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		<title>Nouvelle Donne</title>
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		<title>Le Cercle de la Mer de Lorient Bretagne Sud lance son Concours de Nouvelles 2027 qui a pour th&#232;me &#034; SOS &#201;quipage en danger&#034;</title>
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		<dc:date>2026-06-28T14:36:24Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Le Cercle de la Mer de Lorient Bretagne Sud lance son Concours de Nouvelles 2027 qui a pour th&#232;me &#034; SOS &#201;quipage en danger&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il comprend un Concours Adulte et un Concours &#8220;Jeune Nouvelliste de moins de 17ans&#8221;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il sera cl&#244;tur&#233; le 18 janvier 2027. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour toute information compl&#233;mentaire, bien vouloir se r&#233;f&#233;rer au r&#232;glement consultable sur notre site : https://www.cerclemer56.com&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/concours-de-nouvelles/" rel="directory"&gt;Concours de nouvelles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Cercle de la Mer de Lorient Bretagne Sud lance son Concours de Nouvelles 2027 qui a pour th&#232;me &#034; SOS &#201;quipage en danger&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il comprend un Concours Adulte et un Concours &#8220;Jeune Nouvelliste de moins de 17ans&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il sera cl&#244;tur&#233; le 18 janvier 2027.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toute information compl&#233;mentaire, bien vouloir se r&#233;f&#233;rer au r&#232;glement consultable sur notre site : &lt;a href=&#034;https://www.cerclemer56.com&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.cerclemer56.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Jungle</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/article/jungle</link>
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		<dc:date>2026-06-28T13:46:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Crub&#233;zy</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Gilles commence &#224; se d&#233;placer vers l'entr&#233;e. Il a attendu longtemps avant de s'extirper du fauteuil et dans l'unique lumi&#232;re du lampadaire sa silhouette est empreinte du regret d'avoir eu &#224; briser son immobilit&#233;. Il se moque bien de savoir qui veut le voir mais, s'il a r&#233;sist&#233; &#224; l'insupportable cr&#233;celle de la sonnerie, maintenant l'intrus ou l'intruse cogne de son poing ferm&#233; contre la porte et c'est autant de coups qu'il re&#231;oit. Il ne va pas se laisser faire, il va lui casser la gueule. Ou alors une rafale, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/" rel="directory"&gt;Nouvelles &#224; lire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1495.jpg?1782654371' width='120' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_619 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/local/cache-vignettes/L481xH606/jungle_copie-f3302.jpg?1782654937' width='481' height='606' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-619 spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Illustration : Corine Sylvia Congiu - 2026
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Gilles commence &#224; se d&#233;placer vers l'entr&#233;e. Il a attendu longtemps avant de s'extirper du fauteuil et dans l'unique lumi&#232;re du lampadaire sa silhouette est empreinte du regret d'avoir eu &#224; briser son immobilit&#233;. Il se moque bien de savoir qui veut le voir mais, s'il a r&#233;sist&#233; &#224; l'insupportable cr&#233;celle de la sonnerie, maintenant l'intrus ou l'intruse cogne de son poing ferm&#233; contre la porte et c'est autant de coups qu'il re&#231;oit. Il ne va pas se laisser faire, il va lui casser la gueule.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Ou alors une rafale, une belle rafale.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il doit traverser le salon sans se faire entendre et &#233;viter l'endroit o&#249; le plancher craque, pour surprendre l'inconnu derri&#232;re la porte. Quatre m&#232;tres quatre-vingt-quinze &#224; parcourir avec la souplesse du ninja dans le silence le plus complet. Glisser, t&#226;ter de la plante du pied nu les asp&#233;rit&#233;s du parquet jusqu'aux poussi&#232;res tapies dans les rainures, bander les muscles sans nuire &#224; la souplesse du bassin. Fort sur ses jambes, fort dans sa t&#234;te. Trouver le bon endroit pour enclencher le tir et renvoyer l'ennemi dans son clapier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il avance, contourne le lampadaire et appuie du bout du pied sur l'interrupteur pos&#233; au sol.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le salon n'est plus &#233;clair&#233; que par le filet de lumi&#232;re orang&#233;e venue de derri&#232;re les rideaux, que dor&#233;navant il n'ouvre plus. Il est sur son terrain et la semi-obscurit&#233; &#233;galise ses chances en cas de combat mais il doit faire attention &#224; ne pas heurter la table basse. S'il la cogne, il risque de faire tomber les magazines et les journaux qui y sont empil&#233;s. &#192; mi-chemin de la porte, il s'accroupit &#224; c&#244;t&#233; de la table qu'il n'a pas encore desservie de son repas de midi, &#224; l'aff&#251;t, et ajuste une mitraillette imaginaire au creux de la hanche. Il scrute minutieusement les masses sombres des meubles. Sous la table, sous les chaises, derri&#232;re la malle, &#231;a bouge ? Une bosse suspecte sous le tapis ? Non. Le ficus&#8230; non, aucun fauve, aucun serpent, aucun Viet, aucun Barbu ne se cache derri&#232;re le ficus. Gilles retient sa respiration, plisse les yeux. Il a appris &#224; mettre tous ses sens en &#233;veil, la survie est &#224; ce prix. Ils savent se planquer comme ils savent se dissimuler dans la foule du m&#233;tro, du march&#233;. Ils sont partout. Dans la rue, dans les magasins, dans les services publics. Il ne prend plus le bus, tous les chauffeurs, tous les contr&#244;leurs ont &#233;t&#233; remplac&#233;s. Gilles n'ach&#232;te plus son pain &#224; la boulangerie depuis que les enfants de la vieille Caussade n'ont pas voulu reprendre l'affaire. Trop dur pour les petits Fran&#231;ais, il faut se lever &#224; quatre plombes du matin, pas de week-end &#224; la campagne. Alors, on vend et qui rach&#232;te le commerce ?... Boulangerie, club de foot, m&#234;me bizness.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Tout &#231;a fait partie d'un plan.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Maintenant, la rafale ! Il se rel&#232;ve d'un coup, comme surgi d'un foss&#233;, Tatatatatata ! Gilles fait le bruit des balles qui ricochent sur les murs et mime les secousses que lui inflige la mitraillette. Son chargeur vid&#233;, il se baisse &#224; nouveau le plus vivement qu'il peut. Ses mains sont moites, il ne doit pas se laisser submerger par l'angoisse. Si l'autre r&#233;plique &#224; la grenade, il est foutu.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Ils sont capables de tout.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La position accroupie est douloureuse pour ses genoux, il s'allonge et repose sa t&#234;te sur son avant-bras. Le type ne tape plus sur la porte, il a compris &#224; qui il avait affaire. Souffler, r&#233;cup&#233;rer le temps de l'accalmie. Le silence revenu, la pression sur ses tempes s'estompe. Respiration ventrale, visualiser les battements de son c&#339;ur comme dans le tuto sur YouTube. Gilles retrouve la confiance, la peur le quitte mais il a du mal &#224; reconna&#238;tre ce qui l'entoure dans ce noir orang&#233; qui baigne le salon. Et si c'&#233;tait un mauvais r&#234;ve, hier soir il a picol&#233;, le r&#234;ve d'un type qui se noie, qui voit la surface s'&#233;loigner et la lumi&#232;re du soleil avec elle ? Le type n'atteint jamais le fond, l'obscurit&#233; le mange, il est damn&#233;, devient plancton. Epsilon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est damn&#233; mais il ne r&#234;ve pas qu'il se noie, les abysses n'ont s&#251;rement pas cette couleur qui tire sur l'ocre sanguin. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Il faut que le sang coule.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas un mauvais r&#234;ve, c'est un cauchemar &#233;veill&#233;. Le parquet sent fort. Bois, humidit&#233; et poussi&#232;re. Gilles n'aime pas cette odeur, elle lui murmure la mis&#232;re et il le sait bien que sa vie c'est la mis&#232;re. Odeur avant la pourriture. Manquerait plus que des champignons poussent sur les plinthes. Il faudrait qu'il ouvre les rideaux et les fen&#234;tres mais s'il ouvre les rideaux et les fen&#234;tres, il devient une cible pour le gars du quatri&#232;me de l'immeuble en face et l'autre l&#224;, sur le palier, qui recommence &#224; cogner sur la porte. C'est sur sa t&#234;te qu'il frappe, dans sa t&#234;te qu'il frappe, &#231;a saigne dans sa t&#234;te. Il ne pourra pas &#233;viter le corps &#224; corps.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Ils savent se battre.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilles Lartisan est artisan. Clefs minute, clefs S&#233;curit, ouverture de portes, ressemelage, r&#233;paration talons. Il travaille seul dans sa boutique qu'il ferme quand il part en mission chez un particulier. Il avait un apprenti qui, m&#234;me si Gilles n'a rien pu prouver, a piqu&#233; un billet de cinquante dans la caisse. Il n'a pas pr&#233;venu la police, &#224; quoi bon ? Il a renvoy&#233; le gamin dans sa cit&#233; &#224; coups de pieds dans le cul et a install&#233; une cam&#233;ra de surveillance orient&#233;e vers le comptoir. Il n'y a que de l'argent &#224; voler dans son bazar, personne n'ira chauffer un cadenas ou des semelles. Comme il n'a pas repris d'employ&#233;, personne &#224; qui faire confiance et trop de charges de toutes fa&#231;ons, il se surveille lui-m&#234;me. Parfois, dans sa boutique vide, il fixe longtemps l'&#339;il borgne de la cam&#233;ra et lui vient l'envie de pleurer.&lt;br class='autobr' /&gt;
La derni&#232;re fois que Gilles a pleur&#233; c'est quand H&#233;l&#232;ne est partie avec les deux petites, il y a bien deux ans maintenant. Forte en gueule, H&#233;l&#232;ne, un peu trop, une fois de trop. Une gifle, enfin, un aller-retour. Et pourtant elle l'avait pr&#233;venu, &lt;i&gt;Tu me frappes une fois, tu ne me vois plus&lt;/i&gt;, Forte en gueule. Un midi, la gifle est partie sans qu'il sache vraiment pourquoi, il &#233;tait press&#233;, en retard, un d&#233;pannage urgent, il va pas perdre son temps &#224; enculer les mouches. Quand il est revenu le soir apr&#232;s avoir ferm&#233; le magasin, plus personne &#224; bord. Gilles n'a pas su o&#249; aller la chercher et &#231;a n'aurait servi &#224; rien. Il a picol&#233; en regardant la t&#233;l&#233; et puis il a pleur&#233;. Il voit les gamines un week-end sur deux. S'il cherche une date au d&#233;but de la mis&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Connaissent pas le chagrin, ces mecs.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Gilles remise la mitraillette imaginaire dans son dos avant de reprendre sa progression avec pr&#233;caution. Ils sont capables d'avoir pos&#233; des mines anti personnel, des pi&#232;ges invisibles h&#233;riss&#233;s de pieux ou &#233;quip&#233;s de filets qui vous emportent &#224; dix m&#232;tres de hauteur. Il sent la chaleur de l'arme qui p&#232;se le long de son dos et qui le rassure mais, s'il doit y avoir corps &#224; corps, un couteau lui serait plus utile. Le coin cuisine est sur sa droite, &#224; un m&#232;tre, encore plus dans l'ombre que le reste du salon. Pas &#224; pas et mains en avant, vingt centim&#232;tres par vingt centim&#232;tres, il se dirige vers le tiroir du buffet.&lt;br class='autobr' /&gt;
