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	<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title>Plein feu sur un auteur : Jean-Michel CALVEZ</title>
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		<dc:date>2017-10-22T10:33:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;o Lamarche</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Nous avons coutume de r&#233;server cette rubrique &#171; Plein feu &#187; &#224; des maisons d'&#233;dition. Et pourquoi pas &#224; un auteur ? Nul n'a m&#233;rit&#233; cette mise en lumi&#232;re davantage que Jean-Michel CALVEZ, qui a fait partie des pionniers de Nouvelle Donne magazine en 1993 et collabore activement depuis 2013 &#224; Nouvelle Donne version Web en tant que membre du Comit&#233; de lecture et chroniqueur de recueils de nouvelles. Est-il besoin d'ajouter qu'il est lui-m&#234;me nouvelliste ? Bien s&#251;r que non puisque c'est &#224; ce titre que nous (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/plein-feu-sur/" rel="directory"&gt;Plein feu sur&#8230;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton748.jpg?1508668401' width='109' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous avons coutume de r&#233;server cette rubrique &#171; Plein feu &#187; &#224; des maisons d'&#233;dition. Et pourquoi pas &#224; un auteur ? Nul n'a m&#233;rit&#233; cette mise en lumi&#232;re davantage que Jean-Michel CALVEZ, qui a fait partie des pionniers de Nouvelle Donne magazine en 1993 et collabore activement depuis 2013 &#224; Nouvelle Donne version Web en tant que membre du Comit&#233; de lecture et chroniqueur de recueils de nouvelles. Est-il besoin d'ajouter qu'il est lui-m&#234;me nouvelliste ? Bien s&#251;r que non puisque c'est &#224; ce titre que nous avons eu l'id&#233;e de lui proposer ce &#171; Plein feu &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous l'avons d'abord interview&#233; pour qu'il se pr&#233;sente et nous parle de son recueil &lt;i&gt; Mani&#232;res noires &lt;/i&gt; , publi&#233; en 2008 aux &#233;ditions ActuSF .&lt;br class='autobr' /&gt;
Lien vers l'&#233;diteur : &lt;a href=&#034;http://www.editions-actusf.fr/jean-michel-calvez-lucie-chenu/manieres-noires&#034; class='spip_url spip_out' rel='external'&gt;http://www.editions-actusf.fr/jean-...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Interview pour Nouvelle Donne&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Peux-tu te pr&#233;senter, en quelques mots ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis un ing&#233;nieur reconverti depuis 2012 en traducteur technique et litt&#233;raire, passionn&#233; de litt&#233;rature : la science-fiction mais pas seulement ! Depuis 1997, j'ai publi&#233; 15 romans, principalement en science-fiction (une culture technique aide &#224; imaginer des sc&#233;narios et des environnements r&#233;alistes), et environ 100 &#224; 120 nouvelles dans les genres fantastique, noir, SF&#8230;, en recueils, magazines et anthologies diverses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Alors, es-tu avant tout auteur de nouvelles ou de romans ? Quelle est ta pr&#233;f&#233;rence ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux indiff&#233;remment selon l'inspiration. Les deux genres ne conviennent pas vraiment aux m&#234;mes sc&#233;narios ; c'est une question d'adaptation au besoin, car les sujets complexes &#224; fort d&#233;veloppement (en volume et en id&#233;es &#224; inclure) ne peuvent tenir sur le format court, en plus de tout ce qui se dit ou se th&#233;orise sur le genre court et sur les fa&#231;ons de l'aborder (chute, unit&#233; de temps et de lieu, etc.). J'ai commenc&#233; par la nouvelle, j'en ai &#233;crit environ 200 &#224; 250 et, quoi qu'il en soit, cela reste un excellent entra&#238;nement &#224; la forme longue&#8230; et r&#233;ciproquement, car aucun de ces deux genres n'est &#171; mineur &#187; ni plus important que l'autre &#224; mes yeux. Cela, les auteurs et lecteurs anglo-saxons l'ont bien mieux compris &#8211; et mis en pratique &#8211; que le lecteur fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Quelle est l'origine du projet de recueil qui allait devenir &lt;i&gt;Mani&#232;res noires &lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;r&#244;me Vincent, &#233;diteur d'ActuSF, m'a contact&#233; fin 2007 car il voulait absolument constituer un recueil en &#233;cho &#224; l'un de mes textes, &#171; Dernier souffle &#187;, qui venait d'&#234;tre nomin&#233; au GPI 2007 (Grand Prix de l'Imaginaire). La s&#233;lection des six autres textes s'est