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	<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title>Vie de Gilles, Marie-H&#233;l&#232;ne Lafon, Denis Laget</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Yves Robichon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Alors que se d&#233;veloppent les techniques d'impression de livres &#224; la demande, il est rassurant de voir une maison d'&#233;dition revendiquer son savoir-faire en se r&#233;f&#233;rant au chemin de fer. Pour rappel, le chemin de fer est cette &#233;tape de la conception du livre o&#249; la succession des pages, mise &#224; plat, permet de v&#233;rifier le bon encha&#238;nement du texte et des images. Car, ne l'oublions pas, si l'auteur commet le texte, l'&#233;diteur l'incarne dans un livre. En suscitant une dialectique entre texte et image, les (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/" rel="directory"&gt;Critiques de recueils de nouvelles&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1461.jpg?1761302071' width='115' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors que se d&#233;veloppent les techniques d'impression de livres &#224; la demande, il est rassurant de voir une maison d'&#233;dition revendiquer son savoir-faire en se r&#233;f&#233;rant au &lt;i&gt;chemin de fer&lt;/i&gt;. Pour rappel, le chemin de fer est cette &#233;tape de la conception du livre o&#249; la succession des pages, mise &#224; plat, permet de v&#233;rifier le bon encha&#238;nement du texte et des images. Car, ne l'oublions pas, si l'auteur commet le texte, l'&#233;diteur l'incarne dans un livre.&lt;br class='autobr' /&gt;
En suscitant une dialectique entre texte et image, les &lt;strong&gt;&#233;ditions du Chemin de fer&lt;/strong&gt; cr&#233;ent des objets &#233;ditoriaux singuliers. Dans &lt;i&gt;Vie de Gilles&lt;/i&gt;, le peintre Denis Laget propose sa vision du texte de Marie-H&#233;l&#232;ne Lafon. Ses paysages, peints dans une mati&#232;re terreuse, organique, d&#233;voilent des horizons tourment&#233;s o&#249; le temps semble se figer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le personnage de Gilles, n&#233; du dernier roman de l'auteure : &lt;i&gt;Les Sources&lt;/i&gt;, est le fils de Nicole et le fr&#232;re de Claire et d'Isabelle. Dans &lt;i&gt;Vie de Gilles&lt;/i&gt;, sa vie tient entre deux nouvelles. Dans la premi&#232;re, &lt;i&gt;La confession&lt;/i&gt; (dont une version initiale a &#233;t&#233; publi&#233;e en 2023), il est enfant, suit les cours de cat&#233;chisme dispens&#233;s par une vieille fille, La Nini. Il imagine la mort de son p&#232;re honni, son enterrement. Il se soumet au rite de la confession sans trop savoir comment lister les p&#233;ch&#233;s qu'il aurait commis. Dans la seconde, &lt;i&gt;Cinquante ans&lt;/i&gt;, on le retrouve quarante ans plus tard alors que sa s&#339;ur Claire, de retour au pays pour les vacances, vient lui souhaiter son anniversaire. La &lt;i&gt;Vie de Gilles&lt;/i&gt; r&#233;sonne dans cette ellipse temporelle, dans ce silence. Car Gilles fait partie des enfants qui, &#224; l'&#233;cole, n'apprennent pas bien. D&#232;s lors, son destin est scell&#233;, il sera li&#233; &#224; la terre, condamn&#233; &#224; un labeur sans fin, &#224; la tyrannie des &#233;l&#233;ments, au c&#233;libat. Il appartient &#224; cette caste de paysans, h&#233;ritiers d'un monde qui se meurt, des taiseux que Marie-H&#233;l&#232;ne Lafon sauve de l'oubli en brossant leur portrait d'une plume r&#233;aliste, pudique, et infiniment respectueuse. Fid&#232;le &#224; son Cantal natal, &#224; la vall&#233;e de la Santoire, l'auteure nous ram&#232;ne chez elle, aupr&#232;s des siens, dans son pays qu'elle d&#233;crit avec les yeux de celle qui, enfant, allait aux champs pour garder les vaches. &lt;i&gt;Ses pieds reconnaissent les cailloux du chemin nu qui part de l'&#233;table et file droit, net, sans ambages, vers la plaine alanguie au bord de la Santoire&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le livre est con&#231;u comme un triptyque o&#249; la peinture de Denis Laget vient en &#233;cho aux deux nouvelles de Marie-H&#233;l&#232;ne Lafon. Les ocres de sa palette, les effets d'emp&#226;tement ou de jus, les ciels temp&#233;tueux, tout &#233;voque la condition de Gilles, son silence, sa solitude et, surtout, la terre qui le poss&#232;de et l'entrave. Le texte prend alors une dimension poignante, au-del&#224; du dit, le ressenti se fait image et nous touche d'autant plus profond&#233;ment.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Vie de Gilles&lt;/i&gt;, dont le titre rend hommage aux &lt;i&gt;Vies Minuscules&lt;/i&gt; de Pierre Michon, s'inscrit dans la lign&#233;e des portraits que l'auteure nous a d&#233;j&#224; livr&#233;s depuis &lt;i&gt;Liturgie&lt;/i&gt;, son premier recueil de nouvelles, ou bien &lt;i&gt;Joseph&lt;/i&gt;, son bref roman. Ce petit livre, &#224; la facture soign&#233;e, peut-&#234;tre une transition entre &lt;i&gt;Les sources&lt;/i&gt; et un prochain roman, est surtout une &#339;uvre intense, tout en retenue. Comme des parenth&#232;ses, ces deux nouvelles enserrent le silence d'une vie, la &lt;i&gt;Vie de Gilles&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Haute tension, Livia L&#233;ri</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/haute-tension-livia-leri</link>
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		<dc:date>2025-08-31T17:49:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Yves Robichon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans un appartement du tr&#232;s chic 7e arrondissement, une famille recompos&#233;e f&#234;te les onze ans d'Hortense, la fille de madame. Pour l'occasion, Charles, l'oncle maternel, est venu d&#233;jeuner. Pourtant, le tableau id&#233;al peu &#224; peu s'effrite. Hortense est ing&#233;rable, les &#233;changes se tendent entre Charles et Armand, le &#171; fr&#232;re &#187; par alliance d'Hortense. Hubert, le mari, devient mena&#231;ant envers son beau-fr&#232;re, modeste enseignant. S&#251;r de son impunit&#233; de grand bourgeois, il ne se laisse pas impressionner par ses (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1458.jpg?1756662533' width='99' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un appartement du tr&#232;s chic 7e arrondissement, une famille recompos&#233;e f&#234;te les onze ans d'Hortense, la fille de madame. Pour l'occasion, Charles, l'oncle maternel, est venu d&#233;jeuner. Pourtant, le tableau id&#233;al peu &#224; peu s'effrite. Hortense est ing&#233;rable, les &#233;changes se tendent entre Charles et Armand, le &#171; fr&#232;re &#187; par alliance d'Hortense. Hubert, le mari, devient mena&#231;ant envers son beau-fr&#232;re, modeste enseignant. S&#251;r de son impunit&#233; de grand bourgeois, il ne se laisse pas impressionner par ses insinuations. Dans une atmosph&#232;re &#224; la Chabrol, tout se joue dans le d&#233;tail : pr&#233;paration d'une blanquette, regards &#233;chang&#233;s, faux-semblants, non-dits. Le lecteur devine l'indicible. Par un subtil crescendo, la tension monte jusqu'&#224; atteindre son paroxysme. &lt;i&gt;Joyeux anniversaire&lt;/i&gt; est une nouvelle in&#233;dite du recueil &lt;i&gt;Haute tension&lt;/i&gt; que signe Livia L&#233;ri, auteure bien connue des revues o&#249; elle publie r&#233;guli&#232;rement. Preuve en est, les neuf autres nouvelles du recueil ont fait l'objet d'une parution ant&#233;rieure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais disons-le d'embl&#233;e, lire une nouvelle isol&#233;e ou lire un recueil ne rel&#232;ve pas de la m&#234;me exp&#233;rience. Le recueil, parce qu'il joue d'&#233;chos, de r&#233;sonances, r&#233;v&#232;le plus encore l'univers de son auteure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les personnages se succ&#232;dent et se r&#233;pondent, ici, pour la plupart des femmes. Proies d'un &lt;i&gt;Suiveur&lt;/i&gt;, dans la premi&#232;re nouvelle, &#233;pouse tromp&#233;e dans &lt;i&gt;Faux d&#233;part&lt;/i&gt; ou malmen&#233;e par leur belle-famille dans &lt;i&gt;Padmila&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;On sera bien heureux&lt;/i&gt;. Victimes certes, mais fi&#232;res et combatives, elles ne se r&#233;solvent pas &#224; la condition que leur r&#233;servent les hommes. Le suiveur &#8211; qui fut pris, lui qui croyait prendre &#8211; l'apprendra &#224; ses d&#233;pens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les th&#232;mes resurgissent. L'anniversaire de la jeune fille, dans &lt;i&gt;Joyeux anniversaire&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Sur le causse&lt;/i&gt;, ravive la blessure d'agressions sexuelles commises par ceux-l&#224; m&#234;me qui c&#233;l&#232;brent le passage de l'enfance &#224; l'&#226;ge adulte. Bourgeoisie parisienne ou ruralit&#233; c&#233;venole, la r&#233;alit&#233; reste la m&#234;me, l'enfance est trahie sous le regard complice des proches. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les proc&#233;d&#233;s se d&#233;clinent, comme l'adresse &#224; l'absente dans trois nouvelles &#233;pistolaires. &lt;i&gt;Padmila&lt;/i&gt;, o&#249; le rappel de trois photographies esquisse le destin tragique d'une toute jeune Indienne. &lt;i&gt;Proscription&lt;/i&gt; o&#249; un p&#232;re s&#233;par&#233; de sa fille par une loi absurde exprime son d&#233;sespoir. &lt;i&gt;On sera bien heureux&lt;/i&gt; o&#249; un &#233;poux abandonn&#233; tente de reconqu&#233;rir celle qu'il n'a pas su prot&#233;ger. Pays, &#233;poques, milieux sociaux, &#224; chaque missive, le lecteur est projet&#233; dans un monde &#224; part enti&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;criture, surtout, reste la m&#234;me. Chez Livia L&#233;ri, elle se montre d'une redoutable efficacit&#233;, jusqu'&#224; se faire oublier au service de la dynamique du texte. Efficace, mais surprenante, jouant de registres tr&#232;s divers, de la gouaille du mari abandonn&#233; aux sophistications des milieux de l'art contemporain. D&#233;tonnant surtout, ce coup de fusil dans la steppe qui cl&#244;t le recueil ! &lt;i&gt;Le vent de l'ours&lt;/i&gt;, nouvelle &#233;nigmatique, sobre, aux images troublantes, nous saisit de po&#233;sie. Magistral.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si vous avez d&#233;j&#224; lu des nouvelles de Livia L&#233;ri, vous aurez grand plaisir &#224; les retrouver dans son recueil publi&#233; aux &#233;ditions &lt;i&gt;Il est midi&lt;/i&gt;. Si vous d&#233;couvrez Livia L&#233;ri, alors plongez-vous sans attendre dans son univers sous &lt;i&gt;Haute tension&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Int&#233;rieur nuit de Nicolas Demorand : un br&#251;lot n&#233;cessaire et courageux</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/interieur-nuit-de-nicolas-demorand-un-brulot-necessaire-et-courageux</link>
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		<dc:date>2025-08-01T08:34:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Perrut</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je suis un malade mental : cette anaphore lancinante rythme tout le premier chapitre d'Int&#233;rieur nuit et happe le lecteur dans le r&#233;cit qu'on lit d'une traite. Venant d'une personnalit&#233; publique sur laquelle les auditeurs n'ont pas manqu&#233; de projeter l'image de la r&#233;ussite, cette audacieuse confession exerce un effet saisissant. Ce tableau &#224; contre-emploi ne peut manquer de susciter la curiosit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La bipolarit&#233;, dont souffre l'auteur, est en effet, si l'on peut dire, la maladie de monsieur ou madame (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/" rel="directory"&gt;Critiques de recueils de nouvelles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1455.jpg?1754037408' width='110' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Je suis un malade mental&lt;/i&gt; : cette anaphore lancinante rythme tout le premier chapitre d'&lt;i&gt;Int&#233;rieur nuit&lt;/i&gt; et happe le lecteur dans le r&#233;cit qu'on lit d'une traite. Venant d'une personnalit&#233; publique sur laquelle les auditeurs n'ont pas manqu&#233; de projeter l'image de la r&#233;ussite, cette audacieuse confession exerce un effet saisissant. Ce tableau &#224; contre-emploi ne peut manquer de susciter la curiosit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bipolarit&#233;, dont souffre l'auteur, est en effet, si l'on peut dire, la maladie de monsieur ou madame tout-le-monde. Mais le silence r&#232;gne sur celle-ci. Elle toucherait environ un million de personnes en France. Voil&#224; ce que Demorand met &#224; jour, en s'appuyant sur sa notori&#233;t&#233;. Il veut parler au nom de ceux qui en souffrent, sans pouvoir exprimer leur mal. Ceci conduit l'auteur, chemin faisant, &#224; mettre le doigt sur les r&#233;formes urgentes &#224; mener. Un enjeu consid&#233;rable, puisqu'une bonne part de la population est concern&#233;e par les troubles mentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre haletant et qui tient en haleine, d'ores et d&#233;j&#224; un succ&#232;s de librairie, apr&#232;s son lancement tr&#232;s professionnel, a &#233;t&#233; largement relay&#233; par la presse. Celle-ci a parfois fait &#233;tat bien davantage des potins qui ont entour&#233; cette promotion que du livre proprement dit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Le Monde Magazine, Solenn de Royer : &#171; Nicolas Demorand, la vie apr&#232;s la (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage, &#224; peine une centaine de pages, se compose de petits chapitres, chacun consacr&#233; &#224; un th&#232;me reli&#233; &#224; la maladie : l'irruption de la maladie mentale chez l'auteur : la bipolarit&#233; (nom euph&#233;mistique donn&#233; aujourd'hui &#224; l'affection maniaco-d&#233;pressive) ; les phases d&#233;pressives ; les phases maniaques ; les p&#233;r&#233;grinations d'un g&#233;n&#233;raliste &#224; l'autre, sans le moindre r&#233;sultats ; les tentatives de psychanalyse (parmi lesquelles la rencontre choquante avec Fran&#231;ois Roustang) ; enfin le bon diagnostic et partant, le bon traitement &#224; Sainte-Anne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le style, la narration, tout cela est direct, efficace, sans p&#233;riphrases, avec des expressions fortes : &#171; le tissu de la banalit&#233; se d&#233;chire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cours du r&#233;cit, nous croisons plusieurs figures qui ont, ou ont eu maille &#224; partir avec la maladie mentale : G&#233;rard Garouste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='G&#233;rard Garouste, L'Intranquille, Le Livre de poche, 2011.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Philippe Labro&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Philippe Labro, Tomber sept fois, se relever huit, Gallimard, (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Emmanuel Carr&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Emmanuel Carr&#232;re, Yoga, P.O.L., 2020.' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il faut aussi &#233;voquer ici, car c'est un &#233;crit pionnier, le r&#233;cit percutant, &lt;i&gt;Face aux t&#233;n&#232;bres&lt;/i&gt;, que William Styron livra en 1990 sur sa terrible d&#233;pression&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='William Styron, Darkness visible &#8211; A Memoir of Madness, Jonathan Cape, 1991 (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux th&#232;mes, il me semble, auraient pu &#234;tre davantage approfondis dans &lt;i&gt;Int&#233;rieur nuit&lt;/i&gt;. D'une part, il s'agit de la gen&#232;se de la maladie chez l'auteur. Celle-ci est donn&#233;e comme un fait, dont on ne discerne &#224; aucun moment l'origine. Bien s&#251;r, l'auteur est libre de r&#233;v&#233;ler ou de masquer certaines r&#233;alit&#233;s, ne serait-ce que dans la mesure ou elles mettent en cause des tiers, notamment dans le cercle familial (on pense &#233;videmment aux ascendants). Cependant, bien des questions subsistent : y a-t-il des ant&#233;c&#233;dents familiaux ? le d&#233;clenchement des troubles a-t-il &#233;t&#233; li&#233; &#224; un &#233;v&#233;nement personnel ? &#224; des traumas d'enfance ? &lt;br class='autobr' /&gt;