De nouveau, la sonnette retentit de deux coups brefs. Le salaud varie les plaisirs, il doit savoir que pour Gilles c'est comme la fraise du dentiste mais &#224; l'int&#233;rieur de son cr&#226;ne. Gilles se retient de hurler. Il se tend, se tord, serre les poings. &#201;pilepsie solitaire. Munch. Des larmes lui jaillissent des yeux. Il trouve que pour un homme de son &#226;ge, il pleure souvent. Il essuie la morve de son bras.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Ces types n'ont aucune humanit&#233;.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une fois franchi le seuil de la cuisine, Gilles oublie sa faiblesse passag&#232;re, il acc&#233;l&#232;re, glisse sur le carrelage, atteint le tiroir et l'ouvre sans bruit. Il ne faut pas que l'autre entende, se doute qu'il ne se laissera pas faire. Sur ses l&#232;vres, le sourire d'une blague cruelle. &#192; t&#226;tons, il reconna&#238;t le couteau &#224; viande parmi les autres couteaux et s'en saisit. Il tient la lame le long de sa cuisse, pointe vers le bas. Le renflement du manche en bak&#233;lite, le froid des rivets contre sa paume, le poids de l'arme inerte, dans le m&#234;me temps, l'ancrent et l'&#233;l&#232;vent. Il se sent digne et l&#233;gitime. Tous ses couteaux sont aiguis&#233;s. Il se retourne et fixe la porte d'entr&#233;e. Son c&#339;ur cogne dans la poitrine.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Le cave se rebiffe.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand il ouvrira la porte d'un coup, le gars sera surpris sous la lumi&#232;re du plafonnier du couloir. Dans un premier temps, il ne distinguera pas Gilles, encore dans l'obscurit&#233;. Il y aura un moment de rien, un instant gel&#233;, arr&#234;t sur image, et puis soit le type a peur et s'enfuit, soit il attaque et l&#224;, Gilles saura le recevoir. Centre de gravit&#233; l&#233;g&#232;rement abaiss&#233;, jambes mobilis&#233;es, bras gauche pr&#234;t &#224; parer avant de frapper avec le droit. L&#233;gitime d&#233;fense. Il y aura du sang, et alors ? Si les petites &#233;taient l&#224;, personne ne lui reprocherait de les d&#233;fendre, et &#231;a ne change rien qu'elles ne soient pas l&#224; puisqu'elles pourraient &#234;tre l&#224;. Le danger vient du dehors, ils sont le dehors.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Hors du dehors !&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Gilles entend comme un chant fredonn&#233;, une m&#233;lop&#233;e. Il chante, l'Indien ? Il a peint son visage, il s'est lav&#233; &#224; l'eau claire. Une m&#233;lop&#233;e, un murmure. C'est le chant avant l'assaut, le chant comme une pri&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Leur Dieu est cruel.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilles Lartisan est au milieu du couloir, couteau &#224; l'horizontale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il a mal &#224; l'&#233;paule qui a heurt&#233; le frigo quand il a fonc&#233; sans r&#233;fl&#233;chir vers la porte. Le choc a fait trembler le r&#233;frig&#233;rateur et des bouteilles ont tint&#233; &#224; l'int&#233;rieur, peut-&#234;tre bris&#233;es. C'est le signal, le combat commence. Gilles a ouvert la porte d'un geste rageur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est pieds nus, en slip et tee-shirt, au milieu du couloir sur&#233;clair&#233;. Il prot&#232;ge ses yeux de la lumi&#232;re trop forte. Le couloir est vide, personne. Le carrelage au sol est humide, il brille et exhale une odeur de propre, de d&#233;tergent. Au fond du couloir, les portes de l'ascenseur se referment trop vite pour que Gilles puisse distinguer qui vient d'y p&#233;n&#233;trer. Cinq &#233;tages jusqu'au rez-de-chauss&#233;e. Gilles s'engouffre dans l'escalier de service, d&#233;vale. Cinq &#233;tages. L'ascenseur est neuf et arrivera vite en bas, plus vite ! plus vite ! La lame du couteau cogne r&#233;guli&#232;rement la rampe m&#233;tallique, des &#233;tincelles ponctuent la course de Gilles. &#192; chaque vol&#233;e d'escalier, il saute les quatre derni&#232;res marches. Il est loup, jaguar, soldat surentra&#238;n&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au moment o&#249; il entame la descente du dernier &#233;tage vers le rez-de-chauss&#233;e, il entend l'ascenseur qui s'arr&#234;te, la porte qui s'ouvre puis se ferme. Il s'immobilise, &#233;puis&#233;, tout souffle &#233;vapor&#233;. Gilles n'a pas quatre c&#339;urs ni huit poumons, Gilles n'a plus l'&#226;ge de la chasse. Envie de vomir ses tripes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Maintenant c'est la porte du hall qu'il entend se refermer. Clac.&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, clac ! Il est assis, comme un pauvre rien, presque nu, au milieu de l'escalier. C'est le grand couteau &#224; d&#233;couper la viande qu'il a sorti du tiroir. Un go&#251;t insupportable pourrit sa bouche, une bile f&#233;tide baigne sa langue. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Il faut que je m'en fasse un.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il fait sonner la pointe du couteau contre la marche sur laquelle il est assis. Ting ting ting. Le son est clair dans la cage d'escalier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il se l&#232;ve et reprend sa descente. Calmement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le voil&#224; sur le boulevard qui d&#233;visage les passants et h&#233;site &#224; prendre sur sa droite ou sur sa gauche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Edito juillet &#8211; ao&#251;t 2026</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/l-equipe-de-nd/nos-anciens-editos/article/edito-juillet-aout-2026</link>
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		<dc:date>2026-06-28T13:40:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>JMC</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lorsque la chaleur qui &#233;touffe et abat n'est plus un &#233;v&#233;nement hors norme mais un fait quotidien, lorsque les petites filles rentrant de l'&#233;cole peuvent rencontrer dans la rue un grand m&#233;chant loup d&#233;guis&#233; en gentil voisin pourvoyeur de friandises, lorsque la v&#233;rit&#233; cens&#233;e sortir de leur bouche (celle des enfants, toujours) n'est plus un adage, une v&#233;rit&#233; admise par principe et de longue date, mais source de doutes de ceux qui pr&#233;tendent tout savoir sans jamais &#233;couter, lorsque des dossiers s'&#233;garent qui (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/l-equipe-de-nd/nos-anciens-editos/" rel="directory"&gt;Nos anciens &#233;ditos&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lorsque la chaleur qui &#233;touffe et abat n'est plus un &#233;v&#233;nement hors norme mais un fait quotidien, lorsque les petites filles rentrant de l'&#233;cole peuvent rencontrer dans la rue un grand m&#233;chant loup d&#233;guis&#233; en gentil voisin pourvoyeur de friandises, lorsque la v&#233;rit&#233; cens&#233;e sortir de leur bouche (celle des enfants, toujours) n'est plus un adage, une v&#233;rit&#233; admise par principe et de longue date, mais source de doutes de ceux qui pr&#233;tendent tout savoir sans jamais &#233;couter, lorsque des dossiers s'&#233;garent qui auraient pu sauver une vie, lorsque des pr&#233;sidents d&#233;clenchent des guerres &#171; en vrai &#187; comme si c'&#233;tait un jeu vid&#233;o ou d'argent, simple d&#233;monstration de pouvoir entre deux s&#233;ances de golf et une augmentation de taxes, lorsque des acteurs, pr&#233;sentateurs, rappeurs, chanteurs, utilisent eux aussi leur pouvoir &#224; la fa&#231;on de dictateurs, comment r&#233;agir face &#224; un r&#233;el si d&#233;cevant, d&#233;sesp&#233;rant, et parfois apocalyptique ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La lecture de fictions participe &#224; deux r&#233;ponses cl&#233;s : la fuite (du r&#233;el) ou l'affrontement. La litt&#233;rature peut &#234;tre une &#233;chapp&#233;e salutaire. Elle peut &#234;tre aussi une plong&#233;e au c&#339;ur des probl&#232;mes, en nous faisant vivre de l'int&#233;rieur des destins et des situations qui &#233;largissent notre compr&#233;hension de la complexit&#233; de l'homme et du monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour ceux qui ne souhaitent pas ou pas seulement s'embarquer dans le long cours d'un roman de plage, Nouvelle Donne a toujours en stock, faute de pouvoir le rafra&#238;chir, de quoi vous faire changer d'air le temps d'une pause pour penser, ou pour respirer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour ces mois estivaux, nous vous avons s&#233;lectionn&#233; &lt;a href='https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/article/jungle' class='spip_in'&gt;&#171; Jungle &#187;, s&#233;quence parano&#239;aque anxiog&#232;ne de Philippe Crub&#233;zy (juillet)&lt;/a&gt;, &#171; Je m'appelle Suzanne Aynes &#187;, autre variation cruelle et gla&#231;ante, sign&#233;e Carrie Anixa, et une chronique du recueil de nouvelles &#171; Putain de nuages &#187; de Corine Congiu (ao&#251;t).&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous vous souhaitons un bel &#233;t&#233;, de plus en plus propice aux s&#233;ances-lecture &#224; l'ombre, plut&#244;t que sous un soleil transmut&#233; d'or en plomb.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>15e &#233;dition du concours de nouvelles du Mus&#233;um d'histoire naturelle de Toulouse</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/concours-de-nouvelles/article/15e-edition-du-concours-de-nouvelles-du-museum-d-histoire-naturelle-de-toulouse</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.nouvelle-donne.net/concours-de-nouvelles/article/15e-edition-du-concours-de-nouvelles-du-museum-d-histoire-naturelle-de-toulouse</guid>