faite avec lui pour constituer un recueil &#224; la fois th&#233;matique et aux ambiances diversifi&#233;es entre fantastique classique &#224; la Maupassant ou Edgar Poe et textes plus contemporains par leur approche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La th&#233;matique du recueil est donc la mort ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, mais sous l'angle et l'approche irrationnelle qu'autorise le genre fantastique, rien &#224; voir avec les textes noirs proches du polar, malgr&#233; le visuel et le titre tr&#232;s connot&#233;s du recueil. Ce th&#232;me a &#233;t&#233; propos&#233; par l'&#233;diteur, lorsqu'il a d&#233;couvert le texte-phare, je parle de &#171; Dernier souffle &#187; qui a lanc&#233; ce projet. Le reste du recueil est compos&#233; de textes d&#233;j&#224; &#233;crits &#224; cette date mais rest&#233;s in&#233;dits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Dans ce cas, si la mort en est le fil rouge, quelle est l'explication du titre du recueil, int&#233;ressant voire intrigant, mais somme toute assez bizarre, voire incongru ? Un jeu de mots ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me pas ou pas tout &#224; fait. Ce titre &lt;i&gt;Mani&#232;res Noires&lt;/i&gt; est un clin d'&#339;il assum&#233; au genre noir contemporain (o&#249; la mort est aussi un sujet central), et s'appuie sur la &#171; mani&#232;re noire &#187; (titre de l'un des textes). Un terme du XVII&#232;me si&#232;cle d&#233;signant une technique de gravure invers&#233;e en n&#233;gatif, la pointe s&#232;che d&#233;gageant le trait blanc sur un fond noir comme sur une carte &#224; gratter. La couverture noir / blanc / rouge, un peu en marge des codes visuels habituels au genre fantastique, en est une forme d'illustration : la mort, le vide (voire le blanc du linceul, pourquoi pas ?), et le sang (ici sous forme de taches projet&#233;es accentuant la force et une certaine violence de l'image).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; As-tu un texte pr&#233;f&#233;r&#233; dans ce recueil ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dernier souffle &#187; assur&#233;ment, du fait que le sc&#233;nario s'appuie pour partie sur un souvenir d'enfance marquant et douloureux (drame familial). Mais d'autres textes me tiennent aussi beaucoup &#224; c&#339;ur, et j'ai eu la chance de pouvoir les r&#233;unir sur ce m&#234;me projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Par exemple ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une rencontre diaphane &#187;, pour ce &lt;i&gt;pas de c&#244;t&#233; &lt;/i&gt; insolite sur le th&#232;me de la rencontre entre deux &#234;tres. Et &#171; La visiteuse de tombes &#187; (et non pas : des tombes) car, l&#224; aussi, l'inattendu guette le lecteur pris au d&#233;pourvu par la chute. &#171; Forages &#187; est int&#233;ressant aussi mais bien plus provocateur par sa dimension quelque peu n&#233;crophile, disons pas tr&#232;s &#171; politiquement correct &#187; quant au respect d&#251; aux lieux propices au recueillement et &#224; la dignit&#233; que sont (cens&#233;s &#234;tre&#8230;) les cimeti&#232;res. &#192; ce titre, et se d&#233;roulant dans le m&#234;me lieu, &#171; La visiteuse de tombes &#187; est bien plus respectueux des convenances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La chute, la surprise finale pour le lecteur, semblent avoir une dimension importante dans tes nouvelles ? Ou est-ce juste le cas pour celles-l&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet. Je n'aime gu&#232;re les textes dont le final se dilue en &lt;i&gt;fade off&lt;/i&gt;, typiques de la nouvelle am&#233;ricaine, ni ceux qui vous laissent pantois ou frustr&#233; parce qu'on en attendait un peu plus, qui se terminent de fa&#231;on impromptue, au &#171; mauvais moment &#187; (m&#234;me si la notion de final id&#233;al d'un texte est sans doute tr&#232;s subjective). J'applique d'ailleurs parfois aussi cela au roman et pour deux d'entre eux au moins, l'intrigue se d&#233;noue sur une phrase r&#233;v&#233;lant juste avant le point final ce qui s'est produit sur plus de 400 pages de r&#233;cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Quel est ton lien avec Nouvelle Donne ? Depuis quand en es-tu membre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon &#233;pouse H&#233;l&#232;ne et moi avions adh&#233;r&#233; &#224; Nouvelle Donne presque &#224; ses d&#233;buts, vers 1992, puis nous avons cess&#233; juste apr&#232;s la naissance des enfants, qui ne nous permettaient plus de nous d&#233;placer