<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Nouvelle Donne</title>
	<link>https://www.nouvelle-donne.net/</link>
	
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.nouvelle-donne.net/spip.php?page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Nouvelle Donne</title>
		<url>https://www.nouvelle-donne.net/IMG/siteon0.png?1606645713</url>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/</link>
		<height>101</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;dito de mai 2026</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/l-equipe-de-nd/nos-anciens-editos/article/edito-de-mai-2026</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.nouvelle-donne.net/l-equipe-de-nd/nos-anciens-editos/article/edito-de-mai-2026</guid>
		<dc:date>2026-05-04T07:17:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Yves Robichon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Au moment o&#249; j'&#233;cris cet &#233;dito, les nouvelles ne sont pas bonnes, je veux parler des nouvelles du monde : fracas, blocus, famine. Sur nos &#233;crans, dans nos journaux, tout n'est que ruines et cendres. Notre monde va mal. Alors, pourquoi &#233;crire ? Et en particulier des nouvelles ? Nos d&#233;bats sur la d&#233;finition du genre, sur la n&#233;cessit&#233; ou pas d'une chute apparaissent bien futiles ! Alors qu'&#233;crire s'av&#232;re l'une des meilleures fa&#231;ons de porter un regard lucide sur un monde chaotique et trop souvent tragique. (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/l-equipe-de-nd/nos-anciens-editos/" rel="directory"&gt;Nos anciens &#233;ditos&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au moment o&#249; j'&#233;cris cet &#233;dito, les nouvelles ne sont pas bonnes, je veux parler des nouvelles du monde : fracas, blocus, famine. Sur nos &#233;crans, dans nos journaux, tout n'est que ruines et cendres. Notre monde va mal. Alors, pourquoi &#233;crire ? Et en particulier des nouvelles ? Nos d&#233;bats sur la d&#233;finition du genre, sur la n&#233;cessit&#233; ou pas d'une chute apparaissent bien futiles ! Alors qu'&#233;crire s'av&#232;re l'une des meilleures fa&#231;ons de porter un regard lucide sur un monde chaotique et trop souvent tragique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parce qu'elle est br&#232;ve, condens&#233;e, la nouvelle d&#233;tient une force de frappe &#224; nulle autre pareille. Je n'oublierai jamais l'image de ces deux amants d&#233;couvrant sur une plage le cadavre d'une baleine blanche. Paul Gadenne (1907 &#8211; 1956), dans sa nouvelle &lt;i&gt;Baleine&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Baleine de Paul Gadenne, Actes Sud, collection Babel, 5,60 &#8364;' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, nous pose la question : &lt;i&gt;Et maintenant, que pouvions-nous faire ? &#8230; La t&#234;te en avant, d&#233;laiss&#233;e par les dieux de la mer, la queue pointant vers la falaise, la baleine continuait &#224; s'enliser, &#224; se d&#233;rober &#224; nous&lt;/i&gt;. M&#233;taphore d'un monde qui se meurt, telle une vanit&#233; hollandaise, cette nouvelle nous confronte &#224; l'indicible. &lt;i&gt;Nous n'avions cru ne voir qu'une b&#234;te ensabl&#233;e : nous contemplions une plan&#232;te morte&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces trente pages d'un style &#233;blouissant et d'une beaut&#233; insens&#233;e ont marqu&#233; l'histoire de la litt&#233;rature. Albert Camus ne s'y &#233;tait pas tromp&#233; en les publiant d&#232;s 1949 dans la revue &lt;i&gt;Emp&#233;docle&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Trente pages qui, &#224; chaque lecture, d&#233;voilent des profondeurs insoup&#231;onn&#233;es. Car, et c'est l&#224; la force de sa bri&#232;vet&#233;, la nouvelle peut se relire &#224; l'infini pour toujours nous surprendre par des significations qui nous avaient jusqu'alors &#233;chapp&#233;. &lt;i&gt;Baleine&lt;/i&gt; porte un regard lucide et toujours actuel sur notre humanit&#233; tout en &#233;veillant une forme d'espoir, quelque chose de t&#233;nu qui tient &#224; la beaut&#233;, &#224; la po&#233;sie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Po&#233;tique, l'&#233;criture de Georgia Doll l'est assur&#233;ment. Vous la d&#233;couvrirez en ce mois de mai dans la nouvelle : &lt;i&gt;Une ville sans amour. Errance d&#233;sabus&#233;e dans une ville o&#249; les histoires ne se terminent pas. Elles s'&#233;parpillent, par-ci, par-l&#224;, finissent par &#234;tre dispers&#233;es dans l'espace. Tant&#244;t, on d&#233;tient un bout de fil, tant&#244;t, il vous glisse des mains. C'est la po&#233;sie des sacs poubelle qui dansent dans les arbres, un jour de vent&#8230;&lt;/i&gt; Quelle belle image !&lt;br class='autobr' /&gt;
Il vous faudra attendre le 1er juin pour d&#233;couvrir l'&#233;trange &lt;i&gt;Peach pas bouger&lt;/i&gt; de Swan Verdier. Un titre intrigant pour une histoire au ton d&#233;cal&#233; o&#249; le narrateur et sa chienne pourraient bien ne pas survivre &#224; la chute, mais n'en disons pas plus. &lt;i&gt;J'avais Peach de toute fa&#231;on, c'&#233;tait ma multiprise sentimentale qui me connectait avec tous mes &#234;tres chers. Peach rattrapait mes trop nombreux moments d'&#233;garement sentimental&lt;/i&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, c'est avec un tr&#232;s grand plaisir que nous vous faisons part du premier march&#233; de la nouvelle organis&#233; par le R&#233;seau de la nouvelle, les 30 et 31 mai, de 10 h &#224; 19 h, rue Malebranche, Paris 5e. Rendez-vous incontournable pour tout amateur. Qu'on se le dise !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Baleine&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; de Paul Gadenne, Actes Sud, collection Babel, 5,60 &#8364;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>VILLE SANS AMOUR</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/appels-a-textes/article/ville-sans-amour</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.nouvelle-donne.net/appels-a-textes/article/ville-sans-amour</guid>
		<dc:date>2026-05-04T07:14:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georgia Doll</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce soir, elle r&#244;de dans la ville. Les hommes la regardent passer, bouteilles de bi&#232;re &#224; la main, ils fument, la regardent, fument&#8230; Elle marche, rapidement, le regard droit, faisant semblant d'aller quelque part. C'est ainsi qu'elle r&#244;de, pour ne pas se faire remarquer, ne pas &#234;tre suivie par des hommes. Elle r&#244;de dans la nuit comme un chat qui n'ose pas miauler, par peur de ceux qui pourraient lui r&#233;pondre. Elle r&#244;de et elle pense &#224; toi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette ville, il n'y a qu'une seule journ&#233;e qui se r&#233;p&#232;te. (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/appels-a-textes/" rel="directory"&gt;Appels &#224; textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_616 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/jpg/ville_sans_amour2.jpg?1777878776' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-616 spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Illustration : Corine Sylvia Congiu - 2026
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;	Ce soir, elle r&#244;de dans la ville. Les hommes la regardent passer, bouteilles de bi&#232;re &#224; la main, ils fument, la regardent, fument&#8230; Elle marche, rapidement, le regard droit, faisant semblant d'aller quelque part. C'est ainsi qu'elle r&#244;de, pour ne pas se faire remarquer, ne pas &#234;tre suivie par des hommes. Elle r&#244;de dans la nuit comme un chat qui n'ose pas miauler, par peur de ceux qui pourraient lui r&#233;pondre. Elle r&#244;de et elle pense &#224; toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette ville, il n'y a qu'une seule journ&#233;e qui se r&#233;p&#232;te. Les saisons changent, mais cette journ&#233;e est interminable, inachev&#233;e toujours. Les histoires, aussi, se ressemblent par la fa&#231;on dont on les raconte. Et la ville les accueille &#8211; un haussement d'&#233;paules, un froncement de sourcils, un sourire las. C'est par les histoires qu'on se conna&#238;t les uns les autres, elles vous relient par des fils invisibles pendant qu'on navigue &#224; travers l'&#233;tendue de la ville. Cette m&#234;me journ&#233;e, avec, en vrac, les fils des histoires flottant autour de nous. Les mouettes volent au-dessus des immeubles, se posent entre les voitures pour manger, passent l'apr&#232;s-midi sur la mer et reviennent dormir sur les toits.&lt;br class='autobr' /&gt;
De cette fa&#231;on, on vit ici, dans cette ville belle et ab&#238;m&#233;e, maltrait&#233;e, fi&#232;re sans savoir de quoi ; les enfants grandissent sans changer d'&#226;me, les gens vieillissent, comme partout. L'&#339;il passe du sublime au grotesque. Des corps humains sont allong&#233;s au pied des poubelles d&#233;bordantes et le malheur s'expose sous ce ciel bleu qui ne cache rien. La ville, cette grande radasse qui s'&#233;tale sans honte ni &#233;l&#233;gance, ne s'excuse jamais. Mais au-del&#224; de la lumi&#232;re impitoyable qui semble tout montrer, on lui devine des profondeurs qu'elle ne se reconna&#238;t pas &#224; elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les places et dans les rues du centre-ville, &#231;a bourdonne. C'est l'&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un l&#233;ger vent rend la chaleur supportable. Les feuilles, s&#233;ch&#233;es avant l'heure, tombent des arbres. La canicule ne vient que de commencer. Les odeurs d'urine humaine et de crottes de chien se m&#233;langent avec celle des fleurs de tilleul. Les femmes portent le soleil de l'apr&#232;s-midi sur leurs d&#233;collet&#233;s, les hommes dans leurs yeux. La lune &#233;clatante, voluptueuse, semble si pleine que c'est vulgaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur les terrasses de la grande place, des &#233;crans diffusent le match. Elle s'assoit pour prendre un verre, pour se calmer l'esprit et faire passer le temps. Elle &#233;vite tout visage connu, ce soir, essaie de dispara&#238;tre au milieu de la foule. Le match la sauve, tous les yeux sont riv&#233;s sur les &#233;crans. Elle ne veut pas &#234;tre ivre, elle boit lentement. Il y a le toucher du vent, le go&#251;t du citron m&#234;l&#233; &#224; la bi&#232;re qui descend sa gorge. Le brouhaha des conversations devient un fond sonore ind&#233;finissable, &#224; peine humain. Elle attend le moment propice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'air de rien, l'air de rien&#8230;&lt;/i&gt; &#199;a chante en elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette ville, les hommes sont partout. Ils fl&#226;nent, se regroupent en bord de route et passent en voiture avec le bras gauche sorti de la fen&#234;tre. Ces mecs-l&#224;, elle les envie pour l'aisance avec laquelle ils assument leur nature de chat et de chien. Pourtant, tous ces hommes ne lui disent rien. Elle ne sait pas comment, &#224; travers son corps, elle t'a choisi, ses yeux se sont fix&#233;s sur toi et tout le reste d'elle a d&#251; suivre. Distraitement, elle fait d&#233;filer les noms du r&#233;pertoire, &#224; la recherche d'une solution autre que toi. Un homme avec un sac &#224; dos s'approche.