D'autre part, les donn&#233;es sur la th&#233;rapie m&#233;dicamenteuse auraient pu &#234;tre plus explicites, et plus p&#233;dagogiques aussi, au lieu d'une liste de noms. Quelles grandes familles de m&#233;dicaments sont utilis&#233;es ? Quels sont les effets recherch&#233;s ? En quoi certains traitements se sont-ils trouv&#233;s inadapt&#233;s ? Seul l'usage de la K&#233;tamine est un peu plus d&#233;velopp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'objet du livre est bien plus d'alerter que de tenter une somme sur ce vaste sujet. Bien plus r&#233;pandue qu'on ne le croit souvent, la maladie mentale suscite g&#233;n&#233;ralement la frayeur, sur laquelle se referme le couvercle du silence. Le &#171; coming out &#187; tr&#232;s d&#233;cid&#233; de Nicolas Demorand brise un tabou et fait &#339;uvre utile en d&#233;signant des pistes de r&#233;forme, au premier rang desquelles la formation des m&#233;decins g&#233;n&#233;ralistes, en vue d'une orientation rapide des patients en souffrance, vers leurs confr&#232;res psychiatres, afin de leur &#233;viter la cruelle travers&#233;e d'une dangereuse &#171; errance m&#233;dicale &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Monde Magazine, Solenn de Royer : &#171; Nicolas Demorand, la vie apr&#232;s la d&#233;flagration de son t&#233;moignage &#8216;Int&#233;rieur nuit', sur sa sant&#233; mentale &#187;, 16 mai 2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G&#233;rard Garouste, &lt;i&gt;L'Intranquille&lt;/i&gt;, Le Livre de poche, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Philippe Labro, &lt;i&gt;Tomber sept fois, se relever huit&lt;/i&gt;, Gallimard, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Emmanuel Carr&#232;re, &lt;i&gt;Yoga&lt;/i&gt;, P.O.L., 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;William Styron, &lt;i&gt;Darkness visible&lt;/i&gt; &#8211; &lt;i&gt;A Memoir of Madness&lt;/i&gt;, Jonathan Cape, 1991 ; Trad. Fr. : &lt;i&gt;Face aux t&#233;n&#232;bres&lt;/i&gt;, Gallimard, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Accident de personne, Brice Gautier</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/accident-de-personne-brice-gautier</link>
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		<dc:date>2025-08-01T06:49:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Yves Robichon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s M&#234;me pas mal et La maison commune, ses deux pr&#233;c&#233;dents titres publi&#233;s par Quadrature, Brice Gautier signe son troisi&#232;me recueil Accident de personne chez Zonaires &#233;ditions. Si l'&#233;diteur change, l'auteur poursuit son projet avec d&#233;termination : d&#233;noncer, sans aucune complaisance, les travers de notre soci&#233;t&#233;, les conformismes sociaux et les non-dits qui gangr&#232;nent les huis clos familiaux. D&#232;s la premi&#232;re nouvelle, Accident de personne, euph&#233;misme qui n'annonce rien de bon, nous sommes pr&#233;venus : le (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1454.jpg?1753261273' width='104' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s &lt;i&gt;M&#234;me pas mal&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La maison commune&lt;/i&gt;, ses deux pr&#233;c&#233;dents titres publi&#233;s par &lt;strong&gt;Quadrature&lt;/strong&gt;, Brice Gautier signe son troisi&#232;me recueil &lt;i&gt;Accident de personne&lt;/i&gt; chez &lt;strong&gt;Zonaires &#233;ditions&lt;/strong&gt;. Si l'&#233;diteur change, l'auteur poursuit son projet avec d&#233;termination : d&#233;noncer, sans aucune complaisance, les travers de notre soci&#233;t&#233;, les conformismes sociaux et les non-dits qui gangr&#232;nent les huis clos familiaux. D&#232;s la premi&#232;re nouvelle, &lt;i&gt;Accident de personne&lt;/i&gt;, euph&#233;misme qui n'annonce rien de bon, nous sommes pr&#233;venus : le regard de Brice Gautier est implacable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout d'abord, soulignons le parti-pris de la focalisation interne qui implique le lecteur au c&#339;ur m&#234;me de l'intrigue, il vit l'injustice de l'int&#233;rieur. Dans sept nouvelles, le narrateur est une narratrice. Dans deux autres, son genre est questionn&#233;. Le statut de la femme, l'acc&#232;s &#224; l'avortement, l'homophobie, le poids des convenances ou du patriarcat constituent les principaux th&#232;mes qui traversent le recueil. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourtant, il serait r&#233;ducteur de limiter notre lecture &#224; cette seule dimension sociale, car le nouvelliste ma&#238;trise toutes les subtilit&#233;s de son art. Chaque nouvelle nous embarque dans les rouages bien huil&#233;s d'une m&#233;canique imparable qui nous saisit, nous &#233;meut, nous trouble ou nous r&#233;volte. Humour jubilatoire dans &lt;i&gt;Une b&#234;te sauvage dans mon garage : Dans sa furie, la laie d&#233;truisait implacablement tout ce qui se trouvait sur son passage, nos souvenirs, les cadeaux de nos amis et m&#234;me le lustre que Pierre avait choisi pour tr&#244;ner au-dessus de la table en noyer lac&#233;r&#233;e par les griffes de la b&#234;te. Et cela ne me faisait rien&lt;/i&gt;. Dimension fantastique dans &lt;i&gt;Retour de flamme&lt;/i&gt;. Chute bouleversante dans &lt;i&gt;Un certain &#233;quilibre&lt;/i&gt;. Incipit d&#233;routant dans &lt;i&gt;Un bouquet de coquelicots&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;Aujourd'hui, j'ai perdu ma femme. C'est loin d'&#234;tre la premi&#232;re fois et je fatigue un peu&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bref, un recueil ardent, tendu, qu'il vaut mieux lire par &#233;tape, pour reprendre pied entre chacune des histoires qui le composent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne d&#233;florerai pas ces dix nouvelles, j'&#233;voquerai simplement le personnage de Paul, dans &lt;i&gt;Une question d'&#233;ducation&lt;/i&gt;. Ce jeune homme sensible, envisageant son entr&#233;e aux beaux-arts, sera &#171; suspect&#233; &#187; d'homosexualit&#233; par sa famille traditionaliste. Contrairement &#224; Sterenn, la malheureuse victime d'un &lt;i&gt;Accident de personne&lt;/i&gt;, Paul fera le choix de la vie. Ainsi va le destin des personnages de Brice Gautier, leur libert&#233; n'est jamais acquise, en rompant avec le milieu qui les bride, ils la conqui&#232;rent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le recueil se cl&#244;t par &lt;i&gt;Un bouquet de coquelicots&lt;/i&gt;, texte diff&#233;rent, touchant de po&#233;sie, o&#249; la d&#233;pendance li&#233;e &#224; la perte de la m&#233;moire &#8211; sujet d&#233;j&#224; abord&#233; par l'auteur dans &lt;i&gt;Quand minuit sonne&lt;/i&gt; &#8211; est &#233;voqu&#233;e avec une rare d&#233;licatesse. Cette nouvelle a fait l'objet d'une lecture dans le cadre d'un partenariat entre la revue &lt;a href=&#034;https://www.ruesaintambroise.com/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Rue Saint-Ambroise&lt;/a&gt; et l'association &lt;a href=&#034;https://www.rueduconservatoire.fr/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Rue du Conservatoire&lt;/a&gt;. &#192; d&#233;couvrir en suivant &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=wq1JbQSvtcc&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;ce lien&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois encore, Brice Gautier d&#233;montre la force de frappe de la nouvelle. Quelques pages, une intrigue bien men&#233;e, des personnages attachants valent mieux que bien des discours. En refermant le recueil, on ne voit plus le monde tout &#224; fait comme avant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Les Meilleures nouvelles de Colette</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/les-meilleures-nouvelles-de-colette</link>