ais&#233;ment pour les r&#233;unions r&#233;guli&#232;res de l'association. Nous avons repris contact il y a 4 ans environ, apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de Christian Congiu, une fois nos enfants autonomes et les relations largement simplifi&#233;es par Internet (comit&#233; de lecture, etc.), ayant donc doublement gagn&#233; en libert&#233; pour collaborer de diverses fa&#231;ons &#224; Nouvelle Donne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; As-tu d'autres projets de recueils ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y en a un autre, &lt;a href='https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/coup-de-pouce-jean-michel-calvez' class='spip_in'&gt;&lt;i&gt;Coup de Pouce &lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, publi&#233; l'an dernier chez Lune &#201;carlate, mais on sait que les recueils n'ont pas la faveur des &#233;diteurs francophones, quel que soit le genre, et c'est un combat presque perdu d'avance que de se faire publier sous ce format trop peu vendeur. Un autre projet &#233;tait en route chez &lt;i&gt;Lune &#201;carlate&lt;/i&gt; (un recueil de textes fantastiques celui-l&#224;, pour changer de la science-fiction pour &lt;i&gt;Coup de Pouce&lt;/i&gt;), mais l'accouchement ou la d&#233;cision de lancement effective semblent tarder. Idem pour un autre projet gel&#233;, en litt&#233;rature &#171; blanche &#187; cette fois, m&#234;me s'il s'agira de textes assez &#171; noirs &#187; ! La patience est souvent la premi&#232;re vertu des auteurs, parfois plus encore que leur aptitude &#224; la &#171; solitude face &#224; l'&#233;cran &#187; pour &#233;crire et imaginer leurs histoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par L&#233;o Lamarche&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment je me suis d&#233;barrass&#233; de ma m&#232;re, de Gilles Abier, &#233;d. Actes Sud Junior, 128 pages, 12 euros. &#192; partir de 14 ans. </title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/comment-je-me-suis-debarrasse-de-ma-mere-de-gilles-abier-ed-actes-sud-junior</link>
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		<dc:date>2016-03-08T20:44:46Z</dc:date>
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		<dc:creator>L&#233;o Lamarche</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#034;Un conseil ! N'accepte jamais ta m&#232;re comme amie sur Facebook. M&#234;me si elle te fixe avec insistance pendant le d&#238;ner apr&#232;s t'avoir demand&#233; si tu as bien re&#231;u son invitation. Pr&#233;tends que tu n'es pas sur ton profil vingt-quatre heures sur vingt-quatre, que tu es sollicit&#233;e sans arr&#234;t par des inconnus, ou que tu l'as zapp&#233;e par inadvertance. De toute fa&#231;on, tu as une vie en dehors des r&#233;seaux sociaux... Dis n'importe quoi, mais ne clique pas ! Surtout si ta m&#232;re est sympa. Sinon, tu finiras peut-&#234;tre comme (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/" rel="directory"&gt;Critiques de recueils de nouvelles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton481.jpg?1474812763' width='110' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Un conseil ! N'accepte jamais ta m&#232;re comme amie sur Facebook. M&#234;me si elle te fixe avec insistance pendant le d&#238;ner apr&#232;s t'avoir demand&#233; si tu as bien re&#231;u son invitation. Pr&#233;tends que tu n'es pas sur ton profil vingt-quatre heures sur vingt-quatre, que tu es sollicit&#233;e sans arr&#234;t par des inconnus, ou que tu l'as zapp&#233;e par inadvertance. De toute fa&#231;on, tu as une vie en dehors des r&#233;seaux sociaux... Dis n'importe quoi, mais ne clique pas ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout si ta m&#232;re est sympa.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sinon, tu finiras peut-&#234;tre comme moi. &#192; la d&#233;tester au point de l'&#233;liminer.&#034; &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; Elles sont terribles, ces m&#232;res-l&#224; : volontiers tyranniques, parfois carr&#233;ment diaboliques, parfaitement intrusives, un tantinet abusives, elles court-circuitent vos relations sur les r&#233;seaux sociaux, vous font plus ou moins honte au quotidien, vous forcent &#224; poursuivre des r&#234;ves de gloire qui ne sont pas forc&#233;ment les v&#244;tres... &lt;br class='autobr' /&gt;