&lt;br /&gt;&#8212; Tes yeux sont des soleils, ta bouche est un oc&#233;an. Ta peau est le ciel parsem&#233; d'&#233;toiles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et il lui offre une rose rouge.
&lt;br /&gt;&#8212; Ne cherche pas &#224; comprendre qui je suis ; je suis tomb&#233; du ciel. Je viens d'une plan&#232;te que personne n'a visit&#233;e. Pour autant que j'existe...&lt;br class='autobr' /&gt;
Il aurait continu&#233;, mais la serveuse vient le chasser, une cigarette &#233;teinte au coin de la bouche. Un serpent monte sa cuisse et dispara&#238;t sous les bords de la minijupe grise. &lt;br /&gt;&#8212; Le pr&#233;dateur arrive, il va faire beaucoup de mal. Attention, ne te fais pas arracher le c&#339;ur. Au revoir et tr&#232;s bonne soir&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parler, parler&#8230; Toujours &#231;a parle dans cette ville. Moins on a des choses &#224; dire, plus &#231;a bavarde. Et ce &lt;i&gt;moment propice&lt;/i&gt;, de bon augure, qui n'arrive pas ou qu'elle ne parvient pas &#224; saisir. Elle continue &#224; faire d&#233;filer les noms, mais aucun ne semble r&#233;el, cette nuit de pleine lune, sauf, toujours, ton nom que son esprit reproduit en boucle. Mais elle n'est pas pr&#234;te &#224; &#233;changer son fantasme contre une exp&#233;rience, car l'exp&#233;rience passe, alors que le fantasme, c'est elle qui d&#233;cide quand c'est fini. Il y a la lune qui brille fort, il fait trop chaud pour dormir, et pas loin d'ici se trouve ton odeur, ton pouls bat... c'est difficile&#8230; dans les nuits comme &#231;a. Car elle sait o&#249; te trouver. Elle conna&#238;t l'endroit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Sais-tu combien de fois, elle est pass&#233;e devant ton bistrot, &lt;i&gt;l'air de rien&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand elle passe devant la porte, elle retient le souffle et ralentit le pas, louchant pour distinguer ta silhouette &#224; l'int&#233;rieur, le fichu &lt;i&gt;air de rien&lt;/i&gt; qui murmure en elle, avec la honte et le d&#233;sir qui la br&#251;lent en m&#234;me temps, mais pas au m&#234;me endroit. Derri&#232;re la vitre, quelqu'un te parle, tu ne soul&#232;ves pas la t&#234;te, tu es en train de rincer un verre, ton profil fatigu&#233; acquiesce. Elle vire &#224; gauche, change de trottoir et d&#233;passe la porte, la vitre, ton visage d&#233;tourn&#233;, ce quelqu'un qui te parle &#224; sa place&#8230; Il n'y a pas de hasard sur sa route en ce qui te concerne !&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu es un fantasme, certes. Mais tu es un homme, aussi. Ta peau a une chaleur, un go&#251;t, ta chair a une facture. Il est vrai, on peut vivre sous l'emprise d'un fantasme, mais on ne peut pas vivre avec lui. Un fantasme n'aide pas contre la solitude&#8230; Mais rien n'aide contre la solitude, apr&#232;s tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, elle pense &#224; toi, en plein soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande ville porte l'empreinte des ordures, mais elle est b&#226;tie en bord de mer. L'eau est claire et en plongeant, on voit les jambes des nageurs, entre les bouts de d&#233;chets flottants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand elle est allong&#233;e sur le rocher et que le soleil l'inonde, elle pense &#224; toi. Puis, elle se retourne et se laisse toucher par lui jusqu'&#224; ce que tout devienne chaud et lumineux, que ses os se mettent &#224; sonner, que son squelette rayonne et qu'elle ne sache plus si le soleil est dedans ou dehors&#8230; c'est l&#224; qu'elle pense le plus &#224; toi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet apr&#232;s-midi, &#224; la mer, elle s'est laiss&#233; faire sans pr&#234;ter attention aux gens, elle pensait seulement &#224; toi et ce soir, sous la lune ridicule, elle n'a que toi en t&#234;te, encore. Elle te d&#233;teste, car tu ne sais rien de sa souffrance. C'est comme si elle s'&#233;tait lanc&#233; un d&#233;fi contre elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car tu n'es pas un homme libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la premi&#232;re chose que tu lui as dite et elle n'a pas pu l'oublier. Depuis ce jour, elle pense &#224; toi comme &#224; un homme dans une cage qu'on vient contempler de loin. Un homme dans une cage, c'est &#224; lui seul de se lib&#233;rer, personne ne peut l'aider. Pourtant, elle sait que tu n'as rien &#224; faire de la libert&#233; qui lui est si ch&#232;re ; tu pr&#233;f&#232;res ta cage, comme tant d'autres. On se ressemble par les choses qui nous s&#233;parent... Tu fais de ta captivit&#233; une forteresse et elle se prive elle-m&#234;me de compagnie. Au fond, elle sait quel homme tu es et elle ne cherche pas de la souffrance superflue. Mais ce n'est pas avec la partie en elle qui &#233;vite la souffrance qu'elle pense &#224; toi ce soir, ce n'est pas elle qui la fait r&#244;der dans la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lune brille avec toujours la m&#234;me insolence et c'est vraiment l'&#233;t&#233; aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Qu'est-ce qui t'arrive, ce soir ? Tu as perdu ton sourire...
&lt;br /&gt;&#8212; J'ai peur du fascisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ainsi que vous avez fait connaissance. L'heure est avanc&#233;e, tu lui offres un verre, vous parlez politique.
&lt;br /&gt;&#8212; Il faut se concentrer sur les choses qu'on aime. Le seul choix que nous avons est de jouir pleinement de la vie, maintenant plus que jamais, afin d'avoir le courage de sortir, le jour o&#249; la ville va br&#251;ler.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des verres se suivent. L'air est humide, son c&#339;ur ne bat plus au m&#234;me rythme qu'avant.
&lt;br /&gt;&#8212; Qu'est-ce que tu aimes ? Tes yeux souriants vont droit au but.
&lt;br /&gt;&#8212; Tu ne comprends pas. J'en ai marre de baiser, mais personne ne me donne envie de faire l'amour.
&lt;br /&gt;&#8212; Moi, c'est l'inverse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les choses sont claires entre vous d&#232;s le d&#233;part. Tout vous s&#233;pare, d'une fa&#231;on imperceptible. &#192; travers les gestes et les paroles, une distance se tisse, pas &#233;norme, mais si dense qu'elle devient infranchissable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand elle revient des toilettes, une femme blonde s'est assise &#224; sa place au comptoir. Tu es trop convoit&#233;, mon gars, combien de fant&#244;mes te pourchassent ainsi, clairs ou sombres ? Elle se met &#224; c&#244;t&#233; de la femme qui occupe le tabouret avec ses rondeurs, ne sachant comment partir sans se d&#233;masquer.