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		<dc:date>2025-07-23T08:51:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Perrut</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La chaufferette, c'&#233;tait un petit appareil qu'au 19e si&#232;cle, les enfants emportaient avec eux &#224; l'&#233;cole pour se chauffer les pieds pendant les durs mois d'hiver. Cet objet en m&#233;tal se pr&#234;tait aux usages les plus inattendus, tant&#244;t arme redoutable dans les bagarres entre les petits, tant&#244;t fourneau pour y faire cuire des ch&#226;taignes, dont les senteurs rem&#233;mor&#233;es r&#233;veillent la nostalgie de la narratrice. L'instrument en effet est d&#233;j&#224; tomb&#233; en d&#233;su&#233;tude du vivant de l'autrice. Mais, au d&#233;tour de cette (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1453.jpg?1753260788' width='113' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La chaufferette, c'&#233;tait un petit appareil qu'au 19e si&#232;cle, les enfants emportaient avec eux &#224; l'&#233;cole pour se chauffer les pieds pendant les durs mois d'hiver. Cet objet en m&#233;tal se pr&#234;tait aux usages les plus inattendus, tant&#244;t arme redoutable dans les bagarres entre les petits, tant&#244;t fourneau pour y faire cuire des ch&#226;taignes, dont les senteurs rem&#233;mor&#233;es r&#233;veillent la nostalgie de la narratrice. L'instrument en effet est d&#233;j&#224; tomb&#233; en d&#233;su&#233;tude du vivant de l'autrice. Mais, au d&#233;tour de cette &#233;vocation si prenante, Colette nous prend &#224; contre-pied. &lt;i&gt;La Chaufferette&lt;/i&gt;, titre de cette nouvelle qui cl&#244;t le recueil, n'est qu'un pr&#233;texte pour nous confier&#8230; son absence de vocation pour l'&#233;criture : &lt;i&gt;Pourtant ma vie s'est &#233;coul&#233;e &#224; &#233;crire&#8230; N&#233;e d'une famille sans fortune, je n'avais appris aucun m&#233;tier. Je savais grimper, siffler, courir, mais personne n'est venu me proposer une carri&#232;re d'&#233;cureuil, d'oiseau ou de biche. Le jour o&#249; la n&#233;cessit&#233; me mit une plume en main et qu'en &#233;change des pages que j'avais &#233;crites on me donna un peu d'argent, je compris qu'il me faudrait chaque jour, lentement, docilement &#233;crire, patiemment concilier le son et le nombre, me lever t&#244;t de pr&#233;f&#233;rence, me coucher tard par devoir... C'est une langue bien difficile que le fran&#231;ais. A peine &#233;crit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence &#224; s'en apercevoir.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En baie de Somme&lt;/i&gt; se pr&#233;sente comme le journal, de facture tr&#232;s contemporaine, parfois t&#233;l&#233;graphique, d'une longue sortie &#224; la plage. Plusieurs entr&#233;es cadencent cette journ&#233;e, marqu&#233;e par la fr&#233;n&#233;sie du d&#233;part, la volupt&#233; des bains de soleil, ainsi que le regard sarcastique de la narratrice sur les petits parigots, &#171; ces petits morveux pass&#233;s au jus de chique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le rire&lt;/i&gt;, une autre de mes nouvelles pr&#233;f&#233;r&#233;es, d&#233;marre ainsi : &lt;i&gt;Elle riait volontiers, d'un rire jeune et aigu qui mouillait ses yeux de larmes, et qu'elle se reprochait apr&#232;s comme un manquement &#224; la dignit&#233; d'une m&#232;re charg&#233;e de quatre enfants et de soucis d'argent. Elle ma&#238;trisait les cascades de son rire, se gourmandait s&#233;v&#232;rement : &#171; Allons ! Voyons&#8230; &#187;, puis c&#233;dait &#224; une rechute de rire qui faisait trembler son pince-nez&lt;/i&gt;. Il s'agit bien s&#251;r de Sidonie, la m&#232;re admir&#233;e qui, dans ce court texte, se morig&#232;ne une fois de plus d'&#234;tre prise de fou rire devant les acrobaties d'un petit chat, tandis qu'elle porte le grand deuil de son mari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa collection &lt;i&gt;Les Meilleures nouvelles&lt;/i&gt;, qui compte maintenant une petite dizaine de titres, dont plusieurs pr&#233;sent&#233;s sur notre site&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='D. Perrut, &#171; Les meilleures nouvelles de Sherwood Anderson par les ERSA &#187;, (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les &lt;a href=&#034;https://www.ruesaintambroise.com/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;&#201;ditions Rue Saint Ambroise&lt;/a&gt; font donc para&#238;tre un volume de nouvelles de Colette. Celui-ci couvre trois d&#233;cennies dans un ordre chronologique, r&#233;unissant des moments pr&#232;s de l'oc&#233;an (&lt;i&gt;Partie de p&#234;che&lt;/i&gt;), des souvenirs de Music-Hall (&lt;i&gt;L'Accompagnatrice&lt;/i&gt;), l'irruption de la grande guerre (&lt;i&gt;La Nouvelle&lt;/i&gt;), des sc&#232;nes courtelinesques (&lt;i&gt;Un Timbre &#224; 0 fr. 60, svp !&lt;/i&gt;) et une histoire d'inceste dans la campagne (&lt;i&gt;Le Sieur Binard&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;labor&#233; par Julie Wolkenstein, ce volume comprend 34 nouvelles, parfois tr&#232;s courtes, issues de 17 recueils. Selon les standards de la collection, des notices en fin de volume nous renseignent sur le contexte pr&#233;cis dans lequel chacun des recueils a &#233;t&#233; &#233;labor&#233;. Avec cet outil de r&#233;f&#233;rence, le lecteur poss&#232;de toutes les cartes pour approfondir l'&#339;uvre d'une autrice, qui nous surprend ici par la vari&#233;t&#233; de ses modes d'&#233;nonciation, passant avec aisance du &lt;i&gt;je&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;L'Accompagnatrice&lt;/i&gt;) au &lt;i&gt;tu&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Dimanche&lt;/i&gt;), et relatant des dialogues entre deux animaux, Toby-chien et Kiki-la-doucette (&lt;i&gt;Une Visite&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;face de Julia Kristeva explore les formes de la sexualit&#233; chez Colette, tandis que celle de Mona Ozouf retrace son long &#171; commerce &#187; avec elle, entre d&#233;couvertes, oublis et red&#233;couvertes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage referm&#233;, on se demandera, avec Julie Wolkenstein, si les courts morceaux rassembl&#233;s ici rel&#232;vent de la nouvelle ou constituent des &#171; fragments &#187;, des &#171; biograph&#232;mes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; J'aime certains traits biographiques qui, dans la vie d'un &#233;crivain (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, soit miettes resurgies du pass&#233;, soit sc&#232;nes du pr&#233;sent. Qu'importe apr&#232;s tout, ils jettent une lumi&#232;re nouvelle sur une &#233;crivaine que son grand talent et son combat pour l'autonomie nous rendent irr&#233;sistiblement attachante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D. Perrut, &#171; Les meilleures nouvelles de Sherwood Anderson par les ERSA &#187;, 2022 ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href='https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/les-meilleures-nouvelles-de-h-p-lovecraft-de-nouvelles-traductions-et-un-inedit' class='spip_in'&gt;J.-M. Calvez, &#171; Les Meilleures nouvelles de H. P. Lovecraft par les ERSA &#187;, 2020 &lt;/a&gt; ; &lt;br class='autobr' /&gt;
N. Barri&#233;, &#171; Les Meilleures nouvelles de Katherine Mansfield par les ERSA &#187;, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; J'aime certains traits biographiques qui, dans la vie d'un &#233;crivain m'enchantent &#224; l'&#233;gal de certaines photographies : j'ai appel&#233; ces traits des &#171; biograph&#232;mes &#187;. Roland Barthes, &lt;i&gt;La Chambre claire&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Redevenir l'absent et autres inqui&#233;tudes de Gilles Ascaso</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/redevenir-l-absent-et-autres-inquietudes-de-gilles-ascaso</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/redevenir-l-absent-et-autres-inquietudes-de-gilles-ascaso</guid>
