Buchet-Chastel, 2004, 188 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7-4' class='spip_note' title='Notes 7-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Leiris, &#171; De la litt&#233;rature consid&#233;r&#233;e comme une tauromachie &#187;, 1939, pr&#233;face &#224; &#171; L'&#194;ge d'homme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7-5' class='spip_note' title='Notes 7-5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La Saillie &#187;, in &#171; Les &#338;ufs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>&#171; H&#244;tel Casanova &#187; d'Annie Ernaux </title>
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		<dc:creator>Dominique Perrut</dc:creator>



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&lt;p&gt;Par hasard, &#224; la fin du mill&#233;naire, la narratrice tombe sur une lettre &#171; avec des taches de sperme &#187;. Resurgit tout aussit&#244;t chez elle une passion oubli&#233;e, quinze ans plus t&#244;t, dans l'h&#244;tel Casanova, qui donne son nom &#224; ce &#171; texte bref &#187;, premier de ce recueil &#233;ponyme . Non avares, on le voit, de pr&#233;cisions physiologiques, les rencontres avec cet amant, purement charnelles, alternent avec l'&#233;vocation douloureuse de la maladie qui emporte sa m&#232;re. C'est dans ce balancement que le texte trouve son intensit&#233;. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/" rel="directory"&gt;Critiques de recueils de nouvelles&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1230.jpg?1641558229' width='92' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par hasard, &#224; la fin du mill&#233;naire, la narratrice tombe sur une lettre &#171; avec des taches de sperme &#187;. Resurgit tout aussit&#244;t chez elle une passion oubli&#233;e, quinze ans plus t&#244;t, dans l'h&#244;tel Casanova, qui donne son nom &#224; ce &#171; texte bref &#187;, premier de ce recueil &#233;ponyme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8-1' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; H&#244;tel Casanova, d'abord publi&#233; en 2011, puis republi&#233; en 2020 chez Gallimard, (...)' id='nh8-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Non avares, on le voit, de pr&#233;cisions physiologiques, les rencontres avec cet amant, purement charnelles, alternent avec l'&#233;vocation douloureuse de la maladie qui emporte sa m&#232;re. C'est dans ce balancement que le texte trouve son intensit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agr&#233;able et stimulant, ce petit livre, dont les &#233;crits s'&#233;chelonnent sur deux d&#233;cennies, allant de 1984 &#224; 2006, nous fait ensuite retrouver les derniers moments de la m&#232;re avec &#171; Retours &#187;, puis &#171; Visite &#187;, avant d'entrer dans un registre plus social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Images, questions d'URSS &#187; et &#171; Leipzig, passage &#187;, deux courts journaux de voyage, nous introduisent en effet dans le cr&#233;puscule du bloc communiste. Pr&#233;cise et distanci&#233;e, l'&#233;criture s'attache &#224; esquiver le pi&#232;ge du conditionnement id&#233;ologique, qui oriente le regard d'une sympathisante : on cherche &#171; les signes visibles du bonheur ou du malheur d'&#234;tre sovi&#233;tique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour traquer les faits, tant&#244;t intimes, tant&#244;t sociaux, l'&#233;criture de l'auteure, qui se fonde sur &#171; des milliers de notes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Annie Ernaux, Les Ann&#233;es, Gallimard, coll Folio, 2008, p. 249.' id='nh8-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, prend une allure s&#232;che, m&#233;ticuleuse, clinique. Elle joue parfois de l'ellipse, souci d'efficacit&#233; ou recherche de &#171; l'effet journal &#187;, dont parle Barthes : &#171; en sortant, pens&#233;e cependant qu'ici&#8230; &#187; La phrase refuse le joli, la mise en sc&#232;ne. Ici ou l&#224;, ce qui n'est pas fr&#233;quent dans les pages d'Annie Ernaux, l'&#233;motion est formul&#233;e, dans des confidences ponctuelles, qui restent pourtant d&#233;tach&#233;es, par exemple sur un conflit familial &#224; l'&#226;ge de quinze ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec &#171; L'homme de la poste, &#224; C. &#187;, on croise une de ces