		<dc:date>2026-06-21T10:13:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Lancement le mardi 23 juin 2026 de la 15e &#233;dition du concours de nouvelles du Mus&#233;um d'histoire naturelle de Toulouse autour du th&#232;me &#034;Pieds sur Terre ou t&#234;te en l'air ?&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; le lien du r&#232;glement : https://www.calameo.com/toulouse/read/005971811e95bbc288814 &#8211; l'organisateur : Le Mus&#233;um d'histoire naturelle de Toulouse. &#8211; la date limite de participation : Le concours est ouvert du mardi 23 juin 2026 au mardi 5 janvier 2027, minuit. &#8211; le public concern&#233; : Ce concours est ouvert aux individuels adultes (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/concours-de-nouvelles/" rel="directory"&gt;Concours de nouvelles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Lancement le mardi 23 juin 2026 de la 15e &#233;dition du concours de nouvelles du Mus&#233;um d'histoire naturelle de Toulouse autour du th&#232;me &#034;Pieds sur Terre ou t&#234;te en l'air ?&#034;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#8211; le lien du r&#232;glement : &lt;a href=&#034;https://www.calameo.com/toulouse/read/005971811e95bbc288814&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.calameo.com/toulouse/read/005971811e95bbc288814&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; l'organisateur : Le Mus&#233;um d'histoire naturelle de Toulouse.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; la date limite de participation : Le concours est ouvert du mardi 23 juin 2026 au mardi 5 janvier 2027, minuit.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; le public concern&#233; : Ce concours est ouvert aux individuels adultes ainsi qu'aux individuels de &#8211; de 18 ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; les frais d'inscription : Gratuit&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; le th&#232;me : Pieds sur Terre ou t&#234;te en l'air ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; le genre litt&#233;raire attendu : Nouvelle&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; la longueur du texte : entre 10 000 et 15 000 caract&#232;res pour la cat&#233;gorie auteurs de plus de 18 ans et entre 6 000 et 10 000 caract&#232;res pour la cat&#233;gorie auteurs de &#8211; de 18 ans&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; la gratification : Liseuses, abonnements annuels au Mus&#233;um (Pass Tribu ou Pass Duo) ou paniers boutique du Mus&#233;um d'un montant correspondant &#224; la moiti&#233; du prix du Pass, beaux livres, d&#233;jeuner complet au restaurant le Moa&#239;, surprises &#034;Raisonnables ou &#233;vapor&#233;es&#034; de la boutique du Mus&#233;um, blocs-notes ou carnets Gallimard, prismes ou storms glass&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; la valorisation : Publication des 3 meilleures nouvelles par cat&#233;gorie dans un recueil num&#233;rique, diffusion des nouvelles laur&#233;ates sur le site Internet du Mus&#233;um, ses r&#233;seaux sociaux, etc, cr&#233;ation d'un livre audio via le podcast Plumes en Voix (enregistrement des 6 nouvelles laur&#233;ates + le Prix jeunesse des 37 qui viendra r&#233;compenser un jeune auteur issu d'une des 37 communes qui composent la M&#233;tropole toulousaine) &#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Plus d'infos sur : &lt;a href=&#034;https://museum.toulouse-metropole.fr/concours-litteraire-2026/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://museum.toulouse-metropole.fr/concours-litteraire-2026/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Nous &#233;crire et soumettre sa contribution : concours-litteraire-museum@toulouse-metropole.fr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une m&#233;ditation sur la passion, le temps, la m&#233;moire : Le Jeune homme de Annie Ernaux</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/une-meditation-sur-la-passion-le-temps-la-memoire-le-jeune-homme-de-annie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/une-meditation-sur-la-passion-le-temps-la-memoire-le-jeune-homme-de-annie</guid>
		<dc:date>2026-06-01T20:00:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Perrut</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans un r&#233;cit tr&#232;s court, &#224; caract&#232;re autobiographique, Annie Ernaux revient en 2022, avec Le Jeune homme, sous des voiles assez transparents, sur sa liaison avec un homme, son cadet d'une trentaine d'ann&#233;es, tandis qu'elle a d&#233;pass&#233; la cinquantaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce texte prolonge deux autres r&#233;cits, concernant la m&#234;me liaison, Fragments autour de Ph. V., un bref texte sur le point de d&#233;part de la relation, qu'on pourrait qualifier d'autobiograph&#232;me, et L'Occupation, qui explore le th&#232;me de la jalousie, apr&#232;s la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/" rel="directory"&gt;Critiques de recueils de nouvelles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1492.png?1780343997' width='96' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un r&#233;cit tr&#232;s court, &#224; caract&#232;re autobiographique, Annie Ernaux revient en 2022, avec &lt;i&gt;Le Jeune homme&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Annie Ernaux, Le Jeune homme, Gallimard, 2022.' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sous des voiles assez transparents, sur sa liaison avec un homme, son cadet d'une trentaine d'ann&#233;es, tandis qu'elle a d&#233;pass&#233; la cinquantaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte prolonge deux autres r&#233;cits, concernant la m&#234;me liaison, &lt;i&gt;Fragments autour de Ph. V.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Annie Ernaux, Fragments autour de Ph. V., L'Infini, N&#176; 56, 1996.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un bref texte sur le point de d&#233;part de la relation, qu'on pourrait qualifier d'autobiograph&#232;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Par r&#233;f&#233;rence &#224; Roland Barthes d&#233;signant ainsi le r&#233;cit d'un &#233;l&#233;ment (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et &lt;i&gt;L'Occupation&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Annie Ernaux, L'Occupation, Gallimard, 2002.' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui explore le th&#232;me de la jalousie, apr&#232;s la rupture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le protagoniste masculin du &lt;i&gt;Jeune homme&lt;/i&gt; est identifiable. C'est Philippe Vilain, qui s'est lui-m&#234;me longuement exprim&#233; sur cette liaison un peu plus tard, en 2025, dans &lt;i&gt;Mauvais &#233;l&#232;ve&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Philippe Vilain, Mauvais &#233;l&#232;ve, Robert Laffont, 2025.' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce dernier livre m&#233;rite qu'on s'y arr&#234;te un instant. On y trouve sans nul doute l'empreinte d'Annie Ernaux, &#224; commencer par l'adh&#233;sion &#224; une m&#234;me profession de foi, au m&#234;me &#171; pacte autobiographique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='Par r&#233;f&#233;rence au livre fondateur de Philippe Lejeune, Le Pacte (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : l'engagement vis-&#224;-vis du lecteur &#224; ne dire que le vrai, sans recours &#224; la fiction - on ne discutera pas ici des contradictions internes, voire des apories d'une telle position. Cependant, dans cette voie, Philippe Vilain innove en d&#233;ployant un registre personnel marqu&#233; par une exploration rigoureuse des situations d'inf&#233;riorisation sociale. Il met ainsi en sc&#232;ne la lutte entreprise contre tous les obstacles personnels ou sociaux &#8211; difficult&#233;s de lecture, fautes de fran&#231;ais, alcoolisme du p&#232;re, d&#233;rives vers la d&#233;linquance &#8211; qui se sont dress&#233;s entre lui et sa vocation d'&#233;crivain. Ce combat, avec sa part de dramatisation, devient l'ar&#234;te vive du r&#233;cit, et c'est cela m&#234;me qui emporte le lecteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se dessine ainsi sous nos yeux une configuration peu banale o&#249; deux amants se font face, une fois leur relation termin&#233;e pour croiser, sinon le fer, du moins la plume devant un large lectorat. Chacun d'eux ayant un statut d'&#233;crivain plus ou moins install&#233;, on peut estimer que la partie se joue entre &#233;gaux. On boxe dans la m&#234;me cat&#233;gorie. Nombre de d&#233;tails tr&#232;s intimes, tr&#232;s crus sont donn&#233;s &#224; voir et l'on peut se demander jusqu'o&#249; peut aller cette mise &#224; nu. J'ai suppos&#233; jusqu'ici que la relation &#233;tait &#233;gale, mais peut-elle jamais l'&#234;tre totalement ? Tout ceci rappelle les critiques adress&#233;es &#224; Serge Doubrovsky, promoteur de l'autofiction, qui r&#232;gle sur la place publique ses comptes avec une de ses relations f&#233;minines, tout &#224; fait identifiable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='appendix' title='Serge Doubrovsky, Le Livre bris&#233;, Grasset, 1989 ; Un Amour de soi, Hachette, (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, cette femme ne disposait ni des moyens, ni du statut d'&#233;crivain pour lui r&#233;pondre. Ceci a conduit certains commentateurs &#224; taxer l'autofiction de mauvais genre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='appendix' title='Jacques Lecarme, &#171; L'Autofiction, un mauvais genre &#187;, Actes du colloque de (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons au &lt;i&gt;Jeune homme&lt;/i&gt;. Par son sujet, une passion physique, par son registre d'&#233;nonciation, l'autobiographie &#224; la premi&#232;re personne, ce r&#233;cit ne peut-il se rapprocher de &lt;i&gt;Passion simple&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='appendix' title='Annie Ernaux, Passion simple, Gallimard, 1992.' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, publi&#233; une trentaine d'ann&#233;es auparavant ? Ce dernier r&#233;cit est alors qualifi&#233;, par la narratrice, de &#171; proc&#232;s-verbal &#187;, c'est-&#224;-dire de transcription des faits, rigoureuse et pr&#233;cise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Jeune homme&lt;/i&gt; n'&#233;voque pas les d&#233;buts des rencontres ni la correspondance qui a pr&#233;c&#233;d&#233; celles-ci, mais commence directement dans la relation intime. Et plus particuli&#232;rement, en ouverture du r&#233;cit, par l'&#233;vocation d'un rapport &#233;troit entre le sexe et l'&#233;criture : le sexe pour &#171; d&#233;clencher &#187; l'&#233;criture d'un livre difficile. La liaison avec le jeune homme devient, myst&#233;rieusement, un temps de gestation, de maturation de ce p&#233;nible r&#233;cit consacr&#233; &#224; un avortement clandestin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='appendix' title='Il s'agit de L'Ev&#233;nement, publi&#233; en 2000, &#224; la fin de cette relation.' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte du &lt;i&gt;Jeune homme&lt;/i&gt; se compose d'une suite de notations autobiographiques qui donnent lieu &#224; une m&#233;ditation en surplomb, portant tant&#244;t sur les effets de cette liaison sur la narratrice, tant&#244;t sur ce qu'elle r&#233;v&#232;le du regard des autres face &#224; la transgression de la norme. &lt;br class='autobr' /&gt;