		<dc:date>2025-07-04T22:40:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Yves Robichon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En r&#233;unissant dans un m&#234;me volume douze nouvelles, pour la plupart d&#233;j&#224; parues en revue entre 2020 et 2023, Gilles Ascaso renoue avec la tradition du recueil. Ce dernier s'ouvre sur Les merveilles - Nouvelle Donne, que nous avions eu le plaisir de publier en 2020. A posteriori, il est toujours possible de d&#233;finir un fil conducteur, un lien qui garantira une unit&#233; &#224; l'ensemble. Le titre nous sugg&#232;re le th&#232;me de l'inqui&#233;tude, nous y reviendrons. Mais, l&#224; n'est pas le seul int&#233;r&#234;t de ce recueil. L'&#233;criture (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/" rel="directory"&gt;Critiques de recueils de nouvelles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1452.jpg?1751668712' width='105' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En r&#233;unissant dans un m&#234;me volume douze nouvelles, pour la plupart d&#233;j&#224; parues en revue entre 2020 et 2023, &lt;a href='https://www.nouvelle-donne.net/auteur/gilles-ascaso' class='spip_in'&gt;Gilles Ascaso&lt;/a&gt; renoue avec la tradition du recueil. Ce dernier s'ouvre sur &lt;a href='https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/article/les-merveilles' class='spip_in'&gt;Les merveilles - Nouvelle Donne&lt;/a&gt;, que nous avions eu le plaisir de publier en 2020.&lt;br class='autobr' /&gt;
A posteriori, il est toujours possible de d&#233;finir un fil conducteur, un lien qui garantira une unit&#233; &#224; l'ensemble. Le titre nous sugg&#232;re le th&#232;me de l'inqui&#233;tude, nous y reviendrons. Mais, l&#224; n'est pas le seul int&#233;r&#234;t de ce recueil. L'&#233;criture sensible de Gilles Ascaso en est le d&#233;nominateur commun, elle r&#233;v&#232;le un univers tr&#232;s personnel oscillant entre nostalgie et dystopie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nostalgie, lorsque le narrateur d'&lt;i&gt;Apparition&lt;/i&gt; se rappelle les moments intimes pass&#233;s dans une maison r&#233;cemment vid&#233;e. Nostalgie, dans &lt;i&gt;Cora&lt;/i&gt;, histoire d'amour atypique, o&#249; l'on reparle de Cora Vaucaire, chanteuse aujourd'hui oubli&#233;e. Avec &lt;i&gt;Redevenir l'absent&lt;/i&gt;, le recueil op&#232;re un basculement. La nostalgie est celle du h&#233;ros de retour en son foyer, il observe sa femme endormie : &lt;i&gt;enroul&#233;e dans la p&#233;nombre et le lin&lt;/i&gt;, d&#233;couvre son fils de vingt ans, se rem&#233;more ses compagnons d'armes tu&#233;s au combat. Peu &#224; peu, une autre figure se dessine, l'&#233;vocation d'Ithaque nous le confirme, cette nostalgie-l&#224;, nous la connaissons, elle nourrit notre imaginaire depuis l'antiquit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dystopie, avec &lt;i&gt;Les chiens&lt;/i&gt;, o&#249; plane la menace ; les chiens bien s&#251;r, mais aussi la police sp&#233;ciale, le couvre-feu, la m&#233;fiance dans laquelle les personnages se murent. Comment ne pas penser &#224; l'&#233;pisode du confinement ? Dystopie, dans &lt;i&gt;Supr&#233;matie du gris&lt;/i&gt;, o&#249; par une succession de paragraphes brefs et factuels, l'auteur d&#233;crit l'imminence d'une catastrophe. &lt;i&gt;Beaucoup de gens sont touch&#233;s, une fois ou l'autre. Parfois, cela n'est rien, un train qui n'est pas parti, un avion qui a fait demi-tour, un magasin &#233;vacu&#233;, un spectacle annul&#233;, ce n'est vraiment pas grave, c'est fr&#233;quent. Mais parfois, il y a des victimes, un bless&#233;, un mort. M&#234;me les animaux sont parfois vis&#233;s&lt;/i&gt;. Dystopie d'autant plus inqui&#233;tante qu'elle fait &#233;cho &#224; l'actualit&#233; qu'il s'agisse de la nuit du 13 novembre 2015 dans &lt;i&gt;Muer&lt;/i&gt; ou bien des attentats de janvier 2015 dans &lt;i&gt;Fils d'Isra&#235;l&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si chaque nouvelle est autonome, le montage &#8211; au sens cin&#233;matographique &#8211; qu'op&#232;re Gilles Ascaso donne &#224; chacune d'elles une profondeur inattendue. Nous ne faisons pas la m&#234;me lecture de &lt;i&gt;Fils d'Isra&#235;l&lt;/i&gt; apr&#232;s avoir lu &lt;i&gt;Les merveilles&lt;/i&gt;, la r&#233;surgence de l'antis&#233;mitisme n'en est que plus violemment d&#233;nonc&#233;e. La r&#233;f&#233;rence au h&#233;ros antique dans &lt;i&gt;Redevenir l'absent&lt;/i&gt; modifie notre perception des premi&#232;res nouvelles et laisse entrevoir une gravit&#233; qui aurait pu nous &#233;chapper. Ainsi, dans un jeu de r&#233;sonances, le recueil trouve son unit&#233; : &lt;a href='https://www.nouvelle-donne.net/auteur/gilles-ascaso' class='spip_in'&gt;Gilles Ascaso&lt;/a&gt; nous livre sa vision inqui&#232;te du monde. &lt;br class='autobr' /&gt;
En refermant le livre, la ruine de temple grec illustrant la premi&#232;re de couverture sonne comme un avertissement : m&#234;me les civilisations les plus brillantes se sont effondr&#233;es. Faut-il alors prendre la mer pour &lt;i&gt;redevenir l'absent&lt;/i&gt; tel le h&#233;ros qui s'&#233;loigne des rivages d'Ithaque laissant derri&#232;re lui &lt;i&gt;un orient de brumes au lacis compliqu&#233;&lt;/i&gt; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Redevenir l'absent&lt;/i&gt; est le deuxi&#232;me recueil de &lt;a href='https://www.nouvelle-donne.net/auteur/gilles-ascaso' class='spip_in'&gt;Gilles Ascaso&lt;/a&gt; (apr&#232;s &lt;i&gt;Violences br&#232;ves&lt;/i&gt;, Lunatique 2015), il est publi&#233; chez Vents des lettres, maison d'&#233;dition associative situ&#233;e en Vend&#233;e, qui a le grand m&#233;rite d'inscrire &#224; son catalogue une collection de recueils de nouvelles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La chambre des somnambules de Mehdi Ikaddaren</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/la-chambre-des-somnambules-de-mehdi-ikaddaren</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Yves Robichon</dc:creator>



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&lt;p&gt;En mai 2023, Nouvelle Donne publiait La rapine - Nouvelle Donne qui nous avait s&#233;duits par son &#233;criture singuli&#232;re et ses images &#224; la sauvagerie troublante. Les histoires que raconte Mehdi Ikaddaren ne sont jamais innocentes. Elles nous impr&#232;gnent, nous hantent, nous les relisons encore et encore. Elles font &#233;cho &#224; notre m&#233;moire intime, profonde. Il y est question de filiation, de culpabilit&#233;, de fantasmes. Le recueil se compose de neuf nouvelles. Il s'ouvre, sur L'&#233;l&#232;ve de Palvetti, la plus (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/" rel="directory"&gt;Critiques de recueils de nouvelles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1448.jpg?1748685710' width='106' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En mai 2023, Nouvelle Donne publiait &lt;i&gt;&lt;a href='https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/article/la-rapine' class='spip_in'&gt;La rapine - Nouvelle Donne&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; qui nous avait s&#233;duits par son &#233;criture singuli&#232;re et ses images &#224; la sauvagerie troublante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les histoires que raconte Mehdi Ikaddaren ne sont jamais innocentes. Elles nous impr&#232;gnent, nous hantent, nous les relisons encore et encore. Elles font &#233;cho &#224; notre m&#233;moire intime, profonde. Il y est question de filiation, de culpabilit&#233;, de fantasmes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le recueil se compose de neuf nouvelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'ouvre, sur &lt;i&gt;L'&#233;l&#232;ve de Palvetti&lt;/i&gt;, la plus longue. Dans le milieu de la Renaissance italienne, un enfant habile en dessin deviendra, par la gr&#226;ce de Maria, un peintre reconnu. L'esquisse d'un visage, oubli&#233;e et jaunie, plane sur le r&#233;cit. Mehdi Ikaddaren nous fait entrer dans les ateliers des grands ma&#238;tres. Tout est pr&#233;cis, soigneusement document&#233; : vrai. Le lecteur y croit, l'auteur sourit. &lt;br class='autobr' /&gt;