&lt;br /&gt;&#8212; Toi aussi, tu fais le papillon de nuit ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La blonde fait mine de ne rien comprendre et continue &#224; te d&#233;visager. Et elle, priv&#233;e de tout pr&#233;texte, devient l'ombre d'une ombre. Une m&#234;me soir&#233;e, &#233;tal&#233;e sur des mois &#8211; des nuits errantes, des matins troubles, et elle n'a toujours pas fait l'amour. Ce terrible souhait de changer ! De passer &#224; autre chose, aux choses s&#233;rieuses s'il le faut, mais arr&#234;ter cette errance, effacer cette lune ridicule, rentrer ! Ne plus &#234;tre seule. Ce sont les choses absentes qui font le plus mal...&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce soir, elle va te prendre, au moins pour tourner la page. Une autre femme pourra occuper la place qu'elle a prise dans ta vie. Car elle souffre : quelle souffrance de devoir encore et encore passer devant cette vitre et n'arriver &#224; rien, s'emp&#234;cher de tout par la force. Un autre visage pourra s'asseoir au comptoir et t&#226;cher de plonger son regard dans le tien. Ce soir, elle va achever son &#339;uvre m&#233;diocre, c'est elle le pr&#233;dateur ce soir, mais quelque chose l'emp&#234;che de d&#233;marrer la chasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le match est termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La serveuse entasse les chaises. Sur sa cheville droite vacille un poulpe. Un petit chien s'en approche en aboyant.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Dernier verre ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle reste assise jusqu'&#224; ce que toutes les chaises soient rang&#233;es, sirotant sa bi&#232;re sans lever le regard ; elle sait que des yeux l'attendent. Il fait si lourd que ses jambes sont coll&#233;es comme deux timbres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s la fermeture du caf&#233;, elle continue &#224; raser les murs pendant quelque temps, en nage et pas assez ivre pour prendre une d&#233;cision. &#192; une heure et demie du matin, on ne peut passer nulle part, fortuitement. &#199;a n'existe pas, &lt;i&gt;l'air de rien&lt;/i&gt;, &#224; une heure et demie. Pourtant, c'est cette heure-ci et elle est toujours dehors. L'atmosph&#232;re est &#233;lectrique, la lune a disparu et toutes les &#233;toiles. On a coup&#233; l'&#233;clairage dans le quartier et elle cherche son chemin par des ruelles obscures, devenue invisible comme les choses qui l'entourent, un autre secret de la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; une heure quarante-six, l'orage &#233;clate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de quelques secondes, elle est tremp&#233;e jusqu'aux os. Elle se met &#224; courir, affol&#233;e, ravie, de grosses gouttes lui rentrent dans les yeux, font couler l'encre sur ses joues, lui tombent dans le d&#233;collet&#233; et mouillent le soutien-gorge (et elle pense encore &#224; toi, &#224; cet instant). Elle continue &#224; courir alors que l'inondation de son corps est totale, d&#233;passant quelques f&#234;tards tardifs avec des bouteilles &#224; la main, ils pleurent ou chantent. Trois femmes en talons aiguilles se sont abrit&#233;es dans une entr&#233;e. Une ombre se tient sous le seul lampadaire allum&#233;, sa silhouette large est prot&#233;g&#233;e par un parapluie et on devine de grands seins luisants derri&#232;re le rideau d'eau. Les &#233;clairs et le tonnerre arrivent maintenant en m&#234;me temps (et elle pense &#224; toi, plus que jamais). Elle laisse la pluie entrer dans son corps. Son esprit est largement ouvert, comme si une nouvelle journ&#233;e venait de commencer et elle envie le ciel de pouvoir exploser avec autant de d&#233;mesure, en s'emparant des &#234;tres et des choses. Un d&#233;sir d'action l'a saisie et, &#224; pr&#233;sent, il n'y a plus de retour possible. L'obscurit&#233; alterne avec la clart&#233;, le bruit du tonnerre l'accompagne comme les cris des supporteurs lors des derni&#232;res minutes du match, le chemin fait ses d&#233;tours, c'est la roulette russe maintenant, trois balles contre trois cartouches vides&#8230; Les grilles de ton bistrot sont mi-baiss&#233;es, mais &#224; travers les barreaux, elle aper&#231;oit de la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le ciel du matin est bas lorsqu'elle remonte la rue dans le sens inverse. Les prostitu&#233;es, encore plus matinales qu'elle, la saluent et ouvrent les &#233;ventails avec un mouvement de main habile. L'orage a rafra&#238;chi l'air, mais le soleil est en train de se lever. La m&#234;me chaleur accablante les attend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle s'assoit sous un parasol et commande un caf&#233;.
&lt;br /&gt;&#8212; Vous &#234;tes seule. Pourquoi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Il la regarde avec des yeux qui ont vu les montagnes kabyles.
&lt;br /&gt;&#8212; J'ai envie de solitude, ce matin.
&lt;br /&gt;&#8212; Je vous vois&#8230; Il pointe vaguement autour de lui. Vous &#234;tes seule, tous les jours. Pourquoi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Un peu plus loin, une femme est en train de peindre le tronc d'un arbre en couleur rouge. Le visage du serveur cherche &#224; comprendre.
&lt;br /&gt;&#8212; Vous n'&#234;tes pas seul, vous ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Il soupire, un air ind&#233;fini.
&lt;br /&gt;&#8212; Jamais.&lt;br class='autobr' /&gt;
La diff&#233;rence entre eux, c'est qu'elle est toujours seule et lui jamais, qu'elle paie le prix d'un espresso pour s'asseoir sous ce parasol et qu'&#224; lui, la pr&#233;sence dans le m&#234;me espace-temps rapporte un SMIC horaire. On se ressemble tant par les choses qui nous s&#233;parent...
&lt;br /&gt;&#8212; J'aime vous voir, dit-il encore avant de reprendre sa place &#224; l'entr&#233;e du caf&#233;.
&lt;br /&gt;&#8212; Votre pr&#233;sence&#8230;, il cherche le mot, ... m'apaise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce matin, elle a peur de ne pas vivre. Pourtant, l'existence est manifeste : un caf&#233; bien serr&#233;, un serveur apais&#233; par sa pr&#233;sence, le tronc d'un arbre peint en rouge, cette m&#234;me journ&#233;e&#8230; Elle voudrait se d&#233;barrasser une fois pour toutes de cela : le pass&#233;, le futur, le creux &#224; la place de son c&#339;ur, et embrasser cette solitude simple qui est la sienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne sais-tu pas ce qui s'est pass&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu es rentr&#233; en elle par le nez, mais une fen&#234;tre s'est ouverte au milieu de sa poitrine. Tes yeux se sont adoucis, les fils se sont emm&#234;l&#233;s, elle a fourr&#233; son nez au plus profond de ta clavicule gauche et elle a plong&#233; en toi. Aucune pens&#233;e en trop ne vous a atteints, vous &#233;tiez, dans cet acte matinal, deux &#234;tres sublim&#233;s. Elle a tenu ta t&#234;te entre ses mains comme une boule de cristal pr&#233;cieuse, veillant &#224; ce qu'elle ne glisse pas avant que l'image surgisse. Plus tard, sous la douche, elle a fait na&#238;tre une bulle de savon entre ses seins et tu l'as &#233;clat&#233;e avec ton doigt. Sous le tableau de Klimt, elle t'a embrass&#233; une derni&#232;re fois, puis une deuxi&#232;me derni&#232;re fois et elle est partie. Ton odeur se perd d&#233;j&#224; dans les odeurs de la ville, tes yeux s'estompent... La sublimation de vos deux &#234;tres ne se reproduira pas dans le syst&#232;me de coordonn&#233;es de vos vies s&#233;par&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Machinalement, elle a repris sa marche &#224; travers la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le supermarch&#233;, un homme est assis par terre, sa pancarte r&#233;clame de l'argent pour l'entretien de son porche. Son coll&#232;gue de trottoir le formule plus sobrement : &#171; I am Hungarian &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'entr&#233;e du m&#233;tro, un homme et une femme se donnent des coups de poing. Cinq personnes se sont arr&#234;t&#233;es pour regarder le spectacle gratuit. Un jeune touriste jette des coups d'&#339;il autour de lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Quelqu'un peut appeler quelqu'un ! Faites quelque chose au lieu de regarder ! &#187; crie-t-il d'un accent cahoteux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il tente de s&#233;parer les combattants. Pendant que les deux hommes s'affrontent, la femme donne des coups de pieds en direction des genoux de son adversaire. &lt;i&gt;CHERCHE TON &#194;ME, S&#338;UR !&lt;/i&gt; est &#233;crit en grandes lettres asym&#233;triques sur le sol sur lequel ils se battent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans cette ville, les histoires ne se terminent pas. Elles s'&#233;parpillent, par-ci, par-l&#224;, finissent par &#234;tre dispers&#233;es dans l'espace. Tant&#244;t, on d&#233;tient un bout de fil, tant&#244;t, il vous glisse des mains. C'est la po&#233;sie des sacs poubelle qui dansent dans les arbres, un jour de vent&#8230; Une fois de plus, elle devient le fant&#244;me qui hante la ville et personne ne se doute de sa pr&#233;sence. Derri&#232;re son corps &#233;veill&#233; se cache une absence qui va loin, au plus profond de son &#234;tre. Elle pensera encore &#224; toi et puis elle t'oubliera. Mais son d&#233;sir d'amour est intact.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'association J'&#233;cris&#8230;J'm'&#233;dite, la m&#233;diath&#232;que Le Kiosque et la commission Culture de la mairie de Saint-Saturnin-l&#232;s-Apt organisent leur 13e concours gratuit d'&#233;criture de nouvelles.</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/concours-de-nouvelles/article/l-association-j-ecris-j-m-edite-la-mediatheque-le-kiosque-et-la-commission</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.nouvelle-donne.net/concours-de-nouvelles/article/l-association-j-ecris-j-m-edite-la-mediatheque-le-kiosque-et-la-commission</guid>
		<dc:date>2026-04-16T10:26:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Ce concours est ouvert &#224; tous &#224; partir de 16 ans. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faudra inclure int&#233;gralement dans la nouvelle, l&#224; o&#249; vous le d&#233;sirez, la phrase suivante : &#171; Sur le quai restaient quelques flaques argent&#233;es, des tickets d&#233;chir&#233;s et des m&#233;gots &#233;cras&#233;s &#187; et ins&#233;rer ces &lt;br class='autobr' /&gt;
5 mots : accentuer, poivre, acouph&#232;ne, pic, feuillet. &lt;br class='autobr' /&gt;
La phrase doit obligatoirement rester telle quelle, le verbe peut changer de temps, les noms et adjectifs peuvent changer de genre et de nombre. Attention : Nous vous remercions d'&#233;crire la phrase (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/concours-de-nouvelles/" rel="directory"&gt;Concours de nouvelles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Ce concours est ouvert &#224; tous &#224; partir de 16 ans.