La diff&#233;rence d'&#226;ge entre les deux protagonistes entra&#238;ne la narratrice dans une troublante travers&#233;e du temps et des g&#233;n&#233;rations. Le jeune homme est ainsi per&#231;u comme &#171; le pass&#233; incorpor&#233; &#187;. L'autrice r&#233;sume cette &#233;tranget&#233; dans une formule : &#171; Ce que je ressentais dans cette relation &#233;tait de nature indicible, o&#249; s'entrem&#234;laient le sexe, le temps et la m&#233;moire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='appendix' title='Annie Ernaux, Le Jeune homme, Op. cit., p. 29.' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En revenant avec son compagnon dans la petite cit&#233; universitaire de sa p&#233;riode &#233;tudiante, Annie Ernaux nous confie : &#171; il m'avant sembl&#233;, pendant de longues minutes, me mouvoir dans le temps sans nom du r&#234;ve &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est aussi &#224; une confrontation avec la norme sociale que conduit cette diff&#233;rence de g&#233;n&#233;ration. La transgression est lue dans le regard r&#233;probateur des autres : &#171; Devant le couple que nous formions visiblement, les regards se faisaient impudents, fr&#244;laient la sid&#233;ration, comme devant un assemblage contre nature &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb12' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid, p. 30.' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les notations crues ne manquent pas et l'on retrouve aussi cette constante dans l'&#233;criture de l'autrice : le refus de &#171; faire joli &#187;, inspir&#233; notamment de Cesare Pavese&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb13' class='spip_note' rel='appendix' title='On peut se reporter au petit recueil H&#244;tel Casanova, d'Annie Ernaux, o&#249; (...)' id='nh13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans cette d&#233;termination &#224; &#233;noncer les faits tels qu'ils sont, on peut se demander s'il n'y a pas, &#233;galement, un go&#251;t de la provocation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;criture des ann&#233;es 1990 &#233;tait largement consacr&#233;e &#224; un enregistrement fid&#232;le des faits, d'o&#249; la subjectivit&#233; semblait bannie, si l'on prend &lt;i&gt;Passion simple&lt;/i&gt; comme r&#233;f&#233;rence. Trente ans plus tard, &lt;i&gt;Le Jeune homme&lt;/i&gt; est l'occasion pour la narratrice de porter un regard distanci&#233;, et plus contemplatif sur une relation singuli&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Annie Ernaux, Le Jeune homme, Gallimard, 2022.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Annie Ernaux, Fragments autour de Ph. V.&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Infini&lt;/i&gt;, N&#176; 56, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par r&#233;f&#233;rence &#224; Roland Barthes d&#233;signant ainsi le r&#233;cit d'un &#233;l&#233;ment autobiographique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Annie Ernaux, L'Occupation, Gallimard&lt;/i&gt;, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Philippe Vilain, &lt;i&gt;Mauvais &#233;l&#232;ve&lt;/i&gt;, Robert Laffont, 2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par r&#233;f&#233;rence au livre fondateur de Philippe Lejeune, &lt;i&gt;Le Pacte autobiographique&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1975 (nouvelle &#233;dition 1996).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Serge Doubrovsky, &lt;i&gt;Le Livre bris&#233;&lt;/i&gt;, Grasset, 1989 ; &lt;i&gt;Un Amour de soi&lt;/i&gt;, Hachette, 1982.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jacques Lecarme, &#171; L'Autofiction, un mauvais genre &#187;, Actes du colloque de Nanterre, 1992.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='appendix'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Annie Ernaux, &lt;i&gt;Passion simple&lt;/i&gt;, Gallimard, 1992.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='appendix'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agit de &lt;i&gt;L'Ev&#233;nement&lt;/i&gt;, publi&#233; en 2000, &#224; la fin de cette relation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='appendix'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Annie Ernaux, Le Jeune homme, Op. cit., p. 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb12'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='appendix'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid, p. 30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb13'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh13' class='spip_note' title='Notes 13' rev='appendix'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut se reporter au petit recueil H&#244;tel Casanova, d'Annie Ernaux, o&#249; figure un court texte sur Cesare Pavese, qui d&#233;veloppe ce th&#232;me. Nous avons mis en ligne une chronique sur ce recueil : &lt;a href='https://www.nouvelle-donne.net/chroniques/critiques-de-recueils-de-nouvelles/article/hotel-casanova-d-annie-ernaux' class='spip_in'&gt;&#171; H&#244;tel Casanova &#187; d'Annie Ernaux &lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Onzi&#232;me &#233;dition du concours de nouvelles BREIZH FEMMES et MOTS POUR MOTS</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/concours-de-nouvelles/article/onzieme-edition-du-concours-de-nouvelles-mots-pour-mots</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.nouvelle-donne.net/concours-de-nouvelles/article/onzieme-edition-du-concours-de-nouvelles-mots-pour-mots</guid>
		<dc:date>2026-06-01T19:46:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Les consignes cette ann&#233;e sont : d&#233;buter ou terminer le texte par l'expression &#034;Dix ans, et alors ?&#034; et que la couleur rouge tienne un r&#244;le dans la nouvelle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Date limite d'envoi : le 31 octobre 2026 &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#232;glement complet : https://www.breizhfemmes.fr/?view=a...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/concours-de-nouvelles/" rel="directory"&gt;Concours de nouvelles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les consignes cette ann&#233;e sont : &lt;strong&gt;d&#233;buter ou terminer le texte par l'expression &#034;Dix ans, et alors ?&#034;&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;que la couleur rouge tienne un r&#244;le dans la nouvelle&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Date limite d'envoi : le 31 octobre 2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#232;glement complet : &lt;a href=&#034;https://www.breizhfemmes.fr/?view=article&amp;id=834:on-a-dix-ans-et-alors&amp;catid=8&#034; class='spip_url spip_out' rel='external'&gt;https://www.breizhfemmes.fr/?view=a...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Concours de nouvelles de la ville de Thouar&#233; sur Loire</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/concours-de-nouvelles/article/concours-de-nouvelles-de-la-ville-de-thouare-sur-loire-1490</link>
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		<dc:date>2026-05-30T10:23:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;THEME : Histoire &#224; vous dresser les cheveux sur la t&#234;te
&lt;br class='autobr' /&gt;
DATE LIMITE DE PARTICIPATION : 4 septembre 2026
&lt;br class='autobr' /&gt;
PUBLIC CONCERNE : &#224; partir de 13 ans
&lt;br class='autobr' /&gt;
FRAIS D'INSCRIPTION : 0 &#8364;
&lt;br class='autobr' /&gt;
LIEN INTERNET : Concours de nouvelles &#8211; Mairie de Thouar&#233;-Sur-Loire : https://www.thouare.fr/actualite/concours-de-nouvelles/&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/concours-de-nouvelles/" rel="directory"&gt;Concours de nouvelles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;THEME : Histoire &#224; vous dresser les cheveux sur la t&#234;te&lt;br class='autobr' /&gt;
DATE LIMITE DE PARTICIPATION : 4 septembre 2026&lt;br class='autobr' /&gt;
PUBLIC CONCERNE : &#224; partir de 13 ans&lt;br class='autobr' /&gt;
FRAIS D'INSCRIPTION : 0 &#8364;&lt;br class='autobr' /&gt;
LIEN INTERNET : Concours de nouvelles &#8211; Mairie de Thouar&#233;-Sur-Loire : &lt;a href=&#034;https://www.thouare.fr/actualite/concours-de-nouvelles/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.thouare.fr/actualite/concours-de-nouvelles/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Peach, pas bouger.</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/article/peach-pas-bouger</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/article/peach-pas-bouger</guid>
		<dc:date>2026-05-30T10:19:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Swan Leschi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Peach, pas bouger. Cela faisait environ un an que je tentais d'&#233;duquer mon chien &#224; devenir un parfait compagnon de canap&#233;. Ma femme l'avait achet&#233; pour pratiquer la course &#224; pied, l'amener au bureau ou jouer au frisbee. Les ambitions &#233;taient belles et prometteuses, mais pour ma part je misais surtout sur une &#233;ducation canap&#233;&#8209;croquettes saupoudr&#233;e de paresse. Je pense que l'&#233;quilibre est un tout dans la vie. Ma femme jouait au frisbee avec notre Peach nationale pendant que je v&#233;g&#233;tais. Puis, quand elle (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/nouvelles-a-lire/" rel="directory"&gt;Nouvelles &#224; lire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/arton1489.jpg?1780136303' width='150' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_618 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/jpg/peach-pas_bouger2.jpg?1780136312' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-618 spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Illustration : Corine Sylvia Congiu - 2026
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Peach, pas bouger.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cela faisait environ un an que je tentais d'&#233;duquer mon chien &#224; devenir un parfait compagnon de canap&#233;. Ma femme l'avait achet&#233; pour pratiquer la course &#224; pied, l'amener au bureau ou jouer au frisbee. Les ambitions &#233;taient belles et prometteuses, mais pour ma part je misais surtout sur une &#233;ducation canap&#233;&#8209;croquettes saupoudr&#233;e de paresse. Je pense que l'&#233;quilibre est un tout dans la vie. Ma femme jouait au frisbee avec notre Peach nationale pendant que je v&#233;g&#233;tais. Puis, quand elle revenait, j'entra&#238;nais le chien &#224; roupiller sur le coussin. La boucle &#233;tait boucl&#233;e et l'&#233;quilibre &#233;tait &#224; mon avantage. N&#233;anmoins, la vie n'est pas un conte de f&#233;es et j'&#233;tais implicitement de corv&#233;e de sortie, le soir et le midi. J'avais quelques soucis dans ma vie, &#224; savoir mon travail qui me d&#233;plaisait, ce que j'allais manger le soir et, de fa&#231;on plus prosa&#239;que, les &#233;ternelles questions d'un trentenaire : enfants, maison, perte de cheveux. Tout comme mes cheveux, les enfants manquaient &#224; l'appel.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Peach, pas bouger.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les joies du t&#233;l&#233;travail me permettaient de rester dans ce que j'aimais appeler mon triplex (il s'agissait en r&#233;alit&#233; d'une petite maison sur trois niveaux de 30 m&#178;) - trois jours par semaine - mais jamais le vendredi ni le lundi - adieu donc les week&#8209;ends prolong&#233;s en Normandie. Le sacrifice &lt;i&gt;corporate&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous &#233;tions donc mardi et j'&#233;tais encore sonn&#233; suite au trop&#8209;plein de Calvados consomm&#233; le week&#8209;end pr&#233;c&#233;dent dans la maison familiale en Normandie.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &#192; ce soir Hugo, je pars, j'ai donn&#233; &#224; manger &#224; Peach &#187;, et la porte claqua. Ma femme venait de partir courageusement au travail. Il &#233;tait 8 h 30. Le champ &#233;tait libre pour dormir juste quelques minutes de plus.&lt;br class='autobr' /&gt;