Suivent quatre nouvelles japonaises. Mehdi Ikaddaren y d&#233;crit des paysages d'un &#339;il averti et sensible. Ici, pas de clich&#233;s faciles, mais une connaissance approfondie de la culture nipponne. Souvent prisonniers de leurs destins, les personnages se confrontent &#224; l'impermanence des choses, au temps qui passe, inexorablement : &lt;i&gt;On e&#251;t dit une fleur de pivoine, un &#233;pais bouton carmin qui d&#233;ployait ses longs p&#233;tales &#8211; avant de se dissoudre, comme une fleur s&#233;ch&#233;e, imbib&#233;e dans le th&#233; amer de l'oubli&lt;/i&gt;. L'&#233;criture est belle, cadenc&#233;e. Elle nous porte et nous entra&#238;ne dans des jeux d'illusions, de miroirs, comme dans La chambre des somnambules, nouvelle hypnotique qui a donn&#233; son titre au recueil. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les quatre nouvelles suivantes sont travers&#233;es par la hantise du mal, de la guerre. Dans &lt;i&gt;Le mascaret&lt;/i&gt;, texte publi&#233; en 2020 par le &lt;i&gt;Cafard H&#233;r&#233;tique&lt;/i&gt;, le puissant reflux du fleuve projette le cadavre d'une femme contre les jambes de jeunes hommes. Mais qu'a vu le narrateur ? Ce corps n'est peut-&#234;tre qu'un enchev&#234;trement d'immondices. L'image ne serait que r&#233;miniscence. Elle devient hantise, qui est coupable ? &lt;i&gt;Aurait-on pu imaginer que le mascaret r&#233;veillerait ses fant&#244;mes ? Que nous serions l&#224;, &#224; guetter le salut d'un cadavre, pour feindre de n'avoir rien vu, rien su ? Car coupables, nous le sommes tous, n'est-ce pas ?&lt;/i&gt; Ainsi en va-t-il de l'&#233;criture, elle se joue de la m&#233;moire, du pass&#233; trouble qu'elle recompose pour nous interpeller. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le recueil se cl&#244;t par &lt;i&gt;Au c&#339;ur des pr&#233;s&lt;/i&gt;, titre au charme trompeur pour d&#233;crire le massacre d'Ascq, trag&#233;die de l'histoire o&#249; quatre-vingt-six civils ont &#233;t&#233; sauvagement fusill&#233;s en avril 1944. Les faits sont rapport&#233;s avec r&#233;alisme. Paul Voyeux, petit contrebandier sans envergure, a tout vu. Il passera la nuit dans un foss&#233; avec le fils de Nono, un gamin de dix-sept ans qui ne survivra pas &#224; ses blessures. Cette terrible m&#233;moire p&#232;se sur l'&#233;criture toujours juste, contenue, et pourtant, &#224; la limite du soutenable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mehdi Ikaddaren cultive un style au rythme envo&#251;tant. En musicien de mots, il compose. Son phras&#233; m&#233;lodique nous invite &#224; le lire &#224; haute voix. Ce premier recueil, tr&#232;s prometteur, est d&#233;j&#224; une belle r&#233;ussite.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;La chambre des somnambules&lt;/i&gt; est publi&#233;e chez &lt;a href=&#034;https://www.zonaires.com/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Zonaires &#233;ditions&lt;/a&gt;, &#233;diteur bien connu des amateurs de nouvelles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Les fils de novembre &#187;, de Jean-Yves Robichon</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/les-fils-de-novembre-de-jean-yves-robichon</link>
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		<dc:date>2025-05-03T10:52:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Corine Sylvia Congiu</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Vous &#234;tes-vous d&#233;j&#224; arr&#234;t&#233; dans une lecture pour lire trois fois un passage, &#224; voix haute, dans le silence sonore de votre caboche ? Juste parce que le rythme vous a pris, comme une chanson, un po&#232;me libre, qui se scande tout seul dans la nuit, et se lib&#232;re ? J'entends sa voix. &#171; Pourquoi es-tu partie ? &#187; La cadence de ses c&#233;sures. Un m&#233;tronome a d&#233;marr&#233;, qui donne le tempo. &#171; Et toi, aimais-tu la brume ? &#187; Je le chante en vers libres, c'est de la musique : &#171; L'ennui. / J'&#233;cris pour ne pas mourir au fond (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1447.png?1746269508' width='106' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vous &#234;tes-vous d&#233;j&#224; arr&#234;t&#233; dans une lecture pour lire trois fois un passage, &#224; voix haute, dans le silence sonore de votre caboche ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Juste parce que le rythme vous a pris, comme une chanson, un po&#232;me libre, qui se scande tout seul dans la nuit, et se lib&#232;re ? &lt;br class='autobr' /&gt;
J'entends sa voix.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Pourquoi es-tu partie ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cadence de ses c&#233;sures. Un m&#233;tronome a d&#233;marr&#233;, qui donne le tempo.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Et toi, aimais-tu la brume ? &#187;&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Je le chante en vers libres, c'est de la musique : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; L'ennui. / J'&#233;cris pour ne pas mourir au fond de cette ferme / que je renie / avec sa terre de peine / et ses maudites b&#234;tes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Yves Robichon aime les arbres, la mer, la brume, les vieilles dames, les 17 ans et les synesth&#233;sies ch&#232;res &#224; Rimbaud.&lt;br class='autobr' /&gt;
Hant&#233; par le rien, la disparition, l'effacement des &#234;tres, des existences et des choses, de la m&#233;moire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il aime aussi les chansons, les peintures, les romans, et encore la brume. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les mains de peintres, de graveurs, qui racontent tant de merveilles, comme dans &#171; Les mains de C&#233;sar &#187;, un opuscule paru dans les &#201;ditions Lamiroy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/article/comme-a-ostende' class='spip_in'&gt;&#171; Comme &#224; Ostende &#187; est une nouvelle que nous avions publi&#233;e dans Nouvelle Donne en septembre 2020&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les bonnes nouvelles, c'est celles qu'on relit sans se lasser, en d&#233;gustant d'y d&#233;couvrir de nouveaux &#233;chos, des leitmotivs aux subtiles diff&#233;rences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ostende, j'ai dix-sept ans, et je n'ai jamais vu la mer. &#187;&lt;/i&gt;[&lt;a href='https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/article/comme-a-ostende' class='spip_in'&gt;&#171; Comme &#224; Ostende &#187;&lt;/a&gt;]&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; J'ai dix-sept ans, et je veux voir la mer. &#187;[&lt;a href='https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/article/comme-a-ostende' class='spip_in'&gt;&#171; Comme &#224; Ostende &#187;&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix-sept ans. L'&#226;ge qui hante toutes les nouvelles de ce recueil.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; On n'est pas s&#233;rieux quand on a dix-sept ans &#187;. Rimbaud, jamais cit&#233;, toujours en filigrane.&lt;br class='autobr' /&gt;
Leitmotivs, &#224; l'int&#233;rieur des nouvelles, et d'une nouvelle &#224; l'autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; De ses dix-sept-ans il ne se souvient de plus rien sauf de cette nu&#233;e d'or qui le saisit &#224; la veille de novembre &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; Nu&#233;e d'or &#187;' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature, &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Depuis toujours, je grandis sous terre, je m'immisce, m'accroche, m'enracine &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;les arbres, &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; &#201;rable, charme h&#234;tre et m&#234;me peuplier... &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la campagne, &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; J'&#233;cris pour &#233;chapper au triste sort qui m'a fait na&#238;tre dans cette campagne qui a fui. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et surtout la mer, partout la mer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Terres gagn&#233;es sur la mer, de ce pays de dunes et d'eau, ici un canal, l&#224; un &#233;tier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont chaque fois des synesth&#233;sies qui renvoient d'une &#339;uvre d'art &#224; une exp&#233;rience sensorielle.