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il faudra inclure int&#233;gralement dans la nouvelle, l&#224; o&#249; vous le d&#233;sirez, la phrase suivante : &#171; Sur le quai restaient quelques flaques argent&#233;es, des tickets d&#233;chir&#233;s et des m&#233;gots &#233;cras&#233;s &#187; et ins&#233;rer ces&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 mots : accentuer, poivre, acouph&#232;ne, pic, feuillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La phrase doit obligatoirement rester telle quelle, le verbe peut changer de temps, les noms et adjectifs peuvent changer de genre et de nombre. Attention : Nous vous remercions d'&#233;crire la phrase et les mots en GRAS.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Conditions de participation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les candidats autorisent par avance et sans condition les organisateurs &#224; utiliser les manuscrits de quelque mani&#232;re que ce soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les inscriptions sont ouvertes &#224; la parution du r&#232;glement soit le 15 avril 2026.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les auteurs ne recevront pas de droits et conserveront la propri&#233;t&#233; de leur &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sentation des manuscrits et envoi&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Une seule nouvelle par personne.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle sera dactylographi&#233;e, agraf&#233;e, les pages num&#233;rot&#233;es, le recto verso autoris&#233;, en format A4 (21-29.7) police Times new roman ou Arial - corps 12 - marges &#224; 2,5 cm - entre 0 et 10 000 caract&#232;res, espaces compris (voir, dans la barre d'outils, onglet &#171; R&#233;vision &#187; puis &#171; Statistiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun signe distinctif : ni dessin, ni illustration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle sera &#224; envoyer jusqu'au 31/10/26 par courrier en 6 exemplaires (le cachet de la poste faisant foi) accompagn&#233;e de la fiche d'inscription ci-dessous &#224; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;cris&#8230;J'm'&#233;dite&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25, route de Gordes 84490 Saint-Saturnin-l&#232;s-Apt&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ou d&#233;pos&#233;e &#224;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la M&#233;diath&#232;que Le Kiosque,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 rue Ripert de Monclar &#224; Saint-Saturnin-l&#232;s-Apt&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jury est compos&#233; de professionnels du livre et de lecteurs assidus. Il sera guid&#233; dans son choix par un ensemble de crit&#232;res communs : originalit&#233; de l'histoire, qualit&#233; du style, &#233;motions d&#233;gag&#233;es par le texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s d&#233;lib&#233;rations du jury, le classement des nouvelles sera annonc&#233; sur le site de l'association : &lt;a href=&#034;http://www.jecrisjmedite.fr&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.jecrisjmedite.fr&lt;/a&gt;. Aucune contestation sur les r&#233;sultats ne sera recevable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultats&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; les nouvelles prim&#233;es feront l'objet d'une publication, il sera demand&#233; (par courriel) aux laur&#233;ats s&#233;lectionn&#233;s de transmettre par internet &#224; l'association J'&#233;cris J'm'&#233;dite, le fichier de leur texte (fichier Word ou Open office) dans les 48 heures qui suivront. En cas de non-respect du d&#233;lai, les organisateurs se r&#233;servent le droit de contacter les laur&#233;ats suivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remise des prix&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est souhaitable que les laur&#233;ats qui le peuvent assistent &#224; la remise des prix qui aura lieu &#224; Saint-Saturnin-l&#232;s-Apt (date &#224; d&#233;terminer). Nous vous remercions de bien vouloir vous r&#233;f&#233;rer aux indications qui seront donn&#233;es sur notre site : &lt;a href=&#034;http://www.jecrisjmedite.fr&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.jecrisjmedite.fr&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prix&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er prix : 5 exemplaires du recueil des meilleures nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2e prix : 3 exemplaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3e prix : 2 exemplaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coups de c&#339;ur du jury : 1 exemplaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jury a aim&#233; aussi : 1 exemplaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Possibilit&#233; d'acheter des recueils si vous le d&#233;sirez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisateurs se r&#233;servent le droit d'annuler le concours de nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouvelles ne seront pas renvoy&#233;es et seront d&#233;truites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul fait de d&#233;poser sa candidature implique l'acceptation pleine et enti&#232;re du pr&#233;sent r&#232;glement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour tous renseignements compl&#233;mentaires : jecrisjmedite@aol.fr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Destination mardi matin </title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/article/destination-mardi-matin</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/article/destination-mardi-matin</guid>
		<dc:date>2026-03-31T17:49:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Catherine Boucher</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;[D&#233;couvrez ce texte lu, illustr&#233; et mis en musique par Corine Sylvia Congiu] &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle est &#224; c&#244;t&#233; de moi, &#224; la place du mort comme on dit. Son dos effleure &#224; peine la forme du dossier. La pointe de ses pieds repose sur le tapis de sol, l&#224;, juste en-dessous de la boite &#224; gants. Ses cheveux blancs, mont&#233;s en chignon, chatouillent le toit de l'habitacle. Ses mains sont pos&#233;es sur ses genoux. Elle a de jolies mains, des doigts effil&#233;s et d&#233;licats, orn&#233;s de bijoux qui transcendent son grain de peau parsem&#233; de (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/" rel="directory"&gt;Nouvelles &#224; lire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1485.jpg?1774979346' width='150' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href=&#034;https://youtube.com/shorts/SqnVdAOwiAY?si=UAYFkp9fDpfpNHNO&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;D&#233;couvrez ce texte lu, illustr&#233; et mis en musique par Corine Sylvia Congiu&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_615 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/jpg/20-2.jpg?1774979231' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-615 spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Destination mardi matin&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-615 spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Illustration : Corine Sylvia Congiu - 2026
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Elle est &#224; c&#244;t&#233; de moi, &#224; la place du mort comme on dit. Son dos effleure &#224; peine la forme du dossier. La pointe de ses pieds repose sur le tapis de sol, l&#224;, juste en-dessous de la boite &#224; gants. Ses cheveux blancs, mont&#233;s en chignon, chatouillent le toit de l'habitacle. Ses mains sont pos&#233;es sur ses genoux. Elle a de jolies mains, des doigts effil&#233;s et d&#233;licats, orn&#233;s de bijoux qui transcendent son grain de peau parsem&#233; de taches de vieillesse. Le rayonnement de ses bagues agit tel un sourire malicieux, faisant la nique au temps qui passe. Sa robe est &#224; l'image de sa f&#233;minit&#233;, des couleurs chatoyantes mettent en valeur sa taille et la rondeur de ses hanches. Sa pr&#233;sence physique ne laisse pas indiff&#233;rent, elle s'imprime tout naturellement dans l'espace, pendant que les effluves voluptueux de son parfum se diffusent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le regard droit devant, ses oreilles ont d&#233;j&#224; satellis&#233; le moindre indice sonore. Tous ses sens sont aux aguets. Une premi&#232;re lance verbale ne saurait tarder, je la ressens, je l'entends se pr&#233;parer, l&#224;, &#224; l'int&#233;rieur de son cerveau.&lt;br class='autobr' /&gt;
Philippa, c'est mon trajet du mardi matin, de son domicile &#224; l'h&#244;pital, pour sa s&#233;ance de &#171; chimiolavie &#187; comme elle dit. Depuis bient&#244;t deux mois, je suis son chauffeur hebdomadaire sur le planning de l'association &#171; Les transports en partage &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Philippa fait partie de ces personnes pour qui le silence a une r&#233;sonance d&#233;rangeante. On ne doit pas rester sans rien dire, &#231;a ne se fait pas. C'est laisser libre cours &#224; toute mauvaise interpr&#233;tation : d'un manque de conversation, &#224; un moral en berne, &#224; des soucis personnels, ou alors &#224; un jugement arbitraire de mauvaise compagnie. Quand le silence devient source de d&#233;sagr&#233;ments, quand il s'acoquine avec des pens&#233;es angoissantes, faut pas laisser la machine convoquer tout un r&#233;giment, faut agir, de la m&#233;t&#233;o aux infos y a de quoi dire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque mardi matin, c'est parti pour un festival de phrases, sorties toutes fra&#238;ches du frigo des infos. Mais attention, r&#233;appropri&#233;es comme des v&#233;rit&#233;s, ah ben oui quand m&#234;me, quand Philippa parle, c'est pas pour rien dire. Un sujet en am&#232;ne un autre, toujours ext&#233;rieur &#224; elle, Philippa ne parle jamais d'elle-m&#234;me. S'il s'agit du &lt;i&gt;20 heures&lt;/i&gt;, elle s'exprime avec les m&#234;mes intonations que le pr&#233;sentateur t&#233;l&#233;. Le rythme de son d&#233;bit de mots &#224; la minute est si rapide qu'il g&#232;le instantan&#233;ment mes neurones. Parfois, si &#231;a s'&#233;ternise, je m'envole, tels les ak&#232;nes &#224; aigrettes des pissenlits blancs. J'entends sa voix, mais je ne suis plus l&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle a pourtant une si belle voix Philippa, douce et chaleureuse, avec des variations d'intonation qui chantent &#224; mes oreilles. Comme j'aimerais la d&#233;couvrir dans un autre contexte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour moi, Philippa c'est le contraste &#224; l'&#233;tat pur. Une pr&#233;sence distingu&#233;e qui inspire l'envie de la d&#233;couverte et une pr&#233;sence fatigante qui suscite la fermeture.&lt;br class='autobr' /&gt;
