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	<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title>Francis Mizio raccroche les gants</title>
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		<dc:date>2004-01-26T12:07:08Z</dc:date>
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		<dc:creator>&#201;ric Mercier</dc:creator>



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&lt;p&gt;Enfin reconnu comme nouvelliste et romancier de tout premier plan, voici que l'ami Mizio nous tire sa r&#233;v&#233;rence. Pour Nouvelle donne, il dresse le bilan de sa trop courte carri&#232;re et nous dit le pourquoi de ce surprenant adieu &#224; l'&#233;criture. Gonfl&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
[Ceci est la version int&#233;grale de l'interview paru dans Nouvelle donne n&#176; 34] &lt;br class='autobr' /&gt;
Les d&#233;buts &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout petit d&#233;j&#224;, je voulais &#234;tre James Joyce et donc voyager comme lui en premi&#232;re classe tandis que ma famille suivrait derri&#232;re en troisi&#232;me... Non, je plaisante. En (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/accueil/nd-34-michel-quint/les-interviews/" rel="directory"&gt;Les interviews&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Enfin reconnu comme nouvelliste et romancier de tout premier plan, voici que l'ami Mizio nous tire sa r&#233;v&#233;rence. Pour Nouvelle donne, il dresse le bilan de sa trop courte carri&#232;re et nous dit le pourquoi de ce surprenant adieu &#224; l'&#233;criture. Gonfl&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;[Ceci est la version int&#233;grale de l'interview paru dans Nouvelle donne n&#176; 34]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;buts&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout petit d&#233;j&#224;, je voulais &#234;tre James Joyce et donc voyager comme lui en premi&#232;re classe tandis que ma famille suivrait derri&#232;re en troisi&#232;me... Non, je plaisante. En v&#233;rit&#233; j'ai toujours &#233;prouv&#233; un besoin physique d'&#233;crire pour pallier l'ennui, l'exaltation, etc., toutes ces diverses choses que l'on &#233;prouve. J'&#233;tais un enfant m&#233;lancolique et n'ai pas eu une enfance tr&#232;s heureuse. Aussi, je suis devenu graphomane et j'ai commenc&#233; &#224; &#233;criture en secret, vers l'&#226;ge de 10 ans, des histoires de science-fiction. Je lisais m&#234;me de fa&#231;on boulimique, au point que je fis du surmenage &#224; l'&#226;ge de 11 ans et que le m&#233;decin m'interdit de lire durant trois semaines, ce que je ne pus respecter. Je r&#233;digeais mes punitions sous forme de saga en alexandrins (sujet inflig&#233; une fois : &#171; les vertus du silence &#187;), d&#232;s le m&#234;me &#226;ge, n&#233;gociant en retour de n'en faire qu'un exemplaire au lieu de copier sur dix copies doubles &#171; le silence est d'or &#187;, ou je ne sais quelle dissertation devant faire office de mea culpa. Gr&#226;ce &#224; &#231;a, j'avais les indulgences des instits, puis des profs. Tr&#232;s moyen en tout, je suis toujours pass&#233; dans la classe sup&#233;rieure car j'ai toujours eu la chance que mon prof principal soit celui de Fran&#231;ais, lequel me d&#233;fendait ardemment.&lt;br class='autobr' /&gt;
Beaucoup plus tard, alors toujours boulimique de livres (de litt&#233;rature &#171; blanche &#187;), je suis tomb&#233; en 1985 sur un concours de nouvelles organis&#233; par la revue Autrement, concours que j'ai gagn&#233;. &#192; l'&#233;poque, cela m'avait rapport&#233; 5 mois de salaire pour quelques heures d'&#233;criture. Alors je me suis dit que je pourrais peut-&#234;tre allier ce que je pr&#233;f&#232;re faire (lire et &#233;crire) au fait de gagner ma vie : bref &#234;tre auteur professionnel et nager dans la b&#233;atitude, car je refusais l'id&#233;e qu'on m'ass&#233;nait d&#233;j&#224; enfant &#224; savoir que je ne pourrais pas faire de mon m&#233;tier ce qui me procurait du plaisir ludique, qu'il faudrait travailler en prenant de la peine. J'ai donc voulu faire mon &#171; apprentissage &#187; d'&#233;crivain via les concours de nouvelles (excellents exercices gr&#226;ce aux contraintes de temps, de sujets, de longueurs, etc.), et, du coup, les concours ont &#233;t&#233; mon hobby principal et fr&#233;n&#233;tique durant pr&#232;s de dix ans. J'en ai gagn&#233; beaucoup, perdu dix fois plus. Certaines fois d'ailleurs, j'ai &#233;t&#233; publi&#233; dans Nouvelle Donne, suite &#224; des concours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re publication&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela &#233;tant, l'objectif d'&#234;tre &#233;crivain me semblant pr&#233;somptueux, je me suis dit que je pourrais &#234;tre au moins journaliste, ce qui suffirait &#224; mon besoin d'&#233;criture et remplirait le volet professionnel. J'&#233;tais berc&#233; par London, Londres, Bodard... Et donc tr&#232;s na&#239;f sur le milieu de la presse. J'ai mis les dix m&#234;mes ann&#233;es &#224; devenir journaliste, avant de m'apercevoir que le m&#233;tier ne me convenait pas (je n'ai pas assez de place ici pour l'expliquer, mais les raisons &#233;go-m&#233;taphysico-politico-etc. sont nombreuses) et que je n'aimais pas le milieu de la presse, hant&#233; par des gens qui me d&#233;cevaient terriblement. Je les avais imagin&#233;s curieux, cultiv&#233;s, en proie au doute... Ils sont tr&#232;s peu ainsi. Par ailleurs, je m'y sentais usurpateur. La presse conf&#232;re un grand pouvoir d'influence que je n'estimais pas m&#233;riter.