Nouvelle Donne

un soleil transmuté d’or en plomb

Édito de Juillet 2026

Lorsque la chaleur qui étouffe et abat n’est plus un événement hors norme mais un fait quotidien, lorsque les petites filles rentrant de l’école peuvent rencontrer dans la rue un grand méchant loup déguisé en gentil voisin pourvoyeur de friandises, lorsque la vérité censée sortir de leur bouche (celle des enfants, toujours) n’est plus un adage, une vérité admise par principe et de longue date, mais source de doutes de ceux qui prétendent tout savoir sans jamais écouter, lorsque des dossiers s’égarent qui auraient pu sauver une vie, lorsque des présidents déclenchent des guerres « en vrai » comme si c’était un jeu vidéo ou d’argent, simple démonstration de pouvoir entre deux séances de golf et une augmentation de taxes, lorsque des acteurs, présentateurs, rappeurs, chanteurs, utilisent eux aussi leur pouvoir à la façon de dictateurs, comment réagir face à un réel si décevant, désespérant, et parfois apocalyptique ?
La lecture de fictions participe à deux réponses clés : la fuite (du réel) ou l’affrontement. La littérature peut être une échappée salutaire. Elle peut être aussi une plongée au cœur des problèmes, en nous faisant vivre de l’intérieur des destins et des situations qui élargissent notre compréhension de la complexité de l’homme et du monde.
Pour ceux qui ne souhaitent pas ou pas seulement s’embarquer dans le long cours d’un roman de plage, Nouvelle Donne a toujours en stock, faute de pouvoir le rafraîchir, de quoi vous faire changer d’air le temps d’une pause pour penser, ou pour respirer.
Pour ces mois estivaux, nous vous avons sélectionné « Jungle », séquence paranoïaque anxiogène de Philippe Crubézy (juillet), « Je m’appelle Suzanne Aynes », autre variation cruelle et glaçante, signée Carrie Anixa, et une chronique du recueil de nouvelles « Putain de nuages » de Corine Congiu (août).
Nous vous souhaitons un bel été, de plus en plus propice aux séances-lecture à l’ombre, plutôt que sous un soleil transmuté d’or en plomb.

JMC

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