Une seule id&#233;e hante les ados, gar&#231;ons et filles, de ce recueil : comment parvenir, au final, &#224; s'en d&#233;barrasser ? Tous les coups sont permis, tous les moyens sont bons : faire interner la &#034;folle&#034; de service, pi&#233;ger l'ind&#233;licate qui triche pour vous faire gagner une comp&#233;tition de tennis, quitter purement et simplement la maison et chercher des parents ailleurs, l'effacer de vos &#034;amis&#034; facebook et la chasser de votre c&#339;ur ou m&#234;me la &#034;tuer&#034; purement et simplement, m&#234;me si ce n'est qu'un geste symbolique. Servis par une &#233;criture fluide, une architecture narrative impeccable, cette galerie de personnages hauts en couleur g&#233;n&#232;re une tension dramatique qui tient le lecteur en haleine... jusqu'&#224; la chute, toujours inattendue. Quant &#224; la mauvaise foi, des m&#232;res ou des ados, &#224; chacun de d&#233;cider dans quel camp elle se trouve...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Non &#224; l'intol&#233;rance, Collectif dirig&#233; par Murielle Szac, &#233;d. Actes Sud, 96 pages, 8 euros. &#192; partir de 12 ans.</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/non-a-l-intolerance-collectif-dirige-par-murielle-szac-ed-actes-sud-96-pages-8</link>
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		<dc:creator>L&#233;o Lamarche</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#034;Elle n'est pas comme nous, il n'est pas comme nous. Pas la m&#234;me couleur de peau, pas la m&#234;me religion, pas la m&#234;me origine... mais aussi pas le m&#234;me look, pas les m&#234;mes go&#251;ts, pas les m&#234;mes mani&#232;res de parler, de se comporter, de vivre...&#034; Les six nouvelles de ce recueil donnent la parole &#224; ceux qui ne l'ont pas, ou dont la voix est si faible qu'elle ne sait pas se faire entendre. Il y a Amel et &#201;lie qui se sont rencontr&#233;s dans un train sur la ligne Aix-Marseille. Un vrai coup de foudre, malgr&#233; leurs (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/" rel="directory"&gt;Critiques de recueils de nouvelles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton480.gif?1474812777' width='94' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Elle n'est pas comme nous, il n'est pas comme nous. Pas la m&#234;me couleur de peau, pas la m&#234;me religion, pas la m&#234;me origine... mais aussi pas le m&#234;me look, pas les m&#234;mes go&#251;ts, pas les m&#234;mes mani&#232;res de parler, de se comporter, de vivre...&#034;&lt;/i&gt; Les six nouvelles de ce recueil donnent la parole &#224; ceux qui ne l'ont pas, ou dont la voix est si faible qu'elle ne sait pas se faire entendre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a Amel et &#201;lie qui se sont rencontr&#233;s dans un train sur la ligne Aix-Marseille. Un vrai coup de foudre, malgr&#233; leurs diff&#233;rences qui s'enrichissent du contact de l'autre. Elle est musulmane, lui est juif et cela ne leur pose pas de probl&#232;me. Aux autres si. Un couteau brandi par le fr&#232;re d'Amel viendra mettre fin &#224; cette si belle idylle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ark&#233;mi n'est coupable que d'avoir &lt;i&gt;&#034;une couleur de peau diff&#233;rente, un accent bizarre, une histoire qui n'(est) pas celle des gar&#231;ons de la vall&#233;e...&#034;&lt;/i&gt; Il vit heureux dans sa famille d'accueil jusqu'&#224; ce que des skins d&#233;barquent au village, rep&#232;rent le &#034;p'tit Arabe&#034; et d&#233;cident de &#034;s'le faire&#034;. Commence alors la traque, au terme de laquelle le jeune Arm&#233;nien trouve refuge dans une usine de produits chimiques o&#249; des agents de s&#233;curit&#233;, aussi &#233;clair&#233;s que compatissants, vont &#233;couter son histoire et l'aider &#224; trouver ce travail qui lui permettra de rester en France... Les deux premi&#232;res nouvelles de ce recueil de six, fruit d'une r&#233;sidence d'&#233;crivains &#224; Ch&#226;teau-Arnoux, donnent le ton. Ces textes excellemment &#233;crits, sans nuance aucune et didactiques en diable, constell&#233;s de morceaux de bravoure, semblent propres &#224; faire ouvrir les yeux &#224; ceux de nos ados qui ne regardent pas autour d'eux. On y navigue de situation critique en personnages forts, comme la jeune Juanita, fille d'une &#034;machi&#034; (sorci&#232;re) chilienne assassin&#233;e par ceux qui d&#233;forestent le pays, ce coll&#233;gien harcel&#233; &#224; la r&#233;cr&#233; et qui se demande &#034;pourquoi moi ?