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ennui m'a donc vite gagn&#233;, et forc&#233;ment je me suis remis &#224; &#233;crire pour me d&#233;fouler. C'est ainsi que mon premier roman, La Sant&#233; par les plantes, est paru aux &#233;ditions de la Loupiote (apr&#232;s qu'ils m'aient tout d'abord publi&#233; une nouvelle qui avait &#233;t&#233; finaliste &#224; RFI, mais qui &#233;tait trop longue). La Loupiote avait pass&#233; une annonce pour recevoir des manuscrits. Je n'ai jamais eu &#224; arroser les &#233;diteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;couverte du noir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est gr&#226;ce (ou &#224; cause ?) &#224; (d')une nouvelle de Tonino Benacquista (La Foire au crime) et &#224; (d'un) roman de Donald Westlake (Azt&#232;ques dansants), lus la m&#234;me semaine, que je me suis mis &#224; l'humour noir, alors qu'auparavant j'&#233;crivais de la litt&#233;rature blanche compass&#233;e, et disons-le, chiante. Lorsque j'&#233;crivais &#171; blanc &#187;, je m'ennuyais et ennuyais les lecteurs (et perdais les concours). Lorsque je faisais le pitre, je m'amusais, faisais rire les gens et gagnais les concours. Il n'y avait pas &#224; h&#233;siter. La d&#233;couverte du noir, et du roman noir humoristique, a &#233;t&#233; un d&#233;clencheur.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Sant&#233; par les plantes a &#233;t&#233; remarqu&#233;e &#224; sa sortie, quoique vendue de fa&#231;on confidentielle, dans les milieux de l'&#233;dition et du cin&#233;ma. J'ai pu quitter Lib&#233;ration avec quasiment un an de salaire d'avance pour ne me consacrer qu'&#224; l'&#233;criture, car Gallimard (qui republia le roman en S&#233;rie Noire), Flammarion et Charles Gassot Productions m'avaient donn&#233; des sous pour travailler. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai tenu en tout et pour tout que 4 ans et 12 jours comme auteur professionnel (en tenant mon serment de ne plus faire de journalisme, et sans me corrompre &#224; la t&#233;l&#233;). J'ai v&#233;cu pour un tiers de droits d'auteurs issus de mes livres, un tiers d'ateliers d'&#233;criture et un tiers de travaux divers, de la BD au dessin anim&#233;, de la chronique ou la nouvelle li&#233;e &#224; l'actu. J'ai eu deux ann&#233;es florissantes, et deux terriblement maigres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette vie est tr&#232;s difficile. En France, on adule les auteurs, mais on les maltraite. Il m'est arriv&#233; d'&#234;tre pay&#233; plus d'un an apr&#232;s avoir fait un atelier d'&#233;criture. J'ai subi toutes les humiliations possibles qu'elles viennent de petits comptables, d'obscurs t&#226;cherons, comme d'institutions prestigieuses. L'une d'entre elles, d'ailleurs, me doit encore de l'argent depuis deux ans. Les universitaires pr&#233;sents au colloque &#224; mes c&#244;t&#233;s, salari&#233;s, ont &#233;t&#233; pay&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_10 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L180xH153/34_INTERVIEW_POLAR-39b17.jpg?1640184829' width='180' height='153' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le milieu de l'&#233;dition&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quatri&#232;me ann&#233;e, j'ai craqu&#233; : d&#233;pression et perte du go&#251;t d'&#233;crire, ou du moins de cette force qui vous pousse &#224; pr&#233;f&#233;rer rester sur le clavier plut&#244;t que de l&#233;zarder au soleil. &lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, les agressions sont nombreuses. Le milieu de la &#171; grande &#187; &#233;dition me semble marcher sur la t&#234;te. Il se r&#233;clame toujours de valeurs traditionnelles (la d&#233;fense de l'auteur, de la litt&#233;rature), mais fonctionne dor&#233;navant principalement comme l'industrie audiovisuelle : audimat du prime time (Beigbeder est l'exemple type), concentration sur quelques &#171; produits &#187; (prix litt&#233;raires, premiers romans, etc.). On vend avec m&#233;pris de la daube pour faire du fric et on a l'alibi du catalogue prestigieux, lequel n'est pas soutenu ni gu&#232;re promu (et je ne parle pas de moi, l&#224;). C'est l'&#233;quivalent des documentaires d'Arte qui passent &#224; une heure du matin. On massacre des auteurs parmi 700 romans de rentr&#233;e sortis inconsid&#233;r&#233;ment pour maintenir un chiffre d'affaires &#233;rod&#233; par la baisse du lectorat. Il faudrait une volont&#233; commune de hausser le niveau, de ne plus c&#233;der aux modes racoleuses, car les lecteurs ne sont pas stupides, et si on mettait le paquet pour promouvoir de la bonne litt&#233;rature, je suis persuad&#233; que le fric suivrait, puisque