Cet entretien est associé à la chronique du recueil Il fait chaud à Tanger au printemps, publié en 2026 chez L’Harmattan.
— Quand avez-vous commencé à écrire des nouvelles, et pourquoi des nouvelles ?
C’est en Argentine que j’ai commencé à écrire de la fiction. Est-il utile de mentionner que j’inventais des histoires depuis l’enfance, inspirées des contes de fées, et que je rêvais de publier un livre un jour ? Dès mon arrivée à Buenos Aires, où j’ai vécu douze ans, j’ai intégré, un peu par hasard, un atelier d’excellent niveau qui enseignait l’art du « cuento », c’est-à-dire de la nouvelle, genre très prisé en Argentine. Notre professeur était un auteur publié, apprécié et assez connu là-bas : Juan José Hernández. Poète, nouvelliste et romancier, il avait une très vaste culture européenne, française en particulier. C’est quelque chose que j’ai observé chez les intellectuels argentins, du moins de cette époque (les années 1980-90) : une connaissance approfondie de notre littérature. Évidemment, cela m’a aidée à participer à l’atelier où il ne s’agissait pas d’écrire sur place, mais de lire ce que nous avions écrit chez nous. Une ou deux fois, un thème nous fut suggéré mais en général, nous écrivions chacun suivant son inspiration et ses goûts. Cela me coûtait un peu plus d’efforts qu’aux autres, car je devais traduire mes textes en espagnol, mais je me suis prise au jeu et ai produit beaucoup de textes durant cette période, tous teintés de fantastique. Il faut préciser que j’étais déjà pratiquement bilingue en arrivant à Buenos Aires, d’abord pour des raisons familiales, ensuite grâce à mes études, qui avaient amélioré mon niveau. Comme Juan José Hernández (nous l’appelions Juan José, avec une familiarité inconnue en France, s’agissant de personnalités littéraires) corrigeait mes erreurs et était capable de me lire en français, l’atelier m’a également servi de cours de traduction.
L’élan était donné, j’ai senti que ce format me convenait, me permettait de m’exprimer pleinement (moi qui avais pourtant toujours été une dévoreuse de romans). J’ai appris à aimer la taille réduite des textes qui oblige à esquisser plutôt qu’à peindre, à laisser la place à l’évocation et au rêve et finalement, à atteindre le dénouement sans traîner en cours de route. Le groupe était stimulant, notre professeur m’encourageait beaucoup. Ce qui nous était enseigné était un art classique de la nouvelle, avec une narration se déployant jusqu’à une chute finale inattendue. Les règles devaient d’ailleurs être observées avec une certaine rigueur pour être sûr d’avoir écrit un cuento, objectif de tous les participants. Les cuentos qui étaient nos modèles étaient ceux de Borges et de Cortázar en particulier. Notre « Maestro » nous enseignait que le cuento, comme le poème, ne devait avoir ni un mot de moins, ni un mot de trop…
Depuis lors, les années ont passé, mon environnement a évolué, mes lectures et mes influences aussi. Aujourd’hui, en France, le nouvelliste jouit d’une grande liberté et se soucie peu de savoir si le texte qu’il a écrit est une nouvelle à part entière ou bien ce que l’on englobe sous le terme général de fiction courte.
— Certes, mais lorsqu’il s’agit de publier ces textes courts, cette liberté de création se heurte à un mur, du moins en France. Et de même pour les formats hybrides (roman court, nouvelle longue, prose, etc.) boudés par les éditeurs qui ne trouvent pas, ou ne veulent pas leur trouver une place dans leurs collections.
Je parle en effet de la liberté de création, toutefois, si l’on essaie de publier ces textes courts, ce qui est généralement le cas, commencent les contraintes et les difficultés. Une « novella », qui est une nouvelle très longue ou un roman très court, par exemple, est impubliable, sauf si vous écrivez en anglais et publiez aux Etats-Unis. Il en est de même pour les fragments narratifs de prose poétique ou les micro-fictions. Une liberté, donc, toute relative. Les textes littéraires peuvent s’affranchir du carcan des genres, mais leurs auteurs auront du mal à faire éditer leurs livres dans notre pays.