La langue de Peach me tira du sommeil aux alentours de 10 h, ce qui, avec le recul, &#233;tait un manque de chance inou&#239;, car m&#234;me le week&#8209;end, je ne dormais que rarement apr&#232;s 8 h 00. Ce fut aussi mon t&#233;l&#233;phone portable affichant &#171; Maman &#187; qui me r&#233;veilla en concomitance de Peach. Je ne pris pas l'appel.&lt;br class='autobr' /&gt;
La rue &#233;tait bruyante. Ayant la joie de faire un m&#233;tier hautement utile pour la soci&#233;t&#233;, &#224; savoir r&#233;aliser des pr&#233;sentations PowerPoint et aligner des cases de plusieurs couleurs, je venais de m'installer en urgence &#224; mon bureau en robe de chambre afin de me connecter &#224; une r&#233;union pour laquelle j'avais d&#233;j&#224; 5 minutes de retard. Le soulagement fut tout aussi intense que lorsque ma voiture avait pass&#233; le contr&#244;le technique en automne dernier : personne n'&#233;tait connect&#233;, j'&#233;tais donc le premier ! Ce n'est pas pour rien que j'avais &#233;t&#233; promu : m&#234;me en retard, j'&#233;tais le meneur.&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;anmoins, concernant mon &#233;quipe, c'&#233;tait un peu diff&#233;rent : tout le monde &#233;tait hors ligne. Bon, mon retard avait visiblement &#233;t&#233; sauv&#233; par une panne de serveur mondiale. Premier quand m&#234;me, et l'&#233;lu de surcro&#238;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'&#233;tais connect&#233; &#224; la r&#233;union, personne d'autre ne s'&#233;tait point&#233;. Mission accomplie. Il &#233;tait temps d'aller me faire un caf&#233; et de sortir Peach dans le jardin. Ensuite, je passerais l'aspirateur afin d'&#233;vacuer les poils de Peach qui tombaient, in&#233;vitablement, par paquets.&lt;br class='autobr' /&gt;
La rue &#233;tait quand m&#234;me sacr&#233;ment bruyante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bon Peach, tu as de la chance, aujourd'hui on va faire une petite balade dans le quartier pour voir toute cette agitation et raconter &#231;a &#224; maman ce soir. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est donc en robe de chambre et dents non lav&#233;es par fain&#233;antise le matin que je sortis de chez moi avec Peach.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est avec surprise que je d&#233;couvris des embouteillages en bas de chez moi ainsi qu'une forte agitation. Des gens couraient et certaines voitures &#233;taient vides.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'habitais dans une petite ville de banlieue pavillonnaire et le trafic routier &#233;tait usuellement relativement calme. &#192; ma connaissance, il n'y avait que deux causes pouvant entra&#238;ner une telle surcharge : le t&#233;l&#233;travail interdit marquant un retour au bureau pour l'ensemble des autres forces vives de la nation ou un accident impliquant des v&#233;los cargos et des Tesla. Mais je n'expliquais pas le comportement erratique de certaines personnes dans la rue, ni les v&#233;hicules vides (franchement, c'&#233;tait risqu&#233;).&lt;br class='autobr' /&gt;
Je voulus prendre une vid&#233;o de toute cette agitation (ce n'est pas tous les jours que j'ai du potin pr&#232;s de chez moi !) mais en mettant la main dans la poche de ma robe de chambre, je me rendis compte que je n'avais pas mon t&#233;l&#233;phone. Bon, tant pis pour les potins, je rentrai chez moi, pr&#232;s du feu que ma femme avait pr&#233;par&#233; ce matin - malgr&#233; mes consignes d'&#233;conomie sur les b&#251;ches.&lt;br class='autobr' /&gt;
Soudain, une vive explosion retentit. Puis une autre. J'aimerais dire que j'ai vu une &#233;norme boule de feu monter dans le ciel et que j'ai senti la chaleur me l&#233;cher les joues, mais je n'entendis que deux explosions. Les explosions, c'est similaire &#224; un coup de pistolet. On ne conna&#238;t pas mais on reconna&#238;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'avantage quand il y a du monde, c'est que Peach ne saute pas sur les gens et ne tire pas sur la laisse. Je crois que l'on appelle &#231;a le trop&#8209;plein d'&#233;motions : l'animal, submerg&#233; d'excitation et d'odeurs, n'arrive plus &#224; g&#233;rer et passe en pilotage automatique. Curieusement, le bruit de l'explosion ne l'a pas fait tressauter. En y repensant, le sens des priorit&#233;s canin est radicalement diff&#233;rent : je ne pouvais pas sortir la poubelle sans que Peach n'aboie ou ne saute de partout, mais visiblement il n'y avait pas de sujet majeur avec les explosions. Tant mieux, car des explosions, il y en aurait d'autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
En revanche, dans cette situation, le d&#233;savantage r&#233;sidait surtout pour moi : je venais d'acheter une maison un demi&#8209;million d'euros et des explosions se produisaient en bas de chez moi ? Le prix au m&#232;tre carr&#233; allait donc s'effondrer ? Avec un peu de chance, ce n'&#233;tait que des conduites de gaz et rien de tr&#232;s n&#233;gatif. Cependant, j'&#233;tais chauff&#233; au gaz. Bon. On verra bien, me dis&#8209;je.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;tais une personne pragmatique. Il me fallait rentrer chez moi pour couper la chaudi&#232;re. Que la maison du voisin (pas celle qui est mitoyenne) explose &#224; cause du gaz, c'est une chose, mais pas la mienne. J'avais d&#233;j&#224; du mal &#224; me faire rembourser un d&#233;g&#226;t des eaux, alors l'explosion du triplex serait compliqu&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je courus pour rentrer, &#224; trois cents m&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'allumai la t&#233;l&#233;vision et j'allai prendre mon t&#233;l&#233;phone pour regarder sur Internet si d'aimables personnes avaient relay&#233; cette information. Cela ne pouvait pas passer inaper&#231;u, j'&#233;tais en &#206;le&#8209;de&#8209;France quand m&#234;me, pr&#232;s de la D&#233;fense, pr&#232;s des autres cadres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Finalement, &#224; peine voulus-je aller chercher mon t&#233;l&#233;phone que la t&#233;l&#233;vision envoyait un message inqui&#233;tant.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Vous avez 60 minutes pour vous mettre &#224; l'abri, l'ast&#233;ro&#239;de frappera d'ici une heure. Allez le plus profond&#233;ment possible, prenez de l'eau, nourriture, lampe torche. R&#233;f&#233;rez-vous au compte &#224; rebours indicatif &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Compte &#224; rebours indicatif. Peur d'un proc&#232;s si le caillou tapait avant ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le compte &#224; rebours affichait 11 minutes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas plus d'informations que &#231;a.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai compris &#224; ce moment pr&#233;cis que tous les flashs sp&#233;ciaux ayant surgi au cours de ma petite vie de t&#233;l&#233;spectateur n'&#233;taient peut&#8209;&#234;tre pas si importants. &#192; la diff&#233;rence des flashs aux bandeaux rouges avec une &#233;criture en gras et police Calibri 24 (je vous l'ai dit, je suis expert PowerPoint), ce flash&#8209;l&#224; &#233;tait pr&#233;caire. Il s'agissait d'un pr&#233;sentateur inconnu, en tee&#8209;shirt, mal ras&#233;. Le bandeau &#233;tait sur fond blanc, une police Arial. Bref, ce flash avait &#233;t&#233; fait &#224; la va&#8209;vite par un type press&#233; de se r&#233;fugier pendant que tout le monde s'&#233;tait visiblement barr&#233;. Merci &#224; lui, les coll&#232;gues absents de la r&#233;union n'ont pas eu cette d&#233;licatesse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un ast&#233;ro&#239;de &#233;tait un astre que l'on d&#233;tectait des auparavant, m&#234;me lorsque ce dernier se manifestait de nulle part. Je compris donc pourquoi depuis une dizaine d'ann&#233;es nous pouvions tous emprunter, ou pourquoi les &#233;cologistes s'&#233;taient rel&#226;ch&#233;s. Tout semblait plus facile et moins contraignant. La r&#233;alit&#233;, c'est qu'ils avaient d&#251; essayer de d&#233;tourner l'ast&#233;ro&#239;de, qu'ils n'avaient visiblement pas r&#233;ussi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je faisais partie des 99 % de la population qui allaient &#234;tre du mauvais c&#244;t&#233; de la barri&#232;re. Les 1 % avaient l&#226;ch&#233; les manettes depuis longtemps et s'en foutaient. Ma maison &#224; 500 000 &#8364; ne servirait probablement plus &#224; grand&#8209;chose, mais son cr&#233;dit non plus, remarque. Gagnant&#8209;gagnant. Perdant&#8209;perdant.&lt;br class='autobr' /&gt;
11 minutes. J'avais donc 50 minutes de retard sur un &#233;v&#233;nement que je ne connaissais pas. La r&#233;union fant&#244;me s'expliquait, les voitures vides aussi, les gens courant de partout &#233;galement. J'&#233;tais le premier sur ma r&#233;union mais probablement le dernier &#224; appeler sa famille et sa femme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je pris mon t&#233;l&#233;phone : 41 appels en absence. 20 appels de ma m&#232;re, 20 appels de ma femme. La concurrence des femmes de l'homme, m&#234;me dans l'apocalypse. Le dernier appel, cat&#233;goris&#233; comme spam, avec une br&#232;ve description textuelle retranscrite sur mon r&#233;pondeur. Pas de r&#233;pit pour me proposer une nouvelle offre &#233;nerg&#233;tique en cette fin du monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma femme &#233;tait au boulot. Je l'appelai. Aucune r&#233;ponse, &#231;a ne sonnait m&#234;me pas. Pas franchement &#233;tonnant vu le contexte.&lt;br class='autobr' /&gt;
La t&#233;l&#233;vision affichait maintenant 8 minutes et 30 secondes restantes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je d&#233;cidai d'appeler ma femme. J'appellerai ma m&#232;re apr&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle d&#233;crocha. Je lui dis qu'elle devait se mettre &#224; l'abri dans une cave. Elle &#233;tait en pleurs et demandait pourquoi je ne l'avais pas rappel&#233;e. M&#234;me durant cette fin du monde je ne voulais pas assumer cette grasse matin&#233;e de cadre. &#171; J'&#233;tais occup&#233; sur un truc, je n'ai rien vu. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Au ton de sa voix et &#224; entendre les explosions en fond, je compris la gravit&#233; de la situation, comme si tout ce que j'avais vu jusque&#8209;l&#224; &#233;tait irr&#233;el. Ce fut un choc. Le &#171; je vais mourir &#187; devenait vrai. Ce n'&#233;tait plus une blague ou une simple panne mondiale un peu excitante.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; T'es o&#249; ? Tu es &#224; l'abri ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; On est au sous-sol de l'immeuble avec les filles du bureau, on attend, c'est une horreur, des gens essaient de rentrer, on a d&#251; bloquer la porte. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &#199;a va ici, c'est relativement calme, pourquoi tu n'es pas rentr&#233;e ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Pourquoi tu n'es pas venu ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &#201;coute, reste &#224; l'abri, ne fais confiance &#224; personne, m&#234;me les filles. Reste o&#249; tu es, je vais venir te chercher, apr&#232;s. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &#8230;Je ne pense pas que ces conseils serviront&#8230; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &#8230; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; On a eu notre temps. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; On aurait pu mieux faire j'imagine. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; On a fait au mieux. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Peach a encore mang&#233; une &#233;ponge ce matin avant que je me l&#232;ve. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle rigola et ajouta &#171; Promis on ira en acheter ce week-end &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je lui promis de la rappeler d&#232;s que je serais &#224; l'abri - et que je viendrais la chercher apr&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