Feu rouge. Cette couleur a le don magique de stopper, d'un coup, le d&#233;bit de paroles, m&#234;me en milieu de phrases. C'est tr&#232;s troublant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ces petits r&#233;pits, j'invente des strat&#233;gies pour aborder avec Philippa ma croyance sur les vertus du silence. Cet espace qui remplit le vide. Cette magie qui cr&#233;e du lien au-del&#224; du verbe. Amplificateur naturel du sens des mots, de la m&#233;lodie de la musique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le silence est inoffensif Philippa, ne le craignez pas, c'est un ami, il a des vertus salvatrices. Et peut-&#234;tre pourrons nous, ensemble, d&#233;couvrir et &#233;couter le timbre de votre voix, celui qui attend patiemment d'&#234;tre &#224; votre service.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils s'enlacent tendrement, sans se regarder, chacune des parties de leurs corps se positionne pour un rapprochement naturel. Mon regard ne parvient pas &#224; se concentrer sur autre chose. Il se d&#233;gage de leur pr&#233;sence une telle douceur, une telle tranquillit&#233;, que la plus petite notion de sensibilit&#233; est &#233;veill&#233;e. Pourtant, &#224; mon arriv&#233;e dans le parc, leur intrusion m'a d&#233;rang&#233;e. Ils occupaient mon banc habituel, celui que j'utilise r&#233;guli&#232;rement lorsque j'ai de l'attente entre deux transports. D'o&#249; je suis, je peux observer mon banc. Il a &#233;t&#233; repeint, une jolie couleur verte l'habille d&#233;sormais. Je n'avais pas remarqu&#233; combien il &#233;tait gracieux et bien plac&#233; sous ce saule qui lui donne une allure de banc des amoureux. Ce changement de place et de perspective me trouble, mes yeux ne peuvent plus s'accrocher aux d&#233;tails immuables qui d&#233;clenchent ma d&#233;tente. Mon regard papillonne, pour revenir immanquablement sur le banc des amoureux. Ce couple d&#233;gage un quelque chose d'hypnotique, tel un tableau dans une galerie d'art.&lt;br class='autobr' /&gt; Ma pause est d&#233;cid&#233;ment bien diff&#233;rente aujourd'hui. Elle ne m'apporte pas le repos instinctif procur&#233; par mes rituels. Elle impose un nouveau d&#233;cor &#224; mon champ de vision, une nouvelle ambiance sonore avec la proximit&#233; de la mare aux canards, une nouvelle posture pour m'adapter &#224; la forme contemporaine du banc. Cependant, petit &#224; petit, l'inconfort s'estompe, un effet lib&#233;rateur s'&#233;veille.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vais chercher ma voiture, l'heure du rendez-vous de ma passag&#232;re arrive &#224; son terme. Depuis peu, le retour est en totale opposition avec l'ambiance du trajet aller. Une partie de Philippa semble &#234;tre rest&#233;e &#224; l'h&#244;pital, pendant que l'autre partie est assise, l&#224;, &#224; c&#244;t&#233; de moi, &#224; la place du mort comme on dit. Aujourd'hui, son dos s'est arrondi le long du dossier, ses m&#232;ches de cheveux n'ont plus la force de chatouiller le toit du v&#233;hicule, le chignon a perdu de sa superbe, ses poings ferm&#233;s emprisonnent ses doigts de f&#233;e, la lumi&#232;re des bijoux est en berne. Le feu rouge est inutile, il n'y a rien &#224; stopper. M&#234;me l'effluve du parfum a disparu. Le corps altier se ratatine. Seule la voix de Philippa parvient &#224; exorciser ce retournement. Elle est douce, feutr&#233;e, elle vient de l'int&#233;rieur, elle ressent et traduit ce qui se passe, l&#224;, maintenant, par petites phrases. Il y est question de la vie, du temps qui passe, des souvenirs, de la fatigue qui embrume les projets d'avenir, et de toute fa&#231;on, de quels projets parle-t-on lorsqu'on se fait vieille et malade.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au moment o&#249; nous passons &#224; proximit&#233; du parc, j'aper&#231;ois le couple, enlac&#233; sur le banc des amoureux. Je me penche, avec l'espoir que mon mouvement attire le regard de Philippa. Elle suit des yeux la direction propos&#233;e et aper&#231;oit, elle aussi, les deux amants.&lt;br class='autobr' /&gt;
La femme, une personne &#226;g&#233;e, des cheveux blancs coup&#233;s court, un foulard color&#233; autour du cou, la t&#234;te pos&#233;e d&#233;licatement sur l'&#233;paule d'un homme. L'homme, un vieux lui aussi, le visage prot&#233;g&#233; par un chapeau qui lui donne une allure d'acteur de cin&#233;ma des ann&#233;es cinquante. Il a les jambes crois&#233;es, sa posture laisse deviner ses chaussures de ville surmont&#233;es de socquettes bleu marine. Son costume, bien taill&#233;, &#233;pouse adroitement le style de la robe estivale de la femme. Leurs deux corps sont d&#233;pos&#233;s sur le dossier du banc, dans un d&#233;licat laisser-aller, on a l'impression qu'ils pourraient rester l&#224; une &#233;ternit&#233;. La sensualit&#233; de leur pr&#233;sence sublime la beaut&#233; naturelle de ce parc urbain. Ils sont vieux, rid&#233;s, ils sont beaux, bien d&#233;cid&#233;s. On a l'impression que tout est &#224; sa place. Il suffit parfois d'un &#233;l&#233;ment pour que tout &#224; coup, tout soit &#224; sa place.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon regard croise celui de Philippa. Ses yeux s'illuminent. En une fraction de seconde, une lueur complice nous relie au c&#339;ur de ce temps suspendu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le corps de Philippa se redresse, sa respiration anime en souplesse le mouvement naturel de sa cage thoracique, son dos s'&#233;tire sur le dossier du v&#233;hicule, ses mains lissent d&#233;licatement les plis de sa robe froiss&#233;e. Elle se tourne &#224; nouveau vers le parc et plus particuli&#232;rement vers le banc des amoureux, qui s'&#233;loigne tout doucement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle observe le d&#233;filement du paysage. Ses yeux d&#233;couvrent ce nouveau champ de vision, que nous traversons pourtant depuis plus de deux mois. &#192; cet instant, inexorablement, Philippa s'offre &#224; la po&#233;sie du regard.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce trajet du retour n'a pas de mots, il s'exprime de lui-m&#234;me, avec toutes les sonorit&#233;s color&#233;es d'un corps qui rena&#238;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'ai plus eu de trajets du mardi matin. Tout s'est arr&#234;t&#233; d'un seul coup. Feu rouge. Plus rien &#224; dire, plus rien &#224; voir... circulez.&lt;br class='autobr' /&gt;
Philippa a d&#233;m&#233;nag&#233; chez sa fille, dans la r&#233;gion parisienne. Apr&#232;s de multiples tentatives de persuasion de la part de ses enfants, elle s'est d&#233;cid&#233;e du jour au lendemain, elle les a appel&#233;s pour leur dire qu'elle &#233;tait pr&#234;te, maintenant. Pour une meilleure clinique dit-elle, de meilleurs soins esp&#232;re-t-elle. Mais surtout, ne plus &#234;tre seule dans son petit appartement au quatri&#232;me &#233;tage sans ascenseur, &#171; C'est pas &#231;a la vie ! &#187; Ce sont ses premiers mots, &#233;crits sur la carte postale envoy&#233;e &#224; l'adresse de l'association quelques semaines apr&#232;s son d&#233;part. La &#171; chimiolavie &#187; s'est arr&#234;t&#233;e. La boule a diminu&#233; de la taille d'une cerise, il a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; de la laisser l&#224; o&#249; elle s'est nich&#233;e. Un r&#233;pit &#224; prendre dans ce nouvel espace-temps. Agr&#233;ablement illustr&#233;s de sa fine &#233;criture aux lettres d&#233;li&#233;es, une douce l&#233;g&#232;ret&#233; &#233;mane des mots de Philippa.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, le facteur a d&#233;pos&#233; une nouvelle carte. Un jardin public, arbor&#233;, lumineux o&#249; mon regard se perd dans la profondeur de la photographie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je passe r&#233;guli&#232;rement pr&#232;s du parc. Parfois, je m'assois sur le banc des amoureux, &#224; la recherche d'un souvenir. Puis, j'alterne avec le banc d'en face, le contemporain si inconfortable. Changement d'horizon, pour m'ouvrir &#224; d'autres perspectives.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'association Compostelle 2000 et son atelier d'&#233;criture &#171; Plumes du chemin &#187;, organise son 5&#232;me concours de nouvelles</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/concours-de-nouvelles/article/l-association-compostelle-2000-et-son-atelier-d-ecriture-plumes-du-chemin</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.nouvelle-donne.net/concours-de-nouvelles/article/l-association-compostelle-2000-et-son-atelier-d-ecriture-plumes-du-chemin</guid>
		<dc:date>2026-03-16T22:04:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;L'association Compostelle 2000 et son atelier d'&#233;criture &#171; Plumes du chemin &#187;, organise son 5&#232;me concours de nouvelles sur le th&#232;me &#171; Quelque part en chemin, vers midi&#8230; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le tarif de participation est de 7 euros &lt;br class='autobr' /&gt;
Le concours est ouvert &#224; tous &lt;br class='autobr' /&gt;
Longueur comprise entre 1500 et 6000 signes espaces compris &lt;br class='autobr' /&gt;
Date limite d'envoi : 30 septembre 2026 &lt;br class='autobr' /&gt;
Prix : 150 - 100 - et 50 euros &lt;br class='autobr' /&gt;
Tous les participants ont droit &#224; un recueil des 12 nouvelles prim&#233;es. (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/concours-de-nouvelles/" rel="directory"&gt;Concours de nouvelles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'association Compostelle 2000 et son atelier d'&#233;criture &#171; Plumes du chemin &#187;, organise son 5&#232;me concours de nouvelles sur le th&#232;me &#171; Quelque part en chemin, vers midi&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tarif de participation est de 7 euros&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concours est ouvert &#224; tous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longueur comprise entre 1500 et 6000 signes espaces compris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Date limite d'envoi : 30 septembre 2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prix : 150 - 100 - et 50 euros&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les participants ont droit &#224; un recueil des 12 nouvelles prim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://compostelle2000.org/cinquieme-concours-de-nouvelles/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://compostelle2000.org/cinquieme-concours-de-nouvelles/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>5&#232;me &#233;dition du Concours de Nouvelles 2026 du Lions Club Wasquehal</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/concours-de-nouvelles/article/5eme-edition-du-concours-de-nouvelles-2026-du-lions-club-wasquehal</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.nouvelle-donne.net/concours-de-nouvelles/article/5eme-edition-du-concours-de-nouvelles-2026-du-lions-club-wasquehal</guid>
