Nathalie Barrié

(actualisé le ) par Nathalie Barrié

La fiction, plus ou moins courte, est mon péché mignon. Dommage que la nouvelle soit un genre peu prisé des libraires français ! Des éditeurs méritants s’emploient à la défendre et à aller cueillir son lectorat légitime. Alors, proposons‑lui toujours plus de « petits bijoux » et gageons qu’ils feront boule de neige.
Petit parcours fléché : j’ai enseigné le Français Langue Étrangère 16 ans aux États-Unis et l’anglais 12 ans en région parisienne. Agrégée d’anglais, j’ai profité d’une année de formation pour suivre le Master de traduction littéraire de l’université de Paris 7, où j’ai rencontré des maîtres, notamment le traducteur helléniste et auteur Michel Volkovitch, qui m’encouragea à écrire mes propres textes.
Deux autres Masters suivirent, de traduction et de traductologie, et j’errerais sans doute encore dans les passionnants méandres de la voie académique si la traduction ne m’avait mis le pied à l’étrier des réalités éditoriales, soit à ce jour, une trentaine d’ouvrages traduits pour l’édition. Et si l’écriture, notamment de nouvelles, m’accompagne constamment, c’est de façon à la fois plus confidentielle et plus gratifiante.
En 2014, Nouvelle Donne  m’a fait confiance et je l’en remercie. Quelques autres publications dans des revues littéraires ont suivi, notamment Rue Saint Ambroise (lauréate du concours de nouvelles 2019), l’Atelier de l’agneau (L’Intranquille n° 14) et en préparation, un recueil collectif qui devrait sortir en mai, avec mes chers collègues de Nouvelle Donne : notre regretté fondateur, Christian Congiu, en serait heureux ! Il nous a légué son souffle et sa passion de la langue écrite, et c’est un comble pour moi, qui n’ai pas eu la chance de le connaître.
Je fais en outre de mon mieux pour rappeler que derrière tout bon auteur étranger, il y a un traducteur ou une traductrice. Ayant gardé un pied – et mon mari – aux États-Unis (le zeugme est intentionnel, quoique dans cet attelage a priori incongru, mon pied et mon mari entretiennent des rapports un peu plus étroits et moins acrobatiques qu’il n’y paraît vu d’ici… au secours je sens que je glisse), j’essaie donc de repérer des auteurs étrangers de talent, encore inconnus en France, que je présente en édition et que j’ai parfois eu la chance de traduire : ce fut le cas de Katrina Kittle (Le garçon d’à côté, 2013) et de David Philip Mullins, dont vient de paraître, en 2019, la traduction de la novella Arboretum, qui clôt le n° 44 de la revue Rue Saint Ambroise.
Pour ce même éditeur, j’ai coordonné la nouvelle traduction des Meilleures nouvelles et un inédit de Katherine Mansfield, ouvrage chroniqué par Télérama et Libération, et dont la sortie donna lieu fin 2019 à une réception à l’ambassade de Nouvelle‑Zélande, en présence de son Excellence Mrs Jane Coombs. Dans la même collection, à paraître en 202O-2021 : les nouvelles traductions de nouvelles de Tchekhov, de Lovecraft et de F. S. Fitzgerald, qui promettent de riches échanges.
En parallèle, quand je n’écris pas, je pense à écrire. Sur ce site, vous aurez accès à un échantillonnage de chroniques, à deux nouvelles et à une traduction de ma main. Mais je ne suis qu’une voix parmi d’autres, dont la pluralité forme un chœur enrichi d’année en année par un patient travail de tri, de lecture et bien sûr, d’écriture. Ce butin n’appartenant à personne, il nous revient de droit à tous.
Amis auteurs et lecteurs, belle promenade au hasard des rives de l’imaginaire, perdez‑vous y à loisir et faites bonne pioche !