c'est ce qui importe maintenant. Mais les clones d&#233;c&#233;r&#233;br&#233;s du marketing et les financiers fous sont au pouvoir. Les transferts d'auteurs sont tels ceux des joueurs de foot et la promotion comme dans l'univers du disque. Tout est noyaut&#233;. Avoir &#233;crit dix livres et n'&#234;tre toujours pas Houellebecq est un handicap. On vous jette d'ailleurs au deuxi&#232;me bouquin. C'est l'&#232;re des auteurs Kleenex comme les meilleurs espoirs du cin&#233;ma qu'on ne revoit pas. Fini l'auteur &#233;lev&#233; au grain durant dix ans ! Enfin, je ne vais pas m'&#233;tendre sur l'opacit&#233; du syst&#232;me (les comptes sont incompr&#233;hensibles... lorsqu'on les obtient) et les mille choses que les &#233;diteurs s'engagent &#224; faire par contrat et dont ils ne s'acquittent pas, ni m&#234;me sur tout ce qu'on pourrait raconter sur leur fonctionnement en interne ou l'&#233;conomie ubuesque du syst&#232;me entre les auteurs, les libraires, les r&#233;seaux de distribution...&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai connu le vertige, et le mirage des grands &#233;diteurs. &#199;a s'est r&#233;v&#233;l&#233; &#234;tre une frustration monumentale. Un petit ou moyen &#233;diteur qui joue son argent sur votre bouquin vous d&#233;fendra mieux qu'un grand qui en sort 80 par mois, et pour qui vous n'&#234;tes qu'un fournisseur de contenu. Apr&#232;s tous mes bouquins, je ne sais toujours pas si je suis un auteur publi&#233; parce qu'int&#233;ressant, ou publi&#233; parce que suffisamment publiable pour alimenter la machine devenue folle. On ne m'a quasiment jamais accompagn&#233; sur mes livres, voire on m'en a publi&#233; sans les corriger. Et j'en passe. L'un d'entre eux me serinait que &#171; vouloir vivre de l'&#233;criture est une erreur &#187;. Forc&#233;ment, on court le cachet, forc&#233;ment ce serait mauvais, pas noble ou je ne sais... Certes, j'en ai &#233;crit certains trop vite... Mais je ne parviens &#224; &#233;crire que si je ne dois pas subir un boulot (aucun autre travail ne m'int&#233;resse vraiment, et je n'ai pas d'ambition professionnelle). Alors c'est pourquoi, raccrochant de mon &#233;puisante &#171; vie d'artiste &#187;, j'ai d&#233;cid&#233; que, d&#233;sormais, puisqu'il serait sale de vouloir vivre de l'&#233;criture, alors qu'il semble &#234;tre sain de vivre de l'&#233;dition, je n'en vivrai donc plus, mais je ne publierai alors plus que chez ceux qui ne vivent pas de l'&#233;dition. Entre gens fam&#233;liques anim&#233;s par un sentiment de n&#233;cessit&#233; et la m&#234;me passion, on devrait au moins se comprendre. Sinon pouvoir se parler, ce qu'on ne conna&#238;t gu&#232;re chez les grands qui calent leurs cartons de livres de stars avec vos livres et sont injoignables avant 16 heures pour cause de bouffe avec la carte bleue maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ras-le-bol&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai donc repris un emploi en octobre 2002, accabl&#233; de fatigue, de d&#233;prime et d'ennuis financiers, et r&#233;solu &#224; cesser d'&#233;crire. J'ai m&#234;me eu de la chance d'en trouver un par des amis, car je ne sais rien faire. Je n'ai pas de &#171; m&#233;tier &#187;. Je bricole. Mes divers &#171; talents &#187; sont inexploitables dans le syst&#232;me d'aujourd'hui qui cherche &#224; formater les auteurs au lieu de cultiver leur originalit&#233;. On a besoin de faiseurs, pas de cr&#233;ateurs, et ce n'est pas vrai qu'en litt&#233;rature. Et puis si on ne veut pas se vautrer &#224; la t&#233;l&#233; ou dans la presse, ou dans la n&#233;gritude, pour des raisons personnelles ou &#233;thiques, on se coupe des sources de revenus. Dans ce boulot, je m'y ennuie &#224; mourir, mais je vais bien finir par trouver un de ces quatre matins un hobby &#233;quivalent &#224; l'&#233;criture qui va m'emp&#234;cher de devenir fou. Macram&#233; ? Tricotin ? Poterie &#233;sot&#233;rique ? &#201;maux cloisonn&#233;s ?&lt;br class='autobr' /&gt;
De toutes ces ann&#233;es, je me souviendrai surtout de l'engagement et du soutien de petits &#233;diteurs, de b&#233;n&#233;voles, de libraires, de festivaliers, d'enseignants ou de documentalistes. Le reste n'en vaut pas la chandelle. Je pense que face &#224; un syst&#232;me qui fonctionne sur le bluff et l'exploitation de la vanit&#233;, &#224; une &#233;poque davantage pr&#233;occup&#233;e par les code barres que par le sens, se retirer de ce jeu de dupes est un acte politique. Et je ne joue pas ma pasionaria, je le pense sinc&#232;rement. C'est ce que j'explique dans mon prochain et dernier bouquin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Noir ou polar, nouvelle ou roman ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma culture c'est indubitablement la nouvelle noire, sociale, telle qu'on en lit beaucoup chez les anglo-saxons. Par ailleurs j'ai biberonn&#233; la nouvelle de SF tr&#232;s t&#244;t. Je suis romancier dans le noir - mes romans sont peu polars, certains sont des fables - avec cette particularit&#233; que, tant format&#233; par la nouvelle, le court, je &#171; compose &#187; mes romans comme une succession de nouvelles, avec chute. D'o&#249; souvent les ellipses importantes entre chaque chapitre. Mais le lecteur est intelligent, il fait les raccords lui-m&#234;me et &#231;a fonctionne.