&#034;, sans savoir qu'il n'y a pas forc&#233;ment de r&#233;ponse, ce journaliste &#224; l'agonie enferm&#233; dans la prison de son corps malade qui se rem&#233;more l'attentat de Charlie Hebdo qui l'a priv&#233; de son copain Tignous, ou ce jeune r&#233;sistant &#224; l'&#226;me &#233;lev&#233;e qui en remontre &#224; sa hi&#233;rarchie. Presque tous adolescents, donc proches du lecteur, ils posent les bonnes questions, nous poussent &#224; r&#233;fl&#233;chir tout en nous secouant le c&#339;ur au passage. Des r&#233;cits militants, sans concessions, qui disent haut et fort &#034;Non !&#034; &#224; l'intol&#233;rance. Sous toutes ses formes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Journal de bord d'un bateau ivre</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;o Lamarche</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La derni&#232;re fois que j'ai vu Maman, - consciente, s'entend, m&#234;me si elle n'&#233;tait plus lucide depuis longtemps &#8211; elle a essuy&#233; sur ses joues les baisers que je venais d'y d&#233;poser. &#8220;Mais&#8230; Mais d'o&#249; nous connaissons-nous, Madame ?&#8221; m'a-t-elle demand&#233;, outr&#233;e d'une telle familiarit&#233;. Je n'ai jamais trouv&#233; les mots pour d&#233;finir ce que j'ai ressenti en cet instant, angoisse, impuissance et terreur m&#234;l&#233;es, qui m'ont fait me raccrocher aux montants du lit m&#233;dicalis&#233; comme &#224; une bou&#233;e&#8230; Ces mots, Catherine, la narratrice, (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton380.jpg?1474812770' width='95' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La derni&#232;re fois que j'ai vu Maman, - consciente, s'entend, m&#234;me si elle n'&#233;tait plus lucide depuis longtemps &#8211; elle a essuy&#233; sur ses joues les baisers que je venais d'y d&#233;poser. &#8220;Mais&#8230; Mais d'o&#249; nous connaissons-nous, Madame ?&#8221; m'a-t-elle demand&#233;, outr&#233;e d'une telle familiarit&#233;. Je n'ai jamais trouv&#233; les mots pour d&#233;finir ce que j'ai ressenti en cet instant, angoisse, impuissance et terreur m&#234;l&#233;es, qui m'ont fait me raccrocher aux montants du lit m&#233;dicalis&#233; comme &#224; une bou&#233;e&#8230; Ces mots, Catherine, la narratrice, les a trouv&#233;s, les mots perdus ou jamais connus, pour dire l'exp&#233;rience de la fin imminente. L'effroi, la tristesse et l'ambigu&#239;t&#233; aussi, de ce qui nous lie, comme un ultime cordon ombilical, &#224; ces proches qui s'en vont peu &#224; peu explorer les rivages de la &#8220;d&#233;mence s&#233;nile&#8221;, d'abord caricature de ce qu'ils ont &#233;t&#233; et ensuite enveloppe vide. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais point n'est besoin d'avoir v&#233;cu le long calvaire de cette famille pour &#234;tre touch&#233; au c&#339;ur par ce r&#233;cit rempli de compassion et d'humanit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
De la plume distanci&#233;e d'une entomologiste, Catherine d&#233;crit la premi&#232;re alerte, le s&#233;jour aux urgences, le diagnostic d'un m&#233;decin distrait &#8211; il en a vu bien d'autres ! &#8211; suivi de la longue spirale des &#233;laborations d&#233;lirantes. Elle d&#233;crit, sans pathos mais avec une infinie justesse, l'impuissance des blouses blanches, la culpabilit&#233; aussi, celle qu'entra&#238;nent les choix n&#233;cessaires que personne n'est pr&#233;par&#233; &#224; assumer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, la lecture de cette immersion dans les m&#233;andres de &#8220;l'humaine condition&#8221; n'est pas douloureuse, on sourit parfois avec elle des fantaisies de la parano&#239;a et l'on admire surtout l'instinct de survie de cette fratrie d&#233;chir&#233;e par une fin annonc&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle fille n'a pas eu, avec sa m&#232;re, des relations compliqu&#233;es ? Elles sont pr&#233;sentes &#233;galement, &#224; travers ce journal o&#249; chaque phrase est une interrogation suspendue (&lt;i&gt;Et moi ? Que va-t-il advenir ? Quelle sera ma propre fin que je sens &#224; pr&#233;sent plus proche ?&lt;/i&gt;). Car si on vient &#224; mesurer, au fil du temps, la fragilit&#233; de ses parents, on s'accroche &#224; l'id&#233;e enfantine qu'ils sont indestructibles. Et voici qu'un jour, nos certitudes partent &#224; vau-l'eau. C'est cet instant pr&#233;cis, cet instant o&#249; le gouffre s'ouvre sous nos pieds, que Brigitte Niquet a su si bien exprimer. Je souhaite &#224; tous ceux qui liront ce r&#233;cit dense, pudique, o&#249; pass&#233; et pr&#233;sent se superposent, le m&#234;me courage et la m&#234;me force d'&#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brigitte Niquet, &lt;i&gt;Le bateau a eu une avarie&lt;/i&gt;, &#233;d. L'Harmattan, coll. &#8220;Les Impliqu&#233;s&#8221;, 172 pages, 17 euros.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les naufrag&#233;s</title>