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Les gris aussi, engourdisdans les brumes ouateuses, il les entend &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-2' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; Le silence de la cendre &#187;' id='nh3-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De sa formation de plasticien, nous lui devons la visite de &#171; L'ange de Memling &#187; (allusion &#224; l' &#171; Ange tenant un rameau d'olivier &#187;) ; de l'Agneau mystique des fr&#232;res Van Eyck ; de Klimt&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-3' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; Nu&#233;e d'or &#187;' id='nh3-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; et m&#234;me de cette petite vieille &#171; qui bricole des histoires avec des images &#187;, Agn&#232;s Varda, (dans &#171; La naissance d'Ulysse &#187;, une nouvelle qui a &#233;t&#233; second prix de la 33&#176; &#233;dition du concours de &lt;i&gt;l'Encrier renvers&#233;&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personnages c&#233;l&#232;bres,&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Bient&#244;t la brume, plus tard le noir. Sur la ville, le commissaire Mager veille. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;mais aussi et surtout personnages de rien, qui cherchent &#224; se souvenir, &#224; l'heure du bilan.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; ... il n'est pas vraiment n&#233;, ... &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-4' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; Lange de Memling &#187;' id='nh3-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; que reste-t-il de sa vie... &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-5' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; Brume &#187;' id='nh3-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Il n'aurait donc pas v&#233;cu ? &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-6' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; Brume &#187;' id='nh3-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Pour le reste, je ne suis s&#251;r de rien, ni de l&#224; o&#249; je viens, ni m&#234;me du nom qui est le mien &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-7' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; Estampe &#187;' id='nh3-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Ce matin, je nais, vierge de souvenirs, je nais vieux dans un corps qui me trahit &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
De ces 3 jours pass&#233;s, que reste-t-il ?&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-8' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; La plage de Scheveningen &#187;' id='nh3-8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce recueil, &#171; Les fils de novembre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-9' class='spip_note' rel='appendix' title='L'Ire de l'ours &#201;ditions' id='nh3-9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, doit son titre &#224; l'emprunt d'un vers de la chanson &#171; Le plat pays &#187; de Jacques Brel (&#171; Quand les fils de Novembre nous reviennent en mai &#187;), de nombreuses allusions aux chansons en jonchent les pages : &#171; L'&#233;t&#233; indien &#187;, &#171; La mer qu'on voit danser &#187;, et bien s&#251;r &#171; Ostende &#187;, de L&#233;o. Chansons et chansons encore, d'une g&#233;n&#233;ration qui bient&#244;t s'&#233;teindra, un doux-amer sp&#233;cifique &#224; cet auteur talentueux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Nu&#233;e d'or &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-2' class='spip_note' title='Notes 3-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le silence de la cendre &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-3' class='spip_note' title='Notes 3-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Nu&#233;e d'or &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-4' class='spip_note' title='Notes 3-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Lange de Memling &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-5' class='spip_note' title='Notes 3-5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Brume &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-6' class='spip_note' title='Notes 3-6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Brume &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-7' class='spip_note' title='Notes 3-7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Estampe &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-8' class='spip_note' title='Notes 3-8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La plage de Scheveningen &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-9' class='spip_note' title='Notes 3-9' rev='appendix'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'Ire de l'ours &#201;ditions&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La fille de soie de Soledad Lida</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/la-fille-de-soie-de-soledad-lida</link>
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		<dc:date>2024-12-09T10:28:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Yves Robichon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre vous rappelez-vous ce texte intrigant que nous avions publi&#233; en avril 2021 Le cabinet des hippocampes ? Son auteure Soledad Lida vient de commettre, aux &#233;ditions Ma&#239;a, un petit recueil intitul&#233; La fille de soie. Autant le dire d'embl&#233;e, les textes de Soledad Lida &#233;chappent &#224; toute tentative de classification. Ni tout &#224; fait des nouvelles ni tout &#224; fait des contes, mais probablement un peu les deux. Ces dix-neuf r&#233;cits (terme plus neutre), parfois tr&#232;s brefs (une page) se distinguent par un (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/" rel="directory"&gt;Critiques de recueils de nouvelles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1430.jpg?1733740064' width='95' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Peut-&#234;tre vous rappelez-vous ce texte intrigant que nous avions publi&#233; en avril 2021 &lt;a href='https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/article/le-cabinet-des-hippocampes' class='spip_in'&gt;Le cabinet des hippocampes&lt;/a&gt; ? Son auteure &lt;a href='https://www.nouvelle-donne.net/auteur/soledad-lida' class='spip_in'&gt;Soledad Lida&lt;/a&gt; vient de commettre, aux &#233;ditions Ma&#239;a, un petit recueil intitul&#233; &lt;i&gt;La fille de soie&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autant le dire d'embl&#233;e, les textes de Soledad Lida &#233;chappent &#224; toute tentative de classification. Ni tout &#224; fait des nouvelles ni tout &#224; fait des contes, mais probablement un peu les deux. Ces dix-neuf r&#233;cits (terme plus neutre), parfois tr&#232;s brefs (une page) se distinguent par un style enlev&#233; aux accents baroques. Soledad Lida aime jouer avec les imparfaits du subjonctif, les tournures aux &#233;l&#233;gances d'un autre si&#232;cle, les mots rares et pr&#233;cieux. Aucun effet de mode dans son &#233;criture, plut&#244;t la recherche d'une langue intemporelle. Lire Soledad Lida c'est entrer de plain-pied dans un univers singulier, nourri de l&#233;gendes, de fables et de mythes. C'est d&#233;couvrir toute une galerie de personnages plus arch&#233;typaux que r&#233;els : sorci&#232;re &lt;i&gt;laissant derri&#232;re elle une odeur de sous-bois&lt;/i&gt;, tyran imposant l'omnipr&#233;sence de son image, funambule sur un fil de soie, automate f&#233;ru de po&#233;sie, professeur dont &lt;i&gt;l'&#233;loquence fleurissait avec son embonpoint&lt;/i&gt;&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le recueil s'ouvre sur la nouvelle &#233;ponyme et, sit&#244;t, le ton est donn&#233; : une naissance &#233;nigmatique, la pr&#233;diction d'une vieille gu&#233;risseuse, un destin qui se d&#233;vide comme un fil &#8211; peut-&#234;tre bien celui qui relie ou tisse les autres histoires du recueil &#8211; et se conclut par une image suspendue et po&#233;tique. De fil, il en est aussi question dans &lt;i&gt;Capriccio et fugue&lt;/i&gt; o&#249;, sur un promontoire, une &#233;trange dame joue d'une harpe &lt;i&gt;&#224; laquelle on ne comptera qu'une seule corde&lt;/i&gt;. Et c'est l'aubergiste du village qui se fera conteur pour vous r&#233;v&#233;ler le sort de cette myst&#233;rieuse musicienne. Mais, je ne d&#233;voilerai pas les nombreuses intrigues qui &#233;maillent le livre. Faites confiance &#224; Soledad Lida pour vous entra&#238;ner dans ses mondes faisant la part belle au fantastique, &#224; la m&#233;taphore et aux bizarreries. Elle vous enchantera par sa po&#233;sie dans &lt;i&gt;La vieille femme et la mer&lt;/i&gt;, vous &#233;mouvra par sa d&#233;licatesse dans &lt;i&gt;Finist&#232;re&lt;/i&gt;, vous surprendra par sa causticit&#233; dans &lt;i&gt;Une M&#233;chante femme&lt;/i&gt;, ou son humour dans &lt;i&gt;Dignit&#233;s et possessions&lt;/i&gt; (il n'est pas si fr&#233;quent qu'une nouvelle nous fasse &#233;clater de rire). &lt;br class='autobr' /&gt;