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'aime que le texte soit court, qu'il porte un point de vue fort sur le monde, et qu'il se termine sur une chute marqu&#233;e. J'avoue aujourd'hui ne plus gu&#232;re go&#251;ter les recueils, sauf de quelques auteurs, car je trouve que la nouvelle doit &#234;tre une surprise, et les recueils sont toujours forc&#233;ment in&#233;gaux. J'adore lire &#231;a dans les revues, magazines, journaux, comme un contrepoint soudain et subjectif &#224; toutes les niaiseries qu'on nous ass&#232;ne. Je n'envisage l'&#233;criture qu'ancr&#233;e fortement dans le r&#233;el. Un &#233;crivain fran&#231;ais me fascine actuellement : Denis Robert. Je vais lire prochainement son Une ville. J'ai le pressentiment que je vais me prendre une claque. Voil&#224; un type qui a une &#233;nergie qui laisse pantois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;crire des nouvelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je les compose tr&#232;s vite, d'un trait. Mes nouvelles les plus reconnues, celles dont on me parle toujours ou qui sont r&#233;guli&#232;rement l'objet de projets de films, ont &#233;t&#233; &#233;crites ainsi, sans que j'en retouche un mot. C'est un &#233;tat de gr&#226;ce, h&#233;las rare. Cette fa&#231;on d'&#233;crire est li&#233;e certainement au genre que j'affectionne, puisque je m'attache plus au fond et &#224; la forme qu'au style, lequel m'importe peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ultime projet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;cit sort chez un nouvel &#233;diteur d&#233;but novembre : Buffet &#224; Volont&#233; (&#201;ditions Par Hasard !). Ni roman, ni journal... C'est une sorte d'ovni qui brasse toutes mes fa&#231;ons d'&#233;crire et narre une semaine d'atelier d'&#233;criture plut&#244;t apocalyptique v&#233;cue l'an dernier. C'est un pr&#233;texte pour parler de mille choses sans lien - apparent en tout cas - entre elles de fa&#231;on grave ou burlesque via des digressions longues ou courtes, et surtout c'est l'occasion de faire le point sur moi-m&#234;me, l'&#233;criture, l'&#233;dition et le monde (rien que &#231;a, quel m&#233;galo !). Bref, ce que je viens de r&#233;sumer ici. C'est une forme de r&#233;v&#233;rence que je tire, car c'est, je pense, en tout cas aujourd'hui sinc&#232;rement, le dernier livre que je publierai. Il y aura peut-&#234;tre quelques textes ici et l&#224;, mais de livre, point. La litt&#233;rature s'en remettra ais&#233;ment. On verra dans quelques ann&#233;es si je m'y remets, si le &#171; besoin pressant &#187; a vaincu ma lassitude et mon &#233;c&#339;urement. Alors je renouvellerai mes adieux. Apr&#232;s tout j'ai bien vu ceux de Barbara plusieurs fois, et elle ne chantait pas faux, elle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;[Ceci est la version int&#233;grale de l'interview paru dans Nouvelle donne n&#176; 34]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'un - L'autre</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/accueil/nd-34-michel-quint/les-interviews/article/l-un-l-autre</link>
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		<dc:date>2004-01-25T23:09:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ric Mercier</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Abdelkader Djema&#239; &lt;br class='autobr' /&gt;
D'Oran o&#249; il est n&#233; &#224; la Gare du Nord o&#249; gravitent les trois &#171; h&#233;ros &#187; de son dernier roman, Abdelkader Djema&#239; a emprunt&#233;, par une &#233;criture tant&#244;t grave et tant&#244;t cocasse, de nombreux chemins. Un travail de tissage du quotidien et des petites mythologies. Derniers ouvrages parus : Gare du Nord (Seuil), Camping (Seuil, prix Amerigo Vespucci), Dites-leur de me laisser passer (Michalon), M&#233;moires de n&#232;gre (Michalon), 31, rue de l'Aigle (Michalon, r&#233;&#233;dit&#233; en Folio). &lt;br class='autobr' /&gt;
Roland Fuent&#232;s (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/accueil/nd-34-michel-quint/les-interviews/" rel="directory"&gt;Les interviews&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Abdelkader Djema&#239;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D'Oran o&#249; il est n&#233; &#224; la Gare du Nord o&#249; gravitent les trois &#171; h&#233;ros &#187; de son dernier roman, Abdelkader Djema&#239; a emprunt&#233;, par une &#233;criture tant&#244;t grave et tant&#244;t cocasse, de nombreux chemins. Un travail de tissage du quotidien et des petites mythologies. Derniers ouvrages parus : &lt;i&gt;Gare du Nord&lt;/i&gt; (Seuil), &lt;i&gt;Camping&lt;/i&gt; (Seuil, prix Amerigo Vespucci), &lt;i&gt;Dites-leur de me laisser passer&lt;/i&gt; (Michalon), M&#233;moires de n&#232;gre (Michalon), &lt;i&gt;31, rue de l'Aigle&lt;/i&gt; (Michalon, r&#233;&#233;dit&#233; en Folio).