7 minutes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il restait Peach, qui semblait chamboul&#233;e. On m'avait dit que les animaux avaient ressenti le tsunami en Tha&#239;lande de 2004 avant qu'il n'arrive sur les c&#244;tes. C'&#233;tait s&#251;rement la m&#234;me chose.&lt;br class='autobr' /&gt;
En la regardant, je compris que Peach &#233;tait le seul &#234;tre vivant que je pouvais et surtout devais sauver. Peach repr&#233;sentait &#224; la fois mes amis qui donnaient de la nourriture de fa&#231;on plus ou moins discr&#232;te &#224; table, ma femme (c'&#233;tait son choix !) et mes parents qui la gardaient quand nous &#233;tions en vacances. Elle repr&#233;sentait m&#234;me la femme de m&#233;nage qui enlevait ses poils de l'aspirateur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle &#233;tait debout &#224; me regarder. Toutes les personnes qui m'aimaient me regardaient.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il restait 6 minutes et 30 secondes - les conduites de gaz continuaient &#224; exploser dehors. Le temps filait vite. La proximit&#233; de l'ast&#233;ro&#239;de avec la Terre devait engendrer tous ces &#233;v&#233;nements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques minutes ne me permettaient pas d'aller bien loin, surtout avec un chien qui irait peut&#8209;&#234;tre renifler en toute inconscience les traces de pipi de ses pairs. N&#233;anmoins, et j'en remercie les architectes des ann&#233;es trente, je disposais de deux caves, dont une totalement enterr&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon t&#233;l&#233;phone vibrait et affichait encore le num&#233;ro de ma m&#232;re. &#171; Pas maintenant maman, je suis occup&#233;, merde &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je pris des bouteilles d'eau que je balan&#231;ai dans mon nouvel abri de fortune. Je pris des piles. Un couteau suisse. Des sardines. J'&#233;tais absolument d&#233;sorganis&#233;. Je fis des allers&#8209;retours entre les placards pour prendre de la nourriture s&#232;che, fra&#238;che, des outils plus ou moins utiles, un oreiller, des m&#233;dicaments. Je manquai de chuter dans l'escalier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je descendis &#224; la cave.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'endroit ne disposait que d'une vieille porte sans encadrement, autrement dit : l'air passait. Je compris donc assez rapidement que je n'avais pas trop le choix que de combler l'encadrement. Ce furent donc les draps en gaze de coton qui allaient servir &#224; cette t&#226;che. En les mettant, je tombai par terre, le cul humide de terre battue d&#233;tremp&#233;e. &#201;videmment, rien ne tenait. Et puis, l'air passerait dans tous les cas. J'&#233;tais l&#224;, par terre, dans mon sous-sol, &#224; regarder ce drap &#224; 200 &#8364; qui pendait dans le vide.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;alisme me frappa de fa&#231;on plus abrupte que lorsque j'&#233;tais au t&#233;l&#233;phone avec ma femme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma crypte de survie n'&#233;tait que partiellement enterr&#233;e, on voyait m&#234;me le soleil &#224; travers la porte. Elle ne faisait que quatre ou cinq m&#232;tres carr&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'avais que quelques litres d'eau tout au plus, et des bo&#238;tes de sardines. Je n'avais m&#234;me pas de quoi nourrir Peach. Si je survivais &#224; l'impact (&#233;tait&#8209;ce un impact ? Une onde ?), je ne pourrais de toute fa&#231;on pas tenir bien longtemps : je serais oblig&#233; de remonter. Est&#8209;ce que je serais irradi&#233; ? Comment serait l'air dehors ? Le bandeau affichait toujours l'impact d'ici 2 minutes. Je pensai &#224; mon fr&#232;re qui skiait dans les Alpes. Son plus gros probl&#232;me devait &#234;tre actuellement de descendre la piste noire sans se fracturer la cheville. C'&#233;tait donc cela ce qu'on appelle l'&#233;nergie du d&#233;sespoir ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Des dizaines de milliers d'ann&#233;es d'existence pour l'&#234;tre humain, et moi, qui, &#224; trente-cinq ans, allais visiblement mourir en f&#233;vrier entre la r&#233;union du lundi et mon week&#8209;end de Saint&#8209;Valentin en Normandie. Tout ceci &#233;tait si r&#233;el, si dense et si violent. Morose.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je pris la fuite, peut&#8209;&#234;tre plus rapidement que si je fuyais l'ast&#233;ro&#239;de fon&#231;ant droit vers moi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il &#233;tait trop tard pour appeler ma m&#232;re. Elle comprendrait. J'avais Peach de toute fa&#231;on, c'&#233;tait ma multiprise sentimentale qui me connectait avec tous mes &#234;tres chers. Peach rattrapait mes trop nombreux moments d'&#233;garement sentimental.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'assis sur mon canap&#233;. &#171; Allez Peach, viens. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout du compte, j'&#233;tais pr&#232;s de Peach, qui repr&#233;sentait dans ces derniers instants tout ce que j'avais toujours aim&#233;. Elle sauta sur le canap&#233; et se roula en boule contre moi. Je pris une photo de nous deux que j'envoyai &#224; ma femme. Le message apparut comme &#171; Lu &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &#8230; &#187; elle &#233;crivait une r&#233;ponse.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Je crois que l'on se verra vraiment apr&#232;s, tous ensemble. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je serrai Peach en pleurant et sentis l'onde de choc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;dito de mai 2026</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/l-equipe-de-nd/nos-anciens-editos/article/edito-de-mai-2026</link>
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		<dc:date>2026-05-04T07:17:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Yves Robichon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Au moment o&#249; j'&#233;cris cet &#233;dito, les nouvelles ne sont pas bonnes, je veux parler des nouvelles du monde : fracas, blocus, famine. Sur nos &#233;crans, dans nos journaux, tout n'est que ruines et cendres. Notre monde va mal. Alors, pourquoi &#233;crire ? Et en particulier des nouvelles ? Nos d&#233;bats sur la d&#233;finition du genre, sur la n&#233;cessit&#233; ou pas d'une chute apparaissent bien futiles ! Alors qu'&#233;crire s'av&#232;re l'une des meilleures fa&#231;ons de porter un regard lucide sur un monde chaotique et trop souvent tragique. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/l-equipe-de-nd/nos-anciens-editos/" rel="directory"&gt;Nos anciens &#233;ditos&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au moment o&#249; j'&#233;cris cet &#233;dito, les nouvelles ne sont pas bonnes, je veux parler des nouvelles du monde : fracas, blocus, famine. Sur nos &#233;crans, dans nos journaux, tout n'est que ruines et cendres. Notre monde va mal. Alors, pourquoi &#233;crire ? Et en particulier des nouvelles ? Nos d&#233;bats sur la d&#233;finition du genre, sur la n&#233;cessit&#233; ou pas d'une chute apparaissent bien futiles ! Alors qu'&#233;crire s'av&#232;re l'une des meilleures fa&#231;ons de porter un regard lucide sur un monde chaotique et trop souvent tragique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parce qu'elle est br&#232;ve, condens&#233;e, la nouvelle d&#233;tient une force de frappe &#224; nulle autre pareille. Je n'oublierai jamais l'image de ces deux amants d&#233;couvrant sur une plage le cadavre d'une baleine blanche. Paul Gadenne (1907 &#8211; 1956), dans sa nouvelle &lt;i&gt;Baleine&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Baleine de Paul Gadenne, Actes Sud, collection Babel, 5,60 &#8364;' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, nous pose la question : &lt;i&gt;Et maintenant, que pouvions-nous faire ? &#8230; La t&#234;te en avant, d&#233;laiss&#233;e par les dieux de la mer, la queue pointant vers la falaise, la baleine continuait &#224; s'enliser, &#224; se d&#233;rober &#224; nous&lt;/i&gt;. M&#233;taphore d'un monde qui se meurt, telle une vanit&#233; hollandaise, cette nouvelle nous confronte &#224; l'indicible. &lt;i&gt;Nous n'avions cru ne voir qu'une b&#234;te ensabl&#233;e : nous contemplions une plan&#232;te morte&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces trente pages d'un style &#233;blouissant et d'une beaut&#233; insens&#233;e ont marqu&#233; l'histoire de la litt&#233;rature. Albert Camus ne s'y &#233;tait pas tromp&#233; en les publiant d&#232;s 1949 dans la revue &lt;i&gt;Emp&#233;docle&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Trente pages qui, &#224; chaque lecture, d&#233;voilent des profondeurs insoup&#231;onn&#233;es. Car, et c'est l&#224; la force de sa bri&#232;vet&#233;, la nouvelle peut se relire &#224; l'infini pour toujours nous surprendre par des significations qui nous avaient jusqu'alors &#233;chapp&#233;. &lt;i&gt;Baleine&lt;/i&gt; porte un regard lucide et toujours actuel sur notre humanit&#233; tout en &#233;veillant une forme d'espoir, quelque chose de t&#233;nu qui tient &#224; la beaut&#233;, &#224; la po&#233;sie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Po&#233;tique, l'&#233;criture de Georgia Doll l'est assur&#233;ment. Vous la d&#233;couvrirez en ce mois de mai dans la nouvelle : &lt;i&gt;Une ville sans amour. Errance d&#233;sabus&#233;e dans une ville o&#249; les histoires ne se terminent pas. Elles s'&#233;parpillent, par-ci, par-l&#224;, finissent par &#234;tre dispers&#233;es dans l'espace. Tant&#244;t, on d&#233;tient un bout de fil, tant&#244;t, il vous glisse des mains. C'est la po&#233;sie des sacs poubelle qui dansent dans les arbres, un jour de vent&#8230;&lt;/i&gt; Quelle belle image !&lt;br class='autobr' /&gt;