— Malgré tout, dont ces incertitudes croissantes sur une publication, vous « gardez le moral » (et l’inspiration), et continuez à écrire de la fiction.
Je reste attachée à l’art de raconter des histoires, mais toujours avec l’envie de transmettre avant tout l’intensité des sensations, des émotions, une forme de beauté peut-être aussi, de poésie, dans l’idéal, mais vous allez trouver que mes ambitions sont un peu exagérées… Ce que j’apprécie dans la nouvelle, c’est ce concentré de vie, capable d’émouvoir en peu de pages. Il y a souvent des digressions dans mes fictions, ce qui n’est pas du tout classique, et probablement beaucoup de mots en trop, aurait trouvé mon maître argentin.
— Quand avez-vous commencé à publier des nouvelles ? à l’unité et en revues ? en recueils ?
À Buenos Aires, j’ai commencé par publier une nouvelle ou deux dans un journal, dans des anthologies, et enfin, j’ai pu constituer un recueil et le faire éditer (en 1995). Parallèlement, un conte pour enfants et un essai sur George Sand (mon sujet de prédilection à la Sorbonne) ont vu le jour en Argentine. De retour en France, il a fallu recommencer à zéro un parcours éditorial. J’ai mis longtemps à y parvenir.
Comme tous les auteurs de nouvelles, j’ai envoyé d’abord quelques textes à des revues. « Brèves » a répondu favorablement, et surtout, la « Revue Rue Saint- Ambroise ». Au fil des années, nombre de mes textes se sont retrouvés dans les pages de cette revue spécialisée dans la nouvelle, qui m’a mis le pied à l’étrier. J’ai collaboré à leur comité de lecture, et me suis investie dans le travail éditorial, qui m’a toujours plu, pendant de nombreuses années. Cela m’a permis de lire beaucoup de jeunes auteurs, de sentir le souffle de nouvelles écritures. Ma plume est devenue plus intimiste, moins fantastique.
Très jeune j’étais influencée par Julien Green, Edgar Poe, Oscar Wilde, Stevenson, Ray Bradburry, puis la subtilité d’un Stefan Zweig m’a charmée, d’un Italo Calvino, enfin, Virginia Woolf, DH Lawrence et Tchekhov. Beaucoup d’écrivains anglo-saxons dans ma liste, je n’en avais pas conscience (je ne cite ici que les auteurs de nouvelles, car je lisais avec plus de passion encore Proust et Dostoïewsky).
Bien sûr, mon objectif était de publier un premier recueil de nouvelles dans mon pays, en français, j’y suis parvenue, une bonne vingtaine d’année après celui de Buenos Aires, en 2016. Trois autres ont suivi, à intervalles plus ou moins longs (2018, 2023, 2026).
— Comment voyez-vous, en tant qu’autrice, mais aussi que lectrice, le statut actuel de la nouvelle en France, et sa place dans l’édition ?
Impossible d’ignorer le peu de cas qu’il est fait de nos jours, dans ce pays, des nouvellistes. Leurs livres sont très peu présents en librairie, et donc très peu lus. Le roman est bien la voie royale pour qui aspire à devenir célèbre ; la nouvelle n’étant que marginale. Ce n’est absolument pas le cas en Amérique latine, ni dans les pays anglo-saxons où le nouvelliste jouit d’autant de considération que le romancier, sans doute parce qu’il y a dans ces contrées une vraie tradition culturelle de la forme courte.
En Argentine, aujourd’hui, comme hier, d’excellents auteurs de nouvelles, des « cuentistas » font la une des magazines littéraires. Ils écrivent généralement à la fois des romans et des nouvelles, sans valoriser un genre plus qu’un autre. La nouvelle génération (après les Borges, Julio Cortazar, Silvina Ocampo, Roberto Arlt ou Mario Benedetti, l’Uruguayen) a pour noms : Mariana Enriquez ou Samanta Schweblin, entre autres. Et ceci n’est qu’un exemple de ce que produit continuellement un pays au dynamisme culturel et littéraire étonnant.