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Roland Fuent&#232;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Professeur d'allemand et responsable de la revue &lt;i&gt;Salmigondis&lt;/i&gt;, Roland Fuent&#232;s est un jeune auteur de trente ans et des poussi&#232;res, qui a d&#233;j&#224; publi&#233; une novela, &lt;i&gt;Le Mus&#233;e &lt;/i&gt;(Fer de chances), ainsi que trois recueils de nouvelles chez de &#171; petits &#187; &#233;diteurs : &lt;i&gt;Embolies d'une gomme&lt;/i&gt; (Derri&#232;re la salle de bain), &lt;i&gt;Souvenir d'un autre&lt;/i&gt; (Rafael de Surtis) et &lt;i&gt;Le M&#233;tayer de la peste&lt;/i&gt; (Gros Textes). Il vient de recevoir le prix Prom&#233;th&#233;e de la nouvelle, et son recueil &lt;i&gt;Douze m&#232;tres cubes de litt&#233;rature &lt;/i&gt;est paru le 26 octobre dernier aux &#233;ditions du Rocher.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Abdelkader Djema&#239; : Vous pratiquez, je crois, la natation en comp&#233;tition ? Quelle est, selon vous, la m&#233;taphore sportive qui d&#233;finit le mieux l'art de la nouvelle ? &lt;br /&gt;
Roland Fuent&#232;s : On peut penser au demi-fond, effort moins intense, moins explosif que pour des genres tels que le ha&#239;ku ou l'aphorisme, mais ce n'est pas encore une longue distance comme le roman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.D. : Quelle diff&#233;rence faites-vous entre une longue nouvelle et un roman court ?&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;R.F. : Pour moi, plus que des longues nouvelles ou des romans courts, il y a des textes, sur lesquels on pose une &#233;tiquette. Si on est courageux, ou inconscient, on peut choisir &#171; nouvelle &#187; ; si on veut que le texte se vende, on &#233;crira plut&#244;t &#171; roman &#187; ou &#171; r&#233;cit &#187; sur la couverture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.D. : Quelles sont pour vous les qualit&#233;s d'un roman ?&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;R.F. : Lorsque j'&#233;prouve du plaisir &#224; demeurer longtemps en compagnie des personnages, de l'univers ou de l'ambiance d'un roman, c'est qu'il est r&#233;ussi. Mais il faut que cette longueur soit justifi&#233;e, d'une mani&#232;re ou d'une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.D. : Et celles d'une nouvelle ? &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;R.F. : Le souffle. La proximit&#233;. Pour moi, le sacro-saint sch&#233;ma du genre accroche/exposition rapide de la situation/acc&#233;l&#233;ration/fin en point d'orgue, ne fait pas autorit&#233;. Ce n'est qu'une mani&#232;re parmi tant d'autres d'&#233;crire une nouvelle. Certains sujets s'y pr&#234;tent, d'autres non. Ce qui m'int&#233;resse dans une nouvelle, c'est cette urgence &#224; dire quelque chose, en 2 pages ou en 80, sur le ton qui convient le mieux au propos, mais dans une intention qui est peut-&#234;tre diff&#233;rente de celle du roman. Comme si le narrateur nous parlait juste en face, ou carr&#233;ment dans l'oreille, sans nous laisser la possibilit&#233; de faire une pause, donc de prendre du recul, avant de l'avoir &#233;cout&#233; jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_8 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L180xH123/34_DJEMAI-0f0c2.jpg?1640158014' width='180' height='123' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_9 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L94xH128/34_FUENTES-87fac.jpg?1640158014' width='94' height='128' alt=&#034;Roland Fuent&#232;s&#034; title=&#034;Roland Fuent&#232;s&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;[... La suite de l'interview dans le n&#176; 34]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pierre-Guillaume de Roux, directeur litt&#233;raire aux &#233;ditions du Rocher</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ric Mercier</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'&#233;l&#233;gante mais trop rare collection &#171; Nouvelle &#187; aux &#201;ditions du Rocher ne pr&#233;sente pas de &#171; directeur de collection &#187; &#224; proprement parler. Est-ce cela qui lui conf&#232;re cette allure aussi diversifi&#233;e ? Pierre-Guillaume de Roux, directeur litt&#233;raire, a re&#231;u Nouvelle donne dans un bureau (le sien ?) au milieu d'un amas de livres et de tapuscrits, un d&#233;sordre bien ma&#238;tris&#233; en somme, &#224; l'image de cette maison &#224; la production foisonnante. &lt;br class='autobr' /&gt;
Peut-on dire que cette collection n'a pas de ligne &#233;ditoriale puisque (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;l&#233;gante mais trop rare collection &#171; Nouvelle &#187; aux &#201;ditions du Rocher ne pr&#233;sente pas de &#171; directeur de collection &#187; &#224; proprement parler. Est-ce cela qui lui conf&#232;re cette allure aussi diversifi&#233;e ? Pierre-Guillaume de Roux, directeur litt&#233;raire, a re&#231;u Nouvelle donne dans un bureau (le sien ?) au milieu d'un amas de livres et de tapuscrits, un d&#233;sordre bien ma&#238;tris&#233; en somme, &#224; l'image de cette maison &#224; la production foisonnante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Peut-on dire que cette collection n'a pas de ligne &#233;ditoriale puisque n'appara&#238;t