		<dc:date>2026-03-11T18:48:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;R&#232;glement
&lt;br class='autobr' /&gt; L'organisateur : Lions Club de Wasquehal
&lt;br class='autobr' /&gt; la date limite de participation : 30 juin 2026
&lt;br class='autobr' /&gt; le public concern&#233; : Tout public
&lt;br class='autobr' /&gt; les frais d'inscription : 10&#8364;
&lt;br class='autobr' /&gt; le th&#232;me : &#171; A la seconde pr&#232;s ! &#187;
&lt;br class='autobr' /&gt; le genre litt&#233;raire attendu : Nouvelle
&lt;br class='autobr' /&gt; la longueur du texte : 5 pages maximum
&lt;br class='autobr' /&gt; la gratification. : 300&#8364;&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/concours-de-nouvelles/" rel="directory"&gt;Concours de nouvelles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;a href=&#034;https://lions-wasquehal.myassoc.org/billetterie&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;R&#232;glement&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; L'organisateur : Lions Club de Wasquehal
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; la date limite de participation : 30 juin 2026
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; le public concern&#233; : Tout public
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; les frais d'inscription : 10&#8364;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; le th&#232;me : &#171; A la seconde pr&#232;s ! &#187;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; le genre litt&#233;raire attendu : Nouvelle
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; la longueur du texte : 5 pages maximum
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; la gratification. : 300&#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Concours de nouvelles France Philippe</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/concours-de-nouvelles/article/concours-de-nouvelles-france-philippe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.nouvelle-donne.net/concours-de-nouvelles/article/concours-de-nouvelles-france-philippe</guid>
		<dc:date>2026-03-11T18:45:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Le FLAC, la Ville de Feignies et la M&#233;diath&#232;que Jean Jarosz organisent leur fameux concours de nouvelles France Philippe. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lien vers le r&#232;glement &lt;br class='autobr' /&gt;
L'organisateur : Feignies Loisirs Animations Culture ou FLAC avec la Ville de Feignies et la M&#233;diath&#232;que Jean Jarosz &lt;br class='autobr' /&gt;
La date limite de participation : 30 juin 2026 &lt;br class='autobr' /&gt;
Le public concern&#233; : Concours ouvert &#224; tous, sans limite d'&#226;ge &lt;br class='autobr' /&gt;
Les frais d'inscription : La participation est libre et gratuite ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Th&#232;me Jeunes : Tout &#231;a c'est pour rire ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Th&#232;me Adultes : (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/concours-de-nouvelles/" rel="directory"&gt;Concours de nouvelles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le FLAC, la Ville de Feignies et la M&#233;diath&#232;que Jean Jarosz organisent leur fameux concours de nouvelles France Philippe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lireensambre.agglo-maubeugevaldesambre.fr/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Lien vers le r&#232;glement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisateur : Feignies Loisirs Animations Culture ou FLAC avec la Ville de Feignies et la M&#233;diath&#232;que Jean Jarosz&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La date limite de participation : 30 juin 2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le public concern&#233; : Concours ouvert &#224; tous, sans limite d'&#226;ge&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les frais d'inscription : La participation est libre et gratuite !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#232;me Jeunes : Tout &#231;a c'est pour rire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#232;me Adultes : Rien de sert ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le genre litt&#233;raire attendu : Nouvelle Litt&#233;raire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La longueur du texte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le manuscrit sera int&#233;gralement dactylographi&#233; en 5 exemplaires. La Nouvelle ne devra pas exc&#233;der 15 000 signes (lettre / espace / signe de ponctuation) soit 10 pages de 25 lignes de 60 signes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gratification :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le concours est dot&#233; de 3 prix &#171; adultes &#187;, en ch&#232;ques-lire, d'une valeur respective de 320 euros, 200 euros et de 120 euros : un prix sp&#233;cial Val de Sambre peut &#234;tre attribu&#233;, ainsi que deux prix &#171; Jeunes &#187; pour chaque cat&#233;gorie, en ch&#232;ques lire, d'une valeur respective de 100 euros et 70 euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gagnants habitant &#224; l'&#233;tranger seront r&#233;compens&#233;s par une dotation de livres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est impossible pour un candidat de cumuler les prix du concours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Amoureux litt&#233;raires</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/l-equipe-de-nd/nos-anciens-editos/article/amoureux-litteraires</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.nouvelle-donne.net/l-equipe-de-nd/nos-anciens-editos/article/amoureux-litteraires</guid>
		<dc:date>2026-02-28T16:25:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Germain</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le titre de cet &#233;dito m'est venu quand, cern&#233;e d'un rideau de pluie continu et de c&#339;urs en papier cr&#233;pon rouge vif d&#233;goulinant le long de toutes sortes de vitrines, de la parfumerie au fast-food en passant par la pharmacie, je d&#233;ambulais dans les rues d'une Saint-Valentin m&#233;lancolique au rythme ent&#234;tant d'un tube de Lio. &#171; H&#233; ! toi, dis-moi que tu m'aimes, m&#234;me si c'est un mensonge, puisque je sais que tu mens &#187;&#8230; Amoureux solitaires, ambiance ann&#233;es 80, entre d&#233;senchantement et insolence, j'ai bien failli (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/l-equipe-de-nd/nos-anciens-editos/" rel="directory"&gt;Nos anciens &#233;ditos&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le titre de cet &#233;dito m'est venu quand, cern&#233;e d'un rideau de pluie continu et de c&#339;urs en papier cr&#233;pon rouge vif d&#233;goulinant le long de toutes sortes de vitrines, de la parfumerie au fast-food en passant par la pharmacie, je d&#233;ambulais dans les rues d'une Saint-Valentin m&#233;lancolique au rythme ent&#234;tant d'un tube de Lio&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Amoureux solitaires, auteurs : Elli Medeiros, Jacques Duvall, compositeur : (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; H&#233; ! toi, dis-moi que tu m'aimes, m&#234;me si c'est un mensonge, puisque je sais que tu mens &#187;&#8230; Amoureux solitaires, ambiance ann&#233;es 80, entre d&#233;senchantement et insolence, j'ai bien failli me laisser gagner par le rejet visc&#233;ral du marketing de l'amour tout en &#233;touffant une incurable aspiration aux clich&#233;s les plus niais du romantisme. Mais j'ai vaillamment r&#233;sist&#233; &#224; la tentation. J'ai repouss&#233; la tristesse, tenu en respect le cynisme. J'ai convoqu&#233; le fameux &#171; mentir-vrai &#187; cher &#224; Aragon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Le mentir-vrai, Louis Aragon, recueil de nouvelles, Gallimard, (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et &#224; Jouvet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='L'expression est reprise par Louis Jouvet pour expliquer le travail du (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les deux Louis, du livre &#224; la sc&#232;ne, pour me souvenir que la fiction, l'imagination, l'illusion, sont de puissants r&#233;v&#233;lateurs de v&#233;rit&#233;. Et j'ai eu envie de lire ; &#224; l'abri des pages tourn&#233;es, de trouver que j'&#233;tais chanceuse d'&#234;tre l&#224;, que ces fleurs, ces bibelots, ces guirlandes, ces empreintes de baisers, &#233;taient sans doute le meilleur rempart contre la duret&#233; du monde pour peu qu'on choisisse nous-m&#234;mes d'y mettre de la sinc&#233;rit&#233;. Soyons donc des amoureux sinc&#232;res, des amoureux litt&#233;raires, des amoureux de belles lettres, auteurs ou lecteurs. Ce n'est ni le couple atypique dont &lt;a href='https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/article/les-ailes-de-papillon' class='spip_in'&gt;&lt;i&gt;Les ailes de papillon&lt;/i&gt; fr&#233;missent dans la nouvelle de Sofia Rybkina&lt;/a&gt; que vous d&#233;couvrirez ce mois-ci, ni celui qui, en avril, illuminera le trajet de &lt;i&gt;Destination mardi matin&lt;/i&gt; de Catherine Boucher qui me donneront tort. &lt;br class='autobr' /&gt;
Puissent ces r&#233;cits vous toucher au c&#339;ur et vous guider en douceur vers le printemps.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
&lt;span class='spip_document_257 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/jpg/sg.jpg?1740748537' width='500' height='313' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;a href='https://www.nouvelle-donne.net/l-equipe-de-nd/article/sophie-germain' class='spip_in'&gt;Sophie Germain&lt;/a&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Amoureux solitaires, auteurs : Elli Medeiros, Jacques Duvall, compositeur : Jacno&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le mentir-vrai, Louis Aragon, recueil de nouvelles, Gallimard, 1980&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'expression est reprise par Louis Jouvet pour expliquer le travail du com&#233;dien&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les ailes de papillon</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/article/les-ailes-de-papillon</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/article/les-ailes-de-papillon</guid>