Il vous faudra attendre le 1er juin pour d&#233;couvrir l'&#233;trange &lt;i&gt;Peach pas bouger&lt;/i&gt; de Swan Verdier. Un titre intrigant pour une histoire au ton d&#233;cal&#233; o&#249; le narrateur et sa chienne pourraient bien ne pas survivre &#224; la chute, mais n'en disons pas plus. &lt;i&gt;J'avais Peach de toute fa&#231;on, c'&#233;tait ma multiprise sentimentale qui me connectait avec tous mes &#234;tres chers. Peach rattrapait mes trop nombreux moments d'&#233;garement sentimental&lt;/i&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, c'est avec un tr&#232;s grand plaisir que nous vous faisons part du premier march&#233; de la nouvelle organis&#233; par le R&#233;seau de la nouvelle, les 30 et 31 mai, de 10 h &#224; 19 h, rue Malebranche, Paris 5e. Rendez-vous incontournable pour tout amateur. Qu'on se le dise !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Baleine&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; de Paul Gadenne, Actes Sud, collection Babel, 5,60 &#8364;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>VILLE SANS AMOUR</title>
		<link>https://www.nouvelle-donne.net/appels-a-textes/article/ville-sans-amour</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.nouvelle-donne.net/appels-a-textes/article/ville-sans-amour</guid>
		<dc:date>2026-05-04T07:14:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georgia Doll</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce soir, elle r&#244;de dans la ville. Les hommes la regardent passer, bouteilles de bi&#232;re &#224; la main, ils fument, la regardent, fument&#8230; Elle marche, rapidement, le regard droit, faisant semblant d'aller quelque part. C'est ainsi qu'elle r&#244;de, pour ne pas se faire remarquer, ne pas &#234;tre suivie par des hommes. Elle r&#244;de dans la nuit comme un chat qui n'ose pas miauler, par peur de ceux qui pourraient lui r&#233;pondre. Elle r&#244;de et elle pense &#224; toi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette ville, il n'y a qu'une seule journ&#233;e qui se r&#233;p&#232;te. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nouvelle-donne.net/appels-a-textes/" rel="directory"&gt;Appels &#224; textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_616 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://www.nouvelle-donne.net/IMG/jpg/ville_sans_amour2.jpg?1777878776' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-616 spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Illustration : Corine Sylvia Congiu - 2026
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;	Ce soir, elle r&#244;de dans la ville. Les hommes la regardent passer, bouteilles de bi&#232;re &#224; la main, ils fument, la regardent, fument&#8230; Elle marche, rapidement, le regard droit, faisant semblant d'aller quelque part. C'est ainsi qu'elle r&#244;de, pour ne pas se faire remarquer, ne pas &#234;tre suivie par des hommes. Elle r&#244;de dans la nuit comme un chat qui n'ose pas miauler, par peur de ceux qui pourraient lui r&#233;pondre. Elle r&#244;de et elle pense &#224; toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette ville, il n'y a qu'une seule journ&#233;e qui se r&#233;p&#232;te. Les saisons changent, mais cette journ&#233;e est interminable, inachev&#233;e toujours. Les histoires, aussi, se ressemblent par la fa&#231;on dont on les raconte. Et la ville les accueille &#8211; un haussement d'&#233;paules, un froncement de sourcils, un sourire las. C'est par les histoires qu'on se conna&#238;t les uns les autres, elles vous relient par des fils invisibles pendant qu'on navigue &#224; travers l'&#233;tendue de la ville. Cette m&#234;me journ&#233;e, avec, en vrac, les fils des histoires flottant autour de nous. Les mouettes volent au-dessus des immeubles, se posent entre les voitures pour manger, passent l'apr&#232;s-midi sur la mer et reviennent dormir sur les toits.&lt;br class='autobr' /&gt;
De cette fa&#231;on, on vit ici, dans cette ville belle et ab&#238;m&#233;e, maltrait&#233;e, fi&#232;re sans savoir de quoi ; les enfants grandissent sans changer d'&#226;me, les gens vieillissent, comme partout. L'&#339;il passe du sublime au grotesque. Des corps humains sont allong&#233;s au pied des poubelles d&#233;bordantes et le malheur s'expose sous ce ciel bleu qui ne cache rien. La ville, cette grande radasse qui s'&#233;tale sans honte ni &#233;l&#233;gance, ne s'excuse jamais. Mais au-del&#224; de la lumi&#232;re impitoyable qui semble tout montrer, on lui devine des profondeurs qu'elle ne se reconna&#238;t pas &#224; elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les places et dans les rues du centre-ville, &#231;a bourdonne. C'est l'&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un l&#233;ger vent rend la chaleur supportable. Les feuilles, s&#233;ch&#233;es avant l'heure, tombent des arbres. La canicule ne vient que de commencer. Les odeurs d'urine humaine et de crottes de chien se m&#233;langent avec celle des fleurs de tilleul. Les femmes portent le soleil de l'apr&#232;s-midi sur leurs d&#233;collet&#233;s, les hommes dans leurs yeux. La lune &#233;clatante, voluptueuse, semble si pleine que c'est vulgaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur les terrasses de la grande place, des &#233;crans diffusent le match. Elle s'assoit pour prendre un verre, pour se calmer l'esprit et faire passer le temps. Elle &#233;vite tout visage connu, ce soir, essaie de dispara&#238;tre au milieu de la foule. Le match la sauve, tous les yeux sont riv&#233;s sur les &#233;crans. Elle ne veut pas &#234;tre ivre, elle boit lentement. Il y a le toucher du vent, le go&#251;t du citron m&#234;l&#233; &#224; la bi&#232;re qui descend sa gorge. Le brouhaha des conversations devient un fond sonore ind&#233;finissable, &#224; peine humain. Elle attend le moment propice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'air de rien, l'air de rien&#8230;&lt;/i&gt; &#199;a chante en elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette ville, les hommes sont partout. Ils fl&#226;nent, se regroupent en bord de route et passent en voiture avec le bras gauche sorti de la fen&#234;tre. Ces mecs-l&#224;, elle les envie pour l'aisance avec laquelle ils assument leur nature de chat et de chien. Pourtant, tous ces hommes ne lui disent rien. Elle ne sait pas comment, &#224; travers son corps, elle t'a choisi, ses yeux se sont fix&#233;s sur toi et tout le reste d'elle a d&#251; suivre. Distraitement, elle fait d&#233;filer les noms du r&#233;pertoire, &#224; la recherche d'une solution autre que toi. Un homme avec un sac &#224; dos s'approche.
&lt;br /&gt;&#8212; Tes yeux sont des soleils, ta bouche est un oc&#233;an. Ta peau est le ciel parsem&#233; d'&#233;toiles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et il lui offre une rose rouge.
&lt;br /&gt;&#8212; Ne cherche pas &#224; comprendre qui je suis ; je suis tomb&#233; du ciel. Je viens d'une plan&#232;te que personne n'a visit&#233;e. Pour autant que j'existe...&lt;br class='autobr' /&gt;
Il aurait continu&#233;, mais la serveuse vient le chasser, une cigarette &#233;teinte au coin de la bouche. Un serpent monte sa cuisse et dispara&#238;t sous les bords de la minijupe grise. &lt;br /&gt;&#8212; Le pr&#233;dateur arrive, il va faire beaucoup de mal. Attention, ne te fais pas arracher le c&#339;ur. Au revoir et tr&#232;s bonne soir&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parler, parler&#8230; Toujours &#231;a parle dans cette ville. Moins on a des choses &#224; dire, plus &#231;a bavarde. Et ce &lt;i&gt;moment propice&lt;/i&gt;, de bon augure, qui n'arrive pas ou qu'elle ne parvient pas &#224; saisir. Elle continue &#224; faire d&#233;filer les noms, mais aucun ne semble r&#233;el, cette nuit de pleine lune, sauf, toujours, ton nom que son esprit reproduit en boucle. Mais elle n'est pas pr&#234;te &#224; &#233;changer son fantasme contre une exp&#233;rience, car l'exp&#233;rience passe, alors que le fantasme, c'est elle qui d&#233;cide quand c'est fini. Il y a la lune qui brille fort, il fait trop chaud pour dormir, et pas loin d'ici se trouve ton odeur, ton pouls bat... c'est difficile&#8230; dans les nuits comme &#231;a. Car elle sait o&#249; te trouver. Elle conna&#238;t l'endroit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Sais-tu combien de fois, elle est pass&#233;e devant ton bistrot, &lt;i&gt;l'air de rien&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand elle passe devant la porte, elle retient le souffle et ralentit le pas, louchant pour distinguer ta silhouette &#224; l'int&#233;rieur, le fichu &lt;i&gt;air de rien&lt;/i&gt; qui murmure en elle, avec la honte et le d&#233;sir qui la br&#251;lent en m&#234;me temps, mais pas au m&#234;me endroit. Derri&#232;re la vitre, quelqu'un te parle, tu ne soul&#232;ves pas la t&#234;te, tu es en train de rincer un verre, ton profil fatigu&#233; acquiesce. Elle vire &#224; gauche, change de trottoir et d&#233;passe la porte, la vitre, ton visage d&#233;tourn&#233;, ce quelqu'un qui te parle &#224; sa place&#8230; Il n'y a pas de hasard sur sa route en ce qui te concerne !&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu es un fantasme, certes. Mais tu es un homme, aussi. Ta peau a une chaleur, un go&#251;t, ta chair a une facture. Il est vrai, on peut vivre sous l'emprise d'un fantasme, mais on ne peut pas vivre avec lui. Un fantasme n'aide pas contre la solitude&#8230; Mais rien n'aide contre la solitude, apr&#232;s tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, elle pense &#224; toi, en plein soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande ville porte l'empreinte des ordures, mais elle est b&#226;tie en bord de mer. L'eau est claire et en plongeant, on voit les jambes des nageurs, entre les bouts de d&#233;chets flottants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand elle est allong&#233;e sur le rocher et que le soleil l'inonde, elle pense &#224; toi. Puis, elle se retourne et se laisse toucher par lui jusqu'&#224; ce que tout devienne chaud et lumineux, que ses os se mettent &#224; sonner, que son squelette rayonne et qu'elle ne sache plus si le soleil est dedans ou dehors&#8230; c'est l&#224; qu'elle pense le plus &#224; toi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet apr&#232;s-midi, &#224; la mer, elle s'est laiss&#233; faire sans pr&#234;ter attention aux gens, elle pensait seulement &#224; toi et ce soir, sous la lune ridicule, elle n'a que toi en t&#234;te, encore. Elle te d&#233;teste, car tu ne sais rien de sa souffrance. C'est comme si elle s'&#233;tait lanc&#233; un d&#233;fi contre elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car tu n'es pas un homme libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la premi&#232;re chose que tu lui as dite et elle n'a pas pu l'oublier. Depuis ce jour, elle pense &#224; toi comme &#224; un homme dans une cage qu'on vient contempler de loin. Un homme dans une cage, c'est &#224; lui seul de se lib&#233;rer, personne ne peut l'aider. Pourtant, elle sait que tu n'as rien &#224; faire de la libert&#233; qui lui est si ch&#232;re ; tu pr&#233;f&#232;res ta cage, comme tant d'autres. On se ressemble par les choses qui nous s&#233;parent... Tu fais de ta captivit&#233; une forteresse et elle se prive elle-m&#234;me de compagnie. Au fond, elle sait quel homme tu es et elle ne cherche pas de la souffrance superflue. Mais ce n'est pas avec la partie en elle qui &#233;vite la souffrance qu'elle pense &#224; toi ce soir, ce n'est pas elle qui la fait r&#244;der dans la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lune brille avec toujours la m&#234;me insolence et c'est vraiment l'&#233;t&#233; aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Qu'est-ce qui t'arrive, ce soir ? Tu as perdu ton sourire...