pas de nom de &#171; directeur de collection &#187; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Jean-Paul Bertrand est tr&#232;s attach&#233; &#224; cette collection. Nous lui apportons nos suggestions, mais c'est lui qui d&#233;cide, in fine, de ce qui y sera publi&#233; ou non. Avec deux titres par trimestre, la collection est assez r&#233;guli&#232;re pour acqu&#233;rir son identit&#233;, ne serait-ce que par le fait qu'elle n'est constitu&#233;e que de textes courts, nouvelles ou novelas. Et, &#224; propos de ligne &#233;ditoriale, j'esp&#232;re que vous aurez remarqu&#233; que, depuis deux ans environ, nous publions pas mal d'auteurs &#233;trangers, souvent en &#233;dition bilingue : Ivan Bounine (Printemps &#233;ternel), Robert Walser, Miguel De Unamuno, Viktor Pelevine, Stephen Leacock... Nous avons aussi un projet autour de Boris Pilniak, avec une traduction de Anne Coldefy-Faucard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est une &#171; vitrine &#187; du Rocher ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui. C'est un effort r&#233;el, authentique et soutenu ; plus prestigieux que rentable, d'ailleurs. Ce n'est pas elle qui enrichit le Rocher. En fait, les libraires ont du mal &#224; pr&#233;senter nos titres, le format n'est pas dans leurs normes...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;[... La suite de l'interview dans le n&#176; 34]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Daniel Walther</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/accueil/nd-34-michel-quint/les-interviews/article/daniel-walther</link>
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		<dc:date>2004-01-25T22:37:33Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ric Mercier</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;De double culture, fran&#231;aise et allemande, Daniel Walther se voue corps et &#226;me depuis quarante ans aux litt&#233;ratures de l'imaginaire, et en particulier au fantastique, son genre de pr&#233;dilection. Apr&#232;s ses deux derniers ouvrages (La Mort &#224; Boboli et Ombres tueuses) publi&#233;s chez Ph&#233;bus, il a enfin acquis une nouvelle dimension. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous avez &#233;crit plus de 30 ouvrages et plus de 200 nouvelles, touchant aussi bien &#224; la SF qu'au Fantastique. Dans lequel de ces deux genres vous sentez-vous le plus &#224; l'aise ? (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De double culture, fran&#231;aise et allemande, Daniel Walther se voue corps et &#226;me depuis quarante ans aux litt&#233;ratures de l'imaginaire, et en particulier au fantastique, son genre de pr&#233;dilection. Apr&#232;s ses deux derniers ouvrages (La Mort &#224; Boboli et Ombres tueuses) publi&#233;s chez Ph&#233;bus, il a enfin acquis une nouvelle dimension.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vous avez &#233;crit plus de 30 ouvrages et plus de 200 nouvelles, touchant aussi bien &#224; la SF qu'au Fantastique. Dans lequel de ces deux genres vous sentez-vous le plus &#224; l'aise ?&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai d'abord &#233;crit de la SF, &#224; cause des id&#233;es et de la libert&#233; que permettait ce genre, mais devant le manque de compr&#233;hension des nouveau directeurs de collection, je suis revenu au fantastique, que j'ai en fait toujours pr&#233;f&#233;r&#233; &#224; la SF. Le fantastique m'autorise actuellement &#224; &#233;crire sans la poindre contrainte. J'ai de plus en plus de difficult&#233;s &#224; me mouvoir dans la SF, bien que mon dernier roman soit plus apparent&#233; &#224; la fiction sp&#233;culative qu'au fantastique que je pratique habituellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_6 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L180xH122/34_INTERVIEW1_IMAGINAIRES-44b10.jpg?1640157919' width='180' height='122' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Dor&#233;mieux &#233;crivait que &#8220; la nouvelle fantastique est un art majeur &#8221; 1. Partagez-vous cette opinion ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Non seulement je partage cette opinion d'un homme qui fut un ami et un guide dans les labyrinthes de la litt&#233;rature, mais je ne puis comprendre qu'elle ne soit pas plus r&#233;pandue. Prenez de nombreuses nouvelles de litt&#233;rature dite g&#233;n&#233;rale : elles sont le plus souvent des tranches de vie, des essais stylistiques, mais vont rarement au fond de la psych&#233;, de l'&#226;me humaine. La nouvelle fantastique, de par sa structure m&#234;me, doit &#234;tre un art achev&#233;, peut-&#234;tre ce qui existe de mieux dans la cr&#233;ation litt&#233;raire. Que serait la (grande) litt&#233;rature sans Hoffmann, sans Kafka, sans Borges ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_7 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L180xH248/34_INTERVIEW2_IMAGINAIRES-d9cb5.jpg?1640157919' width='180' height='248' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;[... La suite de l'interview dans le n&#176; 34]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Interview- Emmanuel Dongala </title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/accueil/nd-34-michel-quint/les-interviews/article/interview-emmanuel-dongala</link>