Soledad Lida a le don d'&#233;veiller l'enfant qui sommeille en nous, elle nous raconte des histoires incroyables et nous prenons un malin plaisir &#224; les croire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains des textes r&#233;unis dans &lt;i&gt;La fille de soie&lt;/i&gt; ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; publi&#233;s en revues (&lt;i&gt;l'Ampoule&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Harfang&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Rue Saint-Ambroise&lt;/i&gt;), l'&#233;criture lyrique et l'imagination foisonnante de Soledad Lida ne pouvaient que retenir l'attention de ces comit&#233;s de lecture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Chambre 812</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/chambre-812</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/chambre-812</guid>
		<dc:date>2024-12-01T13:10:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Corine Sylvia Congiu</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Un homme se souvient. Au hasard d'une sieste, une r&#234;verie lancinante l'emporte dans la chambre 812 d'une r&#233;sidence universitaire o&#249; il v&#233;cut plus de vingt-cinq ans auparavant. Il retrouve les lignes manuscrites de son journal de l'&#233;poque, et c'est alors un dialogue entre le pr&#233;sent et le pass&#233;, l'&#233;criture de la jeunesse dans sa trace corporelle tout infuse d'inflexions, et celle de la maturit&#233;, &#224; l'ordinateur. En consonnance, un troisi&#232;me interlocuteur s'intercale, Louise Narbo, (l'autrice de Coupe sombre (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/" rel="directory"&gt;Critiques de recueils de nouvelles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1429.png?1733058649' width='102' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un homme se souvient.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au hasard d'une sieste, une r&#234;verie lancinante l'emporte dans la chambre 812 d'une r&#233;sidence universitaire o&#249; il v&#233;cut plus de vingt-cinq ans auparavant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il retrouve les lignes manuscrites de son journal de l'&#233;poque, et c'est alors un dialogue entre le pr&#233;sent et le pass&#233;, l'&#233;criture de la jeunesse dans sa trace corporelle tout infuse d'inflexions, et celle de la maturit&#233;, &#224; l'ordinateur.&lt;br class='autobr' /&gt;
En consonnance, un troisi&#232;me interlocuteur s'intercale, Louise Narbo, (l'autrice de &lt;i&gt;Coupe sombre&lt;/i&gt; Yellow now Ed.), dans le velours de magnifiques images tout en ombres et lumi&#232;res, clairs-obscurs d'un noir et blanc somptueux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont donc trois modes visuels qui se relaient en r&#233;sonances, r&#233;verb&#233;rations, dans ce retour nostalgique vers un pass&#233; fant&#244;me. Louise Narbo les a elle-m&#234;me mis en page, faisant parfois se chevaucher ses propres clich&#233;s avec ceux des textes calligraphi&#233;s &#224; la main, scotch&#233;s sur les pages comme ils auraient &#233;t&#233; affich&#233;s sur le mur d'une chambre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pr&#232;s de la place Denfert-Rochereau, cette ann&#233;e-l&#224;, j'occupais la chambre huit cent douze, dans les &#233;tages sup&#233;rieurs d'une r&#233;sidence universitaire. Cette pi&#232;ce, je l'ai revue il y a quelques jours pendant la sieste. Un quart de si&#232;cle est maintenant pass&#233;, mais cette image me revient depuis, tous les soirs en m'endormant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi ma r&#234;verie est-elle entra&#238;n&#233;e vers ce lieu, pr&#233;cis&#233;ment, et non vers mon logement, &#224; Port-Royal, l'ann&#233;e d'avant, au num&#233;ro deux cent cinq, je crois ? N'importe, je me laisse simplement emporter par le fil des souvenirs, o&#249; se m&#234;lent douceur et regrets. Dans cette chambre, je tenais un journal, dont je retrouve aujourd'hui un passage. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;S'endormir, oublier. Trouble chaleur des r&#233;miniscences. Finies les caresses. Ce froid qui prend toute l'&#226;me. R&#234;ve d'une &#233;paule, mensonges de l'&#233;treinte. Je te griffe et toi aussi tu me griffes. Sursis contre le quotidien. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tourments, frissons, fi&#232;vre, ivresses, larmes, main crochue au ventre, cafard et sursauts, &#233;treintes et morsures, griffures, sourires et sarcasmes, amertume et murmures, d&#233;solation et susurrements, chuchotements et souffles, de l'&#233;criture calligraphi&#233;e alternent au fil des pages avec celle, plus froide et clinique, d'un pr&#233;sent qui ne sait plus retrouver le lyrisme po&#233;tique et sensuel, tout en chair et en parfums, senteurs m&#234;l&#233;es, en clart&#233;s hivernales, poudroiements, brumes rouges, esquives, ab&#238;mes et d&#233;mons, &#233;blouissements&#8230; du temps de la passion : La description minutieuse de la chambre, de l'emploi du temps d'un jeune &#233;tudiant o&#249; le prosa&#239;sme d'une lessive de chaussettes c&#244;toie l'achat de livres d'occasion ou le maigre diner de biscuits secs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici on parle d'&#226;me, l&#224; de digicode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#251;re lisibilit&#233; de l'&#233;criture d'imprimerie relaie la fragilit&#233; de la graphie &#224; la main, qui joue involontairement &#224; se faire d&#233;chiffrer, deviner, attendre, lire &#224; travers les lignes &#224; fleur de peau de l'&#233;motion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne trouve plus le trembl&#233; fragile, &#233;mouvant, de mon &#233;vocation premi&#232;re. Je me tiens &#224; la porte, et j'embrasse d'un regard toute la pi&#232;ce, du lavabo &#224; la fen&#234;tre, et toute cette portion de ma vie tient en cet instant. Comme je voudrais revoir cet endroit ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux sublimes photographies de Louise Narbo, ce sont clich&#233;s d'ext&#233;rieurs ou d'int&#233;rieurs, de passages de l'un &#224; l'autre, escaliers, paliers, fen&#234;tres, rideaux, chaise, balcon, cave, toits, fa&#231;ades d'immeubles, chantier sur le trottoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#234;tre vivant s'absente des natures mortes, s'&#233;voque en m&#233;tonymies : chaussures ou linge &#233;tendu sur le bacon, fum&#233;e de cigarette, ceinture en cuir, tasse et cafeti&#232;re sur une plaque chauffante de cuisine, fils &#233;lectriques et chaussons sur la moquette, draps froiss&#233;s, matelas abandonn&#233;s dans la rue, camion sans propri&#233;taire. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'ailleurs ne dit-on pas &lt;i&gt;Still life&lt;/i&gt;, en anglais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et ce regard par la fen&#234;tre qui r&#234;ve les nu&#233;es de la nuit en visage de lune ou oiseaux fantastiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Chambre 812, de &lt;a href='https://www.nouvelle-donne.net/l-equipe-de-nd/article/dominique-perrut' class='spip_in'&gt;Dominique Perrut&lt;/a&gt; et de Louise Narbo , Arnaud Bizalion &#201;diteur&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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