— Comment construisez-vous un recueil (à partir de vos textes préexistants ou non) ?
La nouvelle a un format court qui, pour être publié, a besoin de s’unir à d’autres textes courts, c’est le principe du recueil. Sa conception a changé au fil du temps.
Aujourd’hui, les recueils hétérogènes ne plaisent plus. Une simple juxtaposition d’histoires qui n’ont rien à voir les unes avec les autres séduisent peu d’éditeurs et de lecteurs. Mon recueil argentin était du premier type. Les recueils français, eux, sont plus dans l’air du temps, non pas afin de suivre une mode, mais par souci d’unité et de cohérence.
— Pouvez-vous nous présenter brièvement vos recueils publiés, et ce qui les caractérise ou les différencie dans leur approche ?
Dans le premier recueil en français, j’ai introduit un personnage récurrent, Ana, qui est le fil rouge du livre (Ana-Chroniques de la nuit et du jour). Elle apparaît de-ci, de-là, parfois protagoniste, ou narratrice, parfois personnage secondaire. Mais elle aurait difficilement pu vivre toutes ces vies en même temps… Ana est multiple, elle est plus une voix qu’un être de chair et d’os.
Les deux recueils suivants ont été conçus à partir de thématiques que j’ai définies à l’avance parce qu’elles me tiennent à cœur. Dans l’Empreinte volée, je m’intéresse à l’identité, associée au souvenir. On trouve par exemple un homme devenu amnésique, qu’une jeune femme veut aider en menant un genre d’enquête. Elle tente de l’identifier (« Tout sur Roberto ») ; dans « Un enterrement corse », deux personnes du même nom jouent à un jeu dangereux, l’une manipule l’autre en l’utilisant comme remplaçante. « Le messager de mauvaises nouvelles », pour sa part, met en scène un facteur qui, pour gagner un pari, a subtilisé plusieurs lettres ; pris de remords, il en recherche les destinataires quelques années plus tard. Ceci est un simple échantillon car il y a toujours une dizaine de nouvelles par recueil.
Les thèmes choisis pourraient être une contrainte, un frein à l’imagination, mais ils se sont révélés plutôt inspirants, et m’ont souvent menée plus loin que prévu, sur des chemins que je n’avais pas coutume d’emprunter.
Des deux hémisphères, le troisième recueil, est hanté par l’absence. Celle de l’être aimé, dans « Un samedi à Paris », répond à l’absence du père dans « Peau neuve ». « Rayon violet » présente une vieille dame à l’esprit embrumé qui s’abstrait progressivement du monde, etc. Une composante fantastique s’invite discrètement dans certaines, comme d’ailleurs dans les précédents livres. À cela s’ajoute le fait que la plupart des histoires se déroulent à Paris ou à Buenos Aires (d’où le titre).
Quant à Il fait chaud à Tanger au printemps, le dernier recueil, il est d’une conception tout à fait différente. Il se présente comme une série de nouvelles interconnectées, telles les pièces d’un puzzle qui ont toutes pour origine une ancienne photo de famille prise pendant la Seconde guerre mondiale à Tanger. C’est la mère de la narratrice qui occupe le centre du cliché et le centre du propos. Les protagonistes des nouvelles sont les cinq personnages de la photo, auxquels s’ajoutent ceux qui n’y sont pas, pour toutes sortes de raisons.
À travers une chronologie éclatée et des récits en abyme, surgit également l’évocation des ancêtres de la narratrice. De plus, l’utilisation de citations d’écrits mémoriels familiaux aboutit à une construction en forme de patchwork. Cependant, les textes gardent une certaine autonomie et pourraient se lire indépendamment les uns des autres, même si la lecture de l’ensemble enrichit la compréhension de l’histoire. D’autant plus que la recherche du secret de la photo crée une certaine progression dramatique.