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		<dc:date>2004-01-25T21:53:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ric Mercier</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Professeur de litt&#233;rature africaine francophone dans l'&#201;tat de New York, Emmanuel Dongala est un d&#233;fenseur de l'universalit&#233;. Inquiet du sort de l'Afrique de demain, il nous parle du bonheur de vivre, avec sa sagesse litt&#233;raire &lt;br class='autobr' /&gt;
De la lecture &#224; l'&#233;criture &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la lecture qui m'a amen&#233; &#224; l'&#233;criture. J'ai toujours &#233;t&#233; un grand lecteur. J'&#233;tais en ce sens privil&#233;gi&#233; parce que mon p&#232;re &#233;tait instituteur et ramenait des livres &#224; la maison. La plupart &#233;taient des vieux livres, notamment de vieilles encyclop&#233;dies et (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Professeur de litt&#233;rature africaine francophone dans l'&#201;tat de New York, Emmanuel Dongala est un d&#233;fenseur de l'universalit&#233;. Inquiet du sort de l'Afrique de demain, il nous parle du bonheur de vivre, avec sa sagesse litt&#233;raire&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De la lecture &#224; l'&#233;criture&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la lecture qui m'a amen&#233; &#224; l'&#233;criture. J'ai toujours &#233;t&#233; un grand lecteur. J'&#233;tais en ce sens privil&#233;gi&#233; parce que mon p&#232;re &#233;tait instituteur et ramenait des livres &#224; la maison. La plupart &#233;taient des vieux livres, notamment de vieilles encyclop&#233;dies et des catalogues de grands magasins fran&#231;ais de vente par correspondance, dans lesquels je me plongeais avant m&#234;me de savoir lire, me contentant souvent d'admirer les illustrations. C'est au lyc&#233;e de Brazzaville, le lyc&#233;e Savorgnan, que j'ai vraiment commenc&#233; &#224; lire de la litt&#233;rature. Pas seulement les classiques mais aussi des &#233;crivains de science-fiction qui me passionnaient comme Jules Verne et Asimov. Je n'ai commenc&#233; &#224; lire la litt&#233;rature africaine qu'assez tard, pour la simple raison qu'elle ne nous &#233;tait pas alors disponible. Aujourd'hui, j'ai lu presque tous les grands auteurs africains et antillais, et j'essaie autant que possible de lire les jeunes auteurs qui publient actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L174xH255/34_INTERVIEW_CONTINENTS-c3622.jpg?1640157969' width='174' height='255' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des auteurs africains et antillais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si aujourd'hui la litt&#233;rature africaine de langue fran&#231;aise et la litt&#233;rature antillaise contemporaines sont distinctes, chacune ayant ses propres pr&#233;occupations et sa propre esth&#233;tique, il ne faut pas oublier qu'au d&#233;part elles avaient un tronc commun, et les m&#234;mes anc&#234;tres fondateurs, dont les plus connus sont certainement C&#233;saire, Senghor et Damas. Pour moi Cahier d'un retour au pays natal de C&#233;saire appartient aussi bien &#224; la litt&#233;rature africaine qu'antillaise.&lt;br class='autobr' /&gt;
La litt&#233;rature africaine quant &#224; elle a d&#233;j&#224; ses classiques incontournables que chacun doit lire : Une si longue lettre de Mariama B&#226;, L'Aventure ambigu&#235; de Cheick Hamidou Kane, Le Devoir de violence de Yambo Ouologuem, Le Soleil des ind&#233;pendances de Kourouma et La Vie et demie de Sony Labou Tansi. Il y en a d'autres qui sont sur la voie d'atteindre le statut de &#171; classique &#187;, je pense notamment &#224; Le Baobab fou de Ken Bugul.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me suis limit&#233; ici &#224; la litt&#233;rature africaine de langue fran&#231;aise, car, &#224; n'en pas douter, il y a d'autres classiques incontournables produits dans l'Afrique anglophone ou arabophone, notamment avec des auteurs comme Chinua Achebe, Titsi Dangaremgba ou Tayeb Salih.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;[... La suite de l'interview dans le n&#176; 34]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rencontre avec un &#171; microromancier &#187; &#8212; Michel Quint</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/accueil/nd-34-michel-quint/les-interviews/article/rencontre-avec-un-microromancier</link>