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		<dc:date>2013-05-29T09:27:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;o Lamarche</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#199;a &#199;a, c'est un &#233;pandoir, une d&#233;charge sordide tout pr&#232;s de la rocade qui va de nulle part &#224; l&#224;-bas. De loin, l'odeur. De pr&#232;s, d'infinies taupini&#232;res d'immondices. Et tout autour, des grilles, pour que personne ne fauche ce qui ne sert plus &#224; rien. Les barbel&#233;s, pourtant, n'arr&#234;tent pas les vauriens, tra&#238;ne-savates et graines d'assassins qui peuplent les fantasmes des honn&#234;tes citoyens&#8230; &#224; commencer par les zonards de Malvesin. Un lieu-dit, lieu de rejet, lieu de d&#233;chets en bordure de for&#234;t. Vague terre, (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton358.png?1474812763' width='112' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_169 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;width:500px;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L500xH675/naufra-ba685.png?1639927096' width='500' height='675' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-169 spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;&lt;i&gt;Illustration : Jo Brouillon - 2013&lt;/i&gt;
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;&#199;a&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#199;a, c'est un &#233;pandoir, une d&#233;charge sordide tout pr&#232;s de la rocade qui va de nulle part &#224; l&#224;-bas. &lt;br class='autobr' /&gt;
De loin, l'odeur. &lt;br class='autobr' /&gt;
De pr&#232;s, d'infinies taupini&#232;res d'immondices.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et tout autour, des grilles, pour que personne ne fauche ce qui ne sert plus &#224; rien. Les barbel&#233;s, pourtant, n'arr&#234;tent pas les vauriens, tra&#238;ne-savates et graines d'assassins qui peuplent les fantasmes des honn&#234;tes citoyens&#8230; &#224; commencer par les zonards de Malvesin. Un lieu-dit, lieu de rejet, lieu de d&#233;chets en bordure de for&#234;t. Vague terre, pel&#233;e, souill&#233;e, o&#249; ont &#233;chou&#233; les rebuts de la soci&#233;t&#233; dans des mobile homes d&#233;glingu&#233;s et des carcasses abandonn&#233;es. De loin, on peut les voir, le soir, r&#233;chauffer leurs mains &#224; la flamme, silhouettes furtives, d&#233;finitivement louches tandis que le brasero dessine son sabbat d'ombres. Alors, on n'y va pas, &#224; Malvesin, on laisse les pauvres squatter tranquille leur ghetto de marais. Des fois que &#231;a leur plairait. Et puis, ils se rendent utiles en tirant de la d&#233;charge tout ce qui pourrait &#234;tre recyclable. Et enfin, ils n'ont pas d'importance. Un jour ou l'autre, il faudra qu'ils d&#233;campent.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Elle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Elle l'attendait, &#224; l'arriv&#233;e du car, fragile, f&#233;brile, toute gonfl&#233;e d'esp&#233;rance. Elle cria : &#171; Tu l'as ? &#187; d&#232;s qu'elle le vit passer la porte &#224; soufflets pour descendre. La radio tonitruait &lt;i&gt;L'&#233;t&#233; indien&lt;/i&gt; de Joe Dassin. Mario fit signe que oui, heureux d'&#233;chapper &#224; la d&#233;ferlante musicale. Les yeux de Rita s'allum&#232;rent comme les petites ampoules d'un arbre de No&#235;l. Mario n'avait jamais vu d'arbre de No&#235;l, sinon derri&#232;re le pare-brise des camions qui tracent sur l'autoroute. Alors, il les imaginait comme les yeux de Rita quand elle kiffe. Il ne l'avait pas souvent vue comme &#231;a, une fois ou deux seulement, il y a longtemps. Le reste du temps, Rita &#233;tait Rita, un petit bout de meuf &#233;nergique et d&#233;sesp&#233;r&#233;e. Obs&#233;d&#233;e par la propret&#233; ce qui, vu leurs conditions de vie, &#233;tait une grande affaire. Ni eau, ni &#233;lectricit&#233;, ni lieux d'aisance, Malvesin avait une certaine tendance &#224; puer. Ses habitants de m&#234;me, l'odeur de la fatalit&#233;. Cette m&#234;me fatalit&#233; qu'il lisait si souvent dans les yeux de Rita. Mais pas l&#224;. Pourtant, si elle savait seulement, Rita&#8230; Il voulut lui parler, la douleur lui tira une grimace. Les ampoules s'&#233;teignirent dans les yeux de la belle, mais elle souriait encore. Elle lui dit : &#171; On va f&#234;ter &#231;a &#187;. Et il l'enla&#231;a sans r&#233;pondre. Ils remont&#232;rent &#224; petits pas le long de la route caillouteuse.