On voit que la recherche d’homogénéité dans la conception de ce dernier recueil va au-delà du simple choix d’une thématique. Il me semble que c’est le sujet lui-même, la famille, qui en a commandé la forme. Quelle sera la structure du suivant ? Je l’ignore encore, mais cette liberté du nouvelliste, de construire son recueil comme il l’entend, est précieuse et le consolerait presque de son peu de visibilité dans le monde des lettres.
— Pour ce quatrième opus, on est conduit à penser qu’il s’agit de l’histoire d’une famille réelle, peut-être (?) la vôtre. Que pouvez-vous ou souhaitez-vous dire à vos lecteurs à ce sujet ? Mais peut-être laissez-vous exprès le lecteur se faire sa propre idée sur ce plan (réel, romancé voire pure fiction ?) sur la foi de cette photo, réelle/authentique quant à elle.
S’agit-il de l’histoire d’une famille réelle, d’une famille imaginaire, de celle de l’auteure ou de quelqu’un d’autre ? La question que vous me posez, d’autres me la poseront aussi. Je vais essayer de donner quelques éléments de réponses, sans toutefois tout expliquer, tout révéler, car je ne pense pas que ce soit le rôle de l’auteur de donner toutes les clefs de son travail ; son texte, dans l’idéal, devrait parler pour lui.
Évidemment, il y a cette photo, une vraie photo ; provient-elle de quelque brocante où pullulent les albums de familles anonymes ? Premier indice : non, je ne l’ai pas acquise dans une brocante ou aux Puces. Deuxième indice : cette photo appartient à la famille de Francesca, la narratrice, à ne pas confondre avec l’auteure. Troisième indice : Y a-t-il des points communs entre Francesca et l’auteure ? Certainement. Mais pourquoi faudrait-il dévoiler complètement ce point ? Comme vous le suggérez, je préfère laisser le lecteur « se faire son idée sur ce plan ». Je précise que les citations de Mémoires familiaux ont le même statut que la photo : ils appartiennent à la famille de Francesca.
L’important, selon moi, est de savoir que toutes les mises en scènes des personnages sont de la pure fiction, que l’auteure n’a pas pu non plus entrer dans leur esprit et en extraire leurs pensées, qu’il les a donc imaginées, que l’espace et le temps ont été traités comme dans toute narration, en respectant toutefois les dates historiques de la grande et de la petite histoire de cette famille. Entre la reconstitution et l’invention, il ne reste plus au lecteur qu’à choisir sa version.
— Cette photo, support et fil conducteur du recueil pour conter l’histoire d’une famille, semble trahir un certain attrait pour la représentation visuelle, l’image, ce que montre aussi la couverture du recueil, que vous signez aussi. Il s’agit donc d’une autre de vos passions ? Comment liez-vous ou faites-vous cohabiter ces deux passions, l’écrit et le visuel, dans votre parcours et vos activités artistiques ?
Effectivement, parmi les représentations visuelles, il y en a une qui me fascine par son pouvoir évocateur, c’est la photo. Dans mon recueil, l’Empreinte volée, deux nouvelles étaient fondées sur un ancien cliché : la première, « l’inconnue de la Pagode », ainsi que la dernière qui donne son titre au recueil. Dans les deux cas, un personnage au second plan de l’image intrigue et génère la narration. Des deux hémisphères contient également un texte, « Bella et moi » qui repose sur une vieille photo. Pour mon dernier opus, c’est la beauté du portrait de groupe en sépia (reproduit en noir et blanc dans le livre), tout le mystère et la magie qu’il dégage qui m’ont donné envie d’écrire ces nouvelles. Je n’ai pas épuisé toutes les richesses du thème de la photo et compte l’explorer à nouveau.