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		<dc:date>2004-01-25T21:23:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Mois de juin sur Paris. Il fait beau. Michel Quint et moi sommes attabl&#233;s au &#171; Bonaparte &#187;, place Saint-Germain. Pour cet homme de Lille, Paris n'est pas sp&#233;cialement une ville de charme. Au contraire, stress et strass se m&#234;lent et l'irritent. Il n'aime pas cette sorte de pression m&#234;me si son &#233;criture, elle, est faite de &#171; tension &#187; et d'attention. Titulaire d'une licence de lettres classiques et d'une ma&#238;trise d'&#233;tudes th&#233;&#226;trales, charg&#233; d'une section de terminale sp&#233;cialis&#233;e, il fait &#233;tudier la th&#233;orie (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/accueil/nd-34-michel-quint/les-interviews/" rel="directory"&gt;Les interviews&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mois de juin sur Paris. Il fait beau. Michel Quint et moi sommes attabl&#233;s au &#171; Bonaparte &#187;, place Saint-Germain. Pour cet homme de Lille, Paris n'est pas sp&#233;cialement une ville de charme. Au contraire, stress et strass se m&#234;lent et l'irritent. Il n'aime pas cette sorte de pression m&#234;me si son &#233;criture, elle, est faite de &#171; tension &#187; et d'attention. &lt;br class='autobr' /&gt;
Titulaire d'une licence de lettres classiques et d'une ma&#238;trise d'&#233;tudes th&#233;&#226;trales, charg&#233; d'une section de terminale sp&#233;cialis&#233;e, il fait &#233;tudier la th&#233;orie du th&#233;&#226;tre et travaille sur la dramaturgie pr&#233;alable &#224; la mise en sc&#232;ne. Pass&#233; tr&#232;s t&#244;t au roman noir (&#171; parce que le sujet que je voulais traiter ne se pr&#234;tait pas &#224; l'&#233;criture th&#233;&#226;trale &#187;), il a compos&#233; une vingtaine d'ouvrages. S'il a obtenu le Grand Prix de la litt&#233;rature polici&#232;re pour Billard &#224; l'&#233;tage, c'est surtout Effroyables jardins qui a braqu&#233; les projecteurs sur son &#339;uvre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Michel Quint appara&#238;t calme, pos&#233;. Une dame l'accompagne, et je n'en dirai pas davantage sur elle, mais c'est vers cette femme que se tourne constamment son regard, comme un rep&#232;re, un havre, une raison suppl&#233;mentaire et essentielle de se consid&#233;rer comme un homme heureux et accompli. D'autant que Et mon mal est d&#233;licieux, un &#171; microm&#233;loroman &#187; de quatre-vingts pages, doit para&#238;tre en Janvier 2004 aux &#201;ditions Jo&#235;lle Losfeld.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est important le Nord ?&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;Le Nord, c'est un roman noir, un paysage, un lieu de travers&#233;e. C'est un pays de strates, arch&#233;ologis&#233;es sans arr&#234;t, un lien toujours reconstruit, toujours &#224; reconstruire. Le nord, c'est comme la Troie de Schlieman, qui croyait avoir trouv&#233; &#171; Le &#187; lieu de &#171; La &#187; guerre de Troie, alors qu'il y en a au moins cinq. Le Nord, c'est un lieu authentique qui suscite le mythe et qui m&#233;rite son Iliade. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Ce qui l'oppose au Sud, je suppose ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;
Le Sud m'appara&#238;t davantage comme s&#233;duction, ext&#233;riorit&#233;, paillettes. C'est le Lido ; plus exactement, les loges du Lido, &#231;a pue la transpiration et les costumes sont tach&#233;s de rimmel. Le Sud, on aurait envie de rester apr&#232;s la repr&#233;sentation pour voir son vrai visage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L180xH116/quint1-abc06.jpg?1640184829' width='180' height='116' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;taphore tr&#232;s th&#233;&#226;trale. Vous &#234;tes professeur de th&#233;&#226;tre. Est-ce que cela joue un r&#244;le dans votre &#233;criture ?&lt;br /&gt;
Oui, cela suscite en moi un travail de situation, un travail que je dirais pompeusement brechtien o&#249; c'est le trajet qui compte, pas forc&#233;ment le d&#233;nouement. Paradoxalement, cette mise au pr&#233;alable de la mise en sc&#232;ne me permet d'&#233;viter les dialogues. J'ai, avant d'&#233;crire, en &#233;crivant, la description de la situation du dialogue, de la mise en situation. Cela m'&#233;vite aussi, litt&#233;rairement, les horribles &#171; il dit, elle fait, il r&#233;pond &#187; que l'on trouve dans la narration habituelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La nouvelle doit vous plaire, alors...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; lire, mais elle ne me convient pas &#224; &#233;crire. Mon vrai rythme d'&#233;criture est le &#171; microroman &#187;, comme &lt;i&gt;Effroyables jardins&lt;/i&gt;, ou &lt;i&gt;Aimer &#224; peine&lt;/i&gt;... En fait, avec cette forme, j'atteins ce que je d&#233;finirais comme un roman de plage non d&#233;velopp&#233;. Je veux dire que c'est un processus d'invention autant que d'&#233;criture. Le roman pourrait faire des centaines de pages dans sa logique, mais je le r&#233;dige sec, j'en &#233;vite la graisse, les digressions. Ce non-d&#233;veloppement permet d'atteindre l'essentiel, de rester dans l'authenticit&#233;, d'&#233;viter aussi de se r&#233;pandre. Je garde la structure mais je r&#233;dige en concision, cela devient, du moins je le souhaite, un coup de poing efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L180xH119/quint2-caf08.jpg?1640184829' width='180' height='119' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;[... La suite de l'interview dans le n&#176; 34]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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