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Les autres&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ils &#233;taient tous l&#224;-bas &#224; les attendre autour d'une 4L qui avait &#233;t&#233; bleue, bleu roi, bleu flic et maintenant rouill&#233;e. Le gyrophare pendait encore, mais on avait enterr&#233; les pandores qui avaient eu la si mauvaise id&#233;e de s'aventurer jusqu'ici. Personne ne revenait de Malvesin, sinon sous forme de pourriture. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y avait D&#233;d&#233; le Gitan, Mano et sa Jacqueline, la Mam&#233;, les enfants crasseux et piaillants. Y'avait Zo&#233;, la junkie aux yeux vagues et son compagnon de shooteuse. Il y avait les &#233;ph&#233;m&#232;res, qui passent et disparaissent au gr&#233; de leurs gal&#232;res. Tout ce monde-l&#224; regardait Mario, son jean neuf, son tee-shirt &lt;i&gt;C&#233;lio&lt;/i&gt;. Son sac &lt;i&gt;Promod&lt;/i&gt;, o&#249; on devinait des fringues neuves pour Rita. &lt;br /&gt;&#8212; Alors, c'est bien vrai, tu l'as eu ce job ? demanda Manu en lui tendant sa Kro. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mario hocha la t&#234;te. La bi&#232;re &#233;tait ti&#233;dasse, fadasse. D&#233;d&#233; le Gitan n'en revenait pas.
&lt;br /&gt;&#8212; Celui de l'annonce ? Qui proposait mille euros la journ&#233;e ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Mario fit &#224; nouveau signe que &#171; oui &#187;. &lt;br /&gt;&#8212; Allez, raconte ! s'impatienta Mam&#233; car les vieilles sont curieuses. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, Mario ouvrit la bouche et tout le monde comprit. Les regards se baiss&#232;rent, les visages se d&#233;tourn&#232;rent et chacun retourna &#224; son n&#233;ant. Mario avait vendu ses dents.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Ici&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les yeux de Mario le dirent &#224; Rita : &#171; Il faut se tirer de l&#224;, &#231;a urge. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et Rita approuva, du bout des cils. &#171; Je sais. Mais o&#249; aller ? &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils &#233;taient n&#233;s &#224; Malvesin, ou c'est tout comme. Leurs souvenirs ne remontaient pas plus loin que les deux camionnettes en t&#244;le ondul&#233;e, vis-&#224;-vis de l'entr&#233;e de cette cour des miracles. Devant, il y avait encore le p&#233;rim&#232;tre barbel&#233; de la d&#233;charge, un peu plus loin les deux bretelles d'acc&#232;s &#224; la rocade qui se perdent aux lointains. Apr&#232;s celles-ci, apr&#232;s la ville o&#249; vous conduisait le car du matin, il n'y a plus rien. Contrairement &#224; ce qu'on dit, la terre est plate et Malvesin, au bout du monde. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mario tendit &#224; Rita le sac en plastique, elle en sortit une chose violemment bariol&#233;e et qu'elle trouva tr&#232;s classe. Elle lui sauta au cou et il g&#233;mit, la joue gonfl&#233;e. Une fois chez eux, dans la caravane, elle l'enfila sans plus attendre. Et il l'a regard&#233;e, il l'a ador&#233;e, les fesses nues &#224; se tortiller au milieu des dentelles. Il prit sa bouche, malgr&#233; ses l&#232;vres douloureuses, ses gencives tum&#233;fi&#233;es, elle lui offrit le plus long des baisers et ils d&#233;cid&#232;rent d'aller voir la mer.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;L&#224;-bas&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ils ont toujours aim&#233; imaginer la mer. Tout gosses, d&#233;j&#224;, ils grimpaient s'asseoir sur la Dune, s'&#233;puisaient &#224; imaginer l'infini miroiter au fond des golfes clairs, tandis que la mar&#233;e montait tout autour d'eux, autour du monticule surplombant la rocade qu'ils avaient appel&#233; la Dune en souvenir du sable du d&#233;sert. Ils ramassaient des pierres qu'ils nommaient coquillages et leurs doigts s'enla&#231;aient, leurs rires se confondaient. Klaxons, mouettes, rumeurs d'autos, coulis du vent du large qui ramenait avec lui les remugles de la d&#233;charge, les senteurs du gaz carbonique, de l'usine de retraitement des d&#233;chets. Et puis, aussi, une sorte d'oubli. Rita racontait le soleil, la plage, les cocotiers aper&#231;us sur l'affiche d'un club de vacances, Mario songeait &#224; se faire livrer la mer &#224; domicile, quand ils seraient riches, enfin, et adultes, peut-&#234;tre. Quand ils seraient partis bien loin. Mais on ne quitte pas Malvesin, on y reste. Alors, la Dune, la mer, les temp&#234;tes des furies routi&#232;res&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Eux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ils