D’autre part, vous l’avez remarqué, la couverture d’Il fait beau à Tanger au printemps (comme celle de Des deux hémisphères) reproduit un détail de tableaux de ma composition. En cela, les éditions L’Harmattan m’ont donné toute liberté et je les en remercie. C’est une joie pour moi de pouvoir associer deux passions en un seul livre. Dans la vie, la cohabitation est plus difficile. C’est à Buenos Aires que j’ai commencé à peindre, en même temps qu’à écrire. Parallèlement à l’atelier littéraire, j’ai participé à un atelier de peinture sous la houlette d’un artiste reconnu et célèbre dans son pays, Remo Bianchedi. C’était en outre un excellent pédagogue, qui savait motiver et faire progresser ses élèves. L’Argentine, qui se relevait à peine de la dictature militaire, regorgeait d’ateliers artistiques, créatifs, en tout genre. De même que la production littéraire, les expositions d’arts plastiques, les représentations théâtrales étaient en pleine effervescence. J’ai bénéficié de ce dynamisme retrouvé, de ce climat si propice à la créativité. J’en ai même profité pour développer là-bas mon goût pour le chant (lyrique et populaire).
Cependant, la peinture est restée un hobby. Je n’ai jamais eu l’ambition de construire une carrière dans ce domaine. Plus tard, le temps m’a manqué pour mener de front plusieurs pratiques artistiques, et c’est l’écriture qui a perduré, parce que jugée essentielle pour moi, de sorte que la peinture est passée au second plan, avant de se convertir en une activité délaissée avec laquelle il me plairait de renouer un jour.
Ce qui est étonnant est que je trouve toujours dans mes anciens petits tableaux une résonnance avec les thèmes que je développe en littérature, et c’est pourquoi ils peuvent facilement devenir des illustrations de couvertures de mes recueils actuels. Ce sont deux moyens d’expression différents mais complémentaires. La peinture, toujours figurative, m’offrait peut-être plus de liberté, je pouvais laisser libre cours aux mouvements intuitifs, à l’inconscient, découvrir peu à peu le tableau en train de se faire. L’écrit me semble plus structuré. Je ne peux écrire qu’avec un plan bien précis, même si, par la suite et fort heureusement, je m’évade du cadre préétabli.
Mais ce qui ne passera jamais au second plan est mon amour pour la peinture, celle des grands peintres, si bien que visiter une exposition est toujours un rendez-vous important avec une œuvre et un artiste, en même temps que la promesse d’un moment de joie et d’intensité. Il faut dire que la fréquentation des musées a commencé tôt dans l’enfance, grâce à mon père qui était grand amateur d’art. De plus, il nous faisait écouter les disques de musique classique qu’il acquérait en grand nombre, ce qui a forgé mon goût pour la musique.
— Un dernier mot que vous souhaiteriez adresser à vos lecteurs, ou pour combler un oubli dans ces questions ? En vous remerciant pour votre patience et pour la richesse de vos réponses.
J’aimerais rajouter quelques mots sur la nouvelle, qui, beaucoup plus qu’un simple format, est un genre à part entière. Ce n’est pas à Nouvelle Donne, que je remercie au passage de m’avoir donné l’occasion de m’exprimer, acteur important de la défense et illustration de la nouvelle, que je vais l’apprendre…
Comme j’appartiens à la confrérie oubliée des nouvellistes français, on m’a souvent demandé pourquoi je n’écrivais « que » des nouvelles. Et c’est grâce à la fréquentation des arts plastiques et des artistes que j’ai pu mieux me positionner par rapport à la nouvelle. En effet, les peintres choisissent de créer des œuvres sur des supports plus ou moins grands. Certaines toiles sont très petites, comme celles de Vermeer, d’autres sont très grandes comme l’ensemble des Nymphéas de Monet. Les formats utilisés par ces artistes sont adaptés à leur sujet, mais aussi à la pratique qui leur correspond, à leur goût profond. Il ne viendrait à l’idée de personne de reprocher à Vermeer d’avoir peint de petits bijoux sur des toiles de taille réduite. Eh bien, je crois que la comparaison éclaire l’art du nouvelliste. La nouvelle n’est pas un pis-aller mais un choix délibéré. On pourrait certainement trouver des similitudes dans le domaine musical où cohabitent auteurs de sonates et compositeurs de symphonies.