vies minuscules auxquelles on ne pr&#234;te pas attention, lors de nos trajets quotidiens. Le r&#233;cit d&#233;busque les indices t&#233;nus de la lente d&#233;gringolade sociale d'un homme encore jeune, qui se tient en permanence &#224; l'entr&#233;e de la poste, ouvrant la porte aux usagers, pour une hypoth&#233;tique aum&#244;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, dans cet ensemble, deux textes, qui peuvent para&#238;tre hors registre, jettent une lumi&#232;re crue sur le projet d'&#233;criture d'Annie Ernaux. L'un, &#171; Cesare Pavese &#187;, courte chronique sur l'auteur italien, dit la force de r&#233;alit&#233; que produisent ses r&#233;cits. Ceci tient &#224; l'&#171; Effet d'une &#233;criture transparente, qui ne s'exhibe pas comme &#233;criture, mais tend &#224; faire seulement voir ou sentir, &#224;&#8230; &#8216;pr&#233;senter sans d&#233;crire'. Cette &#233;criture qui montre, sans analyser ni juger, donne exactement la sensation que donnent les choses au moment o&#249; on les vit, avant qu'elles soient interpr&#233;t&#233;es par l'intelligence et la m&#233;moire. &#187; Difficile de ne pas voir ici un credo de l'auteure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre, &#171; Le Chagrin &#187;, est un hommage &#224; Pierre Bourdieu &#224; l'annonce de son d&#233;c&#232;s. Elle y &#233;voque le &#171; choc ontologique &#187; qu'a produit pour elle la lecture de ses ouvrages o&#249; &#171; le refoul&#233; social &#187; fait irruption. Bourdieu montre &#171; des individus tels qu'ils sont inscrits dans le monde social &#187;. En d&#233;chirant le voile des apparences, il restitue les rapports de domination. Cet enjeu central de l'&#339;uvre du sociologue, Annie Ernaux le reprend en charge dans son &#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pavese et l'&#233;criture transparente, Bourdieu tirant le voile des apparences, ce sont, il me semble, deux bornes t&#233;moins du projet d'Annie Ernaux, pr&#233;par&#233; pendant &#171; plus de vingt ans 1 &#187;, et qui prend corps, notamment, dans Les Ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici, au total, un m&#233;lange de &#171; textes brefs &#187;, somme toute assez h&#233;t&#233;rog&#232;nes, nouvelles autobiographiques, journaux de voyage, sc&#232;nes de la vie sociale, oraison fun&#232;bre, chroniques de lectures. Ces morceaux, comme des jalons, ou des miroirs promen&#233;s au long du chemin d'une cr&#233;ation en train de se r&#233;aliser, testant tour &#224; tour diff&#233;rents registres. L'assemblage surprend de prime abord, mais on lit avec beaucoup d'agr&#233;ment ce petit recueil qui fournit, en peu de pages, les cl&#233;s de l'&#339;uvre d'Annie Ernaux, singuli&#232;re dans son inlassable qu&#234;te d'un r&#233;el d&#233;pouill&#233; de tout artifice, o&#249; la transparence de l'&#233;criture, qui ne &#171; s'exhibe pas &#187; comme telle, vise &#224; restituer la vie dans son imm&#233;diatet&#233;, sa densit&#233;. T&#226;che opini&#226;tre, infiniment modeste&#8230; ou, tout compte fait, peut-&#234;tre prom&#233;th&#233;enne&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb8-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8-1' class='spip_note' title='Notes 8-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; H&#244;tel Casanova, d'abord publi&#233; en 2011, puis republi&#233; en 2020 chez Gallimard, folio 2&#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8-2' class='spip_note' title='Notes 8-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Annie Ernaux, &lt;i&gt;Les Ann&#233;es&lt;/i&gt;, Gallimard, coll Folio, 2008, p. 249.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>L'antimoine de Leonardo Sciascia ou Le paradoxe de la narration</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/l-antimoine-de-leonardo-sciascia-ou-le-paradoxe-de-la-narration</link>
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&lt;p&gt;L'antimoine de Leonardo Sciascia ou Le paradoxe de la narration&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/anthologies-nouvellologie-etc/article/l-antimoine-de-leonardo-sciascia-ou-le-paradoxe-de-la-narration' class='spip_in'&gt; L'antimoine de Leonardo Sciascia ou Le paradoxe de la narration&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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