&lt;br /&gt;&#8212; J'ai peur du fascisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ainsi que vous avez fait connaissance. L'heure est avanc&#233;e, tu lui offres un verre, vous parlez politique.
&lt;br /&gt;&#8212; Il faut se concentrer sur les choses qu'on aime. Le seul choix que nous avons est de jouir pleinement de la vie, maintenant plus que jamais, afin d'avoir le courage de sortir, le jour o&#249; la ville va br&#251;ler.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des verres se suivent. L'air est humide, son c&#339;ur ne bat plus au m&#234;me rythme qu'avant.
&lt;br /&gt;&#8212; Qu'est-ce que tu aimes ? Tes yeux souriants vont droit au but.
&lt;br /&gt;&#8212; Tu ne comprends pas. J'en ai marre de baiser, mais personne ne me donne envie de faire l'amour.
&lt;br /&gt;&#8212; Moi, c'est l'inverse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les choses sont claires entre vous d&#232;s le d&#233;part. Tout vous s&#233;pare, d'une fa&#231;on imperceptible. &#192; travers les gestes et les paroles, une distance se tisse, pas &#233;norme, mais si dense qu'elle devient infranchissable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand elle revient des toilettes, une femme blonde s'est assise &#224; sa place au comptoir. Tu es trop convoit&#233;, mon gars, combien de fant&#244;mes te pourchassent ainsi, clairs ou sombres ? Elle se met &#224; c&#244;t&#233; de la femme qui occupe le tabouret avec ses rondeurs, ne sachant comment partir sans se d&#233;masquer.
&lt;br /&gt;&#8212; Toi aussi, tu fais le papillon de nuit ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La blonde fait mine de ne rien comprendre et continue &#224; te d&#233;visager. Et elle, priv&#233;e de tout pr&#233;texte, devient l'ombre d'une ombre. Une m&#234;me soir&#233;e, &#233;tal&#233;e sur des mois &#8211; des nuits errantes, des matins troubles, et elle n'a toujours pas fait l'amour. Ce terrible souhait de changer ! De passer &#224; autre chose, aux choses s&#233;rieuses s'il le faut, mais arr&#234;ter cette errance, effacer cette lune ridicule, rentrer ! Ne plus &#234;tre seule. Ce sont les choses absentes qui font le plus mal...&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce soir, elle va te prendre, au moins pour tourner la page. Une autre femme pourra occuper la place qu'elle a prise dans ta vie. Car elle souffre : quelle souffrance de devoir encore et encore passer devant cette vitre et n'arriver &#224; rien, s'emp&#234;cher de tout par la force. Un autre visage pourra s'asseoir au comptoir et t&#226;cher de plonger son regard dans le tien. Ce soir, elle va achever son &#339;uvre m&#233;diocre, c'est elle le pr&#233;dateur ce soir, mais quelque chose l'emp&#234;che de d&#233;marrer la chasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le match est termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La serveuse entasse les chaises. Sur sa cheville droite vacille un poulpe. Un petit chien s'en approche en aboyant.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Dernier verre ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle reste assise jusqu'&#224; ce que toutes les chaises soient rang&#233;es, sirotant sa bi&#232;re sans lever le regard ; elle sait que des yeux l'attendent. Il fait si lourd que ses jambes sont coll&#233;es comme deux timbres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s la fermeture du caf&#233;, elle continue &#224; raser les murs pendant quelque temps, en nage et pas assez ivre pour prendre une d&#233;cision. &#192; une heure et demie du matin, on ne peut passer nulle part, fortuitement. &#199;a n'existe pas, &lt;i&gt;l'air de rien&lt;/i&gt;, &#224; une heure et demie. Pourtant, c'est cette heure-ci et elle est toujours dehors. L'atmosph&#232;re est &#233;lectrique, la lune a disparu et toutes les &#233;toiles. On a coup&#233; l'&#233;clairage dans le quartier et elle cherche son chemin par des ruelles obscures, devenue invisible comme les choses qui l'entourent, un autre secret de la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; une heure quarante-six, l'orage &#233;clate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de quelques secondes, elle est tremp&#233;e jusqu'aux os. Elle se met &#224; courir, affol&#233;e, ravie, de grosses gouttes lui rentrent dans les yeux, font couler l'encre sur ses joues, lui tombent dans le d&#233;collet&#233; et mouillent le soutien-gorge (et elle pense encore &#224; toi, &#224; cet instant). Elle continue &#224; courir alors que l'inondation de son corps est totale, d&#233;passant quelques f&#234;tards tardifs avec des bouteilles &#224; la main, ils pleurent ou chantent. Trois femmes en talons aiguilles se sont abrit&#233;es dans une entr&#233;e. Une ombre se tient sous le seul lampadaire allum&#233;, sa silhouette large est prot&#233;g&#233;e par un parapluie et on devine de grands seins luisants derri&#232;re le rideau d'eau. Les &#233;clairs et le tonnerre arrivent maintenant en m&#234;me temps (et elle pense &#224; toi, plus que jamais). Elle laisse la pluie entrer dans son corps. Son esprit est largement ouvert, comme si une nouvelle journ&#233;e venait de commencer et elle envie le ciel de pouvoir exploser avec autant de d&#233;mesure, en s'emparant des &#234;tres et des choses. Un d&#233;sir d'action l'a saisie et, &#224; pr&#233;sent, il n'y a plus de retour possible. L'obscurit&#233; alterne avec la clart&#233;, le bruit du tonnerre l'accompagne comme les cris des supporteurs lors des derni&#232;res minutes du match, le chemin fait ses d&#233;tours, c'est la roulette russe maintenant, trois balles contre trois cartouches vides&#8230; Les grilles de ton bistrot sont mi-baiss&#233;es, mais &#224; travers les barreaux, elle aper&#231;oit de la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le ciel du matin est bas lorsqu'elle remonte la rue dans le sens inverse. Les prostitu&#233;es, encore plus matinales qu'elle, la saluent et ouvrent les &#233;ventails avec un mouvement de main habile. L'orage a rafra&#238;chi l'air, mais le soleil est en train de se lever. La m&#234;me chaleur accablante les attend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle s'assoit sous un parasol et commande un caf&#233;.
&lt;br /&gt;&#8212; Vous &#234;tes seule. Pourquoi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Il la regarde avec des yeux qui ont vu les montagnes kabyles.
&lt;br /&gt;&#8212; J'ai envie de solitude, ce matin.
&lt;br /&gt;&#8212; Je vous vois&#8230; Il pointe vaguement autour de lui. Vous &#234;tes seule, tous les jours. Pourquoi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Un peu plus loin, une femme est en train de peindre le tronc d'un arbre en couleur rouge. Le visage du serveur cherche &#224; comprendre.
&lt;br /&gt;&#8212; Vous n'&#234;tes pas seul, vous ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Il soupire, un air ind&#233;fini.
&lt;br /&gt;&#8212; Jamais.&lt;br class='autobr' /&gt;
La diff&#233;rence entre eux, c'est qu'elle est toujours seule et lui jamais, qu'elle paie le prix d'un espresso pour s'asseoir sous ce parasol et qu'&#224; lui, la pr&#233;sence dans le m&#234;me espace-temps rapporte un SMIC horaire. On se ressemble tant par les choses qui nous s&#233;parent...
&lt;br /&gt;&#8212; J'aime vous voir, dit-il encore avant de reprendre sa place &#224; l'entr&#233;e du caf&#233;.
&lt;br /&gt;&#8212; Votre pr&#233;sence&#8230;, il cherche le mot, ... m'apaise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce matin, elle a peur de ne pas vivre. Pourtant, l'existence est manifeste : un caf&#233; bien serr&#233;, un serveur apais&#233; par sa pr&#233;sence, le tronc d'un arbre peint en rouge, cette m&#234;me journ&#233;e&#8230; Elle voudrait se d&#233;barrasser une fois pour toutes de cela : le pass&#233;, le futur, le creux &#224; la place de son c&#339;ur, et embrasser cette solitude simple qui est la sienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne sais-tu pas ce qui s'est pass&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu es rentr&#233; en elle par le nez, mais une fen&#234;tre s'est ouverte au milieu de sa poitrine. Tes yeux se sont adoucis, les fils se sont emm&#234;l&#233;s, elle a fourr&#233; son nez au plus profond de ta clavicule gauche et elle a plong&#233; en toi. Aucune pens&#233;e en trop ne vous a atteints, vous &#233;tiez, dans cet acte matinal, deux &#234;tres sublim&#233;s. Elle a tenu ta t&#234;te entre ses mains comme une boule de cristal pr&#233;cieuse, veillant &#224; ce qu'elle ne glisse pas avant que l'image surgisse. Plus tard, sous la douche, elle a fait na&#238;tre une bulle de savon entre ses seins et tu l'as &#233;clat&#233;e avec ton doigt. Sous le tableau de Klimt, elle t'a embrass&#233; une derni&#232;re fois, puis une deuxi&#232;me derni&#232;re fois et elle est partie. Ton odeur se perd d&#233;j&#224; dans les odeurs de la ville, tes yeux s'estompent... La sublimation de vos deux &#234;tres ne se reproduira pas dans le syst&#232;me de coordonn&#233;es de vos vies s&#233;par&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Machinalement, elle a repris sa marche &#224; travers la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le supermarch&#233;, un homme est assis par terre, sa pancarte r&#233;clame de l'argent pour l'entretien de son porche. Son coll&#232;gue de trottoir le formule plus sobrement : &#171; I am Hungarian &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'entr&#233;e du m&#233;tro, un homme et une femme se donnent des coups de poing. Cinq personnes se sont arr&#234;t&#233;es pour regarder le spectacle gratuit. Un jeune touriste jette des coups d'&#339;il autour de lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Quelqu'un peut appeler quelqu'un ! Faites quelque chose au lieu de regarder ! &#187; crie-t-il d'un accent cahoteux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il tente de s&#233;parer les combattants. Pendant que les deux hommes s'affrontent, la femme donne des coups de pieds en direction des genoux de son adversaire. &lt;i&gt;CHERCHE TON &#194;ME, S&#338;UR !&lt;/i&gt; est &#233;crit en grandes lettres asym&#233;triques sur le sol sur lequel ils se battent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans cette ville, les histoires ne se terminent pas. Elles s'&#233;parpillent, par-ci, par-l&#224;, finissent par &#234;tre dispers&#233;es dans l'espace. Tant&#244;t, on d&#233;tient un bout de fil, tant&#244;t, il vous glisse des mains. C'est la po&#233;sie des sacs poubelle qui dansent dans les arbres, un jour de vent&#8230; Une fois de plus, elle devient le fant&#244;me qui hante la ville et personne ne se doute de sa pr&#233;sence. Derri&#232;re son corps &#233;veill&#233; se cache une absence qui va loin, au plus profond de son &#234;tre. Elle pensera encore &#224; toi et puis elle t'oubliera. Mais son d&#233;sir d'amour est intact.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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