go&#251;t&#232;rent un moment le couchant flamboyant, ses &#233;clats pollu&#233;s aux senteurs corrompues. Leurs silences confondus, ils attendaient que leurs corps se noient d'ombre, comme des bouteilles qu'on jette au loin et qui finissent par dispara&#238;tre. Alors, ils s'invent&#232;rent un cocktail compliqu&#233; savour&#233; en lisi&#232;re du rivage, il lui croqua un sein, elle le repoussa en riant, il la poursuivit dans les vagues et ils se baign&#232;rent nus, comme au tout premier soir du monde. Et puis, la houle les emporta. Lentement d'abord, puis sauvagement, ils firent l'amour comme on se noie, loin de la d&#232;che de Malvesin, de D&#233;d&#233; le Gitan, de Zo&#233;, de Mam&#233; et des enfants qui jouent dans la poussi&#232;re. Loin des exp&#233;dients, de tout ce qui peut se vendre pour survivre, loin de cette arme &#233;chou&#233;e &#224; c&#244;t&#233; d'eux dans l'herbe. Un g&#233;missement d&#233;chira le silence et les laissa, haletants, d&#233;senlac&#233;s sur le tertre surplombant le long serpent des phares. Rita souriait aux anges. Mario se dit qu'elle devait &#234;tre heureuse. Elle s'&#233;tira. Il la trouva si belle. Elle s'allongea, abandonnant son corps aux vapeurs d&#233;l&#233;t&#232;res. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il se dit qu'il l'aimait. &lt;br class='autobr' /&gt;
Autour d'eux, les minutes ruisselaient comme la vague se retire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Rita souriait, la t&#234;te l&#233;g&#232;rement pench&#233;e, elle le regardait. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il se dit qu'il fallait du courage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et il tira. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une balle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Posa le Glock et s'alluma une clope, serr&#233; contre le corps ti&#232;de de Rita. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis il contempla la mer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une derni&#232;re fois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L&#233;o Lamarche</title>
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		<dc:creator>L&#233;o Lamarche</dc:creator>



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&lt;p&gt;Apr&#232;s une carri&#232;re d'agr&#233;g&#233;e de lettres, Leo Lamarche se consacre &#224; plein temps &#224; l'&#233;criture. Nouvelle donne lui a confi&#233; les pages polar et la direction du comit&#233; de lecture. &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;o n'a jamais &#233;t&#233; h&#244;tesse de l'air, karat&#233;ka professionnelle, serveuse dans un fast-food ou miss Champagne-Ardennes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle ne s'est pas non plus engag&#233;e dans le corps des sapeurs-pompiers. Apr&#232;s vingt ann&#233;es pass&#233;es &#224; tenter de donner aux t&#234;tes blondes le go&#251;t de la litt&#233;rature, elle est tomb&#233;e dans le noir et ne s'en est pas remise. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/l-equipe-de-nd/" rel="directory"&gt;L'&#233;quipe de ND&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton100.jpg?1474812763' width='113' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s une carri&#232;re d'agr&#233;g&#233;e de lettres, Leo Lamarche se consacre &#224; plein temps &#224; l'&#233;criture. &lt;i&gt;Nouvelle donne&lt;/i&gt; lui a confi&#233; les pages polar et la direction du comit&#233; de lecture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L&#233;o n'a jamais &#233;t&#233; h&#244;tesse de l'air, karat&#233;ka professionnelle, serveuse dans un fast-food ou miss Champagne-Ardennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle ne s'est pas non plus engag&#233;e dans le corps des sapeurs-pompiers. Apr&#232;s vingt ann&#233;es pass&#233;es &#224; tenter de donner aux t&#234;tes blondes le go&#251;t de la litt&#233;rature, elle est tomb&#233;e dans le noir et ne s'en est pas remise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, elle &#233;crit, des nouvelles pour l'essentiel. Des romans et des contes pour les enfants et les adolescents. Christian y est pour quelque chose, lui qui savait si bien communiquer sa passion pour les textes courts. Une belle rencontre. Merci &#224; lui, merci &#224; toute l'&#233;quipe des nouvellistes militants qui poursuit d&#233;sormais son projet. Et que vive la nouvelle&#8230;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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