		<dc:date>2026-02-28T16:24:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sofia Rybkina</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il fallait acheter du pain, du fromage et des cerises surgel&#233;es pour la tarte. Surtout les cerises surgel&#233;es. C'&#233;tait le deuxi&#232;me dimanche du mois, ce qui signifiait qu'&#201;ric pr&#233;parerait sa tarte brioch&#233;e signature dans la soir&#233;e. Tout devait suivre l'horaire. Si quelque chose en d&#233;viait, &#201;ric redeviendrait nerveux et ressemblerait pour un temps &#224; un m&#233;canisme d&#233;traqu&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle malchance qu'on l'ait appel&#233;e au travail ce matin pour des paperasses, un dimanche, il fallait y penser ! Tant pis, elle allait passer (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/" rel="directory"&gt;Nouvelles &#224; lire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1481.jpg?1772310406' width='150' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_614 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/jpg/papillon.jpg?1772310428' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-614 spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Illustration : Corine Sylvia Congiu - 2026
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Il fallait acheter du pain, du fromage et des cerises surgel&#233;es pour la tarte. Surtout les cerises surgel&#233;es. C'&#233;tait le deuxi&#232;me dimanche du mois, ce qui signifiait qu'&#201;ric pr&#233;parerait sa tarte brioch&#233;e signature dans la soir&#233;e. Tout devait suivre l'horaire. Si quelque chose en d&#233;viait, &#201;ric redeviendrait nerveux et ressemblerait pour un temps &#224; un m&#233;canisme d&#233;traqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle malchance qu'on l'ait appel&#233;e au travail ce matin pour des paperasses, un dimanche, il fallait y penser ! Tant pis, elle allait passer au magasin, prendre en plus quelques portions de son fromage blanc favori, puis rentrer, se rafra&#238;chir (il faisait une chaleur &#233;touffante dehors !), se changer, &#201;ric commencerait &#224; p&#233;trir la p&#226;te ; ensuite elle viendrait dans la cuisine et mettrait un film, et il regarderait par-dessus son &#233;paule, puis ils iraient dans le salon pour finir de le regarder, et apr&#232;s ils monteraient faire l'amour &#8212; dix minutes, douze, quinze maximum s'il y avait de l'humeur &#224; s'attarder un peu dans les bras l'un de l'autre ; ils l'avaient toujours fait deux fois par mois, le deuxi&#232;me et quatri&#232;me dimanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ric avait dit un jour &#224; Anna : &#171; Si tu veux plus souvent, moins souvent, ou pas du tout, dis-le-moi s'il te pla&#238;t &#224; l'avance, dix jours &#224; l'avance c'est mieux, pour que je puisse modifier l'horaire et m'y faire, sinon je serai longtemps mal &#224; l'aise, enfin, tu sais&#8230; &#187; Elle savait. Il d&#233;testait par-dessus tout que les choses ne se d&#233;roulent pas comme pr&#233;vu ; si une visite guid&#233;e qu'il menait &#233;tait d&#233;cal&#233;e d'une heure, il avait la gorge serr&#233;e et une chute de tension, et si on exigeait de lui une illustration pour un livre plus t&#244;t que pr&#233;vu (il cumulait deux activit&#233;s), il tombait dans une stupeur prolong&#233;e, m&#234;me si l'illustration &#233;tait pr&#234;te. Mais Anna ne songeait pas &#224; changer quoi que ce soit, elle se satisfaisait de cette illusion d'immuabilit&#233;, dont l'acte monotone et son remuement comique faisaient partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle aimait &#224; penser que dans vingt ans, quand elle serait presque vieille (elle venait d'avoir quarante et un ans), et qu'&#201;ric ne serait plus jeune (&#224; vrai dire, le voir vieillir l'attristait infiniment plus), ses paupi&#232;res fr&#233;miraient toujours aussi vite-vite, telles des ailes de papillon, &#224; l'approche de l'instant final, et qu'elle &#233;prouverait une &#233;trange tendresse (rien de plus) &#224; observer ce d&#233;tail&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils &#233;taient redescendus, en slip et t-shirt, pour manger la tarte, comme toujours apr&#232;s &#171; l'acte d'amour &#187; ; &#201;ric avait grimac&#233; quand Anna l'avait dit &#224; voix haute, pour l'agacer un peu ; il n'avait jamais consid&#233;r&#233; cela comme de l'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s t&#244;t, &#201;ric lui avait dit que les gens confondaient le sexe avec l'amour, avec le coup de foudre, avec n'importe quoi d'autre, le sacralisaient, le chantaient, et c'&#233;tait &#233;videmment leur affaire, pourvu qu'on ne l'impose pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je peux satisfaire ce besoin physiologique, avait-il dit exactement ainsi, avec toi, parce que tu m'es tactilement agr&#233;able. Je n'aime pas serrer les mains, c'est &#233;trange, ni faire des c&#226;lins. Enfin, si, avec toi, j'aime. Je ne veux pas que tu te fasses une fausse id&#233;e de mes sentiments, Anna. Je ne suis pas amoureux de toi et je n'&#233;prouve pas d'attirance forte pour toi. Je t'aime parce que tu co&#239;ncides esth&#233;tiquement avec mes repr&#233;sentations d'une apparence agr&#233;able et m&#234;me belle. Je t'aime parce que tu me comprends. Enfin, je t'aime parce que nous nous convenons, parce qu'avec toi je me sens comme seul avec moi-m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anna se souvint de ses mots en le regardant d&#233;couper la tarte encore fumante et tr&#232;s app&#233;tissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Tu en veux une part comme &#231;a ou plus grosse ? demanda &#201;ric.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Comme la tienne, sinon tu t'inqui&#233;teras de m'en avoir donn&#233; moins, et qu'elles ne sont pas &#233;gales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je vais chercher la r&#232;gle, gloussa &#201;ric. Tiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils s'assirent &#224; table, elle go&#251;ta un peu et se pencha pour l'embrasser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Il me semble qu'un deuxi&#232;me round n'&#233;tait pas pr&#233;vu &#224; l'horaire, murmura-t-il avec l'air de quelqu'un confront&#233; &#224; des circonstances impr&#233;vues, mais il gloussa de nouveau et lui rendit son baiser. &#8212; C'est bon ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Tr&#232;s bon. Comme d'habitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il avait treize ans quand ils s'&#233;taient rencontr&#233;s, elle vingt-six. C'&#233;tait un enfant tr&#232;s beau et tr&#232;s sombre, comme sorti d'un conte gothique. Elle s'&#233;tait m&#234;me imagin&#233; qu'il vivait dans un immense manoir aux tourelles pointues, et que la nuit il avait peur de sortir de sa chambre parce que dans les couloirs quelqu'un faisait claquer des souliers et g&#233;missait tout bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je ne sais pas quoi faire de lui, avait dit son p&#232;re. Vous voyez, ma premi&#232;re femme, sa m&#232;re, est morte il y a deux ans. Elle &#233;tait&#8230; &#8212; il h&#233;sita &#8212; un peu &#233;trange. Lui et elles s'entendaient &#224; merveille, et moi, il m'a toujours &#233;vit&#233;. Quand elle n'a plus &#233;t&#233; l&#224;, j'ai r&#233;alis&#233; que je ne le comprenais pas du tout. Il faisait l'&#233;cole &#224; la maison, ma femme y tenait, donc il n'a pas d'amis. Il n'aime pas du tout parler aux gens, seulement &#224; ses figurines de porcelaine, ils les collectionnaient ensemble. Chaque matin il les aligne sur sa table et ne permet &#224; personne d'y toucher. Une fois, il m'a regard&#233; quand j'en ai effleur&#233; une, j'ai cru qu'il allait se jeter sur moi. Et sa belle-m&#232;re, je crois qu'il la d&#233;teste&#8230; Oui, je me suis remari&#233;, vous comprenez, je suis un homme, &#8212; il semblait s'excuser. &#8212; Et maintenant, &#201;ric fait peur au petit. Il s'approche du berceau et le fixe de son regard noir, jusqu'&#224; ce que l'autre se mette &#224; hurler de terreur. Alors &#201;ric sourit, lui pince le nez et retourne dans sa chambre, &#8212; il eut un geste d'impuissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Il sera bien ici, souriait mielleusement la directrice. Nous avons une psychologue merveilleuse, &#8212; elle fit un signe de t&#234;te en direction d'Anna.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anna se taisait et regardait le p&#232;re d'&#201;ric avec aversion. L'enfant &#233;tait traumatis&#233; par la mort de sa m&#232;re, de laquelle il &#233;tait proche ; traverser &#231;a &#224; un &#226;ge assez tendre&#8230; Et le p&#232;re se remarie, fait un autre enfant, au lieu de cr&#233;er pour &#201;ric un environnement o&#249; il pourrait gu&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#201;coutez, Anna, le p&#232;re paie assez cher pour qu'on le remette d'aplomb, lui avait dit ensuite la directrice. Et vous, vous le dorlotez. Tous les gar&#231;ons ici sont coiff&#233;s court, et lui a les cheveux plus bas que les &#233;paules, il se d&#233;marque du groupe, &#224; quoi &#231;a ressemble !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; D'abord, il est toujours coiff&#233; et les attache en chignon, objectait Anna. Ensuite, il a une peur bleue des ciseaux. Une fois, quand j'en ai parl&#233;, il a vomi. Il va bien, mais il a des particularit&#233;s qui ne sont pas une maladie, et il faut faire avec, y compris le p&#232;re. (Int&#233;rieurement, Anna pensa : si tant est qu'&#201;ric veuille encore lui parler en grandissant.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il d&#233;testait se faire couper les cheveux, d&#233;testait qu'un mardi se passe quelque chose qui arrivait d'habitude le jeudi ; il avait apport&#233; ses figurines, chaque matin il les alignait, les essuyait l'une apr&#232;s l'autre avec un chiffon doux et embrassait le front de la petite berg&#232;re qu'il pr&#233;f&#233;rait. Il se tenait toujours &#224; l'&#233;cart et ne parlait &#224; presque personne ; d'habitude calme et silencieux, il avait un jour mis sans pr&#233;venir son poing dans le nez d'un moqueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je consid&#232;re indigne de moi de me battre, avait-il dit &#224; Anna. Mes mains sont faites pour autre chose. Mais il m'a ennuy&#233;. C'est samedi, et le samedi d'habitude on me laisse tranquille. Il a troubl&#233; mon repos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anna &#233;tait la seule avec qui &#201;ric parlait &#8212; pas par monosyllabes, pas d'une voix m&#233;canique et terne, mais tout &#224; fait naturellement, bien que tr&#232;s doucement. Il lui montrait ses dessins ; on y voyait g&#233;n&#233;ralement les personnages de ses contes pr&#233;f&#233;r&#233;s. Elle ne disait jamais : &#171; Oh, qu'est-ce que c'est ? &#187;, &#171; Ce sont des berg&#232;res, non ? &#187;, comme on le fait m&#234;me avec les grands enfants, parce qu'il l'aurait regard&#233;e en retour avec un air de dire : &#171; Vous ne voyez pas ? Pourquoi posez-vous des questions inutiles ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je n'aime pas parler aux gens, parce que je n'ai pas envie de d&#233;penser mon &#233;nergie &#224; extraire du flux verbal quoi que ce soit d'utile, avait-il un jour confi&#233; &#224; Anna. Le bruit informationnel me fatigue terriblement parce que g&#233;n&#233;ralement les gens discutent de choses qui ne m'int&#233;ressent absolument pas ou m'irritent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle ne savait pas quoi lui acheter pour son anniversaire, car elle n'offrait d'habitude que des sucreries aux enfants de l'&#233;tablissement, mais finalement elle lui donna un coffret d'aquarelles de qualit&#233; et un livre sur la peinture flamande. Elle &#233;tait entr&#233;e dans sa chambre ; il se tenait en pyjama pr&#232;s de la fen&#234;tre, les cheveux l&#233;g&#232;rement boucl&#233;s sur les &#233;paules, la t&#234;te inclin&#233;e, les doigts effleurant avec pr&#233;caution une figurine. Un tableau : &#171; Petit ange fra&#238;chement &#233;veill&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Merci, sa voix &#233;tait particuli&#232;rement douce. Maman aimait Bruegel et Vermeer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je peux te faire un c&#226;lin ? avait demand&#233; Anna.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il avait hoch&#233; la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Bon anniversaire, &#201;ric, avait-elle chuchot&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En terminale, il avait d&#233;j&#224; dix-huit ans. Quand il venait la voir, elle ne travaillait plus avec lui comme avant ; ils parlaient simplement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Vous avez quelqu'un ? avait-il demand&#233; un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle l'avait regard&#233;, un peu surprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Non. Pourquoi demandez-vous cela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux gens de plus de seize ans, elle disait toujours &#171; vous &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Comme &#231;a, il avait hauss&#233; les &#233;paules. Et le sexe, vous en avez fait ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je ne pense pas que ce soit une question appropri&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Vous &#234;tes g&#234;n&#233;e ? Il avait souri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle pensa que son sourire devait &#234;tre exactement le m&#234;me quand il poussait le petit &#224; hurler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Disons que oui. Une fois, il y a longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Et c'&#233;tait comment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je ne sais pas. Beaucoup de bruit pour rien, sans doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Vous voulez m'aider &#224; perdre ma virginit&#233; ? Il continuait de sourire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; C'est une plaisanterie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Pas du tout. Ou je ne vous semble pas attirant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je ne sais pas ce qu'est sexuellement attirant, avait-elle r&#233;pondu. Mais vous &#234;tes tr&#232;s beau. Et agr&#233;able.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait assis en face d'elle, lunettes &#224; fine monture, chemise blanche ample, un chignon permanent, semblable &#224; un employ&#233; de la Chancellerie C&#233;leste pr&#234;t &#224; r&#233;diger un rapport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Alors pourquoi pas ? J'avais l'impression que nous nous convenions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Ce n'est pas autoris&#233;. Et je pourrais &#234;tre licenci&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Nous ne le dirons &#224; personne. C'est dimanche, presque tout le monde se prom&#232;ne. &#8212; C'&#233;tait l&#224; l'origine de ces dimanches. &#8212; Si vous ne voulez vraiment pas, je m'en vais. D&#233;sol&#233;, Anna.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle comprit qu'elle le voulait ; pas au niveau du d&#233;sir, elle &#233;tait assez peu excit&#233;e, mais parce qu'il &#233;tait tr&#232;s mignon, agr&#233;able, fragile et beau ; parce qu'elle aimait lui parler et regarder ses dessins, parce qu'il &#233;tait esth&#233;tiquement remarquable, comme une statuette, et qu'elle avait envie de sentir sa chaleur, sa pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; C'&#233;tait bien pour vous ? dit-il apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Tout &#224; fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'assit en face et la regarda de nouveau, comme un ange concentr&#233; &#224; calculer le volume de l'&#226;me de quelque p&#233;cheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Mais vous n'avez pas fini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Ce n'&#233;tait pas pour &#231;a que je voulais &#234;tre avec vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Alors pour quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Pour toucher le beau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il sourit de nouveau, diff&#233;remment cette fois, sans ruse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anna, bien s&#251;r, voulait &#234;tre honn&#234;te. D'abord elle s'&#233;tait promis de lui parler s&#233;rieusement avant son d&#233;part, puis apr&#232;s, mais finalement elle d&#233;cida l&#226;chement que cette relation lui &#233;tait b&#233;n&#233;fique et qu'il ne fallait pas le quitter, il avait d&#233;j&#224; subi une perte terrible. Elle d&#233;missionna, changea d'activit&#233;, se mit &#224; la traduction, et un an et demi apr&#232;s son d&#233;part, ils se mari&#232;rent. Tous ceux qu'elle fr&#233;quentait trouv&#232;rent cela normal, seule sa s&#339;ur tourna un doigt &#224; sa tempe et dit : &#171; Tu t'es trouv&#233; un fiston bien f&#234;l&#233; &#187;, apr&#232;s quoi Anna ne lui parla pas pendant plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Tu es perdue dans tes pens&#233;es ? &#201;ric piqua une cerise avec sa fourchette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Oui&#8230; Demain, c'est mon jour de cong&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Et le mien, h&#233;las, non. Visite guid&#233;e comme pr&#233;vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Alors je viendrai &#224; ta visite, puis on mangera et on se prom&#232;nera, s'il ne fait pas si chaud. Ou tu avais autre chose de pr&#233;vu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Justement non, et je me tourmentais de ne rien pouvoir inventer&#8230; Tu veux encore de la tarte ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les &#233;ditions Paul&amp;Mike organisent un concours de nouvelle dans le cadre de la publication de leur revue p&#233;riodique &#034;Pol[ys]&#233;mique&#034;.</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/concours-de-nouvelles/article/les-editions-paul-mike-organisent-un-concours-de-nouvelle-dans-le-cadre-de-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.nouvelle-donne.net/concours-de-nouvelles/article/les-editions-paul-mike-organisent-un-concours-de-nouvelle-dans-le-cadre-de-la</guid>
		<dc:date>2026-02-27T10:04:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;r&#232;glement https://tinyurl.com/concourspaulemike &lt;br class='autobr' /&gt; L'organisateur : Paul&amp;Mike
&lt;br class='autobr' /&gt; date limite de participation : le 15 ao&#251;t 2026
&lt;br class='autobr' /&gt; public concern&#233; : toute personne &#226;g&#233;e de plus de 18 ans habitant en France m&#233;tropolitaine. &lt;br class='autobr' /&gt; frais d'inscription : 5 euros
&lt;br class='autobr' /&gt; th&#232;me impos&#233; : Suite
&lt;br class='autobr' /&gt; le genre litt&#233;raire attendu : nouvelle
&lt;br class='autobr' /&gt; la longueur du texte : 12 000 caract&#232;res espaces compris maximum
&lt;br class='autobr' /&gt; la gratification : Les 3 (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/concours-de-nouvelles/" rel="directory"&gt;Concours de nouvelles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; r&#232;glement &lt;a href=&#034;https://tinyurl.com/concourspaulemike&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://tinyurl.com/concourspaulemike&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; L'organisateur : Paul&amp;Mike
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; date limite de participation : le 15 ao&#251;t 2026
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; public concern&#233; : toute personne &#226;g&#233;e de plus de 18 ans habitant en France m&#233;tropolitaine. &lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; frais d'inscription : 5 euros
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; th&#232;me impos&#233; : Suite
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; le genre litt&#233;raire attendu : nouvelle
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; la longueur du texte : 12 000 caract&#232;res espaces compris maximum
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733870135' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; la gratification : Les 3 textes les mieux not&#233;s se verront proposer un contrat d'&#233;dition afin de publier leur texte dans la revue Pol[ys]&#233;mique des &#233;ditions Paul&amp;